‹ Étude sur la simplification de l'orthographeChapitre 20 sur 58 · VOYELLES NASALES · texte numérisé non relu

VOYELLES NASALES

AEN prononcé an (a nasal).

§206. L'a nasal possède six notations diflérentes : aen, am, an, aon, ean, en (em devant les labiales b, p, m). Ex. : Caen, dam, redun, faon, Jean, dent, embrasser, empire, emmêler. Phonétiquement, la plus rationnelle est an; c'est aussi la plus fréquente avec en. Les autres sont sporadiques. A part quelques exceptions motivées, il faut les réduire toutes à une seule : an. A la graphie Caen nous substituerons donc Can (v. § 582).

AM final prononcé an.

§207. Un seul substantif présente un groupe final -am toujours affecté de la prononciation an : c'est dam.

Régulièrement Vm finale nasale ^ devient n dans notre orthographe. Ex. :on, raisin, amidon(\ir. om, raisim, amilon)^ hain, m/m, ton, son, dicton, toton, rien^ de lat. homo^ ^racimum, amylum, hamum, m^um, tutim, suum, dictum, totum, rem. Aussi est-il indiqué de remplacer dam par dan, à l'exemple de lat. quanquam devenu en français moderne cancan 2 .

' -m dans cet emploi constitue une exception des plus rares : dam^ daim, essaim, étainiy faim, dom, nom, parfum, thym (y. §§ 231, 234, 237, 241). Elle est due principalement à une réaction étymologique (§ 231).

^ Comme on le verra plus tard au chapitre VU (§460), ce remplacement do m par n doit s'étendre à l'ensemble des voyelles nasales dans tous les cas où la nasalisation y est actuellement notée par m, ainsi que cela a lieu non seulement à la finale {essaim, thym, nom, parfum, etc.), ou devant une consonne non labiale {Reims, § 232), mais encore devant les labiales b, p, m, en syllabe initiale ou médiale. Ex. : aribre, anple, anbrun, tanple, anmener, sinple, tinbre, inmanjable.conble, coupère, onble, unble, p. ambre, ample, embrun, temple, emmener, simple, timbre, immangeable, comble, compère, umble, /iMm6/e (§§219,221,233, 240, 241).

Les prénoms en -am final nasal, comme Adam, sont à écrire de même par an : Adan (§ 581).

Quant au substantif quidam, la prononciation nasale kidan (au lieu de cwû/am*), indiquée par les dictionnaires, est en voie de disparition; il est donc inutile de rien changer à l'orthographe de la finale (v. § 476).

AON prononcé an. Ex. : faon, Laon, paon.

§208. Outre la valeur normale a-on (comme dans Lycaon, Phaon), dont il n'y a pas à s'occuper, ce groupe a deux prononciations : 1« an (a nasal) ; 2« on (o nasal).

Dans le premier cas il se notera an :

Faon (lat. fetonem) doit s'écrire fan, à l'exemple de vfr. fla6n{lsiL mérov. fladonem), qui s'est simplifié en flan. Il a un dérivé faonner, que nous écrirons par conséquent faner (§ 252, 1^), sans avoir à craindre que ce verbe neutre puisse se confondre avec son homo nyme le verbe actif faner (v. ci-dessus § 105).

LooH s'écrira Lan (§582); mais paon, prononcé jadis pa-on (lat. pavonem), gardera son o pour éviter la confusion avec ses homonymes Pan, pan.

AON prononcé on.

Ex : taon.

§209. Ce mot se prononce aussi tan : on ne peut donc adopter exclusivement pour lui aucune des deux graphies ton, tan. D'ailleurs, la première pourrait se confondre avec l'homonyme ton (lat. tonum) et la deuxième avec l'homonyme tan, (écorce moulue du chêne). Faute de mieux, il faut lui laisser sa graphie taon.

EAN prononcé an

§210. Cette notation se rencontre dans le nom propre Jean, dont l'origine a été donnée au § 156. Il faut en éliminer Ve muet, comme cela a été dit (ibid.) à propos du féminin Jane (p. Jeanne), et écrire Jan (v. § 125).

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