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CHAPITRE III Fricatives

F— V Pression linguale.

Dans le cas des labio-dentales, l'articulation principale est celle déterminée par les dents d'en haut et les lèvres d'en bas, et c'est elle qui donne au son sa qualité caractéristique. Et comme les expériences faites à l'aide des ampoules sont essentiellement comparatives, il faudra étudier les sourdes et les sonores ensemble.

L'ampoule 2 placée à l'articulation labio-dentale indique constamment une pression plus grande pour v que pour f. C'est là une condition peu ordinaire mais la différence est telle qu'elle ne permet aucun doute.

Les dents d'en haut sont appuyées contre la surface intérieure de la lèvre d'en bas, et la langue est aplatie avec la pointe touchant les dents inférieures.

Comme nous avons constaté pour p et la distinction de la sourde et de la sonore ne s'arrête pas là. Il y a toujours une différence constante à la partie postérieure de la cBvité buccale.

Placée à la jonction du palais dur avec le palais mou, l'ampoule 3 montre une pression toujours plus grande pour V. Ce qui est en contradiction avec la distinction de p et h dans le parler de A.

Articulation

Dans ces tracés, la différence entre les deux variétés de labio-dentales est en parfait accord avec les données des autres séries. La sourde (fig. 94) est plus avancée au centre que la sonore (2), et plus reculée sur les côtés ; il en résulte que l'articulation traverse le palais presque en ligne

droite. Le contraire est vrai de la sonore, qui devient rapidement sous-palatale au centre.

Pour expliquer la plus grande pression accusée par Tampoule dans la partie postérieure de la bouche on peut admettre que dans fa la langue est relâchée et s'éloigne du palais immédiatement en avant du point de Tarticulation. Pour va au contraire elle reste proche du palais sans toutefois le toucher.

Ces constatations confirment les données obtenues pour les occlusives, à savoir qu'il y a une différence entre les sourdes et les sonores, outre celle produite par les vibrations laryngiennes, et que cette différence existe partout dans l'appareil articulatoire et non seulement dans la position articulatoire principale.

L'ampoule 3 montre la même relation à la partie postérieure de la bouche où va a sensiblement plus de pression que fa. Il est impossible de constater la différence sur le palais artificiel, car les deux articulations sont sous-palatales dans ce parler.

A l'articulation labio-dentale, fa reçoit une plus grande pression que va, comme l'indique l'ampoule 2.

La figure 95 montre le tracé du mot faccio. Dans cette

prononciation f a les caractéristiques d'une occlusive suivie d'une sortie d'air sourd tout-àfait anormale. Il est évident que l'articulation labio-dentale est dûment faite , mais qu'elle ne

0 laisse pas passer lesouf-

fie. Autrement la courbe serait plus graduelle. Uarticulation s'ouvre en même temps que commence l'action expiratoire, et en conséquence l'air sourd, qui aurait formé la fricative, sort brusquement en masse.

Ces faits accusent nettement une occlusive labio-dentale.

Dans la médiale, la vraie fricative apparaît. On remarquera dans stufa, (fig. 226) que les vibrations persistent dans le souffle pendant toute la durée du son avec une petite amplitude. Ceci est dû au fait que la fermeture de l'articulation comprime le souffle qui ainsi reste vocalique plus longtemps après la cessation des vibrations laryngiennes.

Pour les doubles, la durée de l'articulation est telle que la qualité vocalique du souffle disparaît, comme dans riffa (fig. 227).

\Jf de ce parler dans la position initiale diffère beaucoup de celle de A. Comme le montre foccio (fig. 71), la courbe monte graduellement, indiquant que le souffle passe comme dans les autres fricatives. Par suite il y a moins d'air visible, et la voyelle commence bientôt.

La médiale ne difïère de celle de A que par sa surdité parfaite.

La courbe de f ressemble à celle de E, mais elle est quelque peu plus courte. La prononciation fricative est toujours indiquée par le tracé.

Ces sons ne diffèrent de celui de B.

