FIG. 183 V U
avec la fricative sonore.
W n'est pas sourd dans le parler de I>, et ce n'est que dans le cas de r/um^o que les vibrations sont relardées jusqu'à la fin de l'explosion. Guai (fig. 173) donne un bel exemple de la courte durée de ce son, due en gran le partie au fait que les lèvres sont déjà avancées et arrondies pendant l'occlusion de la consonne qui le précède.
Sur le palais artificiel, la différence qui résulte de l'introduction de w est très légère.
Dans ce parler la surdité devient très frappante, comme toujours. Cela amène à une prononciation qu'il faut noter dans coagulare (fig. 60). où o devient sourd après c, et ainsi forme une fricative sourde bilabiale, qu'on di^^tingueà peine de w.
La prononciation de E ressemble à celle B, et ne présente aucune particularité.
La surdité existe toujours pour w, mais pas aussi forte que dans sa prononciation de j.
Remarque
Dans tous les cas où nous pouvons observer; et w, ils sont atones. Il est intéressant de noter que dans cette position ils représentent non pas une voyelle latine, mais une consonne ou un son intercalé entre la consonne et la voyelle latine brève. Les mots déjà étudiés en fournissent des exemples: 1° plenum-pieno, floreni-fiore, clarum-chiaro , oc[u\lum-occhio: 2"" vetimi-oielo, tenet-tiene. Pour domum-duomo, bonum-buono, focum-fuoco.
Sauf quelques rares exceptions (qui-kwi), j et w ne paraissent donc pas avoir jamais été des voyelles. Consonnes en latin, consonnes dans l'italien d'aujourd'hui, il est peu probable qu'ils aient jamais pu être voyelles pures,
CIlAinTRE VII Diphtongues
Puisque les phonéticiens ne sont f as d'accord sur la définition du nnot diphtorKjue , il faut d'aboid que j'explique le sens (juc je lui donne. Une diphtongue est une combinaison de deux voyelles pures, dont l'une reçoit un accent î)lus énergi(iue que l'autre. (Je me sers de l'étude de l'accent [arceque mes moyens d'expéiimenlntion ne me permettaient pas une élude de la hauteur et de Tintensité). Les quelques cas qui ne rentrent pas dans cette définition sont dus à une cause que nous étudierons. Revenons maintenant à la définition de la diphtongue.
Les voyelles doivent être pares, il ne saurait donc y avoir de diphtongues croissantes avec i ou u comme élément initial car on a vu que les sons transcrits par ces deux lettres sont des consonnes partout où ils n'ont pas la valeur syllabique et où ils précèdent d'autre voyelles qui la possèdent.
Une des voyelles doit recevoir un accent plus énergique que l'autre. Ce renforcement de l'accent d'une des voyelles est toujours dû en italien à l'accent du mot. Cela écarte les combinaisons de deux voyelles dont ni l'une ni l'autre ne portent l'accent du mot. Ainsi dans pauroso, paesano et poesia, au, ne et oe sont dissyllabiques parceque aucun des deux éléments n'est plus fort que l'autre. [11 faut écarter toujours; qui est consonne et qui reste consonne. Par exemple pjeno (pieno) en combinaison conserve la consonne et on dirait pjenamcììlc (pienamente) ] Cette conception est appuyée
par le fait que le français qui n'a pas d'accent tonique médial, n'a pas de diphtongues (1).
Les cas où cette règle paraît inadmissible sont ceux où les voyelles i ou u conservent leur qualité pure et précèdent la voyelle tonique. Mais alors un phénomène intéressant se produit qui fait rentrer ce cas dans la règle. La prononciation devient dissyllabique (ou bien j ou w se substitue à la première voyelle).
