‹ Étude sur la Rhétorique d'Aristote [microform]Chapitre 7 sur 19 · De InvoH · texte numérisé non relu

De InvoH

èeole rivale de celle d*Aristole; celle-ci plus philosophique, celle-là plus curieuse de la forme et des dehors du discours. Mais déjà du temps de Cicéron il n'existait pas de Rhétorique d'isocrale authentique, cujus quam eomUt esse arUm non invenimus; et quant aux véritahles ouvrages de ce rhéteur illustre qui subsistent encore âiyoard'hui , ils nous apprennent bien quel était son caractère, son goût, sa manière de composer, mais ils ne nous font rien connaître de ses leçons et de ses doctrines. Il existe cependant un livre où nous pouvons voir encore ce qu'était la rhétorique vulgaire, telle qu'on renseignait dans Técole des rhéteurs de profession. Nous la retrouvons en abrégé dans le petit écrit intitulé Kn^putVï iTfîoç À>43tv^?ov, que les manuscrits attribuent à Arîstote , mais qu'on a reconnu sans peine et depuis kBgtemps pour apocryphe. C'est une espèce de manuel, qui présente sous une forme simple et rapide des définitions , des classifications et des préceptes , utiles dans la pratique , et commodément distribués pour la mémoire. On a pu dire raisonnablement que cette Rhétorique était plus curieuse peut-être que l'ouvrage même 4*Aristote; non pas certainement pour la science de rèloqoeace en elle-même, mais pour la connaissance ê» procédés de Tart oratoire chez les Attiques ». Ce

1. Oit l'opinion de M.Spengel, qui a donné récemment une édition de cettt Rhétorique, dont il s'était déjà occupé dans sa luva^wY^l xexvûiv. Il lattHbae , après Victonus et d'autres encore , k Anaiimène de LampMqae, contemporain de Philippe et d'Alexandre, dont il écrivit l'his- %êin (Paus., VI, i8). Il n'a pas craint de la publier sous ce titre : Ànaxiwmûs an rhelorica quœ rulgo ferlur Arislotelis ad Àlexandrum (Turki et Viioduri , iSU). Cette édition remarquable se recommande surtout par des notes dans lesquelles M. Spengel rapproche de chacun des fréceptetdu rh* leur des appiications prises dans les discours des oratenrt attiques. (Voir la note à la fin du volume.)

qu'elle peut offrir en ce genre de plus intéressant à relever trouvera sa place quand nous entrerons plus avant dans la Rhétorique d'Aristote.

Rhétorique de Platon.

Mais ce n'est pas seulement dans les rhéteurs qu'Aristote avait appris l'art qu'il a si supérieurement enseigné. Il avait étudié une rhétorique plus haute, je veux dire celle de Platon. Ce grand adversaire des rhéteurs, qui s'attaquait si hardiment aux Gorgias et aux Périclès, et qui considérait la rhétorique comme une espèce de cuisine par laquelle on flatte les appétits capricieux de la multitude, Platon a cependant écrit une théorie de l'art oratoire. Elle est l'objet du Phèdre, dont elle remplit la dernière partie. 11 est vrai que cette Rhétorique n'est pas proprement un traité du discours, une ré^r, abondante en observations et en préceptes ; c'est la philosophie de l'art, c'est l'idée première de la Rhétorique d'Aristote; là comme ailleurs le maître a tracé au disciple son ouvrage. Platon n'a achevé et rédigé aucune science , mais il a jeté de côté et d'autre une foule d'idées qui ont servi à faire la science quand elles ont été recueillies et ordonnées ; comme les prêtres de Delphes composaient un oracle complet et suivi avec les paroles qui échappaient à la Pythie. Platon n'a fait non plus ni la Métaphysique, ni la Morale; mais pour combien les vues de Platon ne sont-elles pas dans les traités d'Aristote, même lorsqu'il y est contredit !

