CHAPITRE VI
Symptomatologie.
Le tableau clinique de la paralysie diphtérique, fixé par les anciennes descriptions de Manigault (1854 et 1860), a été, nous l’avons dit, peu modifié au cours des études successives parues depuis cette époque.
Signalons cependant les descriptions de Francotte, Raymond, Ruault (1) et Baginski (2).
L’essai de dissociation des symptômes cliniques, tenté par tous ceux qui ont décrit la paralysie diphtérique, les a conduits à reconnaître des paralysies bénignes et graves, précoces et tardives, limitées et généralisées. Aucune de ces formes n’a de réalité et l’infinie variété du syndrome résulte de leurs combinaisons.
La gravité et la bénignité des paralysies ne correspond ni à un mode de début spécial, ni à une marche clinique qui puisse faire prévoir sûrement leur évolution. Si, en général, les formes graves s’accompagnent, dans le cas de survie, d'accidents du côté du cœur ou des reins, elles ne sont pas toujours suivies, au dire de la plupart des au-
(1) Traité de médecine, 1899.
(2) Dipht. u. dipht. croup.
teurs, de localisations nerveuses accentuées. Par contre, comme nous avons pu le constater dans deux de nos observations, une paralysie généralisée mortelle peut suivre une angine bénigne et de courte durée (obs. I et Il).
Les paralysies précoces et tardives s’individualisent peut-être mieux. Sevestre et Martin (1) accordent en général aux paralysies débutant assez tôt après l’angine, une certaine bénignité, et croient les phénomènes graves consécutifs aux paralysies tardives.
Baginski, qui adopte nettement dans son Traité (2) la division des paralysies en précoces et tardives, les caractérise autrement : pour lui, les paralysies précoces, c’està-dire survenant au cours où immédiatement à la suite du processus diphtérique, sont généralement localisées au voile du palais, peuvent s'accompagner d’abolition des réflexes, de troubles de fa sensibilité, mais se compliquent de phénomènes généraux graves, prostration, troubles cardiaques, le plus souvent mortels. En réalité, elles restent localisées parce que le malade est enlevé avant l’extension des phénomènes paralytiques. Quant aux paralysies tardives, elles peuvent être localisées et légères, généralisées et graves, bien que, dans ces cas, la gravité soit plutôt fonction des troubles cardiaques que de l'étendue de la paralysie.
Il nous semble que la division la moins artificielle est celle qui reconnaît les paralysies limitées et les paralysies généralisées (Sevestre et Martin) (3), (Ruault) (4). Il n’y a
(1) Traité des maladies des enfants.
(2) Diphterie où diphterischer-croup, 1898.
(3) Traité des maladies de l'enfance.
(4) Traité de médecine, nouvelle édition, 1899.