‹ Etude sur la putréfactionChapitre 4 sur 21 · traces · texte numérisé non relu

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6 novembre 53 — 34 — — 13 — —

3 décembre 71, 8u — 20,20 — — 9 — — —

Le dégagement gazeux devenant de plus en plus msensible, probablement à cause de la température, nous avons arrêté notre expérience quelques jours après cette dernière analyse de gaz.

Nous avons examiné nos différents flacons laveurs installés, comme nous l'avons dit, à la suite d'une des deux tubulures du bocal.

Les flacons de brome, de chlorure cuivreux, étaient restés intacts en conséquence, nous sommes autorisés à affirmer que, durant l'expérience, il n'y a jamais eu, à quelque moment que ce soit, production d'éthylène et d'oxyde de carbone ; dans les flacons d'acide sulfurique et d'acide sulfurique normal, ni dans les flacons de potasse nous n'avons trouvé d'ammoniaque et de méthyl aminés; enfin, sur le résidu de

la potasse nous n'avons pas davantage obtenu d'hydrogène sulfuré.

Deuxième expérience, — Nous avons placé dans un flacon identique à celui qui nous avait servi dans la première expérience le cerveau d'un individu mort huit jours auparavant.

La seule modification apportée à Tappareil précédent a été l'adaptation d'un manomètre à air libre à l'un des orifices des deux tubes à dégagement et leremplacement du robinet simple par un robinet à trois voies, ce qui nous permettait de faire passer le& gaz de la putréfaction soit dans la série des flacons laveurs, soit dans la cuve à mercure directement.

Le nombre des flacons laveurs a aussi été considérablement augmenté ; les deux premiers contenaient du sulfate de cuivre, les deux suivants de l'acide sulfurique, et les derniers, en nombre égal, contenaient du chlorure cuivreux, de la potasse, du brome, etc.

L'expérience a commencé le 24 octobre et la prise de gaz a été faite le 23. Voici les résultats :

co«

Az.

CO

Oxy.

25 octobre

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traces

5 novembre

traces

L'analyse des contenus des flacons laveurs ne nous a pas fourni de résultats positifs relativement à

Toxyde de carbone, à l'hydrogène phosphore et à l'acétylène.

Seul y le premier flacon laveur à acide sulfurique était obstrué par une matière jaune, ressemblant à du soufre, mais en partie soluble dans l'eau et ayant une odeur allylique.

Cette matière jaune était également soluble dans le sulfure de carbone, et par évaporation ce dissolvant abandonnait le corps sous forme d'un culot semblable à du soufre.

Ce résidu était insoluble dans l'eau, dans l'alcool, dans Téther, etc. ; il brûlait en laissant un volumineux dépôt de charbon. Cette matière sulfurée a reparu dans des expériences analogues, mais en quantités trop petites, pour qu'il soit possible de les étudier plus complètement.

Il résulte des expériences que nous avons faites avec M. Ogier, et en particulier des deux précédentes, qui sont concluantes, que l'acide carbonique se dégage d'une façon continue pendant la putréfaction; ce dégagement croît sans cesse jusqu'à la fin et ne tarde pas à atteindre le volume total du gaz produit.

L'hydrogène ne se montre guère au début; probablement, la production de ce gaz suit aussi une marche analogue à celle de l'acide carbonique, du moins pendant la première période de la putréfaction; seulement, la majeure partie du gaz à l'état naissant se combine avec le soufre et avec d'autres corps pour former de l'hydrogène sulfuré, etc., etc., et ce n'est que lorsque son action réductrice a cessé d'être

rimifa

utilisée que se produit le dégagement d'hydrogène que nous avons noté.

Toutefois, comme nous le disions plus haut, Taugmentation de volume de Thydrogène ne tarde pas à s'arrêter, pour décroître ensuite vers la fin du dégagement gazeux de la putréfaction.

