V. ci-dessous
L muette médiale.
§ 373. En dehors de certains noms de famille tels que Arnoult, Arnault, Dertault, Picault, Renault, etc., elle ne se rencontre que dans quelques mots comme aulx, fils, pouls.
Aulx, plur. de ail (lat. allium), s'écrira aus (§ 112), comme on écrit aune, faux (sbst.), voûte, etc., au lieu de aulne ^ , faulx, wulte (vfr. aine, falz, volte, de lat. alnum, falcem, *wltam).
» Ce digramme, qui figure dans khédive, khédivial, a été reporté au § 450 pour no pas séparer son examen de celui du k que nous offrent d'autres mots d'origine orientale.
L'Académie, dans l'édition de 1877, mentionne encore aulne, aulnaie, aulnée, à côté de aune, aunaie, aunee^ mais ces graphies sont maintenant hors d'usage.
Fils (ancien cas sujet, de lat. filius) est à écrire fis, de mémequ a vfr. els, lilz ^ , nous avons substitué es, lis. L*objection qu*on essaierait de fonder sur la nécessité de conserver le lien étymologique entre le masc. fils, le fém. fille et le dérivé filial, n a pas de valeur (v. § 268) et, de plus, nous pouvons répondre que la relation fis (p.fils) : filial est identique à la relation lis (p. lils) : lilial, dont personne n'est choqué. Remarquons encore qu'on écrit sans -/- les mots dotix, faux y haut, pousser, etc., malgré la présence de cette consonne dans édulcarer, falsifier, exalter, pulsation, etc., qui leur sont étymologiquement apparentés (§ 270). Aucune amphibologie n'est à craindre entre le sbst. fis et la forme verbale (tu) fis, k cause de la différence des fonctions grammaticales. Au pluriel l'écriture actuelle ne permet pas de distinguer « les fils )) (lat. filios) de « les fils » (lat. fila). Cette confusion, justement critiquée par M. Havet (opxit,), disparaîtra par l'emploi de la graphie réformée fis.
Pouls (vfr. pois, de lat. pulsum), s'écrira pous (§ 320), comme on écrit pousser, pouce, puce (vfr. polser, poulce, pulce), de lat. pulsare, pollicem, pulicem. Aucun compte à tenir de la forme savante pulsation, par les raisons qui viennent d'être rappelées au sujet de fils.
On voit que les précédents ne manquent pas pour autoriser la suppression de 17 muette médiate.
M muette dans le groupe MN.
Ex. : damner, condamner, automne (pron. dâyié, condâné, ôtoné).
§ 374. Cette m doit disparaître, 11 n'y a pas de raison pour écrire damner, condamner, automne, par mn à cause de l'étymologie (lat. damnare, condemnare, autumnum), lorsque nous supprimons Ym dans Garonne, colonne, malgré lat. Garumna, columna. On écrira donc dâner, condâner, et automne sera remplacé par ôtone. Le dérivé savant automnal (à réformer en ôtomnal) ne saurait constituer un obstacle. Il en sera de lui comme de préfectoral, effectif, estival, hospitaliser, et tant d'autres, qui ne nous gênent pas pour écrire préfet, effet, été, hôpital, etc., au lieu de préfect, effect, esté, hospital, ainsi qu'on l'a vu ailleurs.
ï Ulz, de lal. Ulinwy était, comme /?/>', la forme du cas sujet en vfr.
P muet dans le groupe PL.
Ex. : champleter (pron. chanlevé)^ de champ et lever.
% 375. A écrire chanleter. Cette graphie ne fût-elle pas commandée par un motif de simplification qu'elle le serait d'un côté parla réforme de champ (p. chant) en chc^n et, de Tautre, par Tanalogie de chanlatte et de chantourner, où ce même mot figure sous la forme chan-. Voir ce qui en a été dit au § 304.
P muet dans le groupe PS.
Ex. : corps, temps, corromps, romps.
§ 376. Le groupe latin ps se réduit normalement à s dans notre langue, aussi le vfr. écrivait-il cors, tens, de corpus, tempus : le p de corps, temps, est dû à une réaction étymologique. Au xvii« siècle on trouve encore Tancienne graphie cors, entre autres chez Descartes : c'est celle que nous avons conservée dans les dérivés cors-age, corselet, cors-et, cors-er, cors-é (vfr. corsu), sans y opérer la restitution du p, La notation corps est à maintenir pour la raison alléguée au § 320 : empêcher l'équivoque possible avec l'homophone cor. C'est cette équivoque qui fit le succès d'un calembour très populaire du temps de Napoléon !«', alors qu'en parlant du Corps Législatif et du Sénat on disait : « Ce sont deux corps aux pieds de l'Empereur qui ne l'empêcheront pas de marcher. »
Temps s'écrira tans (v. § 218), sans que nous ayons à nous laisser influencer par l'existence des dérivés savants comme intempestif, temporel, etc. Aucune équivoque n'est à craindre au pluriel avec tans, plur. de tan. De tans p. temps résulte logiquement la notation printans (p. printemps), qui du reste sera mieux en harmonie que la graphie actuelle avec ladj. printanier. Lontans remplacera de même longtemps (§ 363).
