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MOTS D'ORIGINE ÉTRANGÈRE

§ 564. De temps en temps il nous arrive d'emprunter un mot à une langue étrangère. Quelle graphie doit-on lui donner? La réponse n'est pas douteuse : il faut l'écrire à la française, en le dotant d'une orthographe phonétique qui reproduise pour nous le moins mal possible sa prononciation originelle. Cette méthode est celle qu'indique le bon sens le plus élémentaire. Les Russes et les Grecs s'en sont fait depuis longtemps une règle, l'expérience leur a réussi et nous n'avons qu'à les imiter. Ce ne sera pas une innovation, mais la reprise d'une vieille coutume française, observée jusque dans les premières années du xix*^ siècle et à laquelle nous devons la transcription de baby, bowL bulldog, bowling-green, earthnut, flyboat, fuder, hurrah, packet-boat, pancake, roastbeef, roof y was ist dus, westy wiederkomm, etc., par 6^6^, boly bouledogue, boulingririy émeute ^ flibot, foudre, hourra, paquebot, pannequet, rosbif, rouf, vasistas, ouest, vidrecorne.

§ 565. Le seul reproche que nous puissions adresser sur ce point à nos prédécesseurs, c'est de n'avoir pas serré d'assez près la prononciation étrangère et de Tavoir trop fréquemment reproduite d'une manière défectueuse. Il y a moyen de faire beaucoup mieux, sans prétendre toutefois à une exactitude complète qu'il est le plus souvent impossible d'atteindre. Là où nous serons en présence de phonèmes que ne possède pas le français, il est évident que la transcription est condamnée à des lacunes inévitables. Tels sont, — pour n'en citer que deux, — le th anglais et ie ch allemand. Leurs équivalents manquent dans notre idiome et il est difficile de leur substituer une représentation même à demi satisfaisante.

§ 566. Le th anglais dur est une s sourde zézayée, c'est-à-dire articulée en mettant la langue entre les dents. Le résultat de cette gymnas-

tique linguale est d'aboutir à un phonème qui n'est pas sans ressembler à notre /*. Ex. : nothing, three, throughy etc., qui pour une oreille novice paraissent facilement sonner neufign, fri, frou. Aussi est-ce ce caractère qu'il faudrait sans doute choisir comme la transcription la moins imparfaite du phonème anglais. Vs en est trop éloignée et le t encore plus. Si cependant on considérait 1'/* comme inacceptable, on pourrait, à la rigueur, proposer l'emploi du f, en se fondant :

i^ sur l'habitude que nous avons d'articuler le th comme un simple t dans les noms portés par des Français d'origine anglaise, tels que Thornton, Worthingtony etc. ;

2^ sur ce que les Anglais eux-mêmes donnent au th dur le son t dans quelques mots. Ex. : asthma, thyme, Anthony, Thames, Thomas, (( asthme, thym, Antoine, Tamise, Thomas », qui s'articulent astma, tdim*, anntonè, témmz', tomass.

Mais ce sont là des arguments bien fragiles et Vf semble encore préférable, malgré l'étonnement qu'elle peut provoquera première vue. D'ailleurs, nous en avons déjà un exemple sur lequel nous pouvons nous appuyer, c'est effendi. Ce mot est emprunté du turc éfendi, corruption du grec moderne authentê (pron. afthenndi) où le th s'articule comme un th anglais dur, et c'est précisément ce phonème que nous transcrivons sans scrupule par une f, d'après le turc. On peut signaler aussi, dans cet ordre d'idées, le russe FéodoTy Fédor, tiré du grec moderne Theod&ros, et thelô devenu en cypriote moderne phelô, de même que, dans le grec ancien, le dialecte éolien a phlibô pour thlibà et phêr pour thêr (si l'on admet l'identité de ces deux derniers mots, qui peut prêter à discussion^). Citons encore Sappho, qui nous offre elphein, poikilophronos, pour elthein, poikilothronosy les inscriptions épi rotes de Dodone, où theos, thea, thuontes, sont remplacés par pheos, phea, phuontes^, et rappelons qu'en espagnol le son particulier au -z final est sujet à prendre dans certaines bouches une valeur très voisine de celle de Vf.

