‹ Étude sur la simplification de l'orthographeChapitre 22 sur 58 · OUIN · texte numérisé non relu

OUIN

Ex. : maringouin, tintouin, babouin, chafouin, sagouin, baragouin.

§236. Cette notation du xch nasal est très rare. La graphie la plus usitée de ce phonème étant oin, il faut en principe la substituer à

< Sur la subsUtution de i, f, à th^ ph, et sur le remplacement de m par n devant h, p, V. ci-dessous §§ 397, 460 et 466.

^ Remarquer que timbre et tympan sont deux doublets tirés l'un et l'autre de tympanum et qu'il n'y a aucune raison pour leur appliquer deux graphies difTi^rentcs.

ouin. Ex. : maringoin, tinloin. Mais la prononciation s'oppose à ce que la même réforme soit applicable aux mots en -ouin qui possèdent des féminins en -ovine ou des dérivés en -oiiin-. Nous conserverons donc babouin, chafouin, sagouin, baragouin, etc., à cause des féminins babouine, chafouine, sagouine, et des dérivés baragouina^/e, baragouiner, baragouineur,

OM final prononcé on (o nasal).

§237. L'o nasal possède quatre notations :

lo on : non ;

2*^ aon : taon ;

3« nm : umble ;

4° om : nom.

De on, rien à dire : c'est la graphie rationnelle; aon a été étudié aux §§ 208-209, et um le sera au § 240.

Quant à om, il ne figure à la finale que dans dom et nom^\ o nasal se notant par on et m nasale finale devant désormais céder la place à n (§ 207), ces deux mots seraient à écrire don, non (de même que vfr. hom, om, est devenu on), mais, par exception, il faut les conserver tels quels à cause de leurs homonymes don, non :

a) Dom, titre honorifique donné à certains religieux, pourrait, si on l'orthographiait don, se confondre avec don, titre de noblesse espagnol : « Don Sânchez », grand d'Espagne, et « Dom Sanchez », moine bénédictin, sont deux personnages bien différents.

b) Nom est un substantif et non, une particule négative. 11 semble donc tout d'abord qu'ils ne soient exposés à aucune confusion ; mais nous devons songer que non peut aussi se prendre substantivement et que cela ouvre la porte aux amphibologies. Ex. : « Un nom douteux, équivoque; un non douteux, équivoque; en réponse à cette question il articula un non (ou un nom) indistinct », etc. En conséquence, il faut maintenir Ym finale dans nom et, par suite, dans tous ses dérivés [renom, prénom, pronom, surnom), bien que ceux-ci ne prêtent à aucune ambiguïté ; simple question de logique.

ON prononcé e labial.

§238. On possède deux prononciations :

* Pour ce qui concerne le traitemcnl du digrammc -om- à l'intérieur de comle, V. ci-dessous § 462.

DuTExs. — Elude «itr la simplification de V orthographe, 12

1<> 0 nasal : mon, ton, son. Rien à en dire : cette graphie est normale.

2^ e labial : monsieur (pron. me-sieu).

Le mot monsieur est le seul dans lequel se rencontre cette manière d'articuler le digramme on ^. C'est uniquement à son origine et à son aspect graphique que ce groupe ainsi employé doit de figurer ici dans l'énumération des voyelles nasales. Sa vraie place se trouve parmi les voyelles orales, à côté de Ve labial, dont il n'est qu'une notation exceptionnelle (§ 7).

Le sg. monsieur devra s'orthographier m^ssieu (pour la suppression de Vr finale, v. § 306) et le plur. m^ssieus, avec un accent aigu pour signaler la différence de prononciation de Ve devant ss dans les deux nombres, comme j'ai proposé de le faire pour Ve de dess-, ress-, qui sonne e muet dans dessous, dessus, ressembler, ressuer, etc., et é dans dessouder, desséclier^ ressuyer, ressusciter (§ 153). A rencontre de cette réforme on fera peut-être observer que nous sommes en présence d'un cas unique et d'une expression consacrée, dont la conservation provisoire pourrait être tolérée sans grand inconvénient. L'objection n'est pas dénuée de valeur, mais je crois que, sans s'imposer d'une façon absolue, l'adoption de la graphie messieu, méssieus, est cependant préférable à tous égards.

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