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CHAPITRE IV Liquides et Nasales

Articulation

La pointe de la langue est appuyé contre le palais pour produire l'articulation représentée par la figure 106. La qualité prépalatale de ce son est remarquable, et on ne trouve qu'une seule exception dans les six sujets étudiés. Cette articulation ressemble à celle des anglais plutôt qu'à celle des français. Le fait que c'est la pointe qui touche au palais indique que la langue est recourbée et creusée au centre du palais, ce qui amènerait le timbre particulier de la prononciation anglaise.

L'ouverture est unilatérale, et à gauche.

C'est ici (fig. 107) le seul exemple d'une l dentale. La langue touche bien aux alvéoles, et la pointe est appuyée contre les dents d'en haut.

Dans ce parler la langue est encore plus recourbée et creusée, qu'elle ne l'était chez A. La pointe de la langue touche le palais et la région de contact est très étendue (fig. 108). L'articulation avancée de i fait avancer celle de l (fig. 108), qui s'achemine vers la position alvéolaire, mais, jamais jusqu'à la position de la dentale.

L'articulation (fìg. 109) s'appoche de la position dentale, surtout celle de li (2). Mais même dans ce dernier cas on constate une tendance à reculer Tarticulation.

Pour la première fois, Tarticulation est bilatérale.

Ici encore la langue prend la position prépalatale (fig. 110^ et l'ouverture est bilatérale. Comme il arrive souvent pource sujet, la pointe de la langue est libre, et l'articulation se fait en arrière d'elle. Mais la pointe ne s'abaisse pas assez pour produire un changement sensible dans le son, et elle ne tombe même pas au niveau des dents d'en haut.

Un bon exemple de Tarticulation prédominante (fig. 111).

Pression linguale

Les am; ouïes 3 en arrière et 2 au centre de la bouche montrenl / comme le plus faible des quatre sons étudiés, à savoir t> ciy n > /.Mais lamjjoule 1 en arrière de^ dents accuse une variation considérable dans la pression. Car tandis que la progression n > t> d esi constante, le rang de l varie beaucoup. Sans jamais égaler n, elle peut occuper tous les autres rangs de la progression. Ceci montre dans la force de l'articulation, une variation extrême sur laquelle je reviendrai en parlant du soufïïe.

Les indications à la partie postérieure et au centre de la bouche varient. Tantôt c'est / qui est plus forte que d, tantôt c'est l'inverse. Aux alvéoles, quelle que soit la progression des autres sons, c'est toujours l qui est le plus faible. La variation possible se voit bien dans ala-alà, (fig. 26).

Souffle et Larynx

En général, quand elle est initiale, l conserve son articulation quelque temps après le commencencenaent des vibrations laryngiennes. Mais pour C, les vibrations n'apparaissent qu'avec la voyelle, et elles sont précédées d'une vél - u - gli - 0 ritoble explosion sourde, com-

F'iG. 112 C me le montre luglio (fìg. 112).

Cette prononciation lui est habituelle, mais elle ne se trouve pas dans les autres parlers.

Le type commun aux autres se fait voir dans (fig.ll3).

Les vibrations dont la libre sortie est empêchée pendant l'occlusion semi-fermée de /, prennent toute leur amplitude à l'ouverture qui se fait pour la voyelle. On voit que

l a dernière est d'un caractère

FiG. 113 F purement explosif. Souvent la tran-

sition de la consonne à la voyelle n'est pas si brusque.

La faiblesse de l'articulation qui a déjà été constatée en se servant des ampoules devient plus évident encore par l'étude du souffle. Comme médiate, l devient affaibhe quelquefois sensiblement et souvent on ne peut la distinguer de r (en ce qui concerne le souffle). Car la pointe de la langue ne touche que momentanément le palais, d'où elle se retire subitement. La comparaison peut se faire entre l dans cielo (fig. 68) et r dans lenere (fìg. 21 1). Ici la courte durée de l est notable. On verra en étudiant r dans quelles conditions un échange des deux sons est possible.

Articulation

La figure 114 montre le type des diverses articulations de r. Elles sont toutes d'accord pour indiquer une position pré-palatale, sauf celle de //, où la langue se rapproche du côté gauche des dents, contre lesquelles le roulement se fait.