§ 377. On a vu au §360 que dans les formes en -ds des vb. en -dre (couds, mxmds, etc.) le d est à supprimer (cous, mous). Dans un but d'uniformité, pour simplifier la 4** conjugaison, il faut traiter de même les formes correspondantes en -ps, telles que corromps, romps, des vb. en 'pre et leur substituer corons (§ 252, !<>), rons (orthographe de Bossuet). Nous ne ferons en cela que suivre l'exemple des verbes de la 3« conjugaison, comme concevoir, recevoir, savoir. Nous écrivons conçois, reçois, sais, par s, au lieu de le faire par-ps en
souvenir de lat. concipis, recipis, sapis : du moment que nous n'écrivons pas conçoips, reçoips, saips, il n'y a pas de raison valable pour rendre coirumpis, rumpis, par corromps, romps,
P muet dans le groupe PT.
§ 378. Parasite dans dompter (vf r. donter, de lat. domitare), dompteur, il est étymologique dans cheptel, baptême, prompt, exempt, sculpteur, sculpture, sept, compter, et leurs dérivés, ainsi que dans corrompt, rompt, etc., de lat. capitale, baptisma, promptum, cxemptum, sculptorem, sculptura, septem, computare, corrumpit, rumpit,
§ 379. Dompter ne saurait garder son p tout à la fois muet et contraire à l'élymologie : il faut écrire donter, donteur. Aucun argument ne peut être invoqué en faveur du maintien de ces deux mots sous leur forme actuelle et la nouvelle graphie aura l'avantage de faire disparaître la prononciation vicieuse don-p-ter, don-p-teur, qu'on entend assez souvent et qui est un effet de l'écriture.
Dans cheptel (vfr. chetel) le lat. capitale doit se rendre par chetel, exactement comme nous rendons captivum, hospitale, par chétif, hôtel, et non par cheptif, hoptel, car le groupe latin pt devient régulièrement t dans la phonétique française : aux exemples qui viennent d'en être donnés on peut ajouter acA^ier, écrit, ente, recette, roture, route, tisane, etc., de ]aL * accaptare, scriptitm, *' emputa, recepta, ruptura, rupta, ptisana, sans oublier conter (de lat. computare), dont il sera question tout à l'heure, § 381. Sa représentation parpî n'est jamais qu'un fait de restitution étymologique. Pour cheptel cette restitution malencontreuse a exercé une mauvaise influence sur la prononciation : beaucoup de personnes se sont trouvées conduites par là à dire c/«è-p-te/(§ 77), articulation fautive comme celle de don-p-ter et qui disparaîtra comme elle par la réforme de -pt- en -t-.
Baptême (vfr. batesme) est à écrire batême, comme on écrit batiste (tissu) au lieu de baptiste, du nom propre Baptiste, qui était celui de l'inventeur (xiii« s.). On écrira de même bat iser, batismal, batistère.
Prompt, promptitude, sont k écrire pront,prontitude. Quelques-uns prononcent pron-p-tilude : cette articulation défectueuse se corrigera d'elle-même le jour où le p aura disparu de la graphie.
Exempt, exempter (vfr. cxans, exent, exenter), s'écriront exant, exanter, sur le modèle de pront, prontitude-, mais exanpsion (p. exemption, § 490) gardera son p que la prononciation fait entendre.
Srulpîeur, sculpture, sculpter, sont de même à remplacer psLVSculteur, scnlture, sculter.
§ 380. Corrompt, rompt (3*^» pers. de corrompre, rompre), s'écriront corœu, ront, avec la même chutedup muet que dans corromps, romps (§377; : la simplification qui s'impose pour la ^ pers. s'impose aussi pour la troisième. On n'a pas le droit de se refuser à rendre le lat. rumpit par ron-t lorsqu'on n'hésite pas à représenter recipit par reçoi-t, au lieu de reroi-pt.
§ 381. Homophones :
Sept (\tr.set) et septième s'écriront set,sètième, malgré l'existence des formes savantes telles que septénairCy septuagénaire (à écrire septénère, septuajénère) : set en face de lat. septem est aussi légitime que (il) sait en regard de sapit. Il n'est pas à craindre que le nom de nombre set se confonde soit avec l'adj. démonstratif cet, auquel nous conserverons son c doux au lieu de le remplacer par s (§ 420), soit avec la forme verbale set (p. sait, de savoir). En ce qui concerne cette dernière la différence des fonctions y est un sûr obstacle; si toutefois, parun surcroît de précaution, ion tient à les différencier encore plus visiblement, on peut le faire au moyen d'un accent grave placé sur le nom de nombre : sèt (v. § 550, 4«, et §§ 557-558 relativement à l'emploi de l'apostrophe comme signe diacritique).
Pour compter le cas est autre : il gardera son p afin de ne pas faire amphibologie avec l'homophone conter ^ Les deux mots sont puisés à la même source (lat. computare); en réalité ils n'en font qu'un et c'est l'usage qui, faisant diverger leur valeurs, lésa peu à peu transformés en deux termes absolument distincts 2. Le vfr. n'avait qu'une seule orthographe pour eux : conter. La forme compter est une restitution étymologique du xiv<* s., comme compte, compteur. Dans les anciens textes compter et conter sont très souvent confondus ensemble ; aujourd'hui les deux graphies sont aussi nettement diiïérenciées que leurs significations. Pour être artificielle, la distinction n'en est pas moins utile : il faut la respecter, en continuant à écrire d'une part conpter, conpte, conpteur (§ 460), et de l'autre row/er, conte, conteur.
* Se rappeler ce qui u été dit ailleurs du jeu de mois : « Compten fantasUqucs d'Haussmann » (§ 50, 1" note).
- Le iiK'^me Irope se retrouve dans les lanques st^mitiques : en hébreu le vb. :iâfar, au pi'el, pcésente le double sens compter, raconter.
