‹ Étude sur la phonétique italienneChapitre 7 sur 25 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Occlusives.

Notions préliminaires.

La production de Tocclusive comprend deux moments : rocc'usion et l'explosion. L'occlusion est la fermeture des organes et prépare Texplosion. Elle peut se faire dans trois régions principales : 1° entre la langue et le palais ; 2° entre la langue et les dents ; 3° entre les lèvres ; ce qui donne les trois variétés, palatales, dentales et labiales. En outre la langue peut s'appuyer contre le palais en divers points, à savoir : 1° contre le palais mou, ce qui donne une gutturale ; ^'^ contre la partie postérieure du palais dur, ce qui produit une post-palatale ; 3° contre la partie médiane, ce qui donne une médio-palatale ; 4° contre la partie antérieure, ce qui produit une pré-palatale. Je ne vois pas le moyen de séparer les alvéolaires des vré-palatales, la distinction serait toujours plus ou moins flottante. Pour moi, du moment ^[ue la langue ne touche plus aux dents l'articulation devient pré-palatale.

L'occlusion peut se faire instantanément ou graduellement, elle peut être complète ou partielle, c'est-à-dire laisser passer une portion du souffle plus ou moins considérable.

A son tour, l'explosion peut être brusque, en conséquence du relâchement complet des organes, ou plus lente par suite de l'ouverture graduelle du tube vocal. Ces faits sont

très nettement indiqués sur les tracés dans la ligne du souffle, et se prêtent à une analyse minutieuse.

A l'action de la langue et des lèvres, se joint celle du larynx, et c'est la façon dont les vibrations laryngiennes se mêlent au souffle qui fait la plus sensible distinction entre les sourdes et les sonores. La ligne du larynx dans les tracés montre l'instant où commencent les vibrations laryngiennes, et il ne faut que régler Tappareil de manière à avoir un synchronisme exact entre les deux lignes, pour étudier à fond les variétés diverses des occlusions. Mettant à part les particularités individuelles qui se rencontreront dans l'analyse des parlers, l'intérêt pratique demande que l'on divise les sourdes et les sonores en catégories aussi distinctes que possible. Afin de pouvoir le faire, il faut étudier deux faits d'une importance capitale. L'un est la relation de temps entre le commencement des vibrations laryngiennes et de l'explosion. L'autre est la question de savoir si ces vibrations sont sensibles dans le souffle dès qu'elles apparaissent dans le larynx, où si la voix est séparée de l'explosion par une tranche d'air sourd.

Ce sont surtout ces deux faits qui rendent sensible à notre oreille la difïérence entre les sourdes et les sonores, bien qu'il y ait dans l'articulation d'autres caractères distinctifs qui sont constants.

En général, les distinctions sont très sensibles et elles sont régulières dans le parler de chaque individu, mais elles varient d'un sujet à un autre. Par exemple les sourdes et les sonores se distinguent nettement pour E, il en est de même pour C, mais les sonores de C se rapprochent beaucoup des sourdes de E. Eu conséquence il faut que l'oreille s'adapte perpétuellement à la prononciation dechaque sujet parlant.

Trois variétés se trouvent nettement indiquées pour les occlusives. Dans la première, les vibrations laryngiennes commencent avant que le souffle ne soit libéré par l'ouver-

ture des organes ; dans la deuxième, elles commencent au moment de l'explosion, ou pendant qu'elle se fait; dans Ib troisième, elles ne commencent que lorsque l'explosion est achevée. La première variété accuse toujours les sonores, la troisième toujours les sourdes, mais la deuxième renferme des sourdes, aussi bien que des sonores.

De là vient la nécessité d'une modification de la deuxième catégorie, car les deux séries de consonnes ne sont pas mêlées d'une manière fortuite; au contraire, il existe entre elles une difïérence constante qu'il faut étudier.

La qualité vocalique du souffle tient à deux conditions. 11 faut qu'il y ait un courant d'air qui passe entre les cordes vocales, et aussi que celles-ci se rapprochent plus ou moins pour entrer en vibration sous l'action de cet air. Le synchronisme de ces deux phénomènes est nécessaire pour que la colonue d'air devienne sonore. Dans la vraie sonore celle où les vibrations commencent avant l'explosion, les deux phénomènes se produisent simultanément. Mais que l'occlusion soit prolongée, et l'air s'accumulant dans la cavité buccale sera bientôt à une pression égale à la pression sous-glottique. Dès lors le mouvement de l'air à travers la glotte s'arrêtera et les vibrations cesseront forcément, quelle que soit la position des cordes vocales.

Ce phénomène se constate quelquefois dans les initiales, il est rare dans les médiates simples. C'est surtout dans les consonnes doubles qu'il est le plus fréquent. Dans cellesci, en effet, l'occlusion est prolongée, mais encore la pression de l'articulation est plus forte, et les muscles des organes sont plus tendus. En conséquence la capacité de la boucha est diminuée, ce qui contribue encore à augmenter la pression de l'air et à produire l'arrêt de la colonne d'air. Ce résultat se voit dans addentro (ûg. 115; où les vibrations, après avoir duré pendant la plus grande partie de Tocclusion, s'affaiblissent vers la fin, et cessent tout à fait

avant Texplosion. La surdité complète se voit dans gg de aggettivo (fig. 228).

Ainsi si la cavité buccale est entièrement remplie d'air sourd à une pression assez forte pour équilibrer la pression sous glottique, les vibrations laryngiennes ne peuvent pas commencer avant que l'air ne se mette en mouvement, c'est à-dire, avant l'explosion. Jusqu'ici j'ai étudié les phénomènes qui dépendent de l'occlusion : il reste à voir dans quelles conditions se produit l'explosion.

L'explosion a pour conditions les mouvements de trois groupes de muscles indépendants : les muscles de la res piration, les muscles du larynx et les muscles de l'articulation.

Nous avons indiqué sommairement l'action de ces différents muscles dans les occlusions de la première catégorie (sonores pures) et de la troisième catégorie (sourdes aspirées).

Voyons comment ils se comportent dans les occlusions d3 la deuxième catégorie. Ici il ne s'agit pas d'expliquer la relation de temps entre le début des vibrations laryngiennes et l'explosion. Ce qui est en ques'ion c'est la relation de temps entre le début des vibrations laryngiennes et le début des vibrations dans la masse d'air expulsée. En effet beaucoup de tracés des occlusives de la deuxième catégorie nous permettent de constater l'existence d'une durée relativement considérable (jusqu'à 6/100 de seconde) entre l'apparition des vibrations dans le larynx et l'apparition des vibrations dans la colonne d'air sonore (cf. codesto, fig. 58 et zio, fig. 92) (1). Comment expliquer ce phénomène ?

J'avais cru d'abord qu'il était dû à l'inertie de la membrane après le choc de l'explosion. Mais le fait qu'il ne se rencontre pas une seule fois dans les tracés des sonores

(1) J'appelle air sourd, la masse d'air en mouvement qui reste sans vibrations, alors que les cordes vocales vibrent déjà.

ne permet guère d'adopter cette explication. D'autre part la constance du fait dans certains parlers le rend peu probable. Par exemple, dans le parler de A et C, l'air sourd se rencontre souvent ; tandis qu'il manque absolument dans le parler de E, et j'en trouve seulement un cas chez B.

L'explication parait être la suivante. Si les mouvements des trois groupes de muscles qui concourent à l'explosion sont simultanés, il n'y aura pas d'air sourd. Mais si l'action des muscles expiratoires commencent avant le relâchement des muscles articulatoires, la pression et la vitesse d'air expirée seront plus grandes. On conçoit alors qu'une partie de cette colonne d'air s'échappera de la bouche avant que les vibrations des cordes vocales aient pu s'y communiquer.

Je donne cette explication qui me paraît plausible, mais pour le vérifier j'aurais eu besoin d'appareils de laboratoire qui me faisait défaut. Il est à désirer que cette question soit reprise et examinée à fond avec toutes les ressources de l'expérimentation.

