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ANALYSE DES GAZ PRODUITS PENDANT LA FERMEN- TATION PUTRIDE

L'étude de la putréfaction serait chose relativement facile si Ton pouvait, d'une part, isoler les principaux germes qui amènent ces décompositions et, d'autre part, les faire agir sur les différentes matières albuminoïdes ou azotées qui composent les matières organiques dont nous nous occupons.

Nous savons combien il est difficile, en Fétat

actuel de la science, d'interpréter certains des résultats

auxquels nous pourrions arriver en raison des faibles

connaissances que nous possédons sur la constitution des matières albuminoïdes.

Certes, les expérimentateurs n'ont pas manqué pour étudier, par une voie détournée, la composition de cette molécule albuminoïde, les uns en utilisant les actions si différentes de divers ferments, d'autres, au contraire en employant les procédés chimiques, en faisant intervenir des acides ou des alcalis, etc.

Il nous est impossible, sous peine de nous laisser entraîner trop loin, d'exposer la multitude de faits qui autorisent à croire que cette molécule albuminoïde subit des actions variées en présence des diastases, soit en présence des milieux acides ou alcalins^ etc., actions qui sont en tout semblables à celles que subissent les matières hydrocarbonées.

Ces analogies ne sauraient, toutefois, nous être d'aucune utilité pour expliquer certains faits que nous avons observés. La composition de la molécule albuminoïde a un immense intérêt biologique, et les nombreux travaux qui ont été publiés sur cette question démontrent amplement la difficulté et la complication du problème résultant des causes multiples mises en jeu dans de pareilles expériences.

La grande variété des microbes susceptibles de disloquer la matière albuminoïde, les différences d'action dans le même microbe suivant les conditions chimiques et physiques du milieu, viennent encore ajouter de nouvelles difficultés à celles qui tiennentà la nature même du sujet à étudier.

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Nous avons dû recourir fréquemment aux remarquables travaux de Duclaux sur les divers produits de la fermenlalion de la caséine, soit pour en tirer, par la frappante similitude du sujet, l'explication de faits qui nous paraissaient, au premier abord, malaisés à interpréter, soit pour puiser dans Tétude attentive des nombreuses expériences de notre premier maître Fesprit critique et déductif, sans lesquels tout travail expérimental est condamné à demeurer stéril. Duclaux avait déjà prouvé que certains ferments de la caséine, lorsqu'ils vivent à ses dépens, produisent d'une façon constante des dégagements gazeux composés d'acide carbonique et d'hydrogène. Au début de la fermentation, une partie de l'hydrogène se transforme en hydrogène sulfuré, l'hydrogène à l'état naissant, exerçant son action sur le soufre ou les sulfates des sels en dissolution.

Nous verrons dans la suite que certains micro-organismes agissent de façon identique sur d'autres matières albuminoïdes et que, pour le sang en particulier, on obtient des résultats semblables lorsqu'on le fait fermenter avec des microbes bien définis.

Les produits ultimes peuvent varier suivant les conditions dans lesquelles se fait l'expérience ; ainsi, par exemple, en faisant fermenter du sang avec un anaérobie facultatif, on obtiendra des produits différents, selon que l'expérience aura été conduite, au début, dans une atmosphère contenant plus ou moins d'oxygène, ou bien suivant la température à laquelle aura eu lieu l'expérience.

Il y a là un phénomène analogue à celui que Ton rencontre chez Vactinobaier polymorphus de DuclauXy dans la fermentation du lait, lequel, suivant le degré d'aération du milieu, fournit ou de Talcool ou de Tacide acétique, ou même les deux à la fois.

Si nous constatons des différences dans les produits gazeux en mettant en action les mêmes microbes, sur les mêmes milieux et dans les mêmes conditions de température, quelles différences ne trouveronsnous pas si nous analysons les gaz de la putréfaction dans des cadavres, où tant de micro-organismes peuvent faire varier les conditions d'expérience, non seulement d'un expérimentateur à un autre, mais encore chez le même expérimentateur, suivant que ce dernier aura fait ses prises de gaz sur un cadavre dont la putréfaction se sera produite dans l'eau ou à l'air libre?

En effet, il appert des analyses des gaz, dans la putréfaction à l'abri de l'air, de la gélatine, de la fibrine et de l'albumine, que les variations dans le taux pour cent de l'acide carbonique constatées par Jeanneret sont, le troisième jour, de 80.88 0/0 avec l'albumine et de 86.77 0/0 avec la fibrine ; pour l'azote et l'hydrogène, on trouve, le trente et unième jour, 19.12 0/0 avec l'albumine et 13.23 0/0 avec la fibrine.

Si nous faisons abstraction de ces différences et que nous considérions seulement la marche générale du phénomène, nous constatons que le taux pour cent d'acide carbonique croit sans cesse, tandis que la pro-

duction d'hydrogène subit une progression inverse.

Ces résultats ont été obtenus par MM. Gautier et Étard dans leurs recherches sur la putréfaction ; ces auteurs ont, de plus, signalé dans la putréfaction de la viande la présence de Tacide lactique et de l'acide butyrique libre en plus grande abondance que dans la décomposition de la chair de poisson.

Dans les expériences auxquelles nous nous sommes livré avec M. J. Ogier, et dont nous reproduisons ci-contre le modus operandi^ nous avons pu nous rendre compte assez exactement de la marche du phénomène et déterminer d'une façon assez précise les dégagements gazeux qui se produisent dans certaines fermentations putrides.

La première expérience a été faite sur le cadavre d'un enfant mâle, à terme, mort pendant le travail, le 10 octobre ; l'enfant n'avait pas respiré et, lorsqu'il a été soumis à l'expérience, son corps était recouvert, en certains endroits, de végétations cryptogamiques.

Ce cadavre a été placé dans un grand bocal droit, d'une capacité de 25 litres environ; la partie supérieure du bocal était fermée par un couvercle plat^ rodé et percé de deux trous par lesquels pénétraient deux tubes à dégagement, munis de robinets.

Un de ces tubes s'adaptait à une série de flacons laveurs contenant de l'acide sulfurique, du sulfate de cuivre, de la potasse étendue, du brome et de la potasse.

L'autre tube permettait de recueillir les gaz directement. L'appareil étant ainsi monté, nous avons

laissé la putréfaction s'accomplir à la température du laboratoire.

L'expérience a commencé le 20 octobre et la première prise de gaz a été faite le 24 octobre. En voici les résultats :

C0« Aï GO Oxrg. H H*S C«H* Ph.H»

24 octobre 12,5 — 82, — 5,5 — — __

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