FIG. 24 Ò 06 U Û A
distincts. Nous sommes donc en présence de trois 0 — ò, 0, Ó.
Dans la même figure se trouvent les deux u de la combinaison artificielle uku, prononcés séparément. L'initiale tonique a bien la plus grande pression, mais A n'a pas bien saisi la nuance de l'atone, car elle est trop près de 0, ce qui indiquerait u ouvert. Ce son, tel qu'on le trouve dans l'anglais book, n'existe pas en italien, et les deux u sont u {moyen) et
Les deux voyelles apparaissent très bien dans la figure 25 où toute la combinaison uku a été prononcée deux fois
FIG. 2 5 U il U U k U, A
avec l'ampoule. La distinction entre les deux voyelles est très claire au centre, la durée même des deux étant parfaitement indiquée. Il est évident aussi que la différence dans l'articulation était exagérée dans la figure qui précède. On est toujours plus sûr en faisant prononcer un mot entier ; sinon d'ordinaire, au lieu de la voyelle moyenne, le sujet prononcera une des deux extrêmes.
La figure 5 montre les deux variétés sur le palais arti-
ficiel. L'atone dans rumore est indiquée par la ligne 2, et elle est bien distincte de la tonique dans virln (ligne 1).
Les lèvres s'arrondissent progressivement pendant toute la série labiale à, o, 6, u, v, et pour cette dernière voyelle l'ouverture est minime.
Ainsi ce parler possède deux séries de voyelles ayant les mêmes variétés (1) que le français, exception faite dea français dans pas et yàle, qui n'existe pas en italien. Mais, d'autre part, j'entends dans ce parler un o plus ouvert que celui du français, et qui tend plus vers a.
Dans son parler, a est sous-palatal. La série antérieure apparaît avec îi (toujours la finale atone de ama) qui touche à peine à gauche, et un peu plus à droite (fig. 6).
La figure 26 présente les combinaisons a/a-aZà articulées FIG. 26 avec l'ampoule 4 dans la par-
lie antérieure de la bouche.
L'identité des deux atones est complète, comme Test aussi celle des toniques. La distinction entre les deux variétés a>-/a a-l'k B saute aux yeux. On remarquera souvent que la tendance des voyelles atones est de former une classe différente des toniques, mais on verra par la figure 29 que cette tendance n'est pas universelle.
Les trois variétés de e dans tenere sont bien montrées sur le palais artificiel (fig 7). B a bien réussi à les isoler. La distinction entre à et è est fort visible dans ce parler.
(1) Cela s'entend de la position relative des articulations et non pas de leur position absolue.
L'ampoule 3 dans la position antérieure montre d'une manière parfaite le rétrécissement de la cavité (fig. 27). Le FiG. 27 e médiat conserve sa qualité moyenne
bien qu'il se trouve dans la syllabe tonique ; preuve encore plus forte de son individualité. Les trois e de ce mot sont donnés comme fermes par les dictionnaires.
Les deux i sont nettement séparés dans inyii, comme dans la prononciation de A (fig. 22). La même distinction est faite dans fini, où c'est la finale tonique qui est le plus fermée, contrairement à la prononciation de A qui est plus ouverte.
Les 0 sont entièrement sous-palatals,et le palais artificiel ne nous permet de rien préciser. Mais avec l'ampoule 4 insérée à la partie postérieure de la bouche, les différences se font très bien voir. B a prononcé le mot popolo {fig. 28).
FIG. 28 p o p 0 l 0 B
Le premier p est à peine sensible, ce qui est dû au fait que pendant que l'articulation de p se fait aux lèvres, celle de la voyelle est formée dans la bouche. Le 0 tonique ouvert est bien distinct entre les deux lignes horizontales, et il est suivi de l'articulation de p, notable cette fois. Ensuite le levier s'abaisse en indiquant 0 médiat. La première partie
de la voyelle est pure et sa position intermédiaire entre l'initiale et la finale est claire. L'influence de l a amené un son double, et la deuxième moitié de la voyelle est plus fermée que o final même, et on entend presque un u. L'articulation de 0 final est visible après l'élévation du levier pour Tocclusion de l.
Il résulte de cette étude que les trois variétés de o — ò, o,ó, sont également distinctes dans ce parler.
Les deux variétés de u sont toujours distinctes. Je pré- FiG. 29 sente dans la figure 29 le
tracé des combinaisons uku. ukù pris avec Tampoule 4. Le premier u tonique est notablement plus ouvert que tous les autres.
La même position articulatoire pour u final, atone u k u. u k il et tonique, montre qu'il en faut pas croire que les voyelles forment des variétés à part, selon qu'elles sont toniques ou atones.
Sur le palais artificiel les deux variétés sont bien indiquées (fig. 9).
Ce parler confirme donc l'existence des deux séries déjà constatées pour A .
L'articulation particulière à ce sujet nous permet de bien distinguer quelques-unes des variétés parmi les voyelles.
A tonique de ama est toujours fortement sous palatale, et ne laisse aucune trace sur le palais artificiel. Les indications sont minimes aussi pour a, mais la langue touche en général le palais à droite (fig. 10).
Les trois voyelles de fremere (prononcées séparément) se distinguent bien, et la séparation entre la finale et lamédiale est prouvée par le fait que c'est seulement la première qui touche à gauche (fig. 11). A droite les trois articulations sont très belles.
La distinction entre les deux i est bien indiquée dans la figure 12.
L'existence de o (moyen) est nettement accusée dans ce parler, car les deux premières syllabes de popolo sont entièrement sous-palatales, tandis que 6 laisse un tracé bien visible (fig. 13).
Les deux variétés de u sont sous-palatales, mais bien indiquées par l'ampoule 4 dans uku.
Une particularité notable de ce parler nous permet de distinguer toutes les voyelles sur le palais artificiel, étant donné qu'il n'y en a pas de sous- palatales. La cause de cette articulation latérale avancée paraît être le manque de la plupart des dents sur les côtés.
La progression de la série antérieure est régulière, et sauf la position générale de la langue, elle n'offre aucune particularité. Les voyelles sont celles de a/a (fig. 14), fremere (fig. 15), inni (fig. 16), prises dans cet ordre excepté dans inni, où elles apparaissent dans l'ordre inverse.
Les trois o de popolo (fig. 17), pris isolément sont fort avancés dans la bouche, ó l'étant autant que /, mais moins resserré, bien entendu. C'est là une particularité très intéressante, vu que dans tous les autres parlers o est ou souspalatale ou à peine visible.
Les u sont reculés, et les deux variétés bien marquées (fig. 18).
Il résulte de cette étude que la langue italienne possède deux séries de voyelles, la série antérieure et la série labiale. La première série embrasse les voyelles a, ci, è, e, é, i, i. La deuxième série ; ò, o, ó, u. û. Il ne faut pas diminuer Timportance de ces variétés qui jusqu'à présent n'ont pas été notées, mais qui existent en italien aussi bien qu'en français. Je dois me contenter de signaler leur présence dans la langue, car le cadre de ce travail ne permet pas d'indiquer en détail dans quels cas elles s'emploient.
L'étude du souffle avec les appareils dont je disposais, ne permet que la détermination de la durée, et je renvoie au chapitre sur ce sujet.
Il faut toutefois indiquer la question de la chute de la voyelle atone finale. Exception faite des cas où elle peut disparaître après l,n, et r, je ne l'ai pas trouvé d'une manière générale, même dans le parler de D qui est de l'Emiha.
De temps en temps après une forte explosion sourde, la voyelle atone se perd, quelle que soit sa position, comme dans tenere (fìg. 211) ou coagulare [fig. 60).