Ainsi dans la deuxième catégorie il faut établir deux subdivisions. Dans la première, l'explosion n'est pas suivie d'une tranche d'air sourd : dans la seconde, la voyelle est séparée de la consonne qui précède par une tranche d'air sourd, que peuvent modifier les articulations voisines.

Les occlusions se divisent donc en quatre catégories, à savoir :

1° Celles où les vibrations laryngiennes commencent avant l'explosion ; par exemple dans l'initial de dozzina (fìg. 46 A.)

2° Celles où les vibrations commencent avec ou pendant l'explosion, qui est suivie de la voyelle, sans interruption aucune, comme t dans avvocato (fìg. 230 A.)

3" Celles où les vibrations commencent pendant l'explosion, mais où celle-ci est séparée de la voyelle qui suit par une tranche d'air sourd. L'initiale de totale, (fìg. 42 A)

en donne un exemple, et elle peut se comparer avec le t médial qui montre comme les vibrations suivent de près l'explosion. Les grands déplacements du levier après l'explosion sont dus à l'inertie de la membrane. Si on pouvait l'éviter, le levier ferait un tracé régulier, mais malgré cette déviation on voit toujours quand les vibrations se joignent à l'explosion. Quand l'expiration est forte, la ligne est plutôt droite, comme dans codesto (fìg, 58 A.)

4° Celles où les vibrations ne commencent qu'après que lexplosion est terminée; ce qui se voit dans Tinitial de caino (fìg. 59 C ), ou dans les consonnes doubles dans slitta (flg. 229 A.)

La première catégorie comprend seulement des sonores, la troisième et la quatrième des sourdes, tandis que la deuxième contient des sonores aussi bien que des sourdes. Les relations entre ces catégories seront développées dans l'étude comparative des diverses prononciations.

Outre la différence que Ton vient de voir, entre les sourdes et les sonores, il existe une différence constante dans leur articulation. Le palais artificiel et les ampoules exploratrices montrent qu'elle se rencontre dans les quatre groupes d'occlusives, les labiales, les dentales, les palatales et les gutturales. Les sourdes et les sonores diffèrent par le lieu de l'articulation aussi bien que par sa force. La position de la langue ou des lèvres, et la tension de leurs muscles varie dans chacune des deux séries.

En vertu de ces dernières différencés, il est impossible de dire que les sonores ne sont que des variétés vocaliques des sourdes. La distinction est plus profonde, et elle s'étend à la plupart, sinon à tous les phénomènes qui concourent à la production des sons. On verra que les termes fortes et douces employés autrefois par les phonéticiens avaient leur raison d'être, et peuvent s'appliquer aujourd'hui encore.

Passons à l'étude des parlers.

Pression linguale

Uampoule 2 mise entre les lèvres, donne une pression toujours plus grande pour p que pour ò. C'est ici que se trouve la différence le plus sensible. Mais nos moyens nous permettent de constater des différences moins apparentes.

L'ampoule 3, reculée autant que possible dans la bouche, c'est-à-dire vers la limite du palais dur et du palais mou, nous révèle une pression régulièrement plus forte pour pa que pour òa. Ce fait est important, parce qu'il montre une différence de plus entre la sourde et la sonore.

Articulation

La différence qu'on vient de constater en se servant des ampoules, est nettement indiquée sur le palais. Les articulations des consonnes elles-mêmes sont sous-palatales, mais on peut les étudier dans leur action comparative sur les voyelles. Dans l'articulation de pa (fig 3 ), 1) la langue touche à la partie postérieure du palais dur, en suivant une ligne presque droite à travers cette partie. Pour òa (2) elle touche plus à la gauche, mais elle est sous-palatale au centre. Ceci s'expUque par la contraction moins grande que nous avons constaté pour la sonore.

Souffle et larynx

En ce qui concerne les initiales, les vibrations laryngiennes commencent pendant la dernière moitié de Texplo-

Sion, ou même après, comme dans pena (fig. 31). Mais quoi qu'il en soit, la voyelle est toujours séparée de l'explosion par une tranche d'air sourd, ce qui indiquerait une

FIG. -ji p e n a A

prononciation comparable à celle des Anglais plutôt qu'à celle des Français. Ce fait est presque universel, il n'y a qu'une seule fois où l'air sourd ne se rencontre pas dans cette prononciation.

Le même fait se trouve plus accentué encore dans les consonnes doubles. Car dans ce cas les vibrations ne commencent jamais qu'après l'explosion.

Dans les médiales simples, les vibrations commencent toujours pendant l'explosion, il n'y a jamais d'air sourd, et les voyelles s'unissent directement à l'explosion.

Dans cette prononciation je ne trouve pas de signe d'air sourd. Les vibrations commencent toujours pendant l'explosion, en général pendant la première moitié.

Contrairement aux prononciations qui précèdent, la voyelle est toujours séparée de la consonne par une tranche d'air assez considérable, ce qui est corroboré par le fait que les vibrations du larynx ne commencent jamais pendant l'explosion. Ceci est vrai du p dans toutes les positions, et aussi bien de la consonne simple que de la consonne double.

Les vibrations apparaissent toujours pendant la pre-

mière moitié de lexplosion, et en général au commencement même de cette dernière. L'air sourd manque absolument dans toutes les positions ou combinaisons.

Il n'y a pas de régularité dans cette prononciation. L'air sourd est souvent visible, et le moment du commencement des vibrations est extrêmement incertain. Par exemple, dans le cas d'une consonne double, où Ton s'attendrait à l'air sourd, et aux vibrations retardées, celles-ci sont synchroniques avec le commencement de l'explosion, et il n'y a pas d'air sourd. D'autre part, dans le cas d'une médiale simple, les vibrations ne commencent qu'après la consonne, qui est en conséquence séparée de la voyelle par de l'air sourd. Et il n'y a pas de relation constante entre les positions de la consonne et sa prononciation.

Cette prononciation a les mêmes caractéristiques que celle de C. L'initiale de poderi (fig. 32) montrera comment ce

FiG. 32 p 0 cl e r i. G

sujet l'exagère. Il faut remarquer l'explosion douce, qui indique un affaiblissement de l'occlusion.

Ici les tracés sont bien réguliers. Dans les initiales les vibrations commencent bien avant l'explosion, comme l'on voit dans bieco [ûg. 159). Ce type ne subit pas de variations.

La médiale, simple ou double, présente une occlusion

complète, pendant laquelle les vibrations continuent sons interruption.

Ici, bien entendu, il ne saurait être question d'air sourd.

La relation entre l'explosion et le commencement des vibrations est bien moins constante dans B que dans A. Les vibrations laryngiennes peuvent commencer bien avant ou même pendant l'explosion, et dans toutes les positions intermédiaires : mais la voyelle n'est jamais séparée de la consonne par de l'air sourd. Toutefois il y a une tendance générale vers le type de A.

Dans les médiates et surtout dans les doubles, une auîre tendance se fait voir, ou peut-être une extension de celle que j'ai notée ci-dessus. Pendant l'occlusion les vibrations disparaissent souvent, pour recommencer au moment de l'explosion. Prebenda (fìg. 231) le montre bien, tandis que dans babbo, les vibrations cessent avec la voyelle, et toute l'occlusion est sourde.

L'effet de la surdité de Tocclusion peut être senti par l'oreille.Mais est-ce qu'il suffira pour changer de classe la sonore? Je ne crois pas. Les différences des sonores et des sourdes résultent non seulement des vibrations vocaliques, mais encore de la pression des lèvres, plus forte pour p comme le montre l'ampoule 2. 11 y a de plus pour b en comparaison de p, une tendance sous-palatale que j'ai déjà notée dans le sujet A. Gela apparaît d'une façon plus claire dans les articulations de D, que je citerai ici. Ba (fig. 33), bien que plus avancé sur les côtés que pa (1), est plus souspalatal au centre, où se montre l'articulation propre de la consonne (sur les côtés les tracés subissent l'influence de la voyelle). Ce dernier fait donne à ò ce son grave caractéristique, qui, s'ajoutant à la différence labiale entre les deux sons, rend possible la distinction, sans avoir recours aux vibrations laryngiennes.