De plus, nous remarquons Tabsence d'hydrogène phosphore aussi bien dans la décomposition du cadavre de l'enfant que dans celle du cerveau ; cette absence d'hydrogène phosphore, dans ce dernier cas, est assez intéressante à enregistrer.

Enfin, nous n'avons jamais rencontré d'hydrogène carboné ; nous avons pratiqué des analyses de gaz provenant du sang putréfié, dans les conditions les plus variées et, contrairement ce qu'ont observé Boutmy, Grehant, le carbure d'hydrogène n'a, en aucune circonstance fait son apparition dans les circonstances de nos expérience.

Ce résultat négatif est certainement insuffisant, mais il se peut que la présence de ces carbures ne soit due qu'à des fermentations accidentelles provenant des hydrates de carbone qui se trouvent toujours en plus ou moins grande quantité dans le tube digestif des cadavres.

De leur côté, MM. Gautier et Etard n'ont jamais trouvé d'hydrogènes carbonés dans la putréfaction des matières albuminoïdes, et les expériences que nous avons faites sont venues confirmer l'opinion émise par ces savants.

Popoff n'a pas non plus rencontré de carbures

d'hydrogène dans la décomposition des matières albuminoïdes ; cet expérîmenlateur a démontré, au contraire, que la présence de Thydrogène carboné se produisait toujours dans la fermentation des matériaux cellulosiques.

Planer a fait des analyses de gaz sur des cadavres conservés à basse température pour empêcher l'apparition des fermentations putrides. Voici les résultats obtenus :

Intestin grêle. Gros intestin.

Acide carbonique.. 20,79 33,83 16,23 32,27 30,64 34,80 34,19

Hydrogène 6,71 27,58 4,04 35,53 — — —

Hydrogène protocarboné — — - __ - — 12,88

Hydrogène sulfuré — — — trace — — traces

Azote 72,50 38,22 79,73 31,63 69,36 65,20 50,20

Oxygène — 0,37 — 0,0 5 ~ — 2 ,7 3

Planer n'a trouvé d'hydrogène protocarboné que dans le gros intestin, et cela dans un seul cas uniquement. D'autre part, MM. Brouardel et Boutmy ont analysé les gaz retirés du scrotum et de l'abdomen d'un noyé qui commençait à entrer en putréfaction. L'analyse a donné les résultats suivants :

Scrotum. Abdomen.

Gaz au comme n- Gaz à une époque

cément de la plus avancée de la putréfaction. ' putréfaction.

Hydrogène 12,173 U,53l

Hydrogène sulfuré. ... 1 ,259 1,398

Hydrogène carboné... 13,355 5,986

Acide carbonique 33,471 64,685

Oxygène 7,851 traces

Azote 31,911 17,400

Ces différences tiennent très certainement à des causes indépendantes des expérimentateurs, causes qui sont, comme nous Tavons dit, soumises à l'empire de la nature des matières alimentaires absorbées.

Les expériences faites par Ruge sur les gaz du gros intestin de l'homme en bonne santé ont fait voir qu'il y avait des variations très grandes dans la nature et dans la quantité des gaz produits, suivant telle ou telle alimentation.

Ruge a, en effet, trouvé :

Alimentation Alimentation de Alimentation

lactée. légumes secs. de viande.

Acide carbonique. 16,8 9,9 3i,0 38.4 21,0 35,4 17,6 13,6 12,4 8,7

Atote 38,3 36,7 19,1 10,6 18,9 21.8 32,2 45,9 57,8 64,4

Hydrogène protocarboné 0.9 — 44,5 49,3 55,9 42,8 50,2 37,4 27,5 26,4

Hydrogène 43,3 54,2 2,3 1,5 4,0 ~ — 3,0 2,1 0,4

L'alimentation Jactée ne produit pas d'hydrogène carboné, tandis qu'au contraire on y rencontre de très fortes proportions d'hydrogène libre.

L'alimentation des légumes secs fournit de très grandes quantités d'hydrogène carboné, ainsi que l'alimentation par la viande, quoique en proportion un peu moindre.

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