La graphie de œnpter entraînera celle de canptaje (p. comptage, t. d'Eaux et Forêts), qui de la sorte ne pourra se confondre avec l'expression médicale confaje, même si Ton venaità l'écrire conta/c.
Baptiste, nom d'une secte religieuse, s'écrira batiste, k l'exemple de ses congénères batiscr, batistère, etc. Aucune confusion possible avec le nom d'étoffe batiste.
RH prononcé r.
§ 382. Le plus souvent, sinon toujours ^ , le groupe rli provient du grec soit par emprunt direct (mots de création savante), soit par l'intermédiaire du latin. Ex. : arrhes, diarrhée, rhéteur, rhubarbe, rhume, etc. (de lat. arrlia, diarrhœa, rhetorem, rheubarbarum, rheuma). Vh de ce digramme, transcription de l'esprit rude du grec, est toujours muette chez nous : rÂ, rrh, sonnent exactement comme r, rr. Cette consonne doit donc disparaître. Son élimination s'est déjà produite en quelques endroits de la graphie usuelle : rime (de lat. rhythmum) en est un très ancien exemple; l'Académie écrit maintenant hémorragie, hémmrcndes, eurythmie, qu'elle écrivait encore eurhythmie (de lat. eurhythmia) en 1835, et elle adopte rabdomancic, rapsode, rythme, squirre, à côté de rhabdomancie, rhapsode, rhythme, squirrhe.
Il n'y a qu'à étendre cette simpliflcation pour en faire une règle générale, en substituant partout r à rh (ritme, rubarbe, rom, etc.) et en remplaçant rrh soit par r là où la consonne est articulée simple, comme dans diarrhée, myrrhe, que nous écrirons diarée, myre (§ 199), soit par rr lorsque la prononciation persiste à la faire sentir double, comme dans arrher, qui s'écrira arrer 2 .
Dans arrhes le groupe rrh s'articule comme une r simple ; néanmoins, en perdant son h, ce mot devra garder ses deux rr (arres) : lo à cause de la graphie du vb. arrer ; 2« pour éviter toute amphibologie avec aresy plur. de are (§ 256).
§ 383. Langue scientifique. — Dans leur vocabulaire, si largement emprunté au grec, les sciences naturelles (botanique, physiologie, médecine, etc.) font une abondante consommation de rh et de rrh,
1 Dans rhuw, par exemple, Vfi n'a rien à démêler avec l'hellénisme. C'est une addiUon inuUle faite par l'orthographe française a l'angl. rum,
2 L'Académie vient de déclarer qu' «elle est disposée, en examinant chaque cas, k ne pas s'opposer à la suppression de Vh dans les mots, dérivés du grec, où se rencontre la combinaison rh. » {Rapport de \906, p. 21, 12o).
Conformément à ce qui a été dit dans l'Introduction (§ S8, c, et § 88), elles devront les conserver intacts même dans les mots qui, ne leur appartenant pas seulement en propre, figurent aussi dans la langue courante et auxquels celle-ci aura fait subir la réforme: le médecin, par exemple, devra continuer à écrire comme par le passé rhubarbe, rhumatisme, diarrhée, catarrhal, etc., malgré l'adoption de rubarbe, rumati$m>e, diarée, cataral, dans la graphie usuelle (§ 593).
R muette dans le groupe RS.
Ex. : gars, messieurs, volontiers,
§ 384. Gars, ancien cas sujet de .garçon, est à écrire gas, avec conservation de ïs, certains la faisant sentir en liaison. Nous pouvons y opérer la suppression de l'-r- sans inquiétude pour les dérivés à venir, car ils se modèleront tous sur garçon (à écrire .^arson, § 417), commeleioni garçonnet, garçonnière, etc. Il n'y a pas non plus à tenir compte de l'existence du fém. garce (à écrire garse), qui est maintenant trop éloigné du masculin comme sens et comme prononciation pour que la relation entre les deux ait continué d'y être perçue.
Messieurs, volontiers, sont à écrire méssieus, volontiés; se reporter aux §§ 306, 313, où ils ont été déjà examinés ^.
La notation méssieus est la conséquence du sg. messieu (§ 238). Elle ne constitue qu'un cas particulier du pluriel des mots en -)* finale muette {mxmsieur, barbier, porcher, amandier, etc.) au singulier desquels nous retranchons cette -r (messieu, barbié, porche, am^ndié, § 306) et qui naturellement ne la reprennent pas au pluriel.
Quant à ceux qui conservent au singulier leur -r muette, comme premier, dernier, singulier, etc. (§ 305, 2^), il va de soi qu'ils la conserveront également au pluriel (premiers, derniers, singuliers), le même mot devant, selon la règle (§ 347), présenter la même graphie aux deux nombres.
SG (sç devant a, o) prononcé s sourde.
§385. Cette graphie est tantôt étymologique, comme dans scélérat,
^ Dans gaSy volontiés, cette suppression d'une -r- que la prononciation ne fait pas entendre est analogue à celle que nous offrent les graphies actuelles faubourg, patenôtre^ comparées à celles du vfr. forsbourg ^ patertiostre.
scène, science, scinder, ascension, descendre, faisceau, obscène, osciller (de lat. sceleratum, scena, scientia, scindere, ascensionem, descendere, *faMellum, ohscenum, osci/Zare), etc., tantôt inétymologique, comme dans scier, sceau (de lat. secare, *sigellum, p. class. sigillum), que le vfr. écrivait sier, seau, et où elle a été arbitrairement introduite au xvi« s., le c de s,cier y figurant en mémoire de celui de secare et celui de sceau étant destiné à rappeler — de loin — le ^ de sigillum^.