Ce tracé indique les variétés roulées et fricatives. Pour celle-ci la langue prend la même position qu'en produisant la variété roulée, seulement la pointe de la langue s'approche du palais sans entrer en vibration. Je n'ai pas trouvé un seul cas où l'épaisseur du palais artificiel ait déterminé une fermeture complète.

Souffle et Larynx

Le nombre de roulements donné à r initiale varie de deux à quatre, mais la moyenne prise pour un nombre de cas assez considérable est trois exactement. Ces roulements sont en général entièrement sonores, et il y a même quelquefois une sortie d'air vocalique avant le commencement des roulements. Ceci est plus fréquent dans d'autres prononciations.

Riffa (fìg. 227) donne un bon exemple d'une r initiale développée. En étudiant ces roulements il faut se rendre compte qu'ils ne commencent pas avant que la pointe de la langue soit assez près du palais pour empêcher la libre sortie de lair. Comme le roulement est produit par le mouvement de la langue se rapprochant et s'éloignant du palais il sera indiqué par l'abaissement et le soulèvement du levier, le rapjirochement delà langue faisant abaisser ce dernier. En conséquence il faut considérer les roulements dans le sens V. Ceci apparaît d'une façon nette dans le

tracé de addenfro (fìg. 115). On doit se rappeler que des FiG. 115 A déplacements du levier tels qu'on en voit après le t de tuona (fìg. 121) amènent une réaction qui ressemble au tracé d'un roulement de 1'/*. 11 imporle do ne pas faire de ^i^cld—Q—n—l—r—o confusion .

Quand r mediale précède on suit une voyelle tonique, elle présente tantôt un, tantôt deux roulements sans que I on puisse d'ailleurs établir une différence dans l'emploi des deux types. Dans dix-sept cas, dont huit renferment r delà terminaison de l'infinitif- arc, se trouve un roulement; il y en a deux dans dix-Iiuit autres cas, dont neuf -are.

Dans les bisyllabes paroxytons, se trouvent toujours deux roulements.

11 n'y a pas une seule exception à la variété simp'e quand r se trouve entre deux voyelles atones. Les cas de terminaison de l'infinitif ere sont nombreux. Bien entendu dans la position médiale, r est entièrement sonore.

R finale est plus régulière qu'elle ne para't. Sur neuf cas, trois ont un roulement, et quatre en ont deux. Les deux autres sont de quatre et cinq roulements, et ils se trouvent dans proclur. Le fait que ce mot est le seul qui montre une telle prononciation indique que cette forme subit l'influence de l'originale produrre, et que la prononciation reste, bien que l'orthographe ne l'accuse pas.

Des cinq roulements dans la finale de produr, il n'y en a que trois qui soient complètement sonores. Après le troisième la qualité vocalique disparaît, et les deux derniers sont sourds.

r fricative

Outre la variété roulée de r, il en existe une qui n'est que fricative, et qui est très répandue, se trouvant dans toutes les positions dans lesquelles on rencontre l'autre. L articu-

lation linguale est tout-à-fait celle de la roulée, jamais fermée complètement. Mais au lieu de vibrer, la pointe de la langue est frôlée par l'air qui passe à travers l'articulation. Ceci forme une variété qui correspond très bien à ma prononciation américaine de r dans certaines positions.

Je l'ai trouvé dans l'initiale par exemple dans ruota, où la courbe est identique à celle de v dans venrjo ffìg. 127). Le son est sonore dès le commencement. Un bon exemple dans les mediales est la promière r de mirire (fìg. 186), où le levier est déplacé dans le sens ascendant. Ceci est dû au fait que Tarticulalion n'est pas assez resserrée pour empêcher la sortie de l'air, mais seulement assez pour la rendre plus intense. On remarquera que pour /" et u en général le levier tombe.

La deuxième r de mirare accuse une nuance de cette variété. Ici l'articulation est assez resserrée pour interrompre le souffle, mais il est évident que cela se produit par une pesante pression de la langue, et non pnr un choc brusque qui amènerait le roulement. La même nuance se voit dans tenere (fìg. 211).