La tendance déjà constatée dans B pour les initiales, se trouve à un plus haut degré dans C, car chez lui les vibrations ne précèdent l'explosion qu'une seule fois. Dans tous les autres cas elles apparaissent pendant le cours de l'explosion, et jamais il n'y a d'air sourd.

Dans les médiates une prononciation nouvelle se présente, et qui est constante. L'occlusion de ò disparaît, et le son devient une variété de fricative sonore. Gela se voit dans prebenda (fìg. 34), qui peut se comparer au même

\ , ' il

FiG. 34 p— r— e— Ò-G — n — d — a G

mot, prononcé par B (fig. 231). Gette tendance s'étend à ÒÒ, mais moins fréquemment, et le tracé de bb dans abbellire ne diffère aucunement de celui de b dans prebenda.

Cette prononciation est la plus régulière de toutes. Dans les initiales, les vibrations commencent bien avant l'explosion. Les médiates et les doubles présentent une occlusion ferme et sonore, et par suite il n'y a pas d'air sourd.

La seule différence entre cette prononciation et celle de E est dans les médiates simples, qui deviennent des fricatives labiales sonores, comme dans C.

Articulation

Dans ce parler le t est purement dental. La pointe de la langue se soulève et s'appui contre les dents supérieures. Sur les côtés, la langue est en contact avec une grande partie des alvéoles, presque autant pour ta (fig. 3.')) que pour il (2). Mais, bien entendu, au moment de l'articulation de la voyelle a elle quitte le palais en grande partie, établissant ainsi la distinction entre a et i.

Intevdentales

Dans aucun des parlers que j'ai étudié on ne trouve la variété interdentale complètement développée, mais il existe une variation du type normal. Ici, bien que la langue ne soit pas projetée en avant entre les dents, elle s'abaisse sensiblement et la pointe se laisse voir au dessous des dents supérieures.

Je n'ai pas pu distinguer nettement cette variété en me servant du palais artificiel, mais Tampoule 2 insérée dans la bouche et contre les dents au point de contact de la langue, montre très bien ce type. On peut aussi l'étudier du dehors par la position de la pointe de la langue. Dans la variété purement dentale je n'en pouvais voir que le dessous, tandis que dans la variété interdentale, les papilles de la partie supérieure apparaît.

La figure 36 montre cette tendance interdentale dans les

FIG. 36 à i à 0, i Ì /. 0. A

occlusives dentales i et d, et leur pression comparative. A

a prononcé les mots Dido-Tito-Tito-Dido, que j'ai fait alterner de cette façon, pour éviter Tinfluence possible d'un accent rythmique. Dans chaque cas, la médiale a une pression sensiblement moins forte que l'initiale, ce qui correspond à ce que la vue peut constater. On verra aussi que le t médial présente à peu près la même pression que le d initial. Cela ne veut pas dire que le d initiale soit aussi interdental que le t médial. La comparaison entre les deux sons ne saurait se faire, vu la différence de pression qui existe toujours entre les sourdes et les sonores. Quand les articulations se font dans la même position, la pression pour t est plus forte que pour d. A fortiori il serait impossible de les comparer quand ces deux occlusions se produisent dans des positions différentes.

Bien que la langue ne soit pas projetée entre les dents, je me servirai du mot inlerdentale pour les différencier de la véritable dentale, car la langue s'abaisse au niveau de l'articulation.

L'interdentale se rencontre souvent quand la consonne est précédée ou suivi de i, mais c'est plutôt une tendance qu'une loi générale. Car, tandis que le d médial de Dido est interdental, celui de nido ne Test pas. Au contraire la qualité interdentale se manifestedans quesTo, quanDo,deT- To et aDDetto. Les deux derniers mots accusent une tendance que j'ai trouvée générale, tt et dd sont très souvent interdentaux dans tous les parlers.

Dans la prononciation de A, les mots suivants renferment des interdentales — aTleta, qussTo, quanDo, aD, aDnata, deTTo, aDDeTTo. L'interdentale est accompagnée par i dans alDio (mais non aldo), aTrio (mais non atro), disDire, tiTo, diDo (mais non nido), niTido, aDito.

Dans la première série d exemples il résulte que dans les combinaisons dn, nd, il etsf, le d et le t sont interdentaux. Dans la seconde série, en laissant de côté les consonnes simples, on voit que t et d sont interdentaux dans les

combinaisons hi, fret sd. Dans ces derniers exemples le type interdental peut être déterminé par le voisinage de i ; par exemple dans tr, car atro ne renî'erme pas d'interdentale (pas plus que d dans dr). De même pour Id, car dans aldo d est dental (comme aussi t dans It).

Par suite il semble que les interdentales puissent être déterminées par le voisinage de i et j, et qu'il y a des combinaisons qui se prêtent plus facilement que d'autres à cette action.

Une étude des autres sujets confirme Texistence de cette variété, et des données ci-dessus. . L'usage général est d'abaisser la langue pour tt, dd, nd, et dn. Les autres cas varient plus ou moins selon les sujets, et ne donnent pas de relations constantes.

L'articulation (fig. 37) est plus fermée surtout à sa partie antérieure sans avoir perdu cependant sa qualité dental.

Il faut noter que dans B l'articulation de la voyelle i s'étend transversement sur tout le palais vers le centre, ce qui est une particularité personnelle. Ceci est vrai aussi des voyelles simples non unies à une consonne.

La tendance interdentale pour t et d est bien plus forte dans ce parler, mais il ne présente aucun fait nouveau.

Le t dans cette prononciation est une variété bien distincte des autres, et au lieu d'une dentale, fig. 38 nous montre une articulation pré-palatale, où la pointe de la langue touche le palais en arrière des alvéoles. Ceci forme une nuance assez sensible dans la prononciation, et la fait ressembler à celle des anglais plutôt qu'à celle des français. La ressemblance est plus sensible dans le cas de ti (2\ cette articulation reculant encore. La particularité de l'articulation de la voyelle est aussi remarquable.

Dans le parler des sujets A, B, C, l'articulation de ta, est

tellement relâchée qu'elle couvre presque autant de la surface du palais que celle de li. Cela acuse une tendance vers la mouillure, qui est surtout indiquée dans B.

Voici le type d'un d dental. La langue touche bien les alvéoles tout autour de la bouche (fig. 39).

La pointe de lo langue, s'éloignant des dents, touche au palais, tout en laissant libre une partie des alvéoles au centre, mais pas autant que pour le n (fig. 40.)

Type purement dental. La langue touche légèrement à la gauche, ce qui est dû a une dépression du palais en ce point par suite de la perte d'une dent. Gela semble-t-il, n'a pas d'influence sur l'explosion (fig. 41).

Souffle et Larynx

Le fait le plus frappant dans Tctude de celte prononciation est la fréquence de l'air sourd. Ce phénomène se rencontre le plus souvent dans les consonnes doubles, où sur douze cas, il n'y a que deux exceptions. Slitta (fig. 229), le montre très bien. Il existe aussi parmi les initiales, mais

FIG. 42 t 0 — t a 1 G A

moins fréquemement, comme dans totale (fig. 42). Dans les médiates il est moins commun (cf. totale), et moins marqué quand il se rencontre.

Les vibrations laryngiennes commencent pour la grande majorité de consonnes simples pendant l'explosion, comme dans avvocato (fig. 230). Mais il y a des cas où elles ne commencent qu'après, ce qui est surtout vrai des consonnes doubles (c. s/i/ fig. 229). Elles ne débutent jamais avec l'explosion.

L'action du larynx au moment du commencement des vibrations est très bien indiqué dans le tracé de totale (fig. 42).