C'est ce qu'il faut dire surtout de la Rhétorique. Aristole commence son livre par cette définition, présentée en plusieurs endroits sous plusieurs formes : La rhétorique est une dialectique. Socrate, dans le Phèdre,

école rivale de celle d*Aristole ; celle-ci plus philosophique, celle-là plus curieuse de la forme et des dehors du discours. Mais déjà du temps de Cicéron il n'existait pas de Rhétorique d'Isocrale authentique, atjus quam eanstet esse artem non invenimus; et quant aux véritables ouvrages de ce rhéteur illustre qui subsistent encore aujourd'hui, ils nous apprennent bien quel était son caractère, son goût, sa manière de composer, maïs ils ne nous font rien connaître de ses leçons et de ses doctrines. Il existe cependant un livre où nous pouvons voir encore ce qu'était Ja rhétorique vulgaire , telle qu'on l'enseignait dans l'école des rhéteurs de profession. Nous la retro'jvons en abrégé dans le petit écrit intitulé PTiTopixT) TTpo; À>.£$avSpov, que les manuscrits attribuent à Aristote , mais qu'on a reconnu sans peine et depuis longtemps pour apocryphe. C'est une espèce de manuel, qui présente sous une forme simple et rapide des définitions , des classifications et des préceptes , utiles dans la pratique , et commodément distribués pour la mémoire. On a pu dire raisonnablement que cette Rhétorique était plus curieuse peut-être que l'ouvrage même d'Aristote; non pas certainement pour la science de l'éloquence en elle-même, mais pour la connaissance des procédés de l'art oratoire chez les Attiques ^ Ce

1. C'est l'opinion de M. Spengel, qui a donné récemment une édition de celte Rhétorique, dont il s'était déjà occupé dans sa Suvaifwifri xe^vàiv. Il l'attribue , après Victorius et d'autres encore , à Anaximène de Lampsaque, contemporain de Philippe et d'Alexandre, dont il écrivit l'histoire (Paus,, VI, 18j. Il n'a pas craint de la publier sous ce litre : Anaximenis ars rhelorica quœ vulgo fertur Arislotelis ad Alexandrum (Turici et Viloduri, 1^4). Cette édition remarquable se recommande surtout par des noies dans lesquelles M. Spengel rapproche de chacun des préceptes du rhéteur des applications prises dans les discours des orateur! attiques. (Voir la note à la fin du volume.)

qu'elle peut offrir en ce genre de plus intéressant à relever trouvera sa place quand nous entrerons plus avant dans la Rhétorique d'Aristote.

Rhétorique de Platon.

Mais ce n'est pas seulement dans les rhéteurs qu'Aristote avait appris l'art qu'il a si supérieurement enseigné. Il avait étudié une rhétorique plus haute, je veux dire celle de Platon. Ce grand adversaire des rhéteurs, qui s'attaquait si hardiment aux Gorgias et aux Périclès, et qui considérait la rhétorique comme une espèce de cuisine par laquelle on flatte les appétits capricieux de la multitude, Platon a cependant écrit une théorie de l'art oratoire. Elle est l'objet du Phèdre, dont elle remplit la dernière partie. Il est vrai que cette Rhétorique n'est pas proprement un traité du discours, une te/^vt, , abondante en observations et en préceptes ; c'est la philosophie de l'art, c'est l'idée première de la Rhétorique d'Aristote ; là comme ailleurs le maître a tracé au disciple son ouvrage. Platon n'a achevé et rédigé aucune science , mais il a jeté de côté et d'autre une foule d'idées qui ont servi à faire la science quand elles ont été recueillies et ordonnées; comme les prêtres de Delphes composaient un oracle complet et suivi avec les paroles qui échappaient à la Pythie. Platon n'a fait non plus ni la Métaphysique, ni la Morale; mais pour combien les vues de Platon ne sont-elles pas dans les traités d'Aristote, même lorsqu'il y est contredit!

C'est ce qu'il faut dire surtout de la Rhétorique. Aristote commence son livre par cette déflnition, présentée en plusieurs endroits sous plusieurs formes : La rhétorique est une dialectique. Socrate, dans le Phèdre,

ne formule pas sa pensée avec ce Ion d'autorité; mais il fait sentir à Phèdre combien il importe à l orateur d'avoir des notions nettes et précises de ce dont il parle, et que cela est impossible s'il ne sait définir sa pensée , distinguer les différences qui sont entre les chçses, reconnaître au contraire les rapports et les ressemblances pour généraliser à propos; puis il ajoute : « Ceux qui « possèdent ce talent , parlé-je bien ou mal , Dieu le « sait, mais enfin jusqu'à présent j'ai coutume de les ap- « peler dialecticiens (Médre. p. 266, B). » Celte ironie ne faisait-elle pas découvrir à l'esprit , et comme disait Socrate , ne lui faisait-elle pas enfanter la définition d'Aristote?