La prononciation de l'initiale est très inégale, puisqu'elle varie de cinq roulements à un, mais jamais la variété fricative ne se rencontre. To Uefois il y a toujours une sortie d'air, en général sourd, avant le roulement, comme dans riffa (fig. 117 C). Vu l'existence de cet air sourd, on pour-

rait attendre la surdité , du moins partielle, du son. Effectivement dans ra (fig. 116) les deux premiers roulements sont sourds.

Dans la position médiale, il y a six cas de r fricative : sept

FIG. Il6

avec deux.

B avec un roulement, et quatre

En position finale, dans tous les cas on constate un roulement ou la variété fricative sauf dans produr, où on en trouve deux.

La consonne double en a toujours trois.

R initiale, qui varie de quatre roulements à un est entièrement sourde dans cette prononciation, comme dans riffa ^^^^^^^^^^^^^^^ (fig.117), où les vibrations ^^Hj^^^lj^^^^^^B laryngiennes n'apparaissent ^H^^^^^^^^^^^^H dans le souille qu'avec la ^H^^^^^^^H^^^H voyelle.

■^^^^^^^^^H^^^H Les da- ■^^^^^^^^^^^^^^^H vantoge que dans

qui précèdent ; il y a deux

— fl — ^ cas de trois roulements, neuf

^^7 G de deux et cinq de un.

La variété fricative se trouve seulement une fois dans chacune des positions qui précèdent, mais dans la finale elle est constante, comme dans jprodur (fig. i9 .

Deux exemples de r double présentent cinq roulements chacun.

Dans les initiales il y a toujours une sortie de souffle vocalique avant le commencement de l'articulation, et il en résulte que r est entièrement sonore. Le nombre de roulements varie de deux à quatre.

Les médiates accusent la tendance vers un roulement, car il y a rpiinze cas de cette prononciation sur vingt et un. Les autres en ont deux. Les finales sont uniformes avec un, et les doubles avec trois.

La fricative n'existe point.

Les initiales sont de deux types. Dans l'un, la consonne est sourde, et elle n'est pas roulée, ce qui produit une sourde fricative.

— do —

Mais le plus souvent le type est celui de riordinare (fìg. 118). Ici les vibrations laryngiennes commencent avant que l'articulation soit faite, la langue se met lentement en

FiG. ii8 r i 0 — r — d — i-n — a r — a F

position, et alors les roulements apparaissent. Il ne faut pas négliger l'importance de ce son préliminaire. 11 est bien en évidence dans riordinare^ et dans rei il a la même durée que 0 dans orror. Il y a six cas de quatre roulements et un de trois.

Riordinare montre dans ses trois exemples, la façon paresseuse dont la langue se met en position pour l'articulation. Ceci est indiqué par le déplacement du levier bien avant les roulements, ce qui accuse un rétrécissement progressif et lent de l'articulation. Ce phénomène est habituel dans la prononciation de F.

Dans la position médiale, c'est le roulement simple qui prédomine, et j'en ai quinze exemples, dont sept delà terminaison de l'infinitif — are. En outre sept cas, tous — are ont deux roulements; et deux en ont trois, dont un — a?'e. Il existe cinq exemples de la fricative.

Les finales présentent avec une égale fréquence, un, deux ou trois roulements. Produr à la finale en a deux.

Les doubles en ont ou quatre ou cinq.

Remarque

L'étude du type fricatif de r permet de se rendre compte aisément des permutations fréquents entre r, l et n que Ton observe dans les langues romanes.

Dans r fricative la fermeture de la région prépalatale est presque complète, et il suffit seulement d'un faible effort pour que l'occlusion devienne parfaite. Alors si la langue n'appuie pas assez fortement sur les côtes, l'air renfermé sous pression dans la cavité buccale s'échappera latéralement ce qui produira une /. Sinon, le voile du palais pourra s'abaisser en laissant passer l'air à travers hs fosses nasales, et une n en résultera. Les sons ainsi produits présenteront d'abord un type intermédiaire qu'une action instinctive des organes ramènera au type normal. Les autres permutations de ces trois sons s'expliqueront par des actions en sens inverse de celles que nous venons de décrire.