L'air sourd, si notable dans le parler de A, n'existe pas pour B. J'en trouve dans les consonnes simples un seul cas dû au retard tout à fait exceptionnel du commencement des vibrations; dans les doubles il n'apparaît pas. Le synchronisme entre leur commencement dans le larynx et leur apparition dans le souffle est sensiblement parfait, et elles sont souvent visibles pendant l'explosion même. Elles ne commencent pas à l'instant même de l'explosion, mais pendant sa durée.

Dans ce parler, l'apparition de l'air sourd est un fait général. Il existe partout, dans les initiales, les médiates et les doubles, et il n'y a pas de synchronisme entre la manifestation de la qualité vocalique dans le souffle, et le com.mencement des vibrations du larynx, qui en général suivent l'exfilosion.

Le commencement des vibrations est le plus souvent synchronique avec celui de l explosion, et il est rare de les rencontrer pendant la seconde moitié. C'est la première fois qu'on remarque une tendance si générale. Même dans les consonnes doubles les vibrations commencent pendant la première moitié de l'explosion, sinon avec elle.

Je ne trouve pas un cas d'air sourd parmi les consonnes

simples ou doubles ; seulement après nt il se manifeste, comme dans niente, quinto, etc.

Cette prononciation est en parfait accord avec celle qui précède.

Pression linguale.

Une étude de la pression linguale comparative de i et d donne les résultats suivants pour A :

L'ampoule 3 insérée dans h partie postérieure de la bouche, donne une pression toujours plus grande pour t que pour cL L'ampoule 2 donne le même résultat au centre, et l'ampoule 1 tout près des dents.

La pression de B n'est pas la même que celle de A au centre. Ici on remarque que la pression pour d est toujours plus forte que pour t. Dans les autres positions, il y a accord.

La comparaison des quatre articulations ta, dn, na^ la n est pas sans intérêt. L'étude pour A donne : L'ampoule 3 en arrière, t y d y n y l.

— 2 au centre, t y d y n y l.

— 1 aux alvéoles, n y y t y d.

11 y a variation seulement dans le cas de l, qui est, comme on verra plus tard, une articulation qui varie beaucoup et qui est souvent très faible. N est toujours plus fort que t aux alvéoles.

L'étude de B donne :

L'ampoule 3 t y n y l — d.

— 2 au centre d y n y t y Ì.

— 1 ty dy l y n.

Ces résultats toujours constants, sont des plus intéressants comme montrant les variétés des tendances individuelles et par suite le danger des généralisations trop hâtives.

Articulation

Gomme pour f, rarticulation de d est purement dentale, elle se porte au même point à la partie antérieure. Mais sur les côtés, le palais est moins touché (fig. 43).

Il y a peu de différence entre l'articulation de t et de d.

La position palatale de d correspond à celle qu'on a déjà vue pour t. Et tandis que da a sensiblement la même articulation que ii, di est de beaucoup en arrière de la position de ta.

L'articulation se fait toujours à droite. C'est une particularité qui se retrouvera dans tous les tracés, et sur laquelle il ne sera pas nécessaire de revenir.

Toujours la même qualité dentale.

Pour d l'articulation est tout-à-fait dentale. Ceci est constant, et d n'est jamais reculé comme l'est t (fig. 44).

La région de contact est beaucoup plus étendue, ce qui vient évidemment du relâchement musculaire. Le son est très près de la mouillure, qui toutefois n'est pas encore sensible dans ce parler. La progression de l'articulation purement dentale de D ou E, à l'articulation relâchée de B et enfin à celle de // (fig. 45) est très nettement montrée. La prochaine étape serait la mouillure.

Faisant exception aux autres articulations, où la pointe de la langue est toujours appuyée contre les dents supérieures, dans celle de F, elle s'appuie contre les inférieures.

Souffle et Larynx

Dans les initiales, les vibrations laryngiennes commencent toujours avant l'explosion, comme le montre dozzina, (fìg. 46) qui présente un excellent type de ce son.

Dans les médiales, les vibrations ne présentent pas d'interruption, dans l'occlusion qui est toujours sonore et nettement articulée Mais de temps en temps on rencontre un cas dans lequel la fermeture est incomplète et où l'occlusion devient plutôt une fricative dentale sonore, comme PiQ. dans abside (fig. 47). Ceci

est un type à part, qui se retrouvera dans d'autres prononciations. La faiblesse de [a pression pour d a été déjà constatée à la page 40 où on a vu qu'en arrière et au cen-

^ ^ ^-^-^^ û A ti-e (Je la bouche l'échelle des

pressions était / > d y n y l, tandis qu'à la partie antérieure elle devient n y l y l y d, quoique d et t soient des occlusives complètes.

11 faut noter que souvent pendant l'occlusion des con-

sonnes doubles, les vibrations s'arrêtent, mais qu'elles recommencent au moment de l'explosion, et il n'y a jamais d'air sourd.

Le moment où commencent les vibrations varie dans ce parler. Dans la moitié des cas elles commencent bien avant l'explosion, et dans l'autre moitié pendant celle-ci. L'air sourd n'existe jamais.

Une articulation de da montre bien l'hésitation entre ces deux prononciations. Les vibrations, qui ont commencé bien avant l'explosion, s'arrêtent, et les deux derniers tiers de l'occlusion sont sourds. Elles recommencent pendant l'explosion.

Pendant l'occlusion des médiales, les vibrations s'affaiblissent un peu. mais elles ne s'arrêtent jamais tout à fait.

Dans le cas des initiales

les vibrations ne commencent jamais avant l'explosion. Elles apparaissent pendant celle-ci dans la plupart des cas, mais il n'y a jamais d'air sourd. (Cf.

durjento, fig. 48).

Dans les médiales, l'occlusion s'affaiblit souvent, et Tocclusion devient souvent une fricative comme dans prodav (fìg. 49).

Les vibrations dans les initiales commencent bien en avant de l'explosion.

Les médiales présentent deux types. Ou Tocclusion s'affaiblit en quelque degré, mais jamais autant que pour C, ou, quand elle est bien articulée, les vibrations montrent une tendance à s'arrêter.

Rien à remarquer. Les occlusions sont toujours parfaites.

Dans les médiales, les occlusions sont plutôt faibles, comme dans poderi (fig. 32).

Articulation

Ce son est articulé dans une position assez avancée sur le palais dur, et il ne recule jamais assez pour atteindre le palais mou, môme dans ko (fig. 50). Sur les côtés les articulations sont celles des voyelles, plus avancées que dans leur position habituelle par suite du rapprochement des mâchoires lorsqu'elles font l'occlusion du k. Après l'explosion, l'écartement des mâchoires tend à rapprocher l'articulation des voyelles de sa position normale. L'articulation propre h k se voit au centre du palais ou ce son ne subit pas autant l'influence des voyelles.

Cette articulation est plus avancée que celles des voyelles a et 0. Dans ki (2) se trouve une voyelle articulée plus en avant que la consonne, mais la voyelle n'est pas en arrière de sa position habituelle, qui est celle de i moyen. mais au centre, l'influence de la voyelle fait avancer larticulation du h. Ici, donc, c'est la voyelle qui influence la consonne.

Dans toutes ces articulations, la pointe de la langue est appuyée contre les dents inférieures.

K est ici même plus avancé que dans .4. Surtout dans hi (fig. 51) la consonne fait avancer Tarticulalion de la voyelle qui est plus fermée que la variété simple.

Ici pour la première fois le k guttural ou vélaire se présente. L'influence des voyelles fait que Tarticulation avance sur les côtés, mais au centre elle atteint à peine la limite du palais dur dans ka (fig. 52). Dans ki (2), l'influence de i fait avancer très peu le k, tandis que la qualité gutturale de celui-ci produit un effet notable sur Vi. Cette voyelle s'éloigne alors d'une façon sensible de la position anormalement avancée qu'elle occupe dans ce parler. Sur les côtés aussi, la région de contact est moins étendue.

k toscdin

Ce sujet possède la prononciation populaire toscane du k. C'est-à-dire quand la consonne se trouve entre deux voyelles (dont l'une, celle qui suit la consonne, n'est pas e ou i (ce qui amène alors à une autre prononciation), elle devient une fricative. En général, on donne le nom d'aspiration à cette prononciation, ce qui est juste si par aspiration on entend une fricative gutturale.