Maintenant, où l'orateur prendra- l-il ce fonds de vérités que la dialectique ne fait que mettre en œuvre? Ce sera, dit Platon, dans la philosophie morale, dans la science de l'âme, et c'est ce qu'Aristote répète après lui. Mais ce n'est là qu'une généralité un peu vague ; Platon s'explique: « Puis donc, continue-t-il , que la « vertu du discours est une espèce d'attraction des âmes, « tj/uyaywyia, celui qui veut devenir orateur doit savoir « combien il y a d'espèces d'âmes : il y en a tant , qui (( sont de telle ou telle nature, et c'est par où tel (c homme diffère de tel autre. Cette division établie, on <( dira de même qu'il y a tant d'espèces de discours, de (( telle nature chacun. Certains hommes se rendront à « certains discours pour telle cause qui les rend acces- « sibles à tel moyen de persuasion; certains autres, pour « d'autres causes, seront difficiles à persuader par ce « moyen. Quand on a bien saisi toutes ces différences ce par la pensée , il faut les retrouver dans les choses et « dans la pratique de tous les jours, et pouvoir s'y plier

« par un sentiment prompt et rapide; ou bien on n'en (( saura jamais plus sur l'art du discours que ce qu'on a u appris du maître de rhétorique. Mais si on est en état (( de reconnaître que tel moyen est bon pour tel homme ; « si , lorsqu'on se trouve en présence d'un auditeur, on (( sait le pénétrer sur-le-champ et se dire à soi-même, le « voilà, voilà cette nature d'esprit que je considérais « tout à l'heure en théorie, et qui est maintenant dece vaut moi en effet, voici les raisons qu'il faut lui préce senter, le langage qu'il faut lui tenir pour lui suggérer (( telle conviction; si on voit clairement tout cela, et c( qu'on sache de plus quand il convient de parler ou de (( se taire; quand il faut rechercher le style concis , le ce pathétique, l'amplification, et quand il est à propos « ou non d'employer tous ces artifices du discours qu'on « a étudiés ; alors l'art est parfait et véritablement « achevé: jusque-là, non. Et dès que vous* êtes en dé- (( faut sur quelqu'un de ces points, vous qui parlez, ou (( qui enseignez, ou qui écrivez , si vous prétendez posée séder l'art, on est en droit de ne pas vous croire. » (Phèdre, p. 271, D.)

Eh bien, ce que demande Platon n'est-il pas précisément ce qu'a fait Aristote? Qu'est-ce autre chose que ces analyses de chaque passion , ces caractères de chaque âge ou de chaque condition de la vie, celte étude minutieuse de nos dispositions et de nos humeurs? Sans doute, recommander un pareil travail, ce n'est pas encore l'exécuter; on peut même croire que Platon n'était pas fait pour cette observation patiente et fine où excelle le maître deThéophraste. Mais il avait tracé le programme que son élève a rempli.

Quant à tous les préceptes des sophistes et des rhéteurs

sur Texorde, la narration, la péroraison, sur l'amplificalfoQ, sur les tours par lesquels on rajeunit une idée vieille, sur le nombre, sur les figures, sur les mouvements pathétiques, Aristote dit en deux mots: « Ceux « qui s'occupent de tout cela s'arrêtent en dehors de (( Tart, T£yvo>.oYouci Ta eÇw to'j xpà-Yf/'aroç. » Mais déjà Platon, passant en revue ces artifices, faisait voir aisément qu'ils ne sont rien sans le don de les employer à propos, et que ce don dépend de la connaissance de Tàme, qui est la vraie science de Torateur. Et avec une de ces insinuations moqueuses qui lui sont familières : <( Ainsi, mon cher Phèdre, concluait-il , jamais ce qui « sera dit ou enseigné autrement ne le sera avec art, u soit sur ce sujet, soit sur tout autre; mais ceux qui « écrivent aujourd'hui ces arts du discours que lu conu nais, sont des hypocrites qui nous cachent la connaîs- « sance admirable qu'ils ont de l'âme. Gardons-nous u bien, tant qu'ils écriront ainsi, de prendre en effet « pour l'art ce qu'ils nous donnent (p. 271, B). »

Ces extraits suffisent pour montrer que la Rhétorique d'Aristote a été conçue par Platon , et qu'elle est en germe dans le Phèdre. Mais n'oublions pas que des idées présentées en passant de cette façon légère et rapide, ne pouvaient laisser de traces profondes que dans une intelligence aussi vive que celle J'Arislole , et aussi sensible à l'impression de la vérité. C'est Aristote qui, par son traité, les a rendues classiques et populaires, et en a fait véritablement la règle des esprits.

