CHAPITRE IV
Recherches expérimentales.
L'origine des recherches expérimentales relatives à la paralysie diphtérique remonte aux mémoires de fRoux et Yersin (1888-89-90). Lœæffler avait attribué à diverses causes (arthrite, rachitisme) les troubles moteurs observés chez quelques animaux après l’inoculation ou l'injection de cultures.
Roux et Yersin obtinrent souvent des paralysies chez les animaux en expérience, tantôt par inoculation dans le pharynx chez le pigeon, tantôt par injection intra-veineuse de cultures chez le lapin. Ces paralysies guérissent souvent chez le pigeon, sont plus fréquemment mortelles chez le lapin. L'existence de ces troubles moteurs « établit d’une façon certaine le rôle spécifique du bacille de Lœfiler ». C’est sur quelques-uns de ces animaux que Babinski constata l’absence de lésions nerveuses malgré l'intensité des troubles moteurs.
À partir de ce moment, les expériences se succèdent,
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conduites à peu près de la même manière, et toujours complétées par l’examen anatomo-pathologique.
Tantôt les animaux sont sacrifiés à différentes périodes de l’intoxication, tantôt avec plus de raison abandonnés à leur mort naturelle (Grocq).
En 1892, Martin (cité par Batten) pratiqua chez le lapin des injections d'extrait de rate et de sang diphtériques et nola des lésions parenchymateuses des nerfs moteurs et sensitifs, ainsi que des racines antérieures.
Stcherbach (1893). — Des lapins et des cobayes reçurent des injections de cultures ou de toxines, dont l’effet paraît équivalent à l’auteur.
Dans les cas où la paralysie survint, Stcherbach trouva une névrite récente avec des lésions anciennes de la substance grise. La névrite siégeait dans les ramifications nerveuses à leur entrée dans les muscles. Les lésions de la moelle consistaient en des altérations vasculaires et en une atrophie des cellules nerveuses, qui apparaîtrait tardivement et serait secondaire aux lésions périphériques. Notons l'interprétation donnée par l’auteur de l’atrophie cellulaire constatée, qui serait pour d’autres observateurs l’aboutissant de la lésion cellulaire primihive.
Dans un cas, où la mort était survenue trois jours après l'injection, la moelle fut trouvée intacte et les nerfs en voie de dégénérescence.
Deux travaux importants parurent en 1893 et 1894, celui d’'Enriquez et Hallion et celui de Crocq, donnant toute importance à la myélite primitive.
Enriquez et Hallion (1894) injectèrent à des chiens des cultures filtrées dans le tissu cellulaire (un maximum de 2 centimètres cubes par kilogramme).