Ce n est pas, du reste, que l'orthographe officielle se pique ici plus qu'ailleurs de logique ni d'un souci bien vif des origines. Loin de s'astreindre à rendre régulièrement par se le groupe primitif se, elle le traduit quelquefois par r, comme dans rinceau (lat. ^ramuscellum), mais plus souvent par ss, Ex. :
lo Brotissin, croissance , famé, faisser, faisselle, poisson, rossignol, vaisseau (de lat. *bruscinum, crescentia, fascia, fasciare, ftscella^piscionem, *luscinioluni, vascellum), elc ;
^ Les verbes en -ir, où les formes modelées sur la conjugaison latine inchoative en -isco substituent -ss- au se- étymologique, comme dans finissant, finissent, finissais (de lat. ^finiscentem, *fmiscunt, *finiscebas), etc.; et ces formessont extrêmement nombreuses, car notre langue ne compte pas moins de 329 verbes de cette espèce ;
30 Ceux des verbes en -tre qui, comme connaître, croître, naître, paître, elc. , proviennent de verbes latins en -scere (cognoscere, crescere, *nascere, *pascere, class. nasci, pasci) et que, par suite, la langue écrite traite de la même manière que les verbes en -ir dont il vient d'être question : connaissant, croissent, naissent, paissais (de cognoscentem, crescunt, *nascunt, *pascebas), etc.
Elle ne se met pas non plus en peine de ses contradictions, car elle répartit au hasard les notations se et s, ss, entre des mots de même famille ou de formation analogue. C'est ainsi qu'en regard de adolescence, convalescent, fasce, fascine, faisceau, scier (de lat. adokscentia, convalescentem, fascia, fascina, * fascellum, secare), elle n'hésite pas à écrire, comme on vient de le voir, croissance, naissant, faisse, faisser, vaisseau, seigle (de lat. crescentia, nascentem, fascia, fasciare, vasceltum, secale),
* C'est éj?alement ainsi que savoir (de lai. sapere, faussement rapproché de iicir€y s'est longtemps écrit sçavoir. L'Académie n'a accepté «ju'en 1835 la tranformalion de t/t^ru en insu et, bien que personne ne fasse plus usage de la forme insni, elle est encore mentionnée dans l'édition de 1877.
§ 386. Réglementation. — En consacrant par son autoHté l'orthographe de ces derniers exemples, TAcadémie nous indique ellemême le peu de compte qu'il faut tenir de l'étymologisme dans l'interprétation du groupe lat. se. Elle nous ouvre la voie, nous n'avons plus qu'à la suivre et à poser cette règle générale :
l^sc initial (scier) se notera par s\
2*>5C médial succédant à une consonne {obscène) se notera par une s;
3® succédant à une voyelle nasale, il se notera par s quand il sonnera s simple (conscience) et par ss quand il sonnera ss double (conscienl) ;
4® succédant à une voyelle orale, il se notera par ss quand il sera prononcé s simple (descendant, fascine) et par s*s quand il se prononcera ss double (ascendant, fasciner) ^.
On écrira donc sier, sinderj opsène (§ 409), consianse, conssianty dessandant, fassine, as'sandanty fas'siner'^, etc., et cette réforme nous débarrassera des contradictions et des illogîsmes signalés dans le paragraphe précédent.
§ 387. L'intercala tion de l'apostrophe dans le groupe ss succédant à une voyelle orale n'est que la conséquence de ce qui est dit ci-dessous au § 487 sur la notation de V s sourde. Lorsque ce digramme vient après une n, C'est-à-dire après une syllabe nasale, on n'a pas à y recourir : la précaution serait superflue puisque, dans ce cas, la seule présence de la double lettre suffit à indiquer la prononciation. Ex. : ossawdanf sans apostrophe, en regard de d^ssandant, pourrait laisser une incertitude; conssiant, en regard de consianse, ne le peut pas. Suivant les conventions qui règlent notre écriture l's doit s'articuler sourde après une consonne ^ : il est donc clair que dans cette circonstance l'emploi de la double lettre ne peut avoir qu'un but, signaler une particularité de la prononciation. Devant assandant, au contraire, on pourrait hésiter et se demander si -ss- indique simplement que 1' s intervocalique doit se prononcer sourde
Ml y a un autre verbe fasciner, qui se prononce par s simple : fa-si-né. U a une origine différente : c'est un terme militaire dérivé de fascine (pron. fasin']^ tandis que le premier vient de lat. fancinare.
* Au sujet do la notation s'.s, v. § 557.
3 Ceci a lieu môme quand la consonne écrite ne représente pas en réalité une consonne parlée, comme c'est le cas pour V -n- des voyelles nasales, qui constitue simplement le signe de la nasalisation. Au sujet des exceptions telles que subsister, transit, transiger, etc., qui s'arUculent subzisté, tranzil\ tranzijé, v. § 409 et §506, 2.
DuTENs. — Etude sur la simplification de l'orthographe. 49
ou si, en outre, elle doit sonner double : la présence de Tapostrophe, faisant fonction de signe diacritique, devient alors nécessaire • pour résoudre la difficulté.
§ 388. Homophones :
Nous conserverons le se de fasce, sço (§ 112), scéler (p. sceller), sceptiqe, vesce, à cause de leurs homophones fasse (p. face, § 420), sa (p. saut), sélcr (p. seller), septiqe, vesse ^.
