‹ Étude sur la pénétration dans l'Organisme de certains corps étrangersChapitre 22 sur 67 · INSTRUMENTS DIVERS · texte numérisé non relu

INSTRUMENTS DIVERS

Crampon pour digue, dégluti. Mort.

Nous n'avons trouvé dans la littérature qu’un seul cas d'accident causé par la déglutition d’un « clamp » — crampon — servant en dentisterie opératoire à maintenir la digue de caoutchouc ou les rouleaux de coton, destiné à maintenir les dents à soigner à l’abri de la salive.

Mlle C.., meurt subitement quelques jours après avoir reçu des soins chez un dentiste.

L'enquête établit les faits suivants :

M. A. W. AÀ., dentiste, pour soigner les dents de la jeune patiente posa un crampon sur une dent, ce crampon glissa et fut dégluti. Le dentiste administra un vomitif, mais sans résultat, et on transporta la patiente à l'Hôpital de Richmond.

La, on essaya de sortir le « elamp » qui était dans le pharynx, on n’y parvint pas. L'opérateur poussa difficilement l’instrument dans l'estomac.

La jeune malade succomba au cours d’une syncope. L’autopsie montra une plaie du pharynx. La mort fut attribuée à la syncope, par le jury (le fait se passait en Angleterre), un verdict de mort accidentelle fut rendu. Le praticien ne fut pas inquiété.

(Brilish Dental Journal, 1918, page 429).

SE

Fragment de davier dans les bronches. — Mort. — Le journal, The Lancet (1886), nous rapporte un cas de mort dû à l'aspiration et au passage dans une bronch> d'un fragment de davier s'étant brisé lors de l’extraction d'une dent.

Fragment de davier dans la trachée. — Enlèvement d’une molaire, sous anesthésie générale (à Londres) ; le mors palatin du davier se brise et disparaît dans le fond de la bouche ; suffocation ; respiration artificielle ; impossibilité de retirer le corps étranger (1886). Expectoration sanguinolente ; toux ; mauvais état général ; trachéotomie ; enlèvement du fragment de davier à la pince, dont les mors avaient été préalablement garnis de fil de soie, pour empêcher le glissement du corps étranger. Guérison.

(Odontologie. — Observation Roy, 1886).

Le mors du davier fracturé est venu s’enfoncer profondément dans la région sous-maxillaire.

Mors de davier brisé ayant pénétré dans la région sous-maxillaire. — Due à l'obligeance du D' Gérard Maurel. — Femme de 28 ans, vue à l'Hôpital Saint-Antoine, le 22 septembre 1922, consulte pour tuméfaction étendue de la région sous-angulaire gauche douloureuse à la palpation. Trismus ; examen endobuceal difficile à faire, montre à la partie postérieure de la bronche horizontale du maxillaire inférieur gauche une plaie carlux recouverte de caillots, pression digitale de la tuméfaction extérieure fait sourdre par la plaie buccale un liquide séro-sanguinolent.

La malade signale qu’elle s’est présentée deux jours auparavant chez un dentiste pour se faire extraire la dent de sagesse inférieure droite.

L'opérateur a fait plusieurs tentatives infructueuses avec un davier à mors fin pour racines du bas ; tout à coup le davier se brise au niveau de l’union du mors lingual avec la branche ves-

tibulaire, et sous l'influence de l'effort, la branche fracturée pénètre comme un projectile à travers la muqueuse et les plans musculaires du plancher buccal.

La malade est prise de vives douleurs et d'hémorragies, elle consulte le lendemain le docteur Bazy qui fait faire une radiographie de profil, qui permet de confirmer la présence du corps étranger. Une seconde radiographie faite dans lé sens vertical de haut en bas permet une localisation précise du corps étranger se trouvant dans la région sous-maxillaire à ? centimètres 5 de la partie interne du bord inférieur de la branche horizontale.

Intervention par voie sous-maxillaire ; enlèvement du corps étranger ; pas de suites opératoires notables.

Cet accident a eu son épilogue en justice ; le dentiste a été condamné à des dommages et intérêts envers la patiente.

Expulsion spontanée d'une aiguille radifère tombée dans une bronche. Sociélé de Médecine et de Chirurgie de Bordeaux (2 juillet 1926). — M. Jacques rapporte l’odyssée d’une aiguille radifère qui, implantée dans un cancer de la gouttière hypopharyngée, quitta son fil d’amarrage et vint se loger, comme le montra l’examen radiologique, dans l’hypocondre gauche, en un point que l’on erut identifier comme l’angle colique. Ainsi l’aiguille semblait avoir été déglutie et il n’y avait plus qu’à surveiller l'issue naturelle. Or, tandis que le patient se présentait à la garde-robe, un accès de toux survint inopinément, au cours duquel il rejeta l'aiguille radifère. L'examen minutieux des radiographies montra que l'aiguille était en réalité l'hôte, non pas du tube digestif, mais du lobe inférieur du poumon. I n’en reste pas moins ce fait paradoxal d’un corps étranger, de poids spécifique élevé, profondément encastré dans une bronche terminale et néanmoins expulsé, par un effort de toux, contrairement à l’opinion formelle et autorisée de Chevalier-Jackson.

Bâillons dans les bronches. —— Chevalier-Jackson cite dans ses travaux plusieurs cas d'aspiration de tampon de bâillon employé au cours d’une anesthésie générale ou d’une intervention chirurgicale sur la bouche ; les corps étrangers furent enlevés sous bronchoscopie supérieure.

Fauchard, au XVIIIe Siècle, avait déjà signalé les dangers du bâillon (Le Chirurgien- Dentiste, 127 volume, page 214). — «Le bâillon... on peut le percer de même qu’on perce certains bouchons de bouteille, l’enfiler d’un ruban ou d’un cordon de fil. On évite par ce moyen l'inconvénient qui pourrait arriver s’il se déplaçait et s’il s’engageait dans l’œsophage, ou s’il était avalé par le malade ».

Pansement chirurgical laissé dans le maxillaire supérieur pendant six ans. — G. V. Boyko, « Archives de Laryngologie, » 1924, — C’est le cas d’un malade se plaignant d’un écoulement de pus dans

SP nie

la partie vestibulaire de la bouché par une ouverture située audessous du plancher du nez.

Le malade à la suite d’un coup violent sur le maxillaire, en 1919, avait subi l'extraction des incisives centrale et latérale supérieures gauches. Le mois d’après, suppuration dans les alvéoles et la gencive ; seringuage, puis débridement de la gencive et pansement pendant un mois avec de la gaze blanche. La souffrance persiste, on fait une radiographie qui ne donne aucune indication. A la suite d’un nouvel écoulement de pus, nouvelle radiographie sans'résultat.

Après un assez long temps de calme et de guérison apparente la lésion se rouvre et un pus grisâtre sort ; opération sous anesthésie ; on discerne une importante zone septique qui s'étend sur le plancher, et une partie de l’autre maxillaire à l’intérieur de la membrane septique se trouvait un pansement et quelques petits corps étrangers ressemblant à des morceaux de gaze et de bois (débris de cure-dents), le pansement mesurait 3 cm. 4 de long sur 1 em. 4. On fit l’ablation de la membrane septique et de la partie osseuse nécrosée, la blessure fut refermée partiellement et drainée. La guérison fut rapide.

Citons encore une observation qui nous a été communiquée par notre ami M. Saïas, d’Elbeuf :

Radio de face (Cas Saïas).

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