‹ Étude sur la simplification de l'orthographeChapitre 17 sur 58 · OA · texte numérisé non relu

OA

§170. Oa, monosyllabique dans ;oaï//ter, devra être remplacé paroi: joillé^. On pourrait même pousser la réforme un peu plus loin et écrire joie, à l'exemple de joio (p. joyau, §§ 111 et 197, o«). Néanmoins je n'ose guère recommander cette graphie, car elle rompt avec l'analogie des autres substantifs en -illier, et l'analogie est, en matière d'orthographe, un guide mnémotechnique si précieux qu'il ne faut pas s'en écarter à la légère ^,

Dans les mot3 où oa forme deux syllabes (o-a), comme dans coasser, quoailler (t. de manège), il va de soi que la notation de ce digramme ne doit pas être modifiée : on gardera coasser et l'on écrira coailler (§ 472. 4«).

Pour le groupe oa prononcé o qui figure dans coaltar, emprunt fait à l'anglais, et qu'il faut écrire o (coltar), v. § 347.

OIJA.

§171. Oua, quand il forme deux syllabes, — et c'est le cas le plus fréquent, — doit naturellementdemeurer tel quel. Ex. : douane, couaille, fouailler, pouacre, couard, etc. De même pour le oua de ouate, dont

1 Les mots étrangers passés chez nous dans lo vocabulaire courant offrent des graphies qui sur beaucoup de points appellent, comme je l'ai déjà fait pressentir (p. 73), dos modifications sérieuses. Dans cotte partie de l'ouvrage, je me borne à ne signaler que les cas les plus importants, jugeant inutile de les y énumérer tous, puisque les problèmes «fue soulève leur transcription, et dont la plupart peuvent se résoudre au moyen de formules simples et d'un caractère général, doivent faire l'objet d'une étude d'ensemble placée aux §§ 564-574.

* Avec fusion du digramme ot, représentant le phonème tra, etdupolygramme t//, représentant l mouillée (§454). Pour illé remplaçant -illier, v. ci-dessous §§ 306, 459.

, 3 Sur le maintien de la graphie actuelle de 1'/ mouillée, v. ci-dessous §§ 252-254.

Théophile Gauthier a fait par erreur un monosyllabe dans ouaté ^, De même encore pour joua, loua, noua, roua, etc., et toutes les autres personnes en -oua- des verbes en -ouer.

Au contraire, là où il est monosyllabique, comme dans cou^, gouache, gouaUler, fouarre^, etc., il doit s'écrire oi : coic, goiche, goiller, foire. Pour celui-ci nulle crainte d'amphibologie avec le fém. foire « marché ».

OE prononcé oua (i. e. w^a).

§ 172. Le groupe oe a deux prononciations :

l^ oé : poésie, goélan, etc. ; rien à dire de cette graphie, qui doit être conservée ;

2« wa : dans poêle, moelle, moellon 3. Dans ces mots oe doit être changé en oi, comme cela a eu lieu pour boîte, coiffe, goitre, qui s'écrivaient anciennement boette, coeffe, gouetre.

Dans poêle « appareil de chauffage » (vfr. poésie, poisle), de lat. pensilem, le ens- étymologique doit être rendu en français actuel par -oi- (poile), comme il Test dans mois, toise, poids, tournois, etc., de lat. m^nsem, tensa, pensum, turonensem *.

Dans poêle (s. f.) « ustensile de cuisine », anciennement pa^le, de lai. patella, le groupe a'e (pour a-t-e) doit être rendu par-ot-, comme le groupe a'e (pour a-d-e) de cadere l'est dans choir.

Dans poêle, terme ecclésiastique (vfr. paile, paesle, poêle, poile), de lai. pallium, il est également tout indiqué de reprendre la graphie poile qu'on trouve dans Loysel et autres auteurs du xvi^ s.

Est-il nuisible d'étendre ainsi la graphie poik p. poêle (pensilem) îi ses deux homonymes po^fe (patella) et poêle (pallium)? Non. La différence des significations, jointe à celle du genre dans le féminin poêle (à frire), est telle qu'actuellement l'amphibologie ne se produit jamais, malgré l'emploi d'une orthographe commune po^/e: on ne voit pas pourquoi elle se produirait davantage avec une orthographe commune poile.