Quant à la simplification de scieur, scion, scène, en sieur, sion, sène, elle ne comporte aucune objection, l'équivoque n'étant pas à craindre avec sieur, Sion (n. géogrj, senne, sène (p. saine, fém. de sain). C'est précisément à cause de sène p. scène qu'il a été décidé que «ennc garderait ses deux nn {§ 161); pour sène substitué à saine (§ 95), sa fonction d'adjectif l'empêchera toujours d'être confondu avec le substantif sène p. scène.
La réduction du fém. scille (de lat. scilla) à sile dans la langue courante est également inoffensive, car elle ne peut créer d'amphibologie ni avec le masc. sile p. sille « poème satirique » (de gr. sillos), ni avec le fém. sile p. sille (technol.). Mais, sous la plume d'un botaniste, ce mot devra conserver son orthographe étymologique (§ 393).
Scier devenu sier donne à l'imparfait « il siet » p. « il sciait ». Cette forme se confondra-t-elle avec « il siet » (p. « il sied »)? Evidemment non. Celui-ci est un présent, l'autre un imparfait, et de plus sier est un verbe actif, tandis que seoir est un verbe neutre : l'amphibologie est rendue impossible par la différence des fonctions grammaticales (v. § 293).
SCH prononcé ch chuintant.
§389. 5c/i figure dans notre graphie avec deux prononciations différentes : ch chuintant, comme dans schiste, et sk, comme dans schizomycète.
Sch prononcé ch ne se trouve que dans un petit nombre de termes d'origine étrangère, ancienne ou moderne (grecque, germanique, orientale, etc.), tels que kirsch, schah, schlague, schlitteur, schooner, stockfisch, schisme, schiste, schéma, schème, schématique, etc.
I Au lieu do conserver à vesce sa graphie int(^grale on pourrait la simplifier en reprçnanl, à litre d'exception (§ 420), celle du vfr. qui récrivait vèce, do lat. vicia.
§ 390. Cette notation est à supprimer. Il faut la remplacer par ch et écrire qirch, châ, chlague, chliteur, chouneur, stocfich, Chisme, chiste, chéma, chème, chématiqe, sous la réserve que, dans un travail d'ordre scientifique, ces quatre derniers mots reprendront leur graphie étymologique par sch^.
§ 391. 11 n'y a pas d'objection à élever contre la réforme de sch en ch ; elle est autorisée par tous les précédents. En voici quelques-uns :
1° Les mots que nous écrivons aujourd'hui chenapan, chacal, chelem, châle, cheik, chérif, se sont écrits antérieurement schnapan, schackal, schelem, schall, scheik, shérif (ail. schnapphahn, turc tchakdl, angl. slam^ shawl de pers. châl, ar. cheikh, charif).
2® Chabraque est admis à côté de schabraque (ail. schabracke) et, bien que bichof, calèche, chope, chopine, échoppe, chinquer, sabretache, telche, viennent de l'ail, bischof, kalesche, schoppen, schenken, sœbeltasche, wœhch, nous n'écrivons pas bischof, calesche, schope, schopine, cschoppe, schinquer, sabretasche, velsche^
3<> Nous avons de même substitué depuis longtemps chaù groupe sch qu'employait le vfr. dans une foule de mots tels que bruschet (bréchet), deschirer, eschace (échasse), eschalote, eschanson, escharde, escherpe (écharpe), eschiele (échelle), escheoir, eschine,freschc (fraîche), gascher, lesche, mareschale, mascher, mescheant, pescher, resche, revesche, seneschalc, etc.^
Inutile de pousser cette énuméralion plus loin : on voit que la réforme ne peut donner malière à discussion.
SCH prononcé sk.
§ 392. Comme il a été dit au §351, sch n'est ici qu'un cas particulier de ch prononcé k et doit se régler de même, c'est-à-dire par la transformation de sch en se devant a, o, u, et en sq (p. squ) devant e, t. C'est ainsi qu'en use l'Académie dans escarre (substitué en 1740 à eschare, de lat. eschara), comme dans scolaire, scolarité, scolastiqrœ, scoliaste, scolie {§ 333), qu'elle admet concurremment avec les graphies aujourd'hui tombées en désuétude scholaire, scholarité, scholastique, scholiaste, scholie (d'après lat. scholaris, scholaritas, scholasîicus, gr. skholiastês, skiiolion), etc. C'est aussi de cette manière que nous rendons le lat. schidia et l'it. schifo, schioppetto, schizzo, schitare, par esquille, esquif, escopelte, esquisse, esquiver, et non par e*chille, eschif, eschopette, eschisse, eschiver.
§ 393. Pour l'instant, la question n'est guère que théorique en ce qui
concerne la langue usuelle, car, à part de rares expressions techniques comme «c/t^rjo, scherzando, scherzetto, l'emploi desch avec la valeur sA; reste étroitement confiné dans le domaine scientifique, dont le vocabulaire, échappant à la réforme, doit conserver intact ce polygramme. Ex. : scliène, schindylèse, schiamatobranche, schisiosome, schizomycètCf etc.
S muette dans le groupe ST.
Ex. : (il) est,
§ 394. La présence de Vs muette dans la 3<^ pers. est constitue un archaïsme en désaccord avec tout le reste de la conjugaison du vb. être, où le groupe -5f- du vlr. estes, estais, estant, estre, etc., est devenu -t- en français moderne : êtes, étais, étant, être (v. § 13, 3"). Rationnellement cet archaïsme isolédoit disparaître et Ton écrira t7 et au lieu de il est, de même que nous écrivons ancêtre, étain, étoile, étreindre, étroit, fête, tête, etc., là où Tancienne langue écrivait ancestre, estain, estoile, estreindre, estroit, [este, teste.
