‹ Etude sur la partie du texte hébreu de l'Ecclésiastique rćemment découverteChapitre 43 sur 49 · PAS · texte numérisé non relu

PAS

20 c. Les deux hémistiches sont étroitement liés ensemble

dans FH : | qa200 Op nan pays Op an moy

Pour faire monter la colère (divine) sur tes enfants Et le châtiment contre {le produit de) ton lit.

G lit nr, ta folie », au lieu de 72220, < ton lit », et produit ainsi une incohérence insupportable :

éTaY@yEiV 00YNV ÊTI TA TEKVA OOU

Lot xarevuynv (? xaravlË ?) émi Tà dppovñoñ aov. Pour faire monter la colère (divine) sur tes enfants Et une vive douleur à cause de ta folie.

Le dernier distique n’est cependant qu’une imitation un peu détournée de Job, xxxvi, 19 : j5wt 55 SINDH2 NY; « il est averti par la douleur sur son lit ».

XLVUI, 11. Il n’est que partiellement conservé. On lit : RACE DRE . h9) TNT UN» mais, en rapprochant la version de S :

NN ND NÜN AND RD 093 MDI TINTIN on parvient à compléter le texte hébreu avec une entière certitude, à la seule exception du dernier mot du premier hémistiche, que $S a omis et qui peut être rétabli par la considération du terme admis par G sur la base d’une inadvertance ; ainsi : PP PA 02 NU ND 02 TNN12 NI TNT TER Heureux celui qui te verra, dût-il mourir à ton arrivée. Car il ne mourra pas, mais il revivra.

G offre un grave contresens :

paxdpuor oi idovres ce xal où ÊV dYATÂGEL KEXOOMNMEVOL at yap nueis Con Cnoouela.

Heureux ceux qui voient et sont ornés d'amour, Car nous vivrons de vie.

: En laissant de côté le caprice de mettre les verbes du distique au pluriel, tandis que le singulier convient beaucoup mieux, on constate aisément que l’incohérent « et sont ornés d'amour » se base sur une lecture étourdie NA NN2 NL" où

nt (= nm) est pris pour un dérivé de moy, « ornement ». Dans le second hémistiche, la nonchalance de G est encore plus

ni

blämable : non seulement il omet le membre de phrase initial « Car il ne mourra pas », il lit, au lieu de pm pp 9, exigé impérieusement par le contexte, m3 95m 9, car nous vivrons de vie », phrase absolument déplacée dans ce contexte. XLIX, 9. Ce distique a été traité par G avec une légèreté vraiment stupéfiante. H ne permet aucune hésitation : -

px »297 05 5654 vx nx vam on Il (Ézéchiel) mentionne aussi Job Qui soutient toutes les voies de la justice.

Ézéchiel mentionne en effet Job avec Noé et Daniel comme des personnages célèbres par leur justice (Ézéchiel, xrv, 14, 20). D'autre part, on sait que le livre de Job a pour but d’enseigner la patience à ceux qui souffrent en leur prouvant, par l'exemple de ce jaste, que la vertu est finalement récompensée par Dieu, qui n'abandonne jamais ses fidèles. Le distique est donc aussi clair que possible, Mais voici ce que nous lisons dans la version grecque :

nai y&p éuvnoôn Toy EyOo@y Ev 6u6pE, nai æya0@oat Tous evOvvouras 6dous.

Il se souvint des ennemis dans l’averse Et annonça du bien à ceux qui marchent dans les voies droites.

L'erreur fondamentale se voit du premier coup : G a confondu syg avec syy, «ennemi », qu'il a mis au pluriel ne sachant à qui l’auteur faisait allusion; de là l'expression r&v éx@p@v. Quant aux termes suivants, &v éu6pw, ils n’ont aucun sens dans ce passage; cependant ils doivent répondre à des mots lus dans le texte hébreu, car il ne peut pas les avoir inventés de son chef pour écrire une niaiserie.Sur la photographie de cette page publiée par MM. Cowley et Neubauer, il reste encore, après ss, des traces méconnaissables d’un mot qui devait être un adjectif. Une réflexion qui me paraît logique me donne à penser que le groupe énigmatique év ôu6p® n’est autre chose que l'altération d’un adjectif se rapportant à &y8o@v, savoir eèmuep@v, «heureux, fortuné ». La phrase perd alors une grande partie de sa bizarrerie ; elle veut dire que le prophète Ézéchiel adressa des discours comminatoires aux méchants fortunés pour les faire revenir à la vertu, C’est une observation

LD 4e

banale qu’on peut appliquer à tous les prophètes, mais c’est du moins une idée supportable en face du monstrueux € ennemis dans l’averse » du texte actuel.

Maintenant nous pouvous aller plus loin et supposer, non sans quelque vraisemblance, que le correspondant de eduepos se trouvait aussi dans le manuscrit hébreu que G avait sous les yeux. Ce mot correspondant ne peut être que =xÿxu# (Pro-

verbes, 111, 18), car c’est le seul mot qui se rencontre dans la Bible pour exprimer cette idée. S'il en est ainsi, nous découvrirons facilement la source de la confusion commise par le traducteur. Ben-Sira, en qualifiant Job de « bienheureux » ou de « fortuné », a entendu suppléer tacitement « vers la fin » (mn; cf. Job, xx, 12); G, au contraire, fut surtout frappé de l’inconvenance apparente de présenter Job, ce type de la souffrance extrême, comme un homme heureux et favorisé par la fortune; et, comme il ne s’est pas donné la peine de réfléchir, il a changé spy en 2s5w", afin de dégager de notre distique l’idée, comme je l’ai dit suffisamment supportable, qu'Ézéchiel admonesta les ennemis (de Dieu ou d'Israël) qui jouissent d’une prospérité imméritée. |

Cette étourderie, qui était cependant facile à éviter, amena le traducteur à prêter au verbe bsbs, dont la signification concrète est « nourrir quelqu'un, fournir des provisions à quelqu'un », le sens abstrait de « annoncer de bonnes choses » (dy«B@ou), et, ce qui constitue une licence non moins forte,

à interpréter pY 277 comme s'il y avait 5542 D29)97 y; de là, en négligeant le mot b5 : roùs ebBüvovras Gdouc, « ceux qui marchent dans les voies droites ». Avec une réflexion tant soit peu soutenue, G aurait reconnu comme nous que ce distique est une imitation, quoique non sans variantes et déviations de sens, de Psaumes, cxir, 5. Le Psalmiste félicite l’homme généreux qui, malgré ses libéralités, conserve la plus parfaite modestie :

1. Cette erreur peut bien avoir donné lieu au dicton rabbin 2%N2 2 sbnna, «il a confondu as « Job » avec avi « ennemi », rapporté au sujet du verset Job, xint, 24.

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