Un autre changement analogue est celui où un t s'intercale entre ?'ets. Par exemple à Pérouse et à Assise j'ai entendu pwo dartsi au lieu de pwo darsi. Dans ce cas, r était seulement fricative et la fermeture de l'articulation suffirait à produire Tocclusive.

Arliculation

Comme pour pei b, le seul moyen d'étudier cette consonne est d'examiner son influence sur la voyelle. Cette étude montre que la nasale labiale diffère sensiblement des autres labiales. La voyelle (fig. 119) s'avance plus sur les côtés, tandis qu'au centre elle reste sur la limite du palais dur. La distinction est confirmée par le fait que la pointe de la langue touchait fréquemment les alvéoles au centre, ce qui n'arrivait jamais pour les autres labiales.

Ce dernier fait indique un plus grand relâchement pour ce son, et il est prouvé par les données de l'ampoule 3 placée à la partie postérieure du palais dur. Les pressions respectives sont p > b > m.

Etudiée avec l'ampoule 2 à la position labiale, la pression est p > m > b.

Ce dernier résultai n'est plus le même pour B. Ici Tampoule 2 indique, p > b, m > p donc m > p > h.

Les vibrations laryngiennes, et par suite la nasalité, commencent bien avant la voyelle, comme le montre maligno (fìg. 212.) Ceci le rapproche du type français plutôt que de l'anglais, et ce fait est constant.

Au contraire, m mediale varie beaucoup. L occlusion

labiale peut être complète et forte comme dans amanda (fig. 185.) Ou bien on rencontre le type de lasciami (fig. 120), où l'oc-

l ^ ^ ^ clusion est des plus brè-

FiG. 120 A ves, et est montrée seule-

ment par l'abaissement du levier.

Ce parler est identique à celui de ^.

Le commencement de la voyelle qui suit, indique souvent le commencement de la nasalité dans le parler de ce sujet ; car ce n'est qu'avec la voyelle qu'apparaissent les vibrations laryngiennes. Il résulte d'une telle condition que

c'est seulement de l'explosion labiale et de la nasalisalion de la voyelle suivante que l'oreille reçoit l'impression du son.

Cela se voit dans maligno (fig.

121), où on trouve même une sortie d'air sourd après l'ex- C plosion. Quelquefois la nasalité précède l'explosion, mais de très peu.

gn

G'est là une autre prononciation qui se rapproche du type anglais plùtôt que du type français qui est représenté par A et B.

L'occlusion médiale est souvent très faible ; quelquefois elle n'est point indiquée, et les vibrations qui sortent de la bouche ne sont pas interrompues.

La nasalité de m initiale commencent bien avant la voyelle, et dans la médiale, l'occlusion est très complète.

Dans la plus grande partie des cas, la nasalité est sensible dans l'initiale bien avant l'explosion qui amène la voyelle, mais il y a des cas où ce sujet suit la pronoRciation de C.

L'occlusion des médiates est notable.

Ici 1d prononciation indiquée pour C et F est constante. Comme le montre meni ire [fì^. n9G),il n'y a pas la moindre indication d'un son nvnnf le commencement de la voyelle. Ceci inclique de nouveau le rôle imporlanl que joue la nasalisation de la voyeli-' dans certains parlers.

Articulation

Dans l'articulation de A (fig. 122) la langue recule notablement de la position dentale. Elle se creuse au centre et la pointe se soulève pour former Focclusion antérieure. La même articulation se recontre chez C,E et H, mais la tendance du dernier au relâchement de la langue fait qu'une grande partie du palais est touchée par la langue.

L'articulation dentale apparaît chez B (fig. 123) et D. Dans chacune la pointe de la langue touche les dents d'en haut .

La comparaison de ces articulations avec celles de l ac-

cuse une ressemblance notable, excepté en ce qui concerne l'articulation latérale. Les tracés de d sont au même endroit que ceux de n dans les cas de B, C, D, mais le caractère dental de A, E et H manque.

Souffle et Larynx

Sauf dans le cas de C les vibrations commencent bien avant la voyelle, et la consonne est allongée, comme pour m. Mais dans ce parler le même fait apparaît que nous avons constaté pour m ; à savoir que la qualité nasale commence avec la voyelle ou très peu avant elle.