Souffle et Larynx

Deux variétés se présentent. Dans l'une, Tarticulation labio-dentale est prolongée pendant un certain tempS; et

l'air sonore passe à travers elle. La conséquence est la formation d'une fricative labio-dentale sonore. Cette proç6 nonciation apparaît bien

dans vivdL (fig. 96), où le r est indiqué au début par le peu d'amplitude des vibrations dans le souffle ; leur altération avant les vibrations ré- ^' ^ ^ ^ gulières et amples de le

voyelle i indique l'ouverture de l'articulation.

Au contraire, vengo (fìg. 127) indique un son très bref, qui se fond immédiatement dans e, et qui ne dure que le temps nécessaire pour ouvrir la bouche. Ce son peut se comparer avec /"initiale du même sujet. Il est moins commun que l'autre variété.

Le mot viva (fìg. 96) montre très bien le v médial. C'est toujours un son plutôt court en comparaison de f en général, et il n'a que la moitié de la durée de celui-ci. La comparaison peut se faire avec stufa (fìg. 226).

Le type de jB est la prononciation brève, bien que l'autre se rencontre quelquefois, mais elle est rare. Vengo (fìg. 97)

montre bien le type usuel, et il est à noter que la plus grande partie du souffle qui passe par l'articulation est sourde.

La médiale ne diffère pas de celle de A,

Ce son est très variable et il oscille d'une vraie explosive

à un type qui ne se distingue point de f. Il est toujours sourd. La comparaison de v dans vetro (fìg. 98) avec f FiG. 98 dans faccio (fig. 71), prononcé par

^^^gg^^^^^^^^ B et qui est identique avec V f de ^H^H^^^^^^B c, montre la ressemblance absolue ^^ÊB^^ÊÊM^^^ entre ces deux sons en ce qui con- ■^H^^HH^^|H cerne les vibrations laryngiennes ■^^^^™^^^*™ et le souffle.

u — e — t — r — 0 C La variété explosive ressemble à p dans prodiir (fig. 49).

Dans les parlers de et F c'est toujours la première variété de la prononciation de A qui apparaît. La fricative est toujours très longue.

S SOURDE Articulation

Pour faire cette articulation (fig. 99) la langue touche tout le pourtour des alvéoles, en laissant une ouverture à droite du centre. La partie antérieure de la langue est soulevée et touche les dents, mais elle est un peu abaissée à l'ouverture.

La partie principale de l'articulation est contre les dents, car au centre du palais dur la pression est relâchée et plus faible que pour s. L'ampoule 2 dans cette position donne pour la pression; sh y s y 0. Ce qui montre que la partie principale de l'articulation est plus avancée pour 0 que pour s.

La prononciation alors est une sibilante dentale, mais qui perdra de sa qualité par le fait que la pointe de la langue ne repose pas contre les dents d'en bas, car elle est, par suite, moins tendue.

L'articulation de (fig. 1 00) paraît moins fermée que

celle de A, mais l'ampoule 2 montre qu'elle est très resserrée. Car la pression des trois fricatives est shy ó> s et la pointe de la langue est appuyée contre les dents d'en bas. Ces faits donnent à cette prononciation le ó sibilant dental dans toute sa pureté.

Dans cette articulation (fig. 101) la pointe de la langue est soulevée et recourbée en arrière. Elle est donc reculée des dents au centre, et le son qui en résultera sera une fricative prépalatale.

A cause de l'articulation avancée de i, celle de ói (2) se rapproche des dents.

Ce sont des sibilantes dentales pures, et dans chaque cas la pointe de la langue s'appuie contre les dents d'en bas. Ceci est vrai aussi de l'articulation de F.

Souffle et Larynx

Ici encore la fricative ne commence pas doucement, mais elle arrive tout d'un coup à sa plus grande force, et s'y maintient ensuite. Cela se voit dans stufa, (fig. 226).

Mais, comme les occlusives, l'air sourd est très sensible à l'ouverture de l'articulation pour la voyelle. Cet air peut passer dans une brusque poussée, ou, comme on le voit dans senza (fig. 217) il peut y avoir un accroissement graduel pendant la fricative, mais il devient toujours plus fort à la fm.

Les médiates n'auront pas cette poussée initiale, car la force de la fricative ne diffère pas sensiblement de celle des voyelles. Ainsi dans essere (fig. 203) la ligne de ss ne se soulève pas au-dessus de celle de la voyelle. L'air sourd manque plus souvent à la fm des médiales.