La figure 53 donne le tracé de cette articulation, qui ne diflére pas sensiblement de celle de l'occlusive, car la partie postérieure de la langue et le voile du palais s'approchent assez en articulant la fricative, et à cause de son épaisseur le palais artificiel est alors touché.

Cette prononciation toscane du k qui est bien connue parait être l'efïet de cette tendance à l'affaiblissement des occlusions que j'ai déjà constaté pour les autres séries. Il faut remarquer toutefois que pour celles-ci cette évolution de l'occlusion n'est ni aussi avancée ni aussi généralisée. Cette plus grande affrication de k est due à l'action palatale qui est si générale dans les langues romanes, et plus

le lieu d'articulation des autres consonnes s'écarte de la position palatale, moins ces consonnes subissent cette action. Mais il est intéressant à noter que la tendance vers l'afïrication existe parmi toutes les séries.

L'articulation gutturale est plus accentuée dans ce sujet.

L'identité de la voyelle isolée et de la voyelle dans ka, (fig. 54) est absolue. Mais au centre le tracé de la langue n'est plus visible, et le k est fortement guttural. Dans ìli (2), la position de la voyelle est légèrement reculée, mais son influence sur le k fait avancer l'articulation de la consonne, qui n'est plus sous-palatale.

k toscan

Le k fricatif toscan se montre également dans ce parler mais sa prononciation n'est pas aussi spirante que celle de c.

Gomme j'ai déjà dit, les articulations de ka et de a sont identiques sur les côtés, ce qui n'est plus vrai de ko et de 0. Dans l'articulation de [eie] co (fìg. 55), il résulte évidemment de la comparaison avec 6 (fig. 17) que le k a une articulation particulière ; attendu qu'il éloigne l'o de sa position normale. Cette articulation se rapprocherait sur le palais arlificiel de celle de k dans ka.

J'ai indiqué ce fait, parceque on dit souvent que la consonne disparaît tout à fait dans cette position. Ce qui n'est évidemment pas vrai de ces deux siennois.

La question ne saurait être soulevée dans le cas de C, car l'oreille constate la présence de la consonne, comme le fait le palais artificiel.

L'articulation de ka (fig. 56) recule jusqu'au centre du palais mou, mais sur les côtés elle est extrêmement avancée. On a ainsi une combinaison intéressante des articula-

tions latérales de A et B avec les gutturales de C et D, au centre.

Dans ki (2) Tinfluence de la consonne sur la voyelle est peu considérable ; au contraire la voyelle fait avancer la région de contact d'une manière notable.

La figure 57 montre le plus complet exemple de k guttural que j'ai trouvé. Dans ce parler, a est tout à fait souspalatal, car le mot ama ne laisse pas de tracé sur le palais artificiel. Il faut en conclure, ce que nous avons vu dans d'autres cas, d'ailleurs, que dans la combinaison ka c'est l'influence de /? qui détermine le contact que Ton voit à gauche de la figure- Souffle et Larynx A

Dans les initiales, les vibrations ne commencent jamais avec l'explosion même, mais plutôt vers sa fin ; dont la voyelle est séparée par de l'air sourd — môme quand les vibrations commencent de bonne heure. Codesto (fig. 58) donne un bon exemple de cette prononciation.

FIG. 58 C"0-'d e s 1 0 A

Ceci est vrai des médiales aussi, mais pas à un degré

aussi prononcé, car Fair sourd manque quelquefois dans

cette catégorie.

Le commencement des vibrations n'est qu'une seule fois

synchronique avec l'explosion.

C'est surtout dans le cas des doubles que le retard dans

le commencement des vibrations est le plus frappant. Il n'y a pas un exemple où elles apparaissent avant la fin de l'explosion, et en conséquence il y a toujours une tranche d'air sourd. L'apparition des vibrations dans le souffle est encore plus tardive et elle n'est jamais synchronique avec leur commencement dans le larynx.

En général, les vibrations commencent pendant la dernière partie de l'explosion, mais jamais avec elle. L'air sourd est moins fréquent que dans la prononciation qui précède, mois il existe quelquefois ; il est dû en général au retard dans la commencement des vibrations.

Dans les médiales, les vibrations apparaissent toujours pendant l'explosion, et il n'y a jamais d'air sourd. Cela est vrai aussi des consonnes doubles.

La prononciation de ce sujet varie beaucoup. Par exemple, j'ai un tracé de ka prononcé deux fois successivement. Dans le premier, les vibrations ne commencent que bien FiG. 59 après l'explosion, et le résultat est

une tronche d'air sourd, qui se maintient même après leur commencement C'est là le type général, presque universel, [cf Caino (flg. 59)], bien que les vibrations puissent commencer

0 C pendant l'explosion, qui malgré cela

est toujours suivie d'air sourd.

Dans la deuxième variété, le commencement des vibrations est synchronique avec celui de l'explosion. C'est la première fois jusqu'ici que nous rencontrons une telle prononciation.

La consonne double n'est jamais qu'occlusive. Les vibrations commencent toujours après l'explosion, et Tair sourd étant très évident, cette tendance peut même s'exagérer de

telle sorte que la voyelle suivante soit entièrement absorbée })ar cet air, comme o dans nccotonare.

FiG. 60 On remarque le même l'ait à

l'initiale. L'o de coigulnre (fig.

ôO). devient tout-à-fait sourd, et i 1 est remplacé par une consonne fricative bilabiale, très jiroclie da w.

k Fricalif

La consonne mediale qui précède 3, 0 ou u, tout en suivant une autre voyelle, reçoit la [)rononciation toscane, comme j'ai déjà indiqué. Si Ton a larliculation présente à Tesprit, le tracé de bieco (fig, 61) s'explique. Nous avons affaire à une fricative gultu- fig. 61

raie sourde, qui, il faut le noter, a une arliculation très fermée. Ce fait, in liquô [iar l.i dévia! ion con-idérable du levier après c, correspond à l'articulation fermée sur le palais artificiel.

11 montre aussi que dans certains cas cette consonne a une prononciation très distincte et assez longue, contrairement à une opinion assez répandue en Toscane. Les tracés fournis par D confirment encore cette observation

Ces tracés sont très réguliers, les vibrations étant toujours synchroniques avec l'explosion, et Tair sourd n'existant jamais. Ceci est vrai des initiales et des consonnes doubles.

Les médiates sont moins uniforme?. Toutefois un cas

isolé d'air sourd se rencontre par suite d'un retard du mouvement vibratoire laryngien.

Il n'y a pas de variation suivant les diverses positions de la consonne dans le mot. Les vibrations commencent pendant l'explosion, en général vers sa fin, et dans ce cas la consonne n'est pas séparée de la voyelle par de lair sourd. Rarement les vibrations suivent l'explosion, ce qui alors amène de l'air sourd.

Articulation

L'articulation de ga flig. 6*?) par rapport à celle de fea (fig. 50) est sensiblement en arrière au centre, où elle s'ap- [)roche du palais mou. Sur les côtés elle est un peu plus avancée. L influence de i la fait avancer jusqu'à la position de /.'/ (fig. 50). La pointe de la langue est appuyée contre les dents inférieures.

L'am[)oule 2 montre encore une fois que les consonnes se divisent en fortes et en faibles, car la pression de ga. est toujours moindre que celle de ka..

L'articulation est à peu près la même pour la sourde et la sonore.

Il est intéressant de noter que dans ce parler c'est dans la sonore que l'on trouve régulièrement la plus grande pression. Cette relation est absolument constante et elle manifeste encore une fois le caractère individuel qui existe dans les divers parlers d'une même langue.

Les articulations sont sensiblement les mêmes pour les sourdes et les sonores.