Ce qui ici encore assimile cette prononciation à l'anglais ou à l'allemand.

Il y a trois variétés de la médiale. L'une ou l'occlusion est brusque et complète comme dans pena (fìg. 31). Ceci est surtout notable chez A, C ei F,

La deuxième variété se voit dans appena, (fig. 206), où Tocclusion est graduelle. C'est là une variété qui n'est pas très répandue, mais qui se trouve de temps en temps dans toutes les prononciations.

La troisième est celle dans tuona (fìg.

124), où le tracé accuse un son intermédiaire entre la voyelle et la consonne suivie

de l'occlusion com-

tu 0 n a .

A plete. Ceci se rencontre plus fréquemment chez B, et se trouve de temps en

temps dans tous les parlers.

C'est cette variété qui se constate le plus souvent à la finale, et elle est bien nette dans

c a n can (fig. 125). Je l'étudié à la

f^^- A pggg suivante.

N POST-PALATALE Articulation

La figure 126 montre le tracé du mot vengo sur le palais artificiel et elle indique nettement Tinfluence des explosives post-palatales sur la nasale prépalatale, et inversement.

Les articulations sont celles de g, car souvent l'occlusion complète ne se produit qu'avec cette consonne. Ainsi g a fait reculer l'articulation de n, et à son tour cette dernière à poussé en avant celle de La comparaison des tracés de vengo avec ceux de g (fig. 62) accuse pour ceux-là une position plus avancée, qui va quelquefois jusqu'à celle de gi. L'infiuence de la voyelle n'y entre pour rien, car o est sous-palatal, ou peu s'en faut.

C'est seulement dans le cas de D que l'articulation originale de n a laissé des traces. Sa tendance à l'articulation latérale lui a permis de la réserrer un peu plus, et l'épaisseur du palais artificiel a fait que la langue l'a touché en avant.

Mais pour tous les sujets, c'est l'avancement sur les côtés qui montre le plus nettement l'influence de n ; au centre l'articulation est plutôt celle de g.

Souffle et Larynx

Puisque des exemples de cette prononciation se rencontrent indifféremment chez tous les sujets il ne servira à rien d'étudier séparément chacun des parlers. Un aperçu général suffira.

Dans le mot vengo (fig. 127), la nasalité commence brusquement pendant la voyelle, mais l'intensité qui apparaîtra plus tard au moment de la cessation des vibrations buccales manque. Cette première nasalité est accompagnée d'un notable affaiblissement dans les vibrations buccales qui n'ont pas encore cessé d'être très distinctes. Ces dernières disparaissent complètement avec le commencement de la nasalité intense, et rocclusion se perd dans celle de g.

— oeil n'y a qu'à comparer ce tracé avec celui de sdegno (fig.

FiG. 127 u e n go A

128), qui montre la varjété de l'occlusion nette, pour voir qu'il existe dans vengo une n d'une nuance tout [)articulière.

FIG. 128 S- d e gn 0. A

Gela se rencontre non seulement avant k et g, mais avant z sourd et sonore comme le montre senza (fig. 217), et même (mais plus rarement) avant t et d. Ce n'est pas seulement parmi les combinaisons où n est suivi d'une occlusive palatale ou dentale que cette prononciation se trouve, mais aussi pour les simples. Tuona, (fig. 124) en donne un très bel exemple, et elle existe aussi dans suono, buono, etc. Cependant dans cette position elle n'est ni si commune ni si nettement indiquée, comme le montre tiene (fig. 154)

et attiene (fig. 153). Elle se trouve plus souvent après o et u qu'après les voyelles antérieures e et i. Can (fig. 125) et gemma (fig. 129) accusent d'autres

exemples de cette même pro- IHHHH^HHRHB|H| nonciation.

^BKEÊÊ^^^^^^^Ê La persistance des vibra- BBBHHDHBBBB tiens buccales après le comr,' n YY^rn n meucemeut dcs vibratious na-

g G Tilin — cl

FIG. 129 A sales indique que la nasalité

n'amène pas une occlubion complète. Pour se rendre compte de l'importance de la qualité buccale dans cette variété, on peut la comparer à z dans dozzina qui est une fricative buccale et dont cependant les vibrations sont bien moins amples que dans oengo. Cette articulation intermédiaire est nettement accusé par les ampoules et paraît dans tenere (fig. 27) où elle produit la déviation que Ton remarque après le premier e ; mais elle est de courte durée car la voyelle est atone.