De la prétendue rivalité d'Aristote et d'Isocrate.

Nous voilà revenus au livre qui fait Tobjet de ce travail, et nous avons encore plusieurs questions à exami-

ner. Est-il vrai, comme on Ta dit, d'après Cîcéron {de Or., m , 55) et d'autres encore, qu'Aristole ait été déterminé à ouvrir une école de rhétorique , et à donner un traité de cet art, par la jalousie et le mécontentement que lui causait le succès de l'enseignement d'Isocrate? On ajoute (Quintil., lll, 1 ) qu'il disait, en parodiant un vers du Philoclète d'Euripide, ai(7)^pov aiwTrav, icoxpaTYi 5' £av ^eyeiv. Mais, d'après Diogène (Artstot. Vit. tnit.) , c'est Xénocrate , le chef de TAcadémie, dont Aristote plaçait le nom dans ce vers : et je trouve plus de vraisemblance dans cette leçon , ou si on veut dans cette interprétation ; car je croirais volontiers qu Aristote citait le vers tel qu'il est , papêapouç 5' èav T^eyeiv, sans y mettre un nom propre; il y avait ainsi plus de finesse. D'ailleurs, quand Aristote rentra dans Athènes, a près le départ d'Alexandre, il y avait quatre ans qu'Isocrate était mort centenaire. Si on remonte plus haut, il faudra se reporter jusqu'à un temps où Platon vivait encore, c'est-à-dire à une époque bien antérieure à la composition de la Rhétorique. Enfin Aristote ne parle guère d'isocrate dans son ouvrage, que pour le citer avec honneur. Il faut donc renoncer à celte fable d'une rivalité entre les deux maîtres, fable née sans doute de la rivalité plus nréelle qui se perpétua dans les écoles grecques entre les philosophes péripatéticiens et les rhéteurs. C'est un exemple de plus à donner de la défiance avec laquelle il faut accueillir les anecdotes dans l'histoire de l'antiquité ».

1. M. Rossignol, dans l'Eiamen critique d'une nouvelle traduction de la Rhétorique, p. 17 sqq., a admis cette rivalité; mais je ne puis me rendre à ses raisons. Tout en interprétant comme lui les mots ôià ttjv ïiôeiav Toû ôtxoXoïeïv, je ne vois dans ces expressions rien d'injurieui

oruv

La Rhétorique est un ouvrage acroamaiique.

On sait que les ouvrages d'Arislole se distinguent en exotériqiies, litléralement ouvrages du dehors, et en dcroamatiques , ou leçons pour les auditeurs. A laquelle de ces deux classes faut-il rapporter la Rhétorique? Il est difficile de le dire, si on ne résout la question générale de savoir ce qu'on doit entendre par ces deux espèces d'enseignement. Les textes que Buhle a ramassés sur ce sujet * ne feront qu'obscurcir la question, si on veut attacher une égale valeur à chacun de ces témoignages. Mais si on s'arrête de préférence à ceux qui sont les plus directs, les plus positifs et les plus clairs, je veux dire à Tassertion précise d'Ammonius , confirmée pour nous et expliquée par les déclarations non moins précises de Cicéron, on trouve que les ouvrages exolériques étaient des dialogues sur divers sujets, où le philosophe luîmêrae avait toujours le rôle principal , et qui étaient précédés de prologues. Or, tous les dialogues d'Arislotc sont perdus; nous n'avons donc plus aujourd'hui d'ou-

ni de satirique. Il n'en est pas de môme du mot cité par Denys sur ces liasses de plaidoyers isocratiqucs que colportaient les libraires. Mais j'imagine que ce mol a été dit par Aristote encore jeune, quand Isocrate régnait parmi les rhéteurs, et que le philosophe s'efi indignait aver l'impatience de son âge. On pourrait expliquer aussi , en le rapportant à cette date, ce que Cicéron raconte à ce sujet; mais lorsqu'Aristote, âgé de plus de cinquante ans, et après la mort d'Isocraie, écrivit sa Rhétorique^ on ne peut le supposer animé de celte même mauvaise humeur. Qu'on voie tous les passages où il nomme Isocrate, 1,9, II , 19, ei eu plusieurs endroits du HT livre, on se convaincra qu'il ne veut que s'appuyer de son exemple et de son autorité.