Les chances d'amphibologie entre «... quHl et » pour qu'il est (prés, de être) et «... qu'il et w pour qu'il ait (subj. de avoir) ne semblent guère probables; en tout cas elles seront des plus rares et le recours à l'accent circonflexe dans et (p. ait^ peut être considéré ici comme constituant une distinction suffisante entre ces deux mots (§ 330, 6«).
ST muet.
Ex* : post'Scriptum.
§ 393. L'articulation correcte posfscriptom est inusitée dans le langage courant où elle est jugée trop difficile : en réalité tout le monde prononce inconsciemment po-scn7?tom ^. L'usage pour ainsi dire journalier de cette expression lui a fait perdre son cachet de latinité, elle est devenue pour nous complètement française et rien ne serait plus naturel que de lui donner désormais la forme simplifiée poscriptom. En définitive, la disparition du groupe st n'y aurait rien de plus surprenant que celle du -st- de post- dans l'adv. puis, vfr. pois, de lat. pop. *posteis (class. postea), et la soudure des deux mots en un seul serait l'équivalent de celle que nous offre
« Pour pos*-scriptom, par chute du -t- do post'. La transcription de rangl. roaslbeef par rosbif (au lieu de rostbif) nous offre un exemple analogue.
postface (au lieu de post-face), composé créé à l'aide de lat. post sur le modèle de préface (v. § 333).
Tll muet médial.
Ex. ; asthme, isthme (lat. asthma, isthmus, de gr, asthme Jsthmx)s),
§ 396. Ecrire asme, mm, en supprimant le «A étymologique comme nous Je faisons dans rime, de lat. rhythmum (§ 382). On peut en rapprocher aussi: lola disparition du -t- originel dans tesson, qui est pour teston, diminutif de test (de lat. testu); 2» celle du-p^- de ïat. blasphemare dans blâmer, vlr. blasmer p. blasph'mer.
TH prononcé t.
§ 397. Initial ou médial, ce th est à remplacer partout par un r simple, comme on le fait déjà, sans tenir compte de Tétymologie :
1® dans tous les mots renfermant un groupe cht, pht, qui sont tirés du^'grec directement ou non, comme autochtone, apophtegme, aphte, diphtongue, phtisie (gr. autokhthôn, apophthegm^, lat. aphta, diphthongus, phthisis, de gr. aphthê, diphthongos, phthisis), etc. ;
2« dans tarir, spatule, boutique, pantière, taie, tulle, trône, phaéton (germ. tharrjan, lat. spathula^, apotheca, * pantheria p. class. pantherum, theca, thallus, thronus, Phaethon, de gr. apothêkê, panthêron, thêkê, thallos, thronos, Phaethon), etc.
C'est en 1694 que l'Académie simplifia pour la première fois en pht quelques-uns des mots qui, à cause de leur origine, s'écrivaient par pAfA conformément aux lois de la phonétique grecque 2. Elle ne tarda pas à revenir sur sa décision, le th fut rétabli et régna sans conteste jusqu'en 1877 où la notation pht fut définitivement érigée en règle ^. 11 n'y a pas à s'en féliciter outre mesure, car ce pht n'est qu'un monstre philologique (§ 61); on devait écrire ft ou garder phth. Du moment qu'on voulait rompre avec l'orthographe étymologique, il fallait le faire franchement et non se borner à la
1 Diminutif de spalha, emprunté du gr. spathê,
* Plus d'un siècle auparavant Ronsard, parlant des dlgrammes p/i, th, ch, etc., dans son Abrégé de l'Art poétique, les qualifiait d' « insupportable entassement de lettres, signe de nostre ignorance et peu de jugement. »
" C'est à la môme date que le ih à'autochthojie fut transformé en t. Les critiques adressées à la simplification du groupe phth en pht sont naturellement applicables à celle du groupe chth en cht (au lieu de et).
supprimer dans une moitié du polygramme pour la conserver dans Tautre : ce t et ce ph hurlent d'être accouplés. Mais c*eùt été sans doute trop demander aux réformateurs d'alors : toucher au ph leur semblait une profanation. Passe encore pour le f A, moins grand seigneur, paraît-il, et dont on pouvait faire meilleur marché ; çt le ph bénéRcia ainsi de la vénération dans laquelle tant de lettrés s'obstinent à son égard sans qu'on puisse en pénétrer les motifs.
§ 398. Les exemples précités nous donnent tout droit d'écrire tédtre, téorie, tésoriscr, tèse, tème, comme tée (p. taie); pantère comme pantière; bibliotèqe comme boutiqe; épitalame comme taie (p. talle); misantrope comme trône, etc., à la façon de Voltaire, sous la plume duquel se rencontrent les graphies tèse, bibliotèque, cntoi^siasme, téologie, et cent autres de même sorte.
Arithmétique, rythme, posthume, deviendront aritmétiqe, ritme (§ id6), postume. Celui-ci ne sera pas seulement une simplification, mais de plus une rectification faite pour plaire aux étymologistes, car la vraie forme latine est postumus a dernier »; l'orthographe défectuepse posthumus n'estdue qu'à une fausse étymologie (post et humus) interprétée dans ce sens : « né après les funérailles ».
Qùthique s'écrira gotiqe. Par suite, on devra donner un simple t k Got (p. Goth),ce qui d'ailleurs est conforme à l 'analogie de Osfrogot, orthographe adoptée par l'Académie ^ ' Thalweg s'écrira talveg.