' Emaux et Camées, Symphonie en blanc majeur.

* Ecrit aussi foarre.

3 En d'autres termes, Ve y sonne a comme il le fait dans femmes solennel. Ce cas se rattache à celui qui a été traité au § 155, mais il en a été distrait, parce que la soluUon n'en pouvait être la même.

* Cette réforme serait d'autant plus facile à réaliser que l'Académie autorise les notations simultanées poêle et poile. Mais personne, ou peu s'en faut, ne connaît la seconde, elle n'est pas en usage, et c'est pourquoi j'ai parlé ici de la forme poêle comme si elle existait seule dans notre orthographe.

DuTENs. - Etude sur la simplificaiion de l'orthographe. 9

C'est une utile simplification que de supprimer cette notation exceptionelle du phonème wa et d'imposer la graphie usuelle oi aux quelques mots où elle ne figure pas encore. Aussi devonsnous l'appliquer sans hésitation à moelle et moellon. On écrira donc moile et l'on rendra à moellon son ancienne forme motion, la seule qu'ait connue le vfr. et que nous fournissent les textes des xiv®, XV® et xvi® siècles : moellon est récent et ne s'appuie sur aucune base sérieuse.

L'origine de ce mot est généralement considérée comme inconnue. Je me permettrai cependant de proposer à son sujet une conjecture qui me paraît très vraisemblable. En picard on dit d'une façon courante merbn pour moellon, La signification même de ce terme indique assez qu'il faut y voir un dérivé de msrle, qui dans ce dialecte s'emploie concurremment avec m^rle pour signifier ma/rne. Or, on a en normand mxille et mAk, en namurois mxmh, et dans le Hainaut moellon se dit molon, dont la parenté avec module est évidente. Le rapprochement de ces diverses formes montre qu'il faut considérer moellon comme l'altération d'un ancien marlon, restitué par hypothèse et dérivé de vfr. marie (lat. pop. *margula), qui devient marne au xiii^^ siècle.

OUE prononcé oua.

§173. Ce groupe ainsi articulé ne se trouve que dans quelques mots comme fouetter, couette, couenne, rouennerie. Avec son e prononcé a, il ressemble de très près au précédent sous le rapport phonétique, mais on va voir qu'il n'est pas possible de lui faire subir le même traitement.

Fouetter est prononcé par les uns foiter *, par les autres fouètcr. Ceci est la prononciation régulière et la plus générale. Il faut donc conserver à ce mot sa forme actuelle, simplifiée en fouèter, par substitution du t simple au double tt (v. § 252, 1°).

La même solution convient à couette, qui a également les deux prononciations couète eicouate, celle-ci moins répandue : on écrira couète.

Dans couenne, rouennerie, ou-e formant deux syllabes, on ne peut le noter par oi (coine, roinerie), ainsi que nous l'avons vu au § 155, et il faut se borner à y remplacer l'e par un a comme dans femme, solennel (§ 154), en écrivant couane, rouanerie, avec remplacement

^ On trouve au xvr s. foiter.

de la double nn par n simple (§ 252, 1»). On aurait tort de se laisser arrêter par cette considération que rotiennerie vient de Rouen et que la graphie rouanerie rompt le lien étymologique. En employant ce mot, personne ne songe plus guère, que je sache, à son origine; d'ailleurs, conformément à ce qui sera dit touchant l'orthographe des noms de lieu (§ 582), Rouen lui-même est à modifier en Rouan et, par suite, le lien visible de la filiation ne se trouvera pas rompu.

5 174. Ce groupe a deux prononciations :

lo é : œcuménique ; 2o eu : œil

Œ prononcé é.

5175. Il ne figure que dans un petit nombre de mots tirés soit directement du grec (mots savants), où ils présentent la diphtongue oi, soit du latin, où les uns appartiennent au fonds même de la langue, tandis que les autres se composent d'emprunts faits au grec : dans ceux-ci le groupe lat. œ n'est que la transcription de la diphtongue grecque oi.