Tandis que sur les côtés les articulations ont lieu à la même pointe, ce qui est vraisemblablement dû à l'influence des voyelles, au centre g est notablement avancé relativement à h. Il n'y a rien de sous-palatal dans l articulation de (ja ;fig. ()3). di (tig. 03) est aussi plus Feruié sur le palais dur que hi.

Pas de différence dans les tracés de g et h.

Ici T'arliculation de gci se fait voir sur les deux côtés du palais dur, ce qui indique un léger avancement de la langue.

C'est le seul parler dans laquelle la sonore aussi bien que la sourde soit constamment sous-palatale.

Souffle et Larynx

A l'iniliale les vibrations commencent toujours bien avant l'explosion. Cela est vrai des médiales, mais alors pendant l'occlusion les vibrations s'affaiblissent quelquefois sans jamais disparaître entièrement.

Dans les consonnes doubles, l'occlusion devient sourde, de temps en temps, mais les vibrations reparaissent pendant l'explosion.

Il n'y a jamais d'air sourd, etles occlusions sont toujours très distinctes.

Dans toutes les positions les caractères sont les mêmes. La sonorité est ininterrompue, et il n'y a pas d'air sourd.

Les vibrations commencent toujours pendantl'explosion, dons aucun cas avant ou après. Cependant l'air sourd ne se produit jamais.

Coagulare (fig. 60V monire une tendance qui est constante dans ce parler. L'occlusion mediale s'affaiblit beaucoup, et il ne faut que la comparer à r dans le même mot pour en être frappé. Cet affaiblissement de l'occlusion est général à ce sujet.

L'occlusion médiale est toujours encore en opposition avec la surdité de l'occlusion initiale.

La prononciation de ce son est très régulière, sauf que la tendance vers l'affaiblissement de l'occlusion médiale existe toujours.

Bien que toscan, F n'a aucune des prononciations qui se rencontrent dans le parler de C. Il prononce toujours d'une manière très régulière, comme B.

Résumé

Cette étude des occlusives montre l'unité fondamentale de tous les parlers. Sauf celui du C qui est en contradiction avec les autres.

Dans le cas des sourdes, les vibrations commencent peadanl l'explosion, mais assez rarement au moment même de l'ouverture de rarticulalion comme en français. Néanmoins !a présence de l'air sourd est rare.

Chez C, au contraire, les vibrations ne commencent qu'après l'explosion. La voyelle est alors séparée de la consonne par une tranche d'air sourd, très sensible. Ceci se rapproche de la prononciation anglaise ou allemande. Toutefois même chez les autres sujets il y aura toujours des cas de présence d'air sourd, qui bien qu'exceptionnels, indiqueront la parenté de tous les parlers.

Nous pouvons donc prendre comme type de l'occlusive • sourde, celle où les vibrations laryngiennes commencent vers la première partie de l'explosion, qui n'est pas suivie d'air sourd.

Les sonores sont plus régulières. Les vibrations commencent bien avant l'explosion qui n'est jamais séparée de la voyelle qui suit par une tranche d'air sourd.

Ici encore C est la seule exception à celte règle, et il faut convenir que sa prononciation est un type à part, qui n'est [ as d'ailleurs a[)puyc par le pai-lcr de l), viennois aussi. Bien que je n'aie pu me baser sur les éludes que j'ai faites sur ce dernier, je puis constaler que ses occlusions initiales étaient sonores, dans au moins la moitié des cas II y avait de nombreuses exceptions.

A côté de la distinction des sourdes et des sonores, on peut faire aussi celle des fortes et des faibles. Et nous avons vu dans le cas de B, que ce ne sont pas toujours les sourdes qui sont les fortes par rapport à la tension musculaire et qu'il faut toujours tenir compte du facteur personnel. A cette dernière dilTérence, il faut ajouter celle qui dépend de l'articulation et qui est accusée par le palais artificiel. Il est remarquable qu'elle se manifeste non seulement par une dilTcrence d'articulation dans la région où se produit l'occlusion, mais se fait sentir dans tout l'appareil articulatoire.

Articulation

La pointe de la langue touche au palais bien en arrière des dents, ce qui donne une articulation prépalatale, qui ne saurait s'identifier avec celle de t, comme montre la comparaison de la figure 64 avec la figure 35.

Sur les côtés, on remarquera un resserrement notable de l'articulation, qui diffère absolument de celle de sh (fig. 103) à laquelle on Ta si souvent comparé. Mais la fig. 155 montre son identité avec la palatale fricative j.

Ceci est vrai partout où c est suivi de ?, avant a, o, ou u.

Alors i est considéré seulement comme un signe orthographique pour montrer que la prononciation vélaire ou post-palatale n'existe pas avant ces voyelles. Le tracé de ci (fig. 04) est l'articulation de cette syllable dans cima, La différence dans la fermeture entre ci et cj saute aux yeux.

Il reste à étudier l'action de cette consonne avant c. L'articulation de cie[lo] (fig. 65) comparée à celle de lie [ne] (fig. 155) nous amène à la constatation de deux faits. L'un, est l'impossibilité de l'identification des deux occlusions, l'autre est l'identité de l'articulation latérale et ainsi du j qui en résulte. 11 ne faut que comparer ce dernier tracé avec celui du sha (fig. 103) pour voir que les deux fricatives ne sont point les mêmes. D'où il découle que l'identification c = tch = tsch — tsh est absolument fautive pour chacun des sons qui se réunissent si étroitement dans ce son composé. J'ai souvent essayé d'obtenir un tracé de l'occlusion sans la fricative, mais le fait que je n'ai jamais pu réussir, démontre que l'union est des plus intimes et que l'articulation des deux sons est synchronique.

J'ai étudié le mot cielo pour obtenir une indication de la valeur de Vi orthographique en combinaison avec l'occlusion. Il est suffisamment prouvé qu'il ne s'agit pas ici de i voyelle, car le tracé de ci, où ?, est voyelle, est plus resserré que celui de ci [elo]. Cette unioii de est très rare en italien et va en s absorbant en ce^ du moins en Toscane et à Rome.

A disait toujours qu'il faisait unedifïérence entre la prononciation de eie [lo] et de ce [ce] (fig. 66). Le palais artificiel fig. 66 A montre qu'il n'en est rien en ce qui concerne l'articulation. Ce était articulé un peu plus à droite. Mais le fait important,

ce(ce)

la présence de j, est aussi certain, car l'articulation au centre est sensiblement identique.

c t ricali f

La variété purement fricative n'existe pas dans ce parler.

Souffle et Larynx

Si Ton a cette étude des articulations présente à Tesprit, les tracés du souffle et du larynx deviennent clairs. Examinons le tracé de coco (fig. 67). Un fait notable est la courbe de l'initiale, si régulière, et qui diffère tant de celle des occlusions étudiées jusqu'ici. Dans celle-ci l'explosion accompagnée d'air sourd inarticulé donne un tracé semblable à celui du f de codesto (fig. 58) ou moins fréquemment celui du c. C'est-à-dire que l'explosion est forte, et que le levier monte à une hauteur considérable ; alors il retombe brusquement, après quoi la sortie de l'air sourd est indifjuéc en général par un nouvel abaissement moins rapide du levier. Ce qui montre que l'articulation qui suit l'explosion n'est [)as assez fermée pour maintenir la pression de Tair au point au";uel l'explosion amène le levier. En d'autres termes, l'expulsion d'air pour les occlusives simples est soudaine et complète.

Au contraire, bien fiue le palais artificiel ait montré qu'il y a une occlu-ion complète dans le cas de cecc (fig. 60), la courbe de la consonne initiale est plutôt celle d'une fricative. Cela s'explique par le fait que quand la pointe de la langue s'abaisse pour produire l'explosion, l'air ne trouve qu'une issue étroite, tant l'articulation est resserrée, de sorte que le levier se déplace plus graduellement. Cela nous donne la meilleure preuve que l'articulation de la fricative n'est pas sensiblement changée au moment de l'explosiorj. Autrement l'explosion serait plus soudaine et la masse d'air libérée serait plus grande.