§ 399. Tli final 2, — L'emploi du th à la fin des mots est des plus rares dans la langue courante. Ex. : bismuth^ /u(/i (orig.incert.), zénith (corruption de l'an semt), etc.
On le gardera intact dans luth, luther (et par conséquent dans luthier), pour prévenir toute confusion avec lut, luter (de la t. lutum, lutare); mais on le simplifiera en t dans bismuth, zénith, qui s'écriront bismut, zénit. Cette modification du th final est semblable à celle qu'on observe dans vermout, de l'ail, wermuth 3.
Peut-être craindra-ton que cette graphie n'amène un jour pour
< Par une contradicUon inexplicable, elle mainUent d'autre part la graphie Gàih (v. au Dictionnaire le mot gothique). Le tA y est contraire aux origines ; tes « Gols )) n'écrivaient pas leur nom par un th, mais par un t, ce qui est tout diflérent. puisque dans teur langue le th était une spiranle interdentale sourde.
4 V. § 346, note.
3 Remarquer que la graphie de ver moût p. wermuth JusUfle celle de talveg p. thalweg, proposée au § 3d8.
ces expressions la chute du -t dans la langue parlée, en entraînant la prononciation bismu, zéni, à l'exemple de début, béliit, et de tant d autres mots en -t muet. Le danger n'est pas certain, car jusqu'ici des mots à terminaison analogue, comme, aconit ^déficit, granit, obit, prétérit, prurit, transit, azimut, chut (interj.), comput, lut, occiput, sinciput, etc., y ont échappé. D'ailleurs, cetleçraintevînt^elle même à se réaliser, on ne voit pas quel mal pourrait en résulter; mais, si l'on tient cependant à la prévenir, il suffira de recourir à l'addition d*une apostrophe : bismuV, zénit'(\. § 557).
Aneth, spath, turbith, et quelques autres termes de la même catégorie, qui font plus spécialement partie du vocabulaire scientifique, conserveront jusqu'à nouvel ordre leur orthographe actuelle.
§ 400. En dehors des expressions citées plus haut, le th final ne se rencontre guère que dans les noms bibliques comme Goliath, Eli:^abcth, Judith, Astaroth, Belzébuth, Ruth, etc. En leur qualité de noms pr()pres appartenant à l'histoire ancienne ils garderont leur graphie traditionnelle, conformément au § 579.
§ 401. Homophones :
Le th subsistera par exception dans quelques mots tels que éthiqe, plinthe, thermes, thon, mithe, thin (p. mythe, thym), afin d'éviter toute équivoque avec éliqc, plinte (p. plainte), termes plur. de terme, ton (sbst.), mite, tin (v. ci-dessus §§ 199, 229, 234). ^ La crainte d'une confusion entre té (technol.) et son homophone thé ne doit pas nous faire renoncer à simplifier celui ci en té, car les phrases dans lesquelles ils peuvent figurer ne risquent jamais de devenir amphibologiques.
Thermopyles (géogr. anc.) et thermx)piles (t. scientif.) conserveront leur graphie actuelle, comme on l'a vu au § 199.
T muet dans le groupe TS.
§ 402. Indépendamment du pluriel des substantifs en -t, où il doit subsister lorsque le -t est conservé au singulier (§ 347) ^,le groupe ts se rencontre :
1® dans quelques substantifs comme rets, mets, puits; 2» dans certaines formes appartenant à des verbes en -tir, -tre,
* Pour la suppresssion du t dans les plur. fon$, apâs (p. fonts, appâts), v. ci * dessus § 293, 4, et § 347, note.
telles que (je ou tu) vêts, mets, bats, de vêtir, mettre, battre; de même chez leurs dérivés dévêtir, revêtir, admettre, commettre, démettre, remettre, combattre, débattre, rebattre, etc. (dévêts, revêts, etc.).
§ 403. Le sg. rets vient de lat. retes, plur. de retem. 11 sera bon de lui laisser son -t- pour éviter l'équivoque avec rès (p. rais, § 92).
Mets sera remplacé par mes. Le t y est parasite; antérieurement au xv® s. le vlr. écrivait correctement mes, de lat. pop. missum, part. pass. de mittere pris dans le sens de a mettre (sur la table) », par une figure voisine de celle que nous présente ferculum, de ferre « porter », Nulle équivoque à redouter entre ce substantif et la conjonction mes p. mais (§ 92), non plus qu'avec m^ès, plur. de mè p. mai « arbre de mai ».
Puits (de lat. pop.* putium, class.piifcum) s'est écrit normalement en vfr. puis. L's y représente le t latin sifflé ; le t actuel n'est qu'un parasite introduit par la réaction étymologique de la Renaissance. Il n'y a pas de motif pour le conserver et Ton doit simplifier puits en puis. Aucun danger d'amphibologie entre le sbst. puis et Tadv. puis.
§ 404. Les personnes verbales en -ts sont les homologues des personnes en -ds qu'on a vues aux §§ 360 et 377 : leur traitement doit être pareil et, de même que nous avons simpWfiécouds, mouds, romps, etc., en couSy mous, ronsy nous simplifierons vêts, mets, bats, et leurs dérivés, envès,mès, bas. Pour coU'S,moU'S, etc., on sait que ces graphies s'autorisent de précédents tels que peins, feins, gein-s, etc. (§ 360). Ici encore la réforme n'est que l'extension d'un procédé déjà employé sur d'autres points par l'orthographe académique ; puisque nous écrivons par -s, et non par -ts, pars, sors, mens, sens, nais, connais, pais, repais^ , etc., des verbes en -tir et en -tre, partir, sortir, mentir, sentir, naître, connaître, paître, repaître, etc., nous aurions mauvaise grâce à refuser d'écrire vh, mes, bcLs, etc., des verbes vêtir, mettre, battre, qui sont de la même catégorie. L'adoption de cette réforme aura, comme je l'ai dit précédemment, l'avantage de régulariser tout une partie de la 2*^ et de la ¥ conjugaison en ramenant à un type uniforme les V^^ et 2*^» pers. des verbes en -tir, -dre, -prc et -tre.