En dehors des termes spéciaux au vocabulaire scientifique, Thabitude du français est de donner aux groupes œ du latin et oi du grec * la transcription é, parfois è. Ex. :

i^ aède, de gr. aoidos;

2® économe, phébus, pihénix, solécisme, de lat. œconomus, phœbus, phœnix, solœcismus, empruntés au grec;

30 fétide, fédéré, cène, de lat. fœtidtis, fœderatus, cosna.

Les exceptions à cette règle sont des plus rares. Ex. : œcum^ique, œsophage, œnophile, fœtus, etc. Elles doivent disparaître. Aucune raison n'empêche de faire rentrer ces quelques mots en œ dans la règle commune et décrire écum^hiiqc (i 472), êsofaje (§§ 426, 466), énofik.

Œsophage est dû à un remords étymologique de l'Académie. Dans la 1'® édition du Dictionnaire (1694) elle l'avait orthographié ésophage; c'est seulement dans la 6<^ (1835), qu'il est devenu œsophage. Sur l'emploi d'une double orthographe œsophage (langue scientifique), ésofaje (langue courante), v. ci-dessous § 593.

* Au sujet de la transcripUon de cette diphtongue par œ dans la langue scientifique, V. ci-dessous § 595.

Quand à /b?(î^, c'est une mauvaise leçon; la véritable forme latine est /('(Ms, participe passé d'un verbe inusité *feo ou *feor; mais, si défectueuse que soit cette notation, il est bon, je crois, de la maintenir, la graphie fétm pouvant, — dans des cas exceptionnels à la vérité, — faire équivoque avec le pluriel de fétu. Ceci n'est pas une hypothèse gratuite, comme il est aisé de le constater sur la carte de l'Etat-Major, où le fragment relatif au département de la Somme, nous offre, parmi les noms de petites localités, Le Mesnil-Trois- Fétus ainsi libellé : Mesnil Trois Fœtus,

ÛË prononcé eu.

§176. 11 se rencontre uniquement dans œil et ses dérivés. Cettegraphie et le ue du groupe -ueil dans accueil, accueillir, cercueil, cueillir, cueillette, écueil, recueil, recueillir, recueillement, orgueil et ses dérivés, constituent les deux seules dérogations à la convention qui exige qu'en français le phonème eu suivi de / mouillée soit noté par -euiL Leur origine réside dans les hésitations graphiques du moyen âge. La diphtongue uo de la vieille langue (ex. : nuof a neuf », de lat. novem), devenue ue et oe (nuef, noef) à la fin duxi® s., se transforme graduellement en la voyelle simple eu (neuf) ^ , depuis le commencement du xiii® s. jusqu'à la fin du xiv®. Du xn*' au xiv® l'écriture oscille constamment entre les deux notations conçu rren tes oe etwe. Plus tard elles s'effacent devant la graphie eu dont l'origine est différente*, mais qui a fini par devenir la règle générale, Néan moins elles ne disparurent pas sans laisser des vestiges qui se sont perpétués jusqu'à nous. L'exceptionnel œ de œil en est un, mais il n'a plus aucun droit de substituer et le bon sens réclame qu'on écrive euiL

OEU.

§177. Le groupe œu est dû à l'idée bizarre que l'on a eue de fondre ensemble les deux notations œ et eu du phonème eu (§ 176). 11 ne s'emploie que dans un petit groupe de mots où il est destiné à réveiller le souvenir d'un o latin. Ex. : bœuf, cœur, chœur, œum*e, mœuf, mceurs, nœud, œuf, sœur, vœu, de lat. bovem, cor, chorum.

^ Comme on Ta vu au § 89, il n'y a plus de vraies diphtongues en français moderne : la diphtongue n'y existe qu'à l'état d'apparence graphique.