1. J. Th. Buhle , Dispulalio de dislribulione librorum Âristoielis in exolericos et acroamalicos, ejusque ralionibus cl causis. Se trouve

dins k ffcinftfr dei tinq volunc» qu U a donnes fÉTaiie cdHioo d Ahttatr iTfïi

vrages exotériques. Fabricius a donc eu raison de reconnaître pour acroamatiques les trois livres que nous examinons.

Cependant on peut faire des objections pour la Rhétorique en particulier. Suivant Aulu-Gelle ( XX , 5 ) , l'enseignement acroatique d'Arislole (il fallait dire acroamatique , d'après les commentateurs grecs), se rapportait aux parties les plus élevées et les plus difficiles de la science, la métaphysique, la physique, la dialectique; cet enseignement se donnait le matin. L'enseignement exotérique , qui occupait l'après-midi , comprenait des leçons de rhétorique, des exercices d'argumentation , de.H étude.s de politique et de morale. D'après cela, notre Khétoriquo appartiendrait à l'enseignement exotérique; mais Aulu-Gello se méprend^ et interprète mal une tradition que nous retrouvons ail* leurs, tantôt également altérée, tantôt plus pure. La vérité est que, dans ses leçons ou ses traités acroamatiques, Aristote s'exprimait dogmatiquement, établissant des principes ft des définitions, et se servant de formules sèches et rapides ; taudis que dans les dialogues exotériques, donnant une forme dramatique à son argumentation, il combattait les opinions par le.s opinions, faisait plaider des cau&u:» a ^cs personnages, et leur metfait dans la bouche un langage facile et populaire ' . Ces deux

1. Voir, pour la preuve de chacune det* partir» de cet énoncé. Icf^divers textes qui remplii^ftcnt In Dixseruihm de Huhic.

M. Havaisson a traité cette question d'une manière complète dan» ton Estai sur la MHaphytique d'Ari$lole (3' part. , livre I , ch. 1 ). Il essaye de montrer ( p. 230 M\q, ) que ces diiïérence» de forme tiennent à une dilTérencc fondanicnlale . MUNceplihli^ de plus ou de iiioinN , de manière qu'il peut y avoir de» iraiiéK plus acroamaliqueM que d'autre.» , $i ie puis* parler atusl, et ^uc la Metaphy^-iguo nH le plun acriv«j||»ti,||ue 4e iou>. Je ne <unicit« p«» c<ue uitnUrc de \oh, f^mnm qu'il »oit bien

sortes (Fécrils différaient donc par la méthode et fexécutîon, mais non par la matière. La métaphysique même était développée dans les dialogues, et au contraire la Politique est un ouvrage acroamatique. Ia\ rhétorique, aussi bien que toute autre science, pouvait être enseignée directement sous la forme dogmatique d'un traité; et c'est ce qui a été fait dans ces trois livres.

Du Gryllus, etc.

Mais Aristote avait composé sur la rhétorique un livre qui avait pour titre Gryllus; c'est le nom d'un fils de Xénophon, et ce titre paraît indiquer un dialogue dans lequel Gryllus était le principal personnage. Quintilien s'exprime ainsi dans le chapitre où il établit que la rhétorique est un art (H, 17): « Aristote, qui se plaît « toujours à poser des problèmes, imagine, dans le « Gryllus, des objections dignes de sa finesse accoutu- « mée; mais lui-même a traité de notre art en trois li- «c vres...., etc. » Il ne reste rien du Gryllus,

Diogène Laërce et un biographe anonyme' nomment

encore d'autres livres d'Aristote, qui traitaient, soit de

la rhétorique dans son ensemble, soit de quelqu'une

de ses parties, Téym, aXkn Tr/vv], Trepl Ae;£w;, Èv()'j|jLYifjLaTa

• pYiToptxa : il n'est rien resté non plus de ces ouvrages.

reconnu, ainsi que M. Ravaisson l'a établi lui-même rigoureusement, qu avant tout, c'est par la forme du traité ou du dialogue, par le style scientifique ou populaire, qu'il faut classer les livres d'Aristote. Pour le philosophe, il y aura peut-être des ouvrages plus ou moins acroamaliques, suivant que la science pure y tient plus ou moins de place ; mai», philologiquement parlant, il n'y a que des livres exotériques d'une part et des livres acroamatiques de l'autre, de même à peu près que tout ce qui n'est point prose est vers, et que tout ce qui n'est point vers est prose.

Page 1