‹ Étude sur la phonétique italienneChapitre 18 sur 25 · FIG. 205 B · texte numérisé non relu

FIG. 205 B

souvent, et il est notable dans hahho (flg. 205) pour a et à la finale.

Appena, (fig. 206) accuse un a qui n'est que très peu inférieure à n même en ce qui concerne la force de la nasalité; la différence est dans l'intensité des vibrations.

FIG. 206 a pp e n a F

Voyelles médiales.

Le même tendance à la nasalité existe dans les médiales, et elle a. déjà été constatée dans òaòòo (fig. 205). Un autre exemple est evviva (Zi), où le changement de Tarticulation i (déjà très fermée) en celle de vv fait que la résonance

qui existait pour i devient nasalité pour vv. Dans dozzina (B) le passage de zz h i produit le même effet ; et pour faccio, dans le parler de B c'est la dernière partie de a qui devient nasale, et dans C, c'est la première partie de o.

V^oyelles finales Dans les deux catégories qui [)récèdent, la nasalité résulte à ce qu'il semble, des brusques changements articulatoires, surtout quand ceux-ci sont rendus plus énergiques par le redoublement.

La particularité des voyelles finales est qu'elles sont accompagnées d'une poussée d air par le nez. Le résultat sera de donner à ces voyelles la nasalité pleine ou la nasalité sourde suivant que la poussée aura -lieu pendant la durée des vibrations, ou après leur cessation. Exemples : de la sourde, viano (fig. 187), de la sonore, nome (fig. 207 et ha (fig. 190).

FIG. 207 n 0 m e B

Les seuls parlers où ce fait n'existe pas sont ceux de A et C. Chez celui-là on trouve une durée anormale des finales, chez celui-ci une nasalité toujours minime.

AniamJa (fig. 185) offre un excellent exemple d'une finale qui suit une consonne non-nasale, et où il y a une forte nasalité, comme on le verra en la comparant avec d'autres sons du même mot.

Tous ces faits se prêtent à l'explication qui suit. La nasal lité provient de l'excès de scuffie sur le volume que l'articulation laissera passer par la bouche. Cet exc^s est alors dévié vers la cavité nasale. Par suite, si la jiression est minime et les vibrations fortes, il y a résonance ; si les

deux phénomènes se manifestent ensemble, il y a nasalité ; si c'est seulement la pression, il y a nasalité sourde.

La voyelle initiale dans une syllabe fermée est bien plus brève que dons une syllabe ouverte. Par suite si la poussée d air n'est pns bien réglée, la fermeture bruscjue et forte d'une occlu>ive double fera sortir cet air par le nez.

AcUoii des consonnes nasales

Voyelles Ì7iitia.^es

Comme fait général ; l'influence d'une nasale est plus forte sur la voyelle atone ou sur la voyelle d'une syllabe fermée que sur la tonique ou la voyelle d'une syllabe ouverte. La comparaison de a?no (fig. 204) et amanda (fìg. 185) le montre bien. Cependant quand la tonique se trouve dans une syllabe fermée, sa prédisposition à l'influence nasale devient plus notable et même atteint le degré qu'on peut voir dans inni (fig. 208). Mais il faut noter que Tini-

FiG. 2o8 i nn i F

tiale est moins nasale que la finale, bien que [les^deux le soient plus que la consonne elle-même.

Une exception à ce qui vient d être constaté se constate quand la voyelle la plus fermée, i, précède une nasale dans une syllabe atone fermée. Dans imposto (B), l'initiale n'a pas la moindre qualité buccale, et dans imprecare elle est à peine sensible. La même différence est faite par tous les sujets à un degré plus ou moins grand, mais il y a toujours une distinction sensible entre i et a dans cette position.