^ V. Darmcstetcr, Grammaire historique, Impartie, p. 130.

opéra, modum, mores, nodtim, otum, soror, vottim. Félicitons-nous que celte prétention étymologique ne se soit pas étendue jusqu'aux autres termes renfermant un eu issu de o latin accentué : la liste en eût été longue. 11 en est résulté dans l'écriture académique des disparates vraiment faites pour réjouir l'ironie du phonétiste. Ainsi Ton écrit :

bœuf (bovem) en regard de neuf (novem)

(mf(opum) — neuf(novum)

mœurs (m/rres) — meurs (moreris, indic J

nœud (nodum) — alku (b. lat. allodium ^)

cœur (cor) — liqueur (liquorem)

sœur (soror) — curseur (cursorem)

v(Bu (totum) — aveu (à et vœu 2)

œuwe (opéra) — pieuvre (polypum)

Nous devons éliminer cette complication inutile, en lui substituant la notation eu, et écrire beuf, euf, euvre, neu (§ 291, i^) seur, veu, etc., comme on écrit neuf, pieuvre, alleu, curseur, aveu.

Vu, mûrs (plur. de l'adj. mûr) et sûr s'étant écrits jadis veu, meurs, seur, les graphies vœu, moeurs, sœur, ont pu servir alors à empêcher la confusion des homonymes, mais aujourd'hui qu'on écrit %u, mûrs, sûr, cette raison ne peut plus être invoquée en faveur du maintien de œ dans vœu, m>œurs, sœur.

§ i 78. Homophones :

1. Cœur, chœur. — Le remplacement de œu par eu nous donne qeur pour cœur (§ 410), puisque la graphie ceur est inadmissible, par suite de nos habitudes de prononciation qui la feraient articuler seur. La réforme de ch dur en q (§ 351^, nous conduit de même à avoir qeur pour chœur. De là une amphibologie possible. A la vérité, elle est peu probable, si l'on tient compte du sens des phrases dans lesquelles peut figurer qeur (p. chœur), car il est trop spécial pour qu'on soit exposé à les confondre facilement avec celles où se rencontrerait qeur (p. cœur). Si cependant on redoute l'équivoque et qu'on veuille à toute force l'empêcher, le plus simple moyen de se tirer d'affaire serait encore de conserver à cœur son orthographe actuelle (v. ci-dessous § 333).

• De Ta. h. a. «///;</.

* De vœu dérive le vb. vouer et celui-ci a donné avec la prép. à le composé aroî/er, qui a pour substantif aven. Si l'orthographe officielle était logique, au lieu de aveu elle devrait nous offrir avœu.

2. Vœux, veux (du vb. vouloir), — L'homographie du plur. veus (p. voeux, § 337) et de tu veus (p. veux) est inofiensive, grâce à la présence forcée du pronom tu qui fait obstacle à toute possibilité d'équivoque. On peut donc substituer sans crainte veu à vœu,

3. Mœurs, meurs (impér. de mourir). — Ici la question est un peu diflérente. Supposons une phrase exclamative commençant par nwRurs au vocatif, réformé en meurs ; dans une lecture faite à haute

voix, il se pourrait à la grande rigueur que ce : « Meurs ! »

causât un instant de trouble au lecteur, si, ne saisissant point immédiatement le sens général de la phase et restant incertain de la valeur de meurs, il venait à hésiter entre Thypothèse d'un impératif singulierà articulermeur etcelled'unsubstantif pluriel à prononcer wi6ur-5' i. Cela vaut-il la peine de conserver la graphie mœurs ? Je ne le pense pas, caria supposition toute théorique que j'émets ici ne me semble guère susceptible de se réaliser dans la pratique, du moins avec quelque fréquence, et j'estime qu'il est sans inconvénient sérieux d'adopter pour mœurs la graphie réformée meurs : nous éviterons ainsi de multiplier les exceptions.

1 79. Cedigramme possède deux prononciations: lo wa : roi, loi ; 2^ 0 : oignon,

01 prononcé wa.

§180. Comme on l'a vu dans l'Introduction (§ 81), ot était à l'origine une diphtongue prononcée oi (o ■{• i en une seule syllabe), qui est devenue successivement oé, o? (commencement du xin® s.), puis tcè (fin du XIII® s.), et finalement wa, La prononciation wè durait encore au xvi« s. ; ainsi Claude de Saint-Lien (1580) indique voudroé comme le « modus loquendi » de voudrois. Mais déjà à cette époque commence à se manifester chez le peuple des faubourgs de Paris la propension à transformer wè en wa. C'est aussi vers le milieu du xvi^' s. que ce même wh tend à devenir è à l'imparfait et au conditionnel (disoit, voudroit, etc.) ^ et dans

^ Cette prononciation est défectueuse, puisque Vs finale d'un pluriel ne doit sonner qu'en liaison, mais elle est devenue beaucoup plus générale que la prononciation correcte meur. Dans le langage courant celle-ci semble aujourd'hui quelque peu prétentieuse et théâtrale : elle doit être réservée à la diction soutenue.