WH prononcé ou consonne.
Ex. : whist.
§ 403. On supprimera Vk muette et, conformément à ce qui est dit plus * A écrire mans, sans, nés, conèi^, pès, repès ( §§ 94,218).
bas au § 497, on remplacera te par om, de cette manière : ouist. XC, XS, prononcés ks.
§ 406. Les mots dans lesquels figurent ces groupes sont en fort petit nombre ; la langue courante n*en compte guère plus d'une trentaine. Ils commencent tous par le préfixe ex- combiné avec un radical qui a pour initiale un c- doux ou une s-. Ex. : excédcTy excepter^ exciter, exsangue (de lat» excéderez exceptare, excitare, exsanguem), etc. Ni le c ni ïs ne s'y font entendre^ : il faut donc supprimer ces deux consonnes et modifier en ex- les polygrammes exo-, ers-.
En ce qui concerne exs- cette simplification s'est manifestée de bonne heure dans l'orthographe latine, où Vx médiat, sonnant toujours sourd, pouvait se substituer à xs dans l'écriture sans inconvénient pour la prononciation. Aussi, à côté de exsecrari, exsecutio, exsilium, exsistere^ exspeetan^, exspirare, exstans, exslinctor, exstirpare, exsultare, etc., qui sont corrects, y rencontre-ton execrari, executio, exilium, existcre, expectans, expirare, extans, extinctor, extirpare, exultare, d'où notre idiome a tiré exécrer, exécution, exil, exister, expectant, expirer, extant, extincteur, extirper, exulter.
Le préfixe ex s'articulant chez nous egz devant une voyelle 2 , cette graphie a entraîné en français l'émission incorrecte egz- dans exécrer, exécution, exil, exister, exulter, etc., au lieu de eksécrer, eksécution, eksil, eksister, eksulter, qui serait la seule prononciation conforme à l'étymologie. 11 y aurait donc lieu de redouter que pareille altération n'atteignît les mots en eorc-, exs-, simplifiés en ex- et qu'on n'arrivât dans un temps plus ou moins rapproché à donner k exéder, exepter, exiter (p. excéder, excepter, exciter), etc., cette prononciation fautive : egzéder, egzepter, egziter. Pour parer
^ Celte manière d'envisager les digrammes xc, xs, est pratiquement suffisante et permet de simplifier l'énoncé de la réforme, mais théoriquement elle n'est pas d'une exacUtude rigoureuse. En réalité, x n'étant qu'un signe abréviatif qui représente es, excéder, exsangue, équivalent à ecs-sédé, ecs-sang', la rapidité de la prononciation fond les deux ss en une seule et ces mots s'articulent comme s'ils étaient écrits ec-sédé, ec-sang'. Dans ces composés, Vs que nous avons conscience de prononcer n'est pas celle du préfixe ecs-, c'est celle des éléments -sédé, -sang\ que nous rapportons mentalement k leurs origines céder et sang. Mais il est bon de faire observer que cette distinction est de pure théorie et qu'en fait la difiérence phonétique est nulle. Matériellement cela aboutit au même résultat: les choses se passent comme si l'on était en présence de ex- suivi de -éder, -angue, ce qui permet de présenter la réforme dans les termes où le le fais ici.
^ Sauf dans les cas où, signifiant « ancien », il est séparé du substantif par un trait d'union; alors il sonne toujours eks devant la voyelle suivante, commedans ex-inspecteur, ex-intendant, etc. (§ 499).
au danger et avertir que le préfixe ear- n'a point sa valeur accoutumée egz-, il suffira d'utiliser le tréma en guise de signe diacritique et d'écrire ëxéder, ëxanîriqe, ëxepter, ëxiter, ëxangue, etc. (v.§561,4o).
Le tréma est détourné ici de son rôle habituel, mais peu importe. Ayant besoin d'un signe diacritique, l'essentiel est de ne pas en créer inutilement un nouveau et il est préférable en pareille circonstance de ne recourir qu'à ceux dont nous avons déjà l'habitude (§ 80). On en est quitte, faute de mieux, pour étendre leur domaine en les appropriant à des fonctions supplémentaires auxquelles ils n'étaient pas destinés dans le principe : ce n'est après tout qu'une affaire de convention. Un autre moyen qui pourrait aussi se présenter à l'esprit pour arriver au même but, ce serait d'écrire tantôt ecs- et tantôt egz- selon les cas où l'on aurait à rendre Tune ou l'autre de ces deux prononciations, mais nous verrons au § 502 quelles objections semblent s'élever contre l'emploi de ce procédé.
§407. Il existe quelques mots où cjs- est suivi d'une consonne. Ex. : exscutellé, exspuitioriy exstrophic, etc. Ces termes appartenant au vocabulaire des sciences, il ne saurait être question d*y simplifier exs- en ex-. La même observation s'applique naturellement aux termes de la langue scientifique en exe- et exs- devant voyelle, tels que excérébration, exsen, exsiccation, etc. .