Infante (fig. 209) accuse un autre phénomène. Ici Tarliculation de n se combine avec la fricative f et disparaît

i (n) fan te FIG. 209 G

complètement, comme le montre le fait qu'il n'y a pas le moindre afïaiblissement de la qualité buccale dû à Focclusion de n. Mais si rocclusion s'assimile à l'articulation de f, la nasalité persiste dans la voyelle et f conserve sa qualité buccale. Alors la syllabe in est indiquée seulement par un i fortement nasalisé. Ce fait existe également dans la prononciation du même mot pour B, mais n persiste dans les parlers de C, E et I'\

Voijelles fnales

Celles-ci sont très sensiblement nasalisées, comme maligno (fig. 212 appena (fig. 206) et fini (fig 201). En général cette nasalilé s'affaiblit graduellement jusqu'à la fin, mais il ne manque pns de cas, comme dans nome (fig. 207), où il y a une forte poussée finale telle que celle qui a été constatée pour les voyelles qui ne sont pas précédées d'une nasale. Cette poussée sera sourde.

Aux finales la distinction entre la tonique et l'atone paraît claire, et celle-ci est la plus nasale.

Nasale + Voyelle médiate

Tenere (fig. 210) donne un exemple d'une voyelle tonique

dans cette position. Elle est fortement nasalisée, et main-

tient cette qualité pendant toute sa durée. Une prononciation du même mot par A est montrée dans la figure 211.

Par suite de la disparition de la voyelle qui précède n, celle-ci est très irrégulière, mais la nasalité delà voyelle tonique saute aux yeux. On peut se rendre bien compte de sa force, en prenant un morceau de papier qui forme une ligne droite et en Tappuyant aux extrémités de la ligne du nez aux points où le levier n'est pas dévié. Alors le déplacement de ce dernier peut très facilement s'étudier.

Une voyelle atone de cette catégorie se fait voir dans mirare (fig. 186). Ici encore, la nasalité est plus forte pour la voyelle que pour la consonne, et après s'être abaissée pour r, elle reprend pour la voyelle tonique sans avoir toutefois une forte amplitude vibratoire.

Dans ce mot, comme dans maligno (fig. 212), la force de

FJG. 211

la nasale esl très bien indiquée. Dans le dernier mot il y a six sons, dont seulement deux sont nasals, et cependant

m — a — l — i gn o

FTG. 212 A

toute la parole est nasalisée au plus haut degré. Frappé de ce tracé, je prononçai le même mot un instant après, l'appareil étant toujours réglé de même. La différence est notable. Dans la figure 213 mal n'est que légèrement nasal ; et

FiG. 213 m a l i gn 0

à la fm de la résonance ne continue que pendant la première moitié de la voyelle, tandis que dans tous les exemples que j'ai des parlers italiens, la qualité nasale dure aussi longtemps que la qualité buccale.

Bien que le mot maligno ait plus de nasalité qu'on n'en rencontre d'ordinaire, il est utile pour montrer portée à l'extrême une prononciation qui existe communément.

Voyelle médiale + nasale

Dans cette combinaison la nasalité varie selon que la voyelle est frappée par l'accent tonique ou est atone et selon qu'elle est dans une syllabe ouverte ou fermée. Sdegno (fìg.

128) et dozzina (fìg. 214)2"présentent des exemples d'une

FiG. 21^ d 0 zz i n a E

voyelle tonique dans une syllabe ouverte, où il n'y a que de la résonance jusqu'à la fin de la voyelle, alors que la nasalité commence brusquement. Dans dozzina (fig. 193) et appena [fig. 206) elle apparaît plus tôt et croît pendant la dernière moitié de la voyelle, à mesure que la qualité buccale diminue. Cette variété-ci sera plus commune.

Dans aucun de ces types, la nasalité n est aussi marquée que dans infante (tig. 209) quirenferme une voyelle tonique dans une syllabe fermée par une nasale. La voyelle a moitié achevée, la nasalité commence, et atteint immédiatement sa plus grande force.

