MONS
Aiguille dans le sinus maxillaire. — /. Saïas). — Monsieur X..., 30 ans. Sinusite maxillaire suppurée ; pas de soins autres que l'ex-
Radio de profil.
traction de la dent de six ans ; le sinus communique avec la cavité buccale par un pertuis large de deux millimètres. Le malade a pour habitude (et pour favoriser la sortie du pus) de s’introduire par le pertuis une grosse aiguille.
C'est dans une manœuvre de €e genre qu'il l’a brisée au ras de la gencive, puis refoulée entièrement dans le sinus en cherchant à la rattraper.
C'est à ce moment que nous voyons M. X... que nous envoyons
à la radiographie pour connaître la position exacte du corps étranver. |
Position. — Aiguille située dans le sinus, l'extrémité supérieure arrivant au contact du plancher de l'orbite.
Intervention : Extraction de la dent de douze ans. Introduction par le pertuis d’un excavateur à baïonnette ; après un léger mouvement de rotation, nous parvenons à accrocher l'aiguille dont l’extrémité ne tarde pas à se montrer au niveau du pertuis. L'enlèvement à lieu alors sans plus de difficultés.
Signalons encore une variété d’accident possible, quoique rare, c’est la pénétration d’un fragment de meule de dentiste dans les tissus buccaux. En voici deux observations :
Fragments de meule de dentiste dans le plancher buceal. — Due à l’obligeance de M. Bonnet- Roy (résumée). — M. X..., chirurgiendentiste, donnant des soins en mars 1926 à M. C... utilisait une meule de carborundum, cette meule se brisa brusquement et fit une blessure du plancher buccal. Une fistule persista, mais le praticien ne pensa pas qu’un débris de meule eût pénétré dans la plaie. M. Bonnet-Roy pensa qu’un corps étranger existait et effec-
tivément put enlever le 1er Mai à l’orifice de la fistule un fragment de meule. Le 15 mai, la suppuration continuant, M. Bonnet-Roy fit exécuter une radiographie qui montra les ombres superposées de deux fragments de meule.
Les débris furent enlevés le 21 mai 1926, à la curette, ils étaient logés sous la base de la langue. Cicatrisation rapide. (Action en responsabilité contre le dentiste, en cours à l'heure actuelle (Janvier 1927).
Eclatement d'une meule au cours de la préparation d’une dent. — Fragments pénétrant dans la langue. — M. B.., Paris, Juin 1925). — Au cours de la préparation d’une dent, une meule de carborundum éclata. Un fragment de cette meule pénétra dans la langue et dut être enlevé par un chirurgien, le D' B..., chef de elinique à la Faculté de Médecine de Paris, qui le retira sous anesthésie générale. Pas de suites notables. Le dentiste était assuré contre les accidents. La compagnie d'assurances paya les frais.
Déglutition d’un fragment de nitrate d'argent. — D' M. Roy. —: Au cours d’une application de nitrate d'argent dans une des dents de sagesse, la patiente fait un mouvement brusque et avale un bout de cristal de nitrate d’argent. Le praticien administre immédiatement de l’eau salée, comme contrepoison. Aucune suite.
« L'Odontologie », 30 août 1923, page 573.
PA
A propos de cet accident, rappelons que dans ses « Nouveaux Eléments d'Odontologie », 1793, Lécluse raconte que le Marquis de Boufflers de Remancourt, maréchal des Camps et Armées du Roi, commandant la garde du Roi Stanislas de Pologne, beaupère de Louis XV, à Lunéville, avait été mal soigné pour un « Parulis » et qu'une pierre de nitrate d'argent était chue dans le sinus.
Fragments de cure-dents dans le sinus. — Les fragments furent introduits il y a cinq années dans le sinus maxillaire par la deuxième prémolaire cariée. Ils formaient la matrice de deux rhinolites que l’auteur a trouvées dans la fosse nasale. Extraction de la dent, ouverture du sinus, extraction des rhinolites. Guérison.
Archives Internationales de Laryngologie, Otologie el Rhinologie, 1926.