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Comme corollaire, la date exacte de Job pose désormais une base inébranlable pour la solution de la brûlante question relative à l'âge de la partie du Pentateuque qu'on nomme habituellement le document sacerdotal (A chez Dillmann, P chez M. Wellhausen), et qui comprend, à ce qu’on affirme, outre le Lévitique, une partie considérable des récits de la Genèse et des autres livres de l’Hexateuque. La thèse de Bildad que la mort des fils de Job était la suite de leur péché (Job, vrrr, 4) rappelle incontestablement la fameuse maxime no Na 2, émise par les filles de Selofhad au sujet de
leur père dans les Nombres, xxvir, 3; le nom de la monnaie dite MLD (Job, xzit, 11) est évidemment emprunté à la
Genèse, xxx, 19; la phrase de Job, xLut, 15, pd tai
DIN ina 79m pp rappelle le +5 Hynx 135 in JAN nn du même passage des Nombres, verset 4. D'autre part, l'expression Ds 52 el avan np (xLir, 29) est une simple réminiscence de la Genèse, xxxv, 29. Comme tous ces passages modèles des Nombres et de la Genèse sont unanimement attribués par l’école critique au document sacerdotal ou À, on ne peut pas éviter la conclusion que ce document est le produit d’une époque antérieure à Jérémie et non de celle qui a suivi le retour de l'exil de Babylone, et moins encore de la venue d’Esdras vers 444.
Une réflexion pour terminer. La théorie documentaire de la Genèse, après un début héroïque d’envahissement irrésistible, joue de malheur depuis quelque temps : battue en brèche par les documents assyriologiques et égyptologiques, la découverte d’un fragment du livre de Ben-Sira achève la déroute de ses défenseurs, en dépit de la science profonde des uns et de l’audace et de la suffisance des autres.
Disons maintenant quelques mots au sujet des croyances dont la partie retrouvée de l’Ecclésiastique fait foi. Que Ben- Sira ait été convaincu de l’origine divine de la Loi et de l’inspiration des livres prophétiques et hagiographiques, cela va de soi et se manifeste pour ainsi dire dans chacun de ses distiques et tout spécialement dans la partie historique ou panégyrique. En dehors des principes proprement religieux du
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mosaïsme, il partageait les opinions de son époque sur une foule de croyances qui n’y sont pas énoncées d’une manière directe ou qui en sont encore absentes. Pour lui, David est l’auteur d’un certain nombre de psaumes. Salomon celui de certain psaume et de tout le livre des Proverbes. Il admet également l’authenticité du recueil prophétique et regarde les chapitres XL-XLVI d'Isaïe comme l’œuvre du grand contemporain d’Ézéchias, ce qui prouve que le recueil qui porte le nom de ce pro phète comprenait déjà les deux parties inséparablement unies. Ben-Sira croit fermement à l'éternité du pacte conclu par Dieu avec Abraham, pacte impliquant non seulement la perpétuité du peuple juif, mais aussi la vocation de ce dernier et sa destination à devenir un modèle moral et un objet de bénédiction pour toutes les nations de la terre, Ce sont surtout les pratiques de sainteté, les imposantes cérémonies du temple, la piété et la dignité des grands prêtres qui lui paraissaient indispensables pour ramener cet heureux avenir dans la peinture duquel l’auteur d’Isaïe, LxvI, et le prophète Malachias se sont déjà vus forcés de mêler un ton nettement eschatologique qui devint le point de départ d’une nouvelle conception du judaïsme. Arrivant l’un et l’autre après la construction pénible du second temple, au milieu de graves inquiétudes du dehors et des cruelles railleries d’une partie de leurs propres nationaux, Malachias annonça la venue d’Élie avant le grand jour où les justes seront guéris de toutes leurs infirmités et fouleront Îles méchants qui seront réduits en cendres sous leurs pieds (Malachias, 111, 19-24), Isaïe IIL abonde dans le même ordre d'idées. Les justes, doués d’une vie éternelle, n'auront qu’à sortir des portes de Jérusalem pour voir, sans doute dans la vallée de Hinnom, les corps des méchants, également doués de vie, rongés par les vers et brûlés par un feu inextinguible (Isaïe, LXVI, 24). En 290 ces données étaient déjà enracinées dans l'esprit des croyants et Ben-Sira les revêt d’une forme adéquate dans le beau distique où il s’adresse à Élie :
Heureux celui qui te verra, dût-il mourir à ton arrivée, Car il ne mourra pas, mais il vivra de vie.
Comme chez les deux prophètes que je viens de mentionner,