‹ Étude sur la phonétique italienneChapitre 15 sur 25 · CHAPITRE IX Nasali té · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX Nasali té

L'étude que j'ai publiée dans La Parole, 1899, p, 602, m'ayant convaincu que la nasalité qui existe dans la langue Italienne a toujours été méconnue, je présente les faits qui suivent comme confirmation de cette étude préliminaire. En effet, cette nasalité est notable non seulement lorsqu'elle est amené par les consonnes nasales, mais aussi dans plusieurs sons, notamment les liquides et les voyelles, où sa présence est inattendue. Elle est aussi à noter à la fin des mots.

On peut distinguer dans cette nasalité trois variétés, dont chacune a son importance et doit être nettement séparée des autres.

La nasalité est constituée par deux éléments : l** L'existence de vibrations dans Tair que renferment les fosses nasales : 2' L'expulsion de cet air dans l'atmosphère. Toutes les fois que j'emploie le moi nasalité seul, cesdeux éléments sont réunis.

La nasalité, ainsi définie, peut se modifier de deux façons : 1° L'air des fosses nasales peut entrer en vibration et transmettre son mouvement vibratoire à l'atmosphère sans qu'il y ait écoulement d'air. Il se produit alors ce que j'appelle une résonance ; 2^ Il peut y avoir un écoulement de l'air nasal sans vibrations, c'est ce que j'appelle nasalité sourde.

Ainsi dans sde [gno] (fig. 128) on trouve la résonance. Dans cette variété il n'y a pas de véritable expulsion d'air par le nez ; mais l'abaissement du palais mou permet à

une partie des vibrations laryngiennes de se communiquer à l'air de la cavité nasa'e, et par suite à Tair du dehors. Il faut se rendre bien compte de l'importance de cette action. Même dans une nasale, l'air sorti du nez peut-êtrei très peu sensible, mais ses vibrations auront une amplitude notable.

Ce phénomène apparaît bien dans amanda (fig. 185) et mirare (fìg. 186). On remarquera que la poussée d'air

FIG. l86 ^

nasal pour ra de mirare est aussi forte que celle de mi, la différence consiste dans l'amplitude vibratoire. En conséquence on peut avoir un son nasal sensible à l'oreille sans qu'elle soit accompagné d'une sortie effective d'air.

Quand le palais mou s'abaisse un peu plus, il entre dans la cavité nasale une quantité d'air assez grande pour déplacer celui qui la rempHt déjà. Ceci produit la nasalité, telle qu'on la voit dans la dernière partie de sdegno (fìg. 128). Dans ce mot la sortie d'air est accompagnée d'un accroissement peu ordinaire dans l'amplitude vibratoire.

La nasahté sourde se rencontre quand il y a une poussée

d'air sourd par le nez, comme à la fin de)nano(fig. 187) où

FiG. iS'j n i l 0 ma. n o H

la poussée est plus forte que dans aucune des deux nasales. Des exemples de cette articulation sont très communs, et existent dans tous les parlers, mais moins fréquemment dans celui de C. Il est évident que du moment que cet air reçoit des vibrations, comme dans codesto (fìg. 188), il devient une nasale de la catégorie qui précède.

J étudierai d'abord les consonnes simples initiales en combinaison avec n, car ainsi elles seront soustraites à l'influence des sons voisins, E et elles fourniront une prononciation normale. Ensuite j'étudierai les polysyllabes, y compris les voyelles dans les positions diverses qu'elles peuvent occuper.

Monosyllabes

Occlusives + a

B&BB9BBBB Après l'explosion dans pa (fig. 189) la ré-

WÊÊ^ÊÊ^^M sonance apparaît pour la voyelle, et conti-

IH^HH^H nue jusqu'à la fin de celle-ci. Ce fait est

H^^^mi général pour toutes les occlusives sourdes

p a — p, ^ c, fe. Mais elle peut aller en s'ac-

FIG. 189 A croissant, et, vers la fin, devenir nasalité

comme dans ka (figure 190). Les appareilsj^étant toujours

FiG. 190 k a i a p a H

réglés de même, j'ai prononcé jm après A, et les tracés démontrent le fait suivant : la résonance qui existe chez tous les sujets qui ont servi à mes expériences ne se rencontre pas nécessairement dans toutes les langues. Dans la figure 191 une légère action perturbatrice est indiquée au moment de l'explosion, elle est suivie d'une résonance des plus courtes et visible seulement h Faide d'une forte loupe. Et cependant le parler américain est toujours considéré

comme fortement empreint de nasalité. Pour les occlusives sonores, la résonance est presque synchronique avec le commencement des vibrations laryngiennes. Elle débute bien avant l'explosion, mais elle disparaît presque entièrement après celle-ci. Cependant dans ga (fig. 192) après l'explosion, la résonance recommence de nouveau. La résonance initiale se transforme très bien en nasalité, comme dans dozzina (fig. 193),

Fricatives + a

La résonance se constate très souvent dans les fricatives sonores, mais disparait dans les voyelles qui les suivent, ou du moins devient très faible.

Liquides + a Dans le cas de l, la résonance est toujours présente,

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