‹ Étude sur la paralysie diphtériqueChapitre 16 sur 30 · C. — Prédominance des lésions musculaires · texte numérisé non relu

C. — Prédominance des lésions musculaires

Les lésions musculaires ont été trouvées seules par Hochbaus et Bailly.

D. — Cas négatifs.

L'absence complète de lésions à été signalée par :

Wéber, dans deux cas ;

Sauné ;

Babinski, dans plusieurs cas d'intoxication expérimentale, en narticulier chez les animaux intoxiqués par Roux et Yersin, malgré une paralysie très prononcée ;

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Hasche (1895), dans un cas de paralysie accentuée ; mort après 6 semaines.

Méthodes d'examen : carmin, Weigert-Pal ; acide osmique au 1/100, Nissl.

Le résultat fut tout à fait négatif.

On nota seulement une légère dégénérescence graisseuse du cœur et de l’hyperémie localisée en une région de la moelle.

Les recherches bactériologiques pratiquées à lautopñie de nombreux diphtériques ont mis en lumière de nouveaux faits intéressant de très près la pathogénie des paralysres diphtériques.

Barbier a communiqué successivement à la Société médicale des hôpitaux, le 20 octobre, le 5 novembre 1897 et le 14 janvier 1898, des cas de généralisation du bacille diphtérique, particulièrement dans le bulbe ct la protubérance.

Quatre nouveaux cas de Richardière, Tollemer et Ulmanon vinrent s’y ajouter le 21 janvier 1898.

Ces 19 observations présentées dans la thèse de Cocurat (Paris, 1898) ont révélé la très grande fréquence de la septicémie diphtérique, considérée jusque-là comme exceptionnelle en clinique et réalisée expérimentalement par Cuoghi Constantini en Italie, et Métin en France (1).

Nous voyons au total le bacille signalé 9 fois dans le bulbe, 6 fois dans la protubérance.

Dans une observation, le bacille fut trouvé virulent et à l’état de pureté dans le bulbe et la protubérance, alors qu'il avait disparu de la gorge dix jours avant la mort.

(1) Voir Braun et Tiuny, Gazette des Hôpitaux, 2, k et{ mai 1899.

La virulence était toujours très grande, les cultures très abondantes.

En présence de ces faits, Barbier émet l’idée que la présence du bacille dans les organes centraux pourrait expliquer jusqu’à un certain point quelques paralysies diphtériques, et, précisant son idée, à l’occasion d’une objection de Sévestre (novembre 1897), qui lui opposait les expériences de Roux, faits avec la toxine seule, il ajoutait que les accidents bulbaires s’expliquent mieux par la présence « d’une toxine fabriquée sur place » que résorbée au niveau des membranes.

Il ajoute, dans son opuscule sur la diphtérie, qu’il fut guidé dans ses recherches par une conception théorique, «la nature si particulière des accidents paralytiques, leur rapport presque constant avec le siège des fausses membranes, leur prédilection à se localiser sur les centres bulbo-protubérantiels, extrémités centrales des neurones laryngo-pharyngés ».

Cette interprétation ne cherche pas à remplacer les idées pathogéniques appuyées sur les expériences de Roux et Yersin ; elle veut seulement pénétrer plus avant dans le mécanisme de l’action de la toxine sur le système nerveux et prendre pour ainsi dire sur le fait la lésion de l'élément nerveux par la toxine fabriquée sur place.

Cette conception n’a pas, semble-t-il, d’analogie dans les théories pathogéniques des autres troubles nerveux moteurs. Notons seulement les remarques suivantes :

a) Dans aucun des cas signalés et où la culture seule fit constater la présence du bacille dans le bulbe ou la protubérance, il n’y eut de phénomènes paralytiques, ni même de syndrome bulbaire, à proprement parler, en raison

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peut-être de l’évolution aiguë de la maladie, qui fut rapidement mortelle.

b) L'histologie pathologique devra déterminer la situation du bacille vis-à-vis des éléments cellulaires.

c) Enfin, l’expérimentation pourra étudier le mécanisme de la dissémination des bacilles, très important dans le cas particulier.

Une nouvelle communication de Tollemer (1) donne l’analyse détaillée de 49 autopsies nouvelles, dont un groupe de 32 cas avec généralisation du bacille. Le bulbe, ensemencé 20 fois, donna 19 résultats positifs. Dans un cas, le bacille de Léœæffler existait à l’état de pureté. La protubérance, ensemencée 29 fois, donna 24 résultats positifs.

Ici, nous trouvons deux cas intéressants de paralysie : l’une localisée, l’autre généralisée, mort au 17° et au 20e jour, et où le bulbe, la protubérance, la moelle et le sciatique furent ensemencés sans résultat.

À ce propos, Tollemer, rappelant l'hypothèse de Barbier, admet sa possibilité, mais reconnaît le manque de preuves.

Dans une foule de cas de septicémie, le bacille fut donc trouvé dans les centres nerveux ; il était absent dans deux cas de paralysie diphtérique.

Ces faits sont à constater, sans qu’on puisse rien en déduire actuellement ; le bacille peut avoir disparu dans ces cas de paralysie tardive, tout en ayant produit la lésion cellulaire à l’origine, la période d’incubation bien réelle des accidents paralytiques expliquant cette contradiction apparente des faits.

(1) Gazelte des maladies infantiles, 2 mai 1899.

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En tous cas, 1l est important de constater :

1° La fréquence des localisations du bacille dans les centres nerveux ;

2° Sa prédilection évidente pour cet organe, diflicile à comprendre et peut-être en rapport avec la localisation pharyngée du processus diphtérique ;

3° Son extrême virulence, constatée dans tous ces cas.

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