‹ Étude sur la Rhétorique d'Aristote [microform]Chapitre 16 sur 19 · Buffon, ibid · texte numérisé non relu

Buffon, ibid

fond pas les objets dans une généralilé va;;uj% ef ne le^ éparpille pas non plus dans des dislinclions minulieuses, mais détache et saisit du premier coup les points principaux, et, en y plaçant la Inniière, éclaire ainsi

tout à la fois.

On sait ce que c'est que les éléments du discours en grammaire, le nom. le verbe, la conjonction, etc. Cette classification se rapporte à la langue : elle est bien vulgaire aujourd'hui, elle était neuve au temps d'Alexandre : Aristote, s'il ne Ta pas faite. Ta retravaillée , et n a pas craint de remplir un chapitre et demi (le la Poétique de ces détails grammaticaux. C'est dans le même livre qu'il a présenté une autre classification des mots, considérés par rapport au style, non plus dans leur valeur comme signes, mais dans leur effet comme expressions. La Rhétorique nous y renvoie. 11 y a, dil-il, le mot propre, îcjptov ; la ^(lùaaoL ou mot pris hors de la langue commune; le mot composé, 5t:r>o0v, TToUa-ViOv, etc.; le mot figuré, f7.ÊTa(popa; enfin Tépiihèle d'ornement, /co(7(j,o; ou èttiOêtov, qui comprend aussi ce que nous appelons la périphrase. Quelques-unes de ces ressources ne conviennent guère qu'aux poêles, comme les mots doubles ou triples, employés surtout par les lyriques, et les y^Xwccat, dont les épiques font ^n grand usage. Pour les prosateurs, et les poètes dramatiques, dont la langue est à peu près celle de la prose, il leur reste, avec le mol propre, l'épithèle et l'expression figurée. Il faut d'abord que le style soit clair, et c'est à quoi sert l'expression propre; mais il faut aussi qu'il soit orné, qu'il ail quelque chose de neuf d'inaccoutumé, d'extraordinaire, car ce qui nous est familier ne nous touche pas; nous ne sommes épris

que de ce que nous ne voyons pas tous les jours, Oau'xacTal Twv àrovTojv. Il ne faut pas que l'orateur parle absolument comme un de nous : s'il n'y a rien dans son langage qui nous surprenne, il sera comme le Persan de î\Iontesquieu quand il a dépouillé son costume ' ; personne ne fait plus attenîiou à lui.

Je crois qu'on est assez convaincu aujourd'hui de celte nécessité de mettre dans le style du relief et des surprises, mais on oublie ce qu'Aristole recommande instamment aussi, de resler simple et naturel. C'est le moyen, dit-il, de vous faire croire : si vous voulez être trop brillant, on se déliera de votre style, comme on lait des vins mêlés (ch. 2). Mais qu est-ce que le naturel en fait d'art? c'est que l'art ne paraisse point, Stô

De la Métaphore.

On ne connaissait peut-être pas encore au temps (l'Aristote, et on ne trouve pas dans sa Rhétorique ces longues listes de figures, chargées de plus de cinquante noms, qui rebutent la mémoire, et même l'intelligence, par la difficulté de saisir les dislinclions imperceptibles qui les séparent. Quelle est, par exemple, la différence précise entre la métonymie et la synecdoque? Il n'y a pour Aristote ni synecdoque ni métonymie : il réduit toutes les figures de ce genre à la métaphore, dont il fait l'analyse au 21*^ chapitre de la Poétique. 11 faut remarquer surtout celle qu'il appelle [ASTacpocà xar' ûtvaXo-^ov. Quand on appelle la \ieillesse, fomme a fait Empédocle , le couchant de la vie , rïucy.àç ptou, c'est

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