11 en est ainsi quand i ou u remplacent des voyelles latines, sauf dans la combinaison latine qu. Considérons par exemple les deux mots oia et spia, tous les deux renfermant des diphtongues décroissants. Dans les dérivés de via, tels viale, viatico, viaggio, l'accent tonique frappe a dans chaque mot. Mais puisque i a été tonique dans le simple via, il conserve sa qualité vocalique dans le dérivé ; sinon il deviendrait j, ce que le sentiment qui persiste de la voyelle ne permettrait pas. D'autre part a reçoit l'accent tonique du mot, et il en résulte que la n'est pas une diphtongue, mais est prononcé comme dissyllabe. De la même façon, spia forme spiare, où ia est également dissyllabique (2), tandis que spiano n'est même pas une diphtongue, puisque dans ce mot i=j.
Un exemple du même phénomène pour u se rencontre dans duetto dérivé de due. Il est à noter que la voyelle persiste aussi dans le suffixe latin uosus = uosa.
Tout cela ne veut pas dire que les prononciations soient uniformes à cet égard. Par exemple A a prononcé i de tiorba, théoriquement voyelle, comme j sourd. On aura remarqué coagulare qui devient cwagulare dans le parler de C el spiare, spjare dons E. De tels cas indiquent l'affaiblissement du sentiment conservateur, souvent si puissant.
Etudions maintenant les diphtongues proprement dites.
(1) Cf. Dictionnaire général de la langue française. Hatzfeld, Darmesteter, Thomas, Delagrave, p. XXVII.
(2) Noter que E l'a prononcé spjare, en affaiblissant i.
On sait qu'on les divise en diphtongues croissantes ou décroissantes selon que Taccent porte sur la seconde ou la première voyelle. Presque toutes les combinaisons vocaliques peuvent donner lieu à des diphtongues croissantes : paura, paese, poeta, coìre. Ces combinaisons cessent d'être diphtongues et deviennent dissyllabiques quand par suite d'une dérivation Taccent passe sur une autre syllabe. Exemples: paura-pauroso, pne se-paesano.
Des diphtongues décroissantes existent dans, aere, guai, lei, neutro, buoi, laico, et leur changement en une combinaison dissyllabique se montre dans aeriforme, neutrale, Inicato. Dans des combinaisons initiales telles que celles dans aeriforme et aurora, on remarquera sur la première voyelle un accent secondaire qui se rencontre d'ailleurs dans toutes les syllabes initiales, mais qui n'est pas assez fort pour amener la diphtongaison.
Quand la combinaison vocalique se trouve comme finale d'un paroxyton, par exemple dans spia, mio, mie, tuo. etc., la voyelle finale se dégage un peu, et on croit souvent entendre deux syllabes. Mais ces formes comparées à lei, cui, voi, montreront que la différence tient plutôt à la qualité intrinsèque de la voyelle qu'à une différence de quantité ou d'accent. Ce sont toujours des diphtongues décroissantes.
Je n'ai pas trouvé de triphtongues, et il n'en existe pas. Buoi et guai, si souvent cités, ne sont que des diphtongues, comme nous l'avons vu. Figliuolo est aussi indiqué, mais i n'est ici qu'un signe de mouillure, et u est consonne, ou il disparait dans la prononciation.
ciiAinTRE vni
Consonnes en combinaison.
Quand les consonnes se combinent entre elles il se pro duit des influences réciproques qu'il est intéressant d'étudier. Ces influences peuvent déterminer dans un son un changement complet nettement perçu par Toreille, ou bien une variation moins accentuée que l'oreille ne sent pas par un effet psychologique résultant de l'habitude.
C'est ce dernier genre de variations que nous allons surtout étudier, car l'assimilation est arrivée à un tel point en italien que les premières sont notées dans la graphie et sont par conséquent bien connues.
En principe l'action du larynx est régulière, et permet de préciser les sons et les variétés d'une manière assez compréhensive. Mais il y a toujours des exceptions d'un intérêt considérable, puisque elles montrent une variation du type, et à laquelle l'oreille n'est pas sensible à force d'habitude.
Ces variations se présentent dans des combinaisons à étudier, ou comme changements isolés ou comme tendance individuelle. Dans la première catégorie se placerait l'assourdissement des sonores par suite de leur réduplication, comme dans addentro (fìg. 115 A), aggettivo {fig. 22S A) legga (D), babbo {D), gemma (D), avvocato (B),
Ce phénomène se rencontre non seulement dans les consonnes doubles, mais aussi dans la combinaison de deux occlusives quelconques. Par exemple dans prebenda (fìg. 231 B) d est sourd, même après n qui est sonore. Un autre cas est dans vengo (C) ou g est sourd.