Cette prononciation accuse une autre variété du même son. On ne rencontre ni l'impulsion initiale, ni Tair sourd final. Gomme pour /'(fig. 71) la pression est graduelle.

On pourrait trouver des exemples semblables dans la prononciation de A, mais ils seraient rares.

Dans les trois sujets la poussée d'air sourd à la fin est constante. Mais tandis que F a l'impulsion initiale semblable h A, les autres l'ont semblable à B,

Le type de ce son n'est pas douteux. La pointe de la langue repose contre les dents d'en bas, ce qui produit une courbure de la langue, et amène à la prononciation purement dentale. Le souffle commence graduellement et se perd dans la voyelle sans explosion d'air sourd.

S SONORE Articulation

Gomme le montre la figure 102, l'articulation de s a une tendance à devenir prépalatale ou alvéolaire. A gauche la langue s'éloigne des dents, et l'ampoule 2 indique qu'elle se soulève vers le centre du palais.

Le relâchement de la pression de ó montré parTampoule 2 permet à s d'avoir une articulation plus fermée. La pointe de la langue s'appuie toujours contre les dents d'en bas, et la qualité dentale est parfaitement conservée.

La même articulation fermée due au relâchement se voit dans ce parler. La pointe de la langue touche le palais, ce qui assimile ce son à la prononciation anglaise plutôt qu'à la française.

Rien de remarquable dans ces articulations.

Souffle et Larynx

La variété sonore de ce son se trouve seulement pour les médiales (je laisse-s impura de côté pour le moment). La prononciation dans les divers parlers est la même, et la seule différence à noter est la substitution , suivant les individus, de la sourde à la sonore ou inversement. Par exemple je n'ai pas un seul spécimen de la sonore pour A, qui prononce avec 0 des mots comme chiesa et rosa. Mais il le fait sciemment , et il sait bien différencier les deux variétés.

Tandis que G, tout en protestant qu'il les distinguait, les prononçait toujours sourdes, où à peu près. Une étude du larynx et du souffle montre que les vibrations disparaissent souvent, et que présentes, elles sont très faibles, et peu sensibles à l'oreille. Par exemple j'ai enrc^^istré le mot rosn deux fois successivement ; la [)remiàre fois il le prononçait roó ì (où l'-s ctnil absoluinent sourde) ; la seconde, 'rosa, mais où les vibrations laryngiennes était à peine sensib'es. L'effet est toujours plutôt celni d une sourde. 11 est à remanjue que (i est de Pérousj, et .1 de Terni, tous deux Ombriens.

La prononciation de B est portée à l'autre extrême. Les mots tels que pesare et cosa il les prononce avec s. La qualité sonore est très forte.

F occupe une position intermédiaire entre les deux tendances. En général, il fait les distinctions conformément aux théories des grammairiens. Mais l'incertitude subsiste toujours. Pesare prononcé deux fois avait la première fois 0 et la seconde s.

Dans les autres prononciations les deux variétés se distinguaient d'une manière à peu près constante.

Sh

Articulation

L'articulation est plus reculée que celle de s et devient medio-palatale (fig. 103). La pointe de la langue se lève davantage vers le palais et toute l'articulation est plus resserrée. Ce qui est montré sur les côtes du palais par le fait que la langue ne touche pas beaucoup aux alvéoles. La tension de la langue se voit bien dans shi (fig. 103) où l'articulation de i touche très peu au [ alais.

Ce son est donc une mèdio palatale fricative,

La position mèdio-palatale est très distincte dans la figure 104.

Dans 1 articulation de s, la position avancée de la consonne faisait déplacer en avant la voyelle. En conséquence celle ci était visible à la partie postérieure du palais dur au lieu d'être sous-palatale. L'articulation médio-palatale de cette consonne (fig. 105) permet à Ta de revenir à sa position normale.

Tous ces parlers accusent la position médio-palatale. Celui de H indique aussi un relâchement considérable .

Souffle et Larynx

Une étude des tracés ne révèle d'autres particularités dans les divers parlers que celles déjà notées pour ô. Je renvoie à la page 79.

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