Il y a donc dans les positions indiquées, une prononciation de n qui amène à un son intermédiaire, à moitié buccal, à moitié nasal. Ce son donne dans vengo un tracé qui ressemble parfaitement à celui des voyelles nasales françaises, et qui accuse une identité considérable dans la prononciation. A l'heure qu'il est ce son n'est que transitoire, mais il nous fournit une étape dans la formation des voyelles nasales.

Outre cette action sur la voyelle, n s'unit à l'occlusion de g et la rend nasale, le résultat est un g nasal qui est un son simple. Par suite il n'existe pas de n, à proprement parler.

Ce son dans vengo est un des exemples les plus frappants que j'ai trouvé, mais on en trouvera tous les degrés jusqu'à l'occlusion nette de pena (fig. 31) ; n dans dozzina (fig. 193) offre un type intermédiaire.

Pour les autres considérations sur l'action de n, je renvoie au chapitre sur la nasalité page 127.

CHAPITRÌE V Les 3Iouìllées

L MOUILLÉE Articulation

La mouillure est évidente dans la figure 130, et IM présente, en général, le canal que Ton voit vers la partie antérieure du palais. L'articulation peut se terminer toutefois

au point où elle se rétrécit, et alors elle est la même que celle de Ihi. Ce sujet présente un des parlers exceptionnels où la présence de i n'affaiblit pas la mouillure de la consonne. L'articulation est sensiblement moins complète que celle

du français (cf. La Parole, 1899, p. 614) et en conséquence il est quelquefois difficile pour l'oreille de distinguer nettement le son qui en résulte. Dans le parler de ce sujet l'articulation est bien celle de Ih, bien que la pointe de la langue repose contre les dents d'en haut en la formant.

On remarquera que toute l'étendue du palais est touchée par la langue excepté au centre, tandis que pour Ije [to] (2), avec lequel on l'identifie souvent, l conserve sa position habituelle, à laquelle se joint l'articulation de j. La distinction est incontestable.

Comme la pointe de la langue repose contre les dents d'en bas, la partie antérieure du palais n'est pas complètement couverte, comme le montre la figure 131, tracé de [ma] glia. La partie postérieure est très ouverte. Le tracé de lie [to] (2), montre / dans sa position normale jointe à;, qui d'ailleurs ne s'accuse pas très distinctement. Il n'y a pas moyen de confondre les deux articulations.

Un fait curieux apparaît dans l'articulation de egli (fìg. 132). C'est l'affaiblissement de la mouillure avant la voyelle i, qui est très notable au centre du palais, où egli prend presque l'articulation de li (2). Mais aux alvéoles en avant la distinction entre les deux sons se fait encore.

L'articulation caractéristique de C rend difficile l'appréciation de la mouillure dans ce parler. Mais la distinction dans la figure 133 entre Ihi (1) et H (2) démontre qu'il y a une différence dans les articulations et que les sons qui en résultent ne sont pas les mêmes. La pointe de la langue s'appuie contre le palais.

Ici la mouillure a disparu, et le tracé de [ma] glia (fìg* 134) ne diffère pas sensiblement de celui de lie [to] (2). mais la comparaison de lha (fig. 134) avec la (fig. 109)

montrera que la langue n'est pas encore dans la position de l simple. Car pour lha la pointe est contre les dents d'en haut, tandis que pour la, elle est appuyée contre le palais. Ainsi l de lieto a été écartée de sa position oormale vers celle de lha par l'influence de j.

La figure 135 donne les articulations qui paraissent les plus communes chez ce sujet. Sa prononciation est dans un état flottant, et de temps en temps toute la partie antérieure du palais est couverte. Mais il y a toujours conformité notable entre les tracés postérieures.

Pour chaque articulation la pointe de la langue touche le palais, et la position normale de l est conservée dans lie [to] (2). Mais bien que la mouillure ait disparu et que le son soit devenu composé, l'effet de la mouillée se montre dans la position plus avancée de lha (1).