Le changement des sonores simples en sourdes n'est pas sans exemple, et j'en parlerai ici. Dans la prononciation de B, d de codesto est très faible en ce qui concerne la sonorité, et pour E et F (tous les deux ayant une prononciation très soignée), il devient entièrement sourd. C'est là la prononciation cofesto qui est moins fréquente, et il est intéressant de voir B occuper une position moyenne.
Dans prebenda (fig. 231 B) b est sourd pendant la dernière partie de l'occlusion et la première de l'explosion. En traitant de d j'ai fait allusion à une variété qui existe surtout dons le parler de B, et pour plusieurs sonores. Les vibrations laryngiennes commencent comme d'habitude bien avant l'explosion, mais tout d'un coup elles s'arrêtent et laissent sourde la plus grande partie de l'occlusion. C'est encore une indication de la position intermédiaire de B.
Toutefois il est à noter que quand la combinaison de deux consonnes est celle d'une sourde et d'une sonore, la variation du type est plus notable. Un exemple assez fréquent de ceci se présente quand une nasale se trouve suivie d'une exclusive sourde. Dans ce cas l'occlusive devient non seulement sonore, mais aussi nasale.
Cela se trouve dans attento {A), où t est entièrement sonore, et dans obiemperare (A) où le même phénomène se constate pour p.
De toutes les combinaisons, la plus fréquente est celle d'une occlusion sourde suivie d'un liquide. Alors celle-ci devient plus ou moins sourde par l'influence de la consonne qui précède, surtout à l'initiale.
Produr le montre chez A . Les vraies vibrations laryngiennes ne commencent qu'avec la voyelle, et r est tout à
fait sourde. Ceci est général chez A, mais la médiale r peut avoir une sonorité complète [cî. Aprilo (fig. 202)].
Prebenda, (fig. 231, B) montre r sourde en grandé partie. Cela est peu commun chez B, car r est sonore dans la majorité de mots comme p?nore et straziato. Il est évident qu'il y a une tendance vers la surdité, puisque les vibrations ne commencent qu'après l'explosion pour ces variétés.
Dans le cas de /, surtout quand elle suit une consonne linguale ou palatale, la surdité devient très notable, et à vrai dire / se réduit souvent à une explosion latérale sourde de l'occlusive. Exemples : diente (B) et atlnnte (B). Dans les labiales les articulations ne s'unissent pas bien, ainsi dans plaustro (B) l est sonore.
C'est dons le parler de C que la surdité arrive à son maximum. Dans acco'onare les vibrations s'arrêtent à la fin de la voyelle initiale, pour ne recommencer qu a la fin de l'explosion de t. La surdité de la voyelle s'accuse fréquemment.
Dans les combinaisons initiales la sui dite de la liquide est notable. Dons triste et presto, r qui a quatre roulements dans choque mot est à moitié sourde, les deux derniers roulements seuls sont sonores. Troia en est un exemple encore plus frappant, car sur six roulements il n'y en a que deux de sonores. 7? dons croato a trois roulements et dans priore elle en a quatre, tous sourds. Produr (fig. 49) montre une r de deux roulements, incontestablement sourds. Par contre r dans straziato est complètement sonore, et t de la syllabe finale l'est aussi. Dans introiarsi, la première r a trois rou'ements et elle est entièrement sourde, comme la seconde, cela est dû évidemment à l'influence de .s. La dernière r n'est pas roulée, mais fricative.
L est complètement sourde dans cliente et plaustro, et elle a une durée considérable.
Le tracé de psiche (fìg. 184) accuse une prononciation des plus curieuses. Les vibrations laryngiennes qui commencent avec la voyelle durent pendant l'occlusion de /?, et même après l'explosion. Alors après une forte poussée d'air sourd, elles reprennent pour la finale. Il est rare que le sentiment de la sur- p—s — i—ch — e dité se fasse sentir après l'ex- fig. 184 G plosion.