« Dès le XVII' s. l'avocat Bérain voulait qu'on l'écrivit ai, notation adoptée plus tard par Voltaire et qui devint officielle, à l'époque de la Révolution.

certains mots comme monnoie, foible, roide, paroitre, françois, anglais, etc., par une chute du phonème w comparable à celle du digamma dans le grec classique. Les gens de cour affectaient ce parler ; « Le courtisan aux mots douillets », dit Estienne Pasquier, protestant contre cette mode dans une de ses lettres à Ramus, « nous couchera de ces paroles : reyne, allet, tenet, venet, menet. »

La notation oi n'est donc plus en harmonie avec la prononciation actuelle wa^ mais, comme elle ne peut entraîner aucune ambiguïté, il n'y a pas lieu de changer nos habitudes sur ce point et de la remplacer par un autre plus correcte (v. ci-dessus § 66).

01 prononcé o.

§181. D^ns oignon cette graphie est un souvenir du temps où Vn mouillée se notait par -ign (de même que nous indiquons encore {mouillée par -ill). Aujourd'hui nous la notons simplement par -gn; ainsi nous écrivons cogner, cigogneau, besogne, rogne, ivrogne, etc., là où le vfr. écrivait coigner, cecoignel, besoigne, roigne, yvroigne. De même pour les mots en -agne comme aragne, campagne, montagne, etc., qui s'écrivaient jadis araigne, campaigne, mxmtaigne. Il faut donc supprimer Tanomalie de oignon^ écrire ognon, comme l'exige l'analogie, et réserver exclusivement -oign- pour les mots tels que mmgnon, poigne, poignet, poignard, où oi sonne wa, sans tenir compte de la prononciation mognon,pogne, pognet, pognard, beaucoup plus rare que l'autre et d'ailleurs défectueuse et vulgaire ^.

§182. Ce groupe à deux prononciations : 1» 0 : loock ; 2<> ou : sloop.

00 prononcé o.

§183. Il est à simplifier en o et looch doit s'écrire toc (§ 331), de même qu'on écrit bôme (t. de marine), du holl. boom. Il n'y a aucun danger que cette graphie puisse le faire confondre avec loch (t. de mar.), dans le cas où l'on simplifierait également celui-ci en loc : la disparité des significations y mettrait obstacle.

* L'Académie vient de décider qu'elle accepte ognon comme elle a déjà accepté encognure, à côté de encoignure, mais elle continue, à juste titre, de repousser mognon, pogne, pognard (v. p. 1, V* note).

Evidemment la réforme de ces termes isolés n'est pas en ellemême d'une grande importance. Néanmoins il est utile de les ramener à la règle commune, car, à force de multiplier les exceptions, on finirait, si l'on n'y prenait garde, par en accroître la liste dans des proportions qui ne laisseraient pas de devenir nuisibles.

00 prononcé ou.

§184. Il figure dans quelques mots empruntés principalement à Tanglais, tels que groom, schooner, sloop, etc. Il faut le noter par ou, comme cela a lieu dans gourmet (qui est pour vfr. groumet, dérivé de l'angl. groom), et écrire groum, chouneur (§ 390), slouf, ou même sloup' avec addition d'une apostrophe finale, graphie préférable à sloupe (sur cet emploi de l'apostrophe, v. ci-dessous § 557). Ce n'est pas qu'on ne puisse s'en dispenser, car elle n'y est point rigoureusement nécessaire (v. §571); mais, des mots français en -owp comme coup, loup, ayant leur consonne finale muette (§304), peut-être sera-t-il bon de recourir à ce signe pour qu'on ne soit pas tenté, par une fausse analogie, de prononcer slou au lieu de sloU'p\

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