La pointe de la langue est contre les dents inférieures, et le son est un son mouillé simple.

Une évolution très intéressante se fait voir ici. Tandis que dans quelques parlers toscans l'articulation de l mouillée a abouti à celle de l en passant à Ij. Dans ce parler c'est / qui s'assimile à j. lien résulte que ce sujet dit/o détto, {gli ho detto), ou prononce le nom de la célèbre famille de Pérouse, bajoni ou baijoni (Baglionï). Ceci ne provient pas de l'impossibilité de bien pononcer l mouillée, mais paraît être une tendance locale.

La mouillure se voit dans toute sa pureté dans la figure 136. La pointe de la langue repose en bas, d'où l'espace libre à la partie antérieure.

Dans le souffle ce son ne présente aucune particularité. A l'initiale il n'est pas à distinguer du tracé de la (fìg. 113), et à la médiale on le voit pour D dans luglio (fig. 1 i2).

Par la comparaison avec le son français, on voit que l moaillée italien n'a pas toute la qualité resserrée de / mouillée français de M. Dauzat (op. cit). Toutefois son articulation est distincte de celle de Ij, bien que dans le parler d'un nombre considérable d'italiens elle ait aboutit à Ij ou j.

N. MOUILLEE Articulation

Bien que la langue s'est soulevée à la pointe, il n'y a pas de doute sur la mouillure chez ce sujet. Ceci est dû au fait que la langue est plutôt petite tandis que le palais est très large et très profond. En conséquence dans les articulations relâchées des mouillées la langue est forcée de se soulever pour c 'uvrir tout le palais.

La différence entre n mnuiUcc et /?/ se voit bien dons la figur** 137 où ligne 1 re[)r.'sente Tarticulalion de nhn et ligne 2 celle de rLÌu[no\. Ces sons .sont évidemment distincts, et je n'ai jamais réussi à les confondre dans aucun sujet. C'est-à-dire, je n'ai pas un seul cas ou nj soit devenu n mouillée.

Comme pour l mouillée, le tracé de nhi équivaut à celui de n/ia fermé au point de rétrécissement.

La mouillure est très claire chez ce sujet. La pointe de la langue s'appuie contre les dents d'en bas, et la partie antérieure du palais n'est pas touchée (fig 138). La différence entre ?i/ia (1) et nie\nte] (2) est des plus notables, et n

conserve toute sa qualité dentale dans cette dernière combinaison.

La figure 139 montre Un phénomène qui se trouve dans tous les parlers, sauf celui de A. En combinaison avec i, n moui//ee perd la plus grande partie de sa mouillure, et son tracé se relâche presque jusqu'à Tarticulation de nj. Ce fait apparaît dans la figure 139 oui est le (racé de ogni, et où ligne 2 représente nie [nie]. A la partie antérieure, la langue dans ogni n'a pas encore atteint la position dentale, mais au centre du palais l'analogie est frappante et montre la disparition presque complète de la mouillure.

La mouillure de C n'est pas indiquée d'une manière évidente.

Dans la fi;;urc l'O in mouillure o?t encore une foÌ3 très sensible, et ligne 2 montre nki plus ouverte (pie nhn (1). Mais ìiìi'ì ne s'ossiinile jamais nia /// ni à n/, liien que la pointe de la l.mgue soit coni re les dents d'en haut

Ceci indique que le sentiment den mouillée est plus fort que celui de l mouillée.

Une des plus fortes mouillures, comme le montre la figure 141, où le tracé de nha (t) est très distincte de celui de rie [ith ] (2), qui est tout-à-fait dental.

Une mouillure des plus com'plctes.

Souffle et Larynx

Comme pour Ih, le souffle n'est pas très significatif. Nha, (fig. 198) donne un bon exemple des initiales et sdegno (fig. 128) des înédiales,

Résumé

On voit donc qu'en italien, comme dans les autres langues romanes, la mouillure est un phénomène incontestable, bien qu'elle ait été souvent méconnue. On note cependant chez quelques sujets, surtout toscans, une tendance à la dissociation de la mouillée simple en deux éléments consonne + j. On peut se demander si ce fait est une survivance du type originale ou au contraire un retour vers lui.

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