Gomme j'indiquerai dans le chapitre sur j, la fusion

entre ce son et l'occlusion qui précède devient plus comp'.cte à naesure que les deux positions articulatoires sont plus voisines. La comparaison du tracé de c [.?ce] (fig. 67) et dec7n' [.ir'-] fig. 1 r 6) montre que dans !cs deux cas, la fusion des deux sons est arrivée au môme degré, du moins en ce (jui concerne le souffle. Les tracés montrent que l'explosion a perdu de sa soudaineté et que la ligne du souffle est analogue à celle d'une fricative.

Ainsi l'explosion subit l'influence de la fricative qui devient sensible dès le pi'emier moment.

La différence entre ci [elo] et c [ece[, qui n'existe pas sur le palais artificiel, se fait nettement voir dans le souffle. Dans c (fig. G7) les vibrations commencent avec la voyelle, tandis que dans ri (tig. 08) elles com-nmcent pendant l'articulation de j. En effet dans ce dernier tiacé les vibialions n'arrivent que graduellem ni à prendre toute leur a ni pli tu de, ce qui rés ille de l'articulaii(.)n re^seiiée que l'iiir voca!i(pio duil li'a verser.

Il ré^ul'c de celte étude que c avant e oui, ou suivi de ia\ ant une autre voyelle, est dans ce parler une consonile composée, qui a la valeur d'une prépalatale occlusive r j. La fricative- peut altérer plus ou moins l'exî)losion, il est vrai, mais l'occlusion reste toujours. On peut le démontrer par l'étude de la sonore correspondante. Dans 'jcnle (fig. G9) la présence des vibrations dans le larynx avant qu'elles api arai.- sent dans le souffle montre que locclusion se fait, bien que l'explosion soit faible.

Si l'on s'en tient aux principes de M. Rousselot, il est

i-iG. 6(S (•/

donc impossible d'appeler cette combinaison un son simple. M. Rousselot appelle consonne composée une consonne simple -t-j, tandis qu'il laisse le no:n de con-onne

FiG. 6() (j e n te A

simple à la consonne mouillée. Il s'en suit que Ton doit

appeler consonne composée le son rjqui, je l'ai démontré, égale occlusiuG jircpnlatnlc + ,/.

Articulation

La pointe de la langue est appuyée entre les dents d'en bas, et l'occlusion se fait par la pression de la partie antérieure contre le palais. Ce fait accentue la différence entre celte occlusion et celle de f, car à la distinction de l'articulation s'ajoute celle de la forme de la langue.

Au centre l'articulation palatale de ca (fig. 70) est plus ouverte que celle de A et, sans perdre tout à fait sa qualité de j, elle s'approche de celle de sh (fig. 104).

La figure 70 montre que l'articulation de re contient autant de j que celle de raoù entre le 1 orthographique.

Ce parler ne possède pas la prononciation fricative simple. Mais dans toutes les articulations apparaît une modification intéressante de l'occlusion. Dans chacune il se forme presque un canal vers le centre, et un peu plus de relâchement ferait disparaître l'occlusion complète.

Souffle et Larynx

Deux types de ce son apparaissent dans ce parler. L'un où la fricative est bien développée et qui ressemble à la

prononciation de. A. L'autre ?e rencontre dans /'accio (fìg. 71).

FiG. 71 /" a (c't 0 B

Dans ce dernier la fricative est en train de disparaître dans le soutïle, comme dans l'articulation. L'explosion est très forte, tout autant que dans les autres occlusives, et l'influence fricative y entre pour peu do chose. A la fin, au lieu de la liaison étroite cpie nous avons reconnue entre les deux parties du son, la deuxième s'affaiblit et se réduit seulement à un peu d'air sourd, ainsi que nous l'avons constaté a[)rès les occlusives sim[)les. L'occlusion plus forte de la consonne double a sans doute u:ie influence considérable sur cette j)rononci.i'.ion. qui bien (|ue moins commune que l'autre se rencontre néanmoins assez souvent.

Cette variété présente le cas le plus frappant delà disparition de la fricative. La consé(|uence en est la simplification du son. Toutefois c'est seulement une tendance qui pourrait bien être une variation du type commun amsné par quelque influence extérieure telle que la double consonne dans laccln.

Articulation

Bien que le / (flg. 38), dans ce parler soit pré-pa!atal au lieu d'être dcnla!, l'occUision de <• (fig. 72), montre de nouveau son car.^clère pro|)rc en reculant encore vers le centre du palais. Ce fail, ajouté à l'articulation latérale particulière à ce sujet, rend difflcile l'appréciation du rôle de la pala-

tale. Mais une comparaison de ci (fig. 72), avec, ra (1) démontre que la palatale n'est que peu affaiblie, car surtout à droite l'articulation est presque aussi resserrée pour j que pour i, ce qu'on remarque constamment dans la relation de ces deux sons.

La palatale s'accuse nettement pour re comme pour ca. 11 est intéressant de voir Tocclusion avancer avec la voyelle, ce qui est nécessaire, car Tarticulalion de la consonne est relativement reculée.

Souffle et Larynx

Dans le souffle, ce son paraît comme une combinaison de ceux de A et de B. L'explosion est brusque, comparable à celle de Tiniliale de prebenda (fìg. 34). Elle est accompagné d'une forte palatale sourde, comme l'explosion plus paresseuse de ^.

c fricatif

La variété fricative se rencontre dans ce parler pour la première fois. Ce c f ricali f remplace c partout où celui-ci suit une voyelle dans un mot ou bien dans une phrase. On a sor.vent identifié ce son (fig. 73) avec (2), mais la comparaison des deux articulations montre que dans che l'occlusion laisse une trace plus mnn|uée.

Le tracé du souffle accuse une fricative qui ne diffère de s sii, etc. que par sa durée, qui est identique avec celle de l'occlusive, et sensiblement plus courte que celle des autres fricatives.

Articulation

La différence entre les occlusions de c et de t est toujours constante, la figure 74 montre que celle-là est prépalatale. La tendance vers c fricatif et son influence se font voir au centre de l'occlusion, qui se fait à peine. L'explosion

ne disparaît pas entièrement, mais -elle est quelque peu affaiblie.

La palatale j est très accusée, Tarliculation de ra (fig. 74) est presque aussi formée que celle de ci (2).

La palatale fricative c se rencontra dans ce parler.

L'occlusion a entièrement disparue, avec la plus grande partie de la fricative j, comme le montre la Hg. 75. il fout noter ici, comme pour C que l'articulation de sli [2) est plus avancée que celle de c fricatif.

Articulation

L'occlusion n'est pas faite par la pointe de la langue qui est libre et qui, ne repose pas contre les dents inférieures. La différence entre Tocclusion de / (fig. 40) et celle de c (fig. 76) est toujours bien sensible, bien que celle-là ne soit pas dentale, car l'articulation de c est reculée encore.

La palatale n'est pas indiquée d'une manière évidente, mais vu le relâchement de i dans ci (fig. 76), il serait risqué de nier son existence. Car dans ce parler, le soulèvement du centre de la langue devait contre-balancer le peu d'étendue de la région de contact. Le même fait se voit pour j, dans des mots comme lieto (fig. 135) et niente (fig. 141).

Souffle et Larynx

Faccio (fig. 77) donnera une bonne idée du type de oette prononciation. La fricative est toujours bien développée.

C fricatif existe dans les mêmes conditions que pour C et D.

Articulation

Dans ce parler ca (fig. 78) présente une variété distincte et unique. Le relâchement est tel que le son devient mouillé, le tracé sur le palais ne permet pas d'en douter.

Ceci nous amène à la constatation d'une autre différence entre la première partie de ce son et de l'occlusion de t. Dans Tarticulation de H, et malgré l'évident relâchement musculaire, l'occlusion n'avance pas jusqu'au même point que celle de t. Et une différence de son correspond à la différence d articulation. Autrement ca ne pourrait être différencié de la prononciation parisienne de t mouilié, ce qui n'est pas vrai. Ceci est la meilleure preuve que les deux articulations ne se ressemblent pas, à un point tel que Toreille les confondrait.

On peut faire la comparaison de cette articulation avec celle de t mouilli}, prononcée par M. Dauzat, dans La Parole, août, p. 613, fig. 46.

Ce son dans le souffle ne diffère aucunement de celui de B.

Articulation

La pointe de la langue touche le palais dans la même position que pour r. Mais la langue est plus relâchée dans toute son étendue, et elle s'appuie davantage contre le palais. Toutefois l'articulation du j dans ()a n'est pas aussi resserrée, mais la relation entre (ja. et gi est constante, et en démontre la présence (cf. gente gente A [fìg. 79]).

L'ampoule 2 mise au point de l'articulation, c'est-à-dire un peu en avant du centre, montre une pression toujours plus grande pour ca, bien que la distinction ne soit pas

aussi marquée que pour d'oulres couples de fortes et de faibles.

Souffle et Larynx

Les vibrations laryngiennes comme pour toutes les occlusives sonores commencent bien avant Texplosion. Ceci est constant.

Le tracé de genie (fìg. 69) ne montre pas la présence de la fricative j aussi r:ettement que nous l'avons reconnue dans la sourde. L'existence des vibrations rend ce son toutà-fait sonore, et ainsi plus difficile à distinguer. Mais comme j ai montré dans La Parole, 1899, p. 839, cette palatale j, sourde et sonore, s'unit d'autant plus intimement à l'occlusion qui précède que la position articulatoire des deux sons est plus voisine.

Il en résulte que g et g sont plus étroitement liés à j que les autres occlusions. Et le tracé de ghinccio (fìg. 80) mon-

FiG. 8o Q ^ — ^ c ci 0 A

tre que l'explosion est fortemement modifiée par l'action de cette fricative, puisque le plus grand soulèvement du levier ne se rencontre qu'après l'explosion, et pendant la prononciation de la palatale. Ce qui correspond précisément à chiaro que j'ai déjà noté à la page 5.

Pour en revenir à genie, on constate le môme afïaiblissement de l'occlusion que nous avons déjà rencontré dans la sourde.

Articulation

La tendance, vers la séparation du contact occlusif en deux parties, notée pour c dans ce parler, s'accentue pour

g (fig. 81), sons toutefois atteindre une prononciation fricative. Néanmoins ce fait présente une indication intéressante du rapprochement de fj vers la prononciation der/ fricatif. La pointe de la langue repose contre les dents d'en bas.

L'ampoule 2 au centre du palais dur montre que io pression delà langue i)Our e^l sensiblement moindie (|uc pour r. Ce relâchement de la sonore permet pour j une articulation plus resscrée, fjui s'accuse nctlement ici.

Gomme pour toutes les sonores, les vibrations commencent bien avant l'explosion.

Articulation

C'est ici le seul cas où la position articulatoire de (j [fig. 82) est la même que celle de c/, ce qui tient à Tavancement notable de l'articulation de (/.

On remarquera un afTaiblisscment de l'articulation de j, comparé avec (jl.

Souffle et Larynx

Dans les initiales (sauf deux exception-) les vibrations commencent toujours pendant l'explosion et assez souvent vers la fin, comme pour les autres occlusives sonores. Mais dans les médiales, l'occlusion reste toujours sonore.

Q fincati f

Ce suiet possède la fricative sonore simple, comme la sourde.

Dans ae ffig. 83) sa parenté avec Tocclusion apparaît à un plus haut deffré que dans la sourde, non seulement parce que roccinsïon est mieux conservée, mais parce que les deux articulations sont îdentiaues aux alvéoles. La sourde et la sonore accusent la diminution de la région de contact dej, qui pourrait être contrebalancée par le resserrement

dans la région prépalatale, car ce sujet a une tendance à avancer les articulations.

Etudié dans le souffle, ce son ne présente pas de particularité, si ce n'est de temps en temps sa surdité partielle. Dans clugento (fig. 48) une partie de la fricative est sourde. Le fait que les vibrations sont visibles pendant la première partie de la fricative, et recommencent avant la fin prouvent que cé n'est pas une prononciation sourde à proprement parler. Dans c fricaH/* la surdité est toujours complète. Ceci est une nouvelle indication de la tendance de cet individu à l'assourdissement des sonores.

Articulation

Une comparaison des articulations de ga (fig. 84) et de gi (2) accuse la forte qualité palatale de celle-là, et la présence de j ne peut pas être mise en doute.

L'affaiblissement du contact occlusif au centre est plus notable pour la sonore que pour la sourde. Toutefois la prononciation fricative n'a pas encore prévalu, et l'explosion est toujours nette. Mais nous avons affaire à une articulation intermédiaire entre l'occlusion complète de A et la fricative de C.

La variété fricative de g se rencontre chez ce sujet.

Articulation

Comme la montre la figure 85 la région de contact est bien étroite et la langue touche les alvéoles sur les côtés. Ainsi le j est moins apparent encore que dans la sourde. (Cf. p. 61).

Souffle et Larynx

Le souffle est identique avec celui de A, et ne présente

pas de particularité personnelle. Néanmoins il y a toujours une fricative qui suit locclusion.

La variété fricative de g se trouve dans cette prononciation.

Souffle et Larynx

Les vibrations commencent bien avant l'explosion, qui est très brusque comme celle d'une occlusive simple.

Articulation

Comme pour r, la mouillure est presque complète. L'articulation de ()o (fig. 86) s'est avancée vers la partie antérieure du palais, ce qui est indiqué par l'espace ouvert au fond du palais. La prochaine étape sera le dégagement de j, si la langue arrive à être assez tendue. L'état présent de l'articulation marque la transition entre k mouillé et c.

Résumé

Ainsi de 1 étude de tous ces parlers, il résulte que pour A, C, D, c et g sont une combinaison d'une occlusive prépalatale avec la fricative j. Nous avons vu que l'occlusive ne peut pas s'identifier avec non plus que la fricative avec sh.

Dans le seul cas de la fricative n'est pas nettement indiquée sur le palais artificiel, mais la comparaison de ca et ci montre que celui-ci est aussi très relâché. Il serait donc hasardeux de dire que j n'existe pas dans ce son.

Pour H, le son reste à une étape plus primitive de son développement, où j n'est pas encore dégagé de la mouillure.

Dans le soufïïe, la fricative, quelle qu'elle soit (sauf dans le parler de B où se rencontre parfois une autre variété), est très sensible.

Pour l'histoire du développement de ce son, il nous manque seulement la première étape. C'est-à-dire k fricalif qui remplaçait k latin avant e ou i. Ce passage de k à k fricatifnb. d'ailleurs rien de surprenant, car la même révolution est aujourd'hui envoie de s'opérer dans le parler parisien, et je me reporte à l'étude de M. Rousselot (La Parole Juillet, 1899) où cette mouillure avant e et i est mise en lumière.

Bien que nous n'ayons pas cette articulation dans la série qui nous occupe, nous pouvons nous en rendre compte dans c/iia [md] (fig. 158) où la mouillure provient de k + j, et où le tracé montre ce qu'aurait été l'articulation primitive k fricatif. Il faut remarquer que le palais est entièrement couvert en arrière.

Alors, sans que la partie antérieure devienne dentale, l'articulation est portée en avaat. Ceci est démontré par un certain avancement de la position de k fricatif vers les dents, mais surtout par rabaissement de la langue dans la région postérieure du palais dur. Cette articulation est celle que nous avons vu pour H (fig. 78).

Ensuite vient le dégagement dej, comme dans la figure 74 de D, suivi par le type de A (fig. 64) où la langue étant plus tendue touche moins au palais, mais où j reste toujours sensible. L'affaiblissement de j et du contact occlusif . est évident dans le parler de B ;fig. 70) De là à l'articulation fricative de C (fig. 73) il n'y a qu'un pas.

Page 1