CHAPITRE PREMIER
Histo te:
Nous voulons simplement indiquer ici les étapes principales de cette étude, préférant analyser, aux chapitres de l’Anatomie pathologique et de lExpérimentation, les divers travaux relatifs à ces deux parties de la question, dans lesquelles se résume presque toute l’histoire de la paralysie diphtérique. En effet, la période clinique de cette histoire est contemporaine de Trousseau et de Maingault ; fixée dans ses grands traits et dans ses détails par les observations parfaites des anciens maîtres, la description de la paralysie diphtérique s’est peu modifiée dans la suite. Tout au contraire, la recherche de sa vraie nature a fait l’objet de tous les travaux parus depuis Maingault jusqu’à l’époque des expériences de Roux et de Yersin, c’est la période de l’anatomie pathologique ; l’interprétation des lésions trouvées semblait seule devoir éclairer la pathogénie.
Avec Roux et Yersin, commencent les expériences, qui démontrent d’une manière définitive la nature intime de ces accidents paralytiques. Enfin la période toute moderne
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commence avec la sérothérapie ; elle est surtout bactériologique et expérimentale, La toxine diphtérique est étudiée, concurremment avec les autres toxines, dans ses effets physiologiques et dans son action sur le système nerveux.
Comme pour beaucoup d’autres entités morbides, on a voulu trouver dans les anciens auteurs les éléments d’une description de la paralysie diphtérique. Si les phénomènes de la paralysie du voile du palais furent cités par les auteurs à la suite d’angines diverses, leur relation avec la diphtérie ne fut pas soupçonnée avant Herpin, de Tours. Ghisi avait signalé au cours d’une épidémie de diphtérie une paralysie du voile du palais chez son enfant « effet qui se remarquait chez beaucoup de ceux qui étaient rétablis et qui persévérait pendant un mois environ après la guérison de l’angine et de l’abcès » (Bretonneau).
Chemel, Samuel Bard, cités par Trousseau, rapportèrent des faits analogues de paralysie du voile, de strabisme, de paralysie des membres inférieurs. La nature diphtérique de ces phénomènes fut affirmée pour la première fois par Herpin, de Tours, d’après une observation faite sur luimême ; la paralysie diphtérique eut alors droit de cité et fut étudiée dès lors par Bretonneau, mais surtout par Trousseau et Maingault.
Ce dernier en fit la première étude d’ensemble, à laquelle on a peu ajouté, au moins pour la partie clinique.
Les doctrines pathogéniques sont nombreuses à cette époque, en raison de l'ignorance où l’on était des lésions anatomiques. — Le rapport de Sée, à la Société médicale des hôpitaux (1860) résume cette partie intéressante de l’histoire de la paralysie diphtérique. Quelques-uns dénient à ce type morbide toute spécificité (Gubler), d’autres en font
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une paralysie urémique, en raison de la fréquence de lalbumine des urines constatée dans ces cas. |
Charcot et Vulpian (1862) ouvrent la série des recherches anatomiques, précisées par Déjerine, continuées Jusque maintenant par la plupart des auteurs qui abordent cette question.
En 1885, une discussion à la Société de médecine berlinoise entre Mendel, Klebs, Remak, développe certains côtés de l’étude clinique, en particulier l’état des réflexes au cours de la paralysie.
Les expériences de Roux et Yersin réalisant chez les animaux des paralysies analogues à celles de l’homme, éclairent la pathogénie et permet de préciser les lésions produites sur le système nerveux par l’intoxication diphtérique. En même temps, l'analyse bactériologique des angines, en démontrent la nature diphtérique de beaucoup d’angines légères, rend à la paralysie diphtérique lautonomie qu’elle avait en partie perdue. Gubler en effet l'avait vu survenir à la suite d’angines, qu'il croyait non diphtériques, et niait logiquement sa spécificité.
Quelques faits récents ramènent l'attention sur cette partie de la question. (Voir au Diagnostic.)
Enfin, la période qui commence avec la sérothérapie est féconde en enseignements pratiques : la somme des résultats obtenus permet d'établir définitivement la thérapeutique préventive de la paralysie diphtérique.