La [prononciation prêtée aux voyelles "^atones dans une syllabe ouverte se fait voirj^dans infimi (fig. 215). La

FIG. 215 i (n) fimi G

voyelle médiale est des plus courtes, mais la nasalité commence avant sa fin.

NsLScile + voyelle + nasale

C'est dans cette position que la nasalité prédomine en italien. Dansa7na7ida 'fig. 185), l'amplitude des vibrations est diminuée dans une certaine mesure par la (jualité buccale de la voyelle, mais la force de Tair du nez est aussi grande que pour les nasales elles-mêmes,

Nome (fig. 207) donne le type d'une voyelle tonique dans une syllabe ouverte, ou la nasalité s accuse très fortement. Et uomini (fig. 216 j présente la médiale atone dans la même position.

FIG. 2i6 u 0 mini E

Les orthoëpistes ont souvent indiqué une durée anormale de n avant d'autres consonnes. Ceci est vrai dans plusieurs cas, et ce son peut facilement usurper le rôle syllabique dans des mots tels que imposto et introiarsi où la voyelle est entièrement absorbée. Cependant il est difficile de se rendre bien compte de ca qui se passe, surtout dans le cas où n est suivie d'une occlusive.

Il est nécessaire d'étudier plus minutieusement cette action, dont j'ai indiqué l'existence à la page 139. Dans vengo (fig. 127) se trouve l'occlusive g qui devrait théoriquement avoir une occlusion de 13/100 d'une seconde, en moyenne, et qui devrait ne pas posséder de nasalité. Mais en fait toute l'occlusion est fortement nasale. La nasalité diminue en partie pendant les quatre derniers centièmes de la seconde avant l'explosion, mais elle ne disparaît pas. Ainsi la nasale a absorbé rocclusion de g, avec laquelle elle s'est unie, et dont elle a fait une occlusion nasale. Ce son est en

conséquence g nasa.1, L'identification des articulations a été constatée à la page . Na, en outre, fortement influencé la voyelle qui précède pendant une partie de sa durée. Mais n, proprement dit, a disparu en s'identifiant plus ou moins avec les deux sons voisins.

La prononciation de vengo était trop traînée pour permettre une étude de la durée, telle que nous pouvons la faire pour amanda (fìg. 185), qui avait une durée normale. L'occlusion complète de nd occupe 27/100 de seconde, durée moyenne des deux sons, car celle de n est 12/100 et celle de d 14/100. Mais la nasalité dure pendant 23/100 de seconde tandis que l'occlusion propre de d ne dure que 4/100. Ce tracé montre que cette prolongation de n n'est pas autre chose que la nasalisation de l'occlusion ded. Car le temps donné à la combinaison est celui de la durée de deux sons simples. En outre, la nasalisation de la voyelle qui précède la nasale existe toujours.

Pour les occlusives sourdes, cette prolongation de la nasale devrait être moins considérable, à cause de la tendance de l'occlusive sourde à empêcher la continuation de la nasalité. Ce qui se vérifie souvent. Mais dans senza (fig. 217) la cessation de la nasalité est absolument syn-

chronique avec le commencement de l'explosion, et dans infante (fig. 209) les relations sont les mêmes que dans

a7na7ida (fìg. 1S5). Mandare (fig. 218) en offre encore un

FIG. 2l8

exemple, qui peut se comparer avec mentire (fìg. 219) oû

me ut ire FIG. 219 G

l'influence de l'occlusive sourde a fait reculer quelque peu la cessation de la nasalité.

De celte étude, il résulte évidemment que la langue italienne possède une tendance nasale considérable. Cette tendance se trouve même en dehors des consonnes nasales et des sons qui subissent leur influence et surtout parmi les voyelles. Elle se manifeste dans les sons unis à une articulation fermée, ou une occlusion brusque et forte. Et l'introduction d'une nasale dans un mot amène une nasalité considérable, qui peut s'étendre beaucoup comme dans mirare (fig. 186.)

Page 1