Le th doux est une s sonore (z) articulée dans les mêmes conditions, la langue entre les dents. Ces deux phonèmes sont corrélatifs : le th doux est voisin de notre x) comme le th dur l'est de notre f. Ayant accepté de rendre celui-ci par f dans effendi, nous n'avons pas de raison pour refuser de traduire l'autre par r, puisque, dans notre alphabet, c'est le caractère dont le son s'en

* Voir V. Henry, Gram. comp. du Gr. et du Lat., p. 77. « Voir M. Bréal, Dict. étym. latin, p. 91, 2« col.

rapproche le plus; notre z serait tout â fait impropre à remplir cet office.

§ 567. Le ch dur de Tallemand est fort mal rendu par le c qui figure dans bivouac (de beiwache) et quelques autres mots. Le son de ce digramme est identique à celui d un phonème bas-breton que Ton exprime par cli dans les noms propres de lieu et de personne. Ex. : Penmarch, Aberwrac'h, Marc'hadour (v. § 432). Il semble donc qu'on doive s'adresser à la graphie c'h quand il s'agira de transcrire un mot d'origine allemande (ou espagnole, arabe, etc., v. §577, i^) présentant le môme phonème. Pourtant je crois qu'il faut y renoncer. En effet, le public n'est très familier ni avec cette gutturale, ni avec cette notation. Communément, lorsque celle-ci se trouve à la fin du mot, elle reçoit la valeur k ou bien, lorsqu'elle est médiale, on n'en tient pas compte et l'on passe la gutturale sous silence : d'où les fausses prononciations pen'mark, abervrak, maradour. Il faut donc user d'un autre procédé, et nous pourrions nous servir d'un groupe tel que rh comme symbolisant le son d'une r prononcée du gosier, phonème très semblable à celui qu'il s'agit de traduire. Mais n'oublions pas qu'un mot étranger devenu français et passé dans l'usage courant doit revêtir la forme la moins compliquée qu'il soit possible de lui donner. Aussi, dans le cas présent, sera-t-il sage de se contenter de l'approximation rudimentaire que nous fournira une notation réduite à la seule lettre r, comme on l'a déjà fait dans raJ2ta pour la gutturale de YdLr.ghâzîn (§ 505).

§ 568. Pour le ch doux médial, la graphie lii (c'est-à-dire h fortement « aspirée m ^ et suivie d'un i consonne) le rendrait avec une exactitude relative, au moins dans la plupart des cas (v; § 577, 2»), mais, vu notre répugnance à aspirer Vh dans l'intérieur des mots (p. 320, note), il est plus pratique de se résigner à simplifier l'écriture et de réduire cette représentation du ch doux médial à la lettre f, comme on l'a fait dans philippine, d'après l'ail, philipchen (qui, du reste, eût été mieux rendu par filipieune).

Avec notre système graphique le ch doux final (comme celui de ich, teppich, etc.) ne saurait se rendre d'une façon passable. Si l'on tient à l'essayer, je pense qu'il faut se borner à le représenter par h\ notation presque illusoire d'ailleurs et dont je ne parle que pour

t Sur le sens exact de cette désignation, v. §§ 368, 440, 442.

mémoire, car il n'est pas vraisemblable qu'on ait jamais lieu de s'en servir. S'il nous arrive d'emprunter à l'allemand un mot terminé de cette manière, tout donne à penser que nous ne tenterons pas de lui conserver une désinence si étrangère à notre phonétique. Nous la transformerons ou môme nous la supprimerons, et ce qui prouve que nous n'hésiterons pas à le faire, c'est que nous avons déjà éliminé d'autres finales dont la prononciation ne nous offrait cependant aucune difficulté, comme c'est arrivé pour knapp$ack, haddock, devenus canapsa, hadot : à plus forte raison agirions nous de même envers celles que nous trouverions gênantes.

§ 569. La suppression doit atteindre également Vh aspirée qui figure à l'intérieur de divers composés allemands et qu« nous sommes involontairement portés à omettre, l'A médiale aspirée étante comme je viens de le rappeler, tout à fait en dehors de nos errements phonétiques (§ 440). C'est ainsi que de krummhom, pochhammer, schnapphahn, blockhaus, etc., nous avons tiré cromome, bocambre, chenapan, blocus"^.

Quand à Vh initiale, elle est à conserver avec la qualité d'/i (( aspirée )) (dans le sens que la phonétique française donne à ce terme); il n'y a qu'à suivre sur ce point l'exemple fourni par de