La prononciation de E est fort régulière et conserve leur qualité aux sonores. Sa tendance est plutôt de rendre sonores les sourdes ce qui se fait voir dans straziato, où le dernier t est sonore. De même le premier t dans atlante.
Pour F, r est à moitié sourde dans des mots priori et prebenda. A part ces deux mots, l'action du larynx paraît être très régulière, et ne présente pas de particularités.
La surdité remarquée dans la pronociation de G pour les consonnes simples comme dans poderi (fig. 32), ou pour j comme dans tiene, est fort accentuée pour les liquides précédées de sourdes. Produr, cliente, atlante et priore sont parmi les exemples les plus notables.
Je n ai pas d'exemples de l'action inverse, c'est-à dire rinfluence de la consonne qui suit sur celle qui précède.
Il y a une combinaison de consonnes qui est peu commune en italien, et qui existe dans les mots savants seulement, car dans les mots de formation populaire l'assimilation de la première à la seconde consonne s'est faite. Cette combinaison est h suivi de t ou de s, qui dans le parler populaire sont assimilés, mais qui restent dans quelques mots, parmi lesquels, abside et obsoleto. Apside est donnée dans Petrocchi comme une forme vieillie.
La prononciation de A était parfaitement régulière, la qualité sonore persistant après l'explosion (cf. abside fig. 47).
PouvB, dans tous les mots de ce type, les vibrations s'arrêtaient a[)rès la voyelle qui précèdent l'occlusion^ qui était par suite entièrement sourde.
C faisait toujours l'assimilation populaire, en prononçant asside su.'<tnn:inìe (je n'ai pas de tracé de ob-^olrto.)
L'occlusive est toujours sourde dans les parlers de E et F.
Cette prononciation est compnpohle à celle du français où ahs' )l a de\ leni npsohi (?) dans le parler d'aujourd'hui.
D'après la tendance indiquée ci-dessus la première consonne d'une combinaison peut exercer quelque influence sur colle qui la suit. L'action inverse n'exis'.c que rarement, car l'assimilation est une force qui a toujours agi en italien, et il reste peu de combinaisons qui n'aient pas subi cette influence. Je viens d'en citer un cas i)armi les mois savants. Un autre cas est s ini/iiira.
Co nom est donné en italien à x suivie d'une consonne quelconque, et la règle est que dans cette position s devient sourde ou sono e selon la qualité de la consonne qui la suit. Petrocchi dans la Dizionario della lingua italiana dit: (( davanti alle cons. ò, rj, l, m, n, r, v. (pourquoi pas (/ ?) è dolce o quasi ».
Avant les sonores .s est toujours vocalique. Les vibrations sont synchroniques avec le souffle, et le son n'est pas sensiblement plus bref que le son simple .s. Cette régularité est très remarquable dans la pronociation de A étant donné sa tendance à toujours prononcer s simple, sourdo.
Dans le parler de B s impura médiate est toujours sonore et aussi à l'initiale dans svia. Mais dans smentire, slitta et sma, elle est entièrement sourde.
C identifie ce son avec Il est toujours sourd, et les vibrations commencent avec la fermeture de l'articulation pour les consonnes.
Le parler de E, qui s'incline vers la sonorité, montre une exception notable dans ce son. Pour svia et slitta s est à moitié sourde et à moitié sonore, ce sont les seuls exemples de cette prononciation que j'ai pu trouver. Dans sma, l'initiale est pleinement sourde, et aussi celle de smentire. 11 n'y a pas un seul cas de s sonore.
Pour F, il en est de même. Dans sma, la surdité est presque complète, mais dans soia et smentire elle est à peine sensible. Slitta accuse une variation intéressante. Les vibrations ont commencé pour l'initiale avec le souffle, mais elles se sont brusquement arrêtées, pour reprendre avec la liquide. Une autre fois l'initiale était complètement sourde.
Je n'ai pas parlé de s avant une sourde, car dans cette position la surdité est universelle.