‹ Étude sur la Recherche de la Paternité dans l'ancien droit français et dans le Code Civil: suivie de quelques indications sur la condition des enfants naturels dans les principaux États d'Europe et d'AmériqueChapitre 19 sur 66 · Fenet, même ouvrage, p. 165 et suivantes · texte numérisé non relu

Fenet, même ouvrage, p. 165 et suivantes

rt « un homme coupable qui se cache et ne veut pas « rougir et cette femme éplorée qui le désigne, s’élève & l'enfant qui vient de naître, cet enfant qui n’a d’au- «tre appui que la loi faite pour lui, d'autre protecteur « que la société pour laquelle il existe. Ici la balance « est rompue et le double droit des deux victimes, le « droit de la maternité et le droit de l’enfance l’em- « portent sur l'intérêt individuel et faux de l'impunité.

Puis plus loin et comme pour répondre à laffirmation par le premier consul que la société n'avait pas d'intérêt à ce que les bâtards soient reconnus.

« Je n'ai pas parlé de la règle moderne qui défend « toute recherche de paternité. Elle ne fait point en- « core partie du Code Civil et nous l’examinerons.

« Je la suppose ici, mais je ne l’adopte pas, si elle est « absolue ; absolue je la combattrai comme injuste, im- « politique et antisociale.

« Si toute recherche de paternité est interdite hors « le mariige, si læ mère naturelle n’a pas même le droit « de solliciter, par un signe public, je ne dis plus la

tendresse et la bienveillance, je dis la pudeur de

« l’homme qui l’a rendue mère, quel frein laissez-vous « donc aux passions humaines, aux déréglements de la

« débauche.

« Les hommes garantis par la loi même du joug so-

cial et forcés par la loi même à l’impudeur publique

n'auront plus besoin du mariage et le repousseront

« même pour accumuler en despostes licencieux les

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plaisirs quelquefois partagés et le plus souvent arra-

chés à la faiblesse.

« La population sera frappée ou confondue dans ses

premiers éléments. Une nouvelle race, une popula- « tion nouvelle d'enfants vulgaires, d’êtres isolés sans « père, sans famille, sans ressources, sans aliments, « fatiquant, épuisant la charité publique, pésera comme « un fardeau infâme et bientôt dangereux sur la société « tout entière ».

«J’admets l’article 60 » dit à son tour Andrieux, «je le « défends précisément parce qu’il affaiblit la rigueur du « principe qui interdirait la recherche de la paternité, « principe que je n’admettrai pas, que je combaltrai si « on nous le présente à discuter » (1).

«Peut-être»,dit-il,en parlant de la mère abandonnée, <ira-t-elle dans son égarement déplorable jusqu’à atten- « ter aux jours de son enfant », prévoyant ainsi les infanticides et les avortements ces fléaux, qui menacent notre société moderne et dont la fréquence est telle qu'ils n'arrivent plus à émouvoir l’opinion.

« Quoi, s’écrie-t-il encore, d’un seul côté toutes les « peines, toutes les inquiétudes, toutes les douleurs. « Quoi, le sexe le plus faible serait encore accablé par « la loi, la législation livrerait au désespoir la fille sé- « duite et la jetterait en larmes et mourante aux pieds

« de son séducteur qui ne daignera pas lui tendre la

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