‹ Étude sur la pression intra-labyrinthiqueChapitre 2 sur 8 · DIVISION DU SUJET · texte numérisé non relu

DIVISION DU SUJET

Lorsqu’au moyen d’un appareil, reproduisant la disposition du tympan et des osselets, on transmet le son d’un cor à piston à l’eau d’une caisse dans laquelle un crustacé tel que le mysis est fixé, il est facile, à l’aide d’un microscope, de reconnaître que les vibrations du milieu liquide se transmettent à de g’rands cils ou crins constituant la partie fondamentale de ces animaux. Cette expérience, faite pour la première fois par Hensen, permet de constater d’une manière directe le mécanisme de l’audition réduit à sa plus simple expression, et de se rendre compte des phénomènes qui doivent se passer dans les parties profondes et cachées de l’oreille interne de l’homme.

Le labyrinthe, en effet, peut, en dernière analyse, être comparé à une cavité close pleine de liquide, clans laquelle on observe un épithélium spécial en rapport avec les terminaisons nerveuses du nerf auditif. Cette vésicule et son nerf, premier rudiment de l’organe de l’ouïe, subit, à mesure qu’on s’élève dans l’échelle animale, une série de perfectionnements dont le dernier terme constitue chez l’homme un ensemble de parties très-compliquées par leur structure et leur arrang*ement. Dans l’oreille interne de l’homme, la vésicule ou appareil auditif de certains animaux inférieurs est remplacée par plusieurs tubes irréguliers constituant le labyrinthe membraneux, qu’une capsule osseuse (labyrinthe osseux) enveloppe à peu près complètement. Ces deux parties distinctes renferment deux liquides différents : l’un, endolymphe, est contenu dans les sacs et les tubes

du labyrinthe membraneux ; l’autre, périlymphe, circule entre les parois du labyrinthe membraneux et le périoste du labyrinthe osseux.

Tandis que chez les poissons dont le labyrinthe osseux n’enveloppe que très-incomplètement les parties molles de l’oreille interne, les ondes du milieu liquide ambiant se transmettent presque directement aux extrémités nerveuses qu’elles ébranlent; chez l’homme, le labyrinthe membraneux ne reçoit les vibrations de l’air que par des orifices très-petits (fenêtre ovale, fenêtre ronde), à l’aide d’org*anes spéciaux (tympan et chaînedes osselets) destinés à augmenter la finesse de l’ouïe. Les liquides labyrinthiques avec les terminaisons nerveuses qui y , baignent sont donc comme isolés dans une cavité extensible seulement dans quelques points. Ces liquides, par leur tension, exercent une pression sur les parois delà cavité close qui les contient, parois qui, au niveau de la fenêtre ronde et de la fenêtre ovale, présentent une réaction sur laquelle nous insisterons plus lard.

Or, c’est cette pression intra-labyrinthique que nous voulons étudier.

Dans une première partie, nous essaierons de montrer :

A. Les conditions générales statiques de la pression intra-labyrinthique; ses rapports avec :

1° Le phénomène de l’accommodation de l’oreille;

2“ La déglutition ;

3° La circulation ;

4° L’innervation.

B. Les modifications de cette tension produites patdivers états pathologiques amenant :

1° Un excès de pression intra-labyrinthique ;

2"^ Diminution de pression intra-labyrinthique.

Nous étudierons à peu près exclusivement l’exag*éraittion de tension intra-labyrinthique, et, après avoir passé jten revue ses causes, les phénomènes qu’elle produit et llles moyens d’y remédier, nous tenterons d’établir un : parallèle entre le g*laucome proprement dit et le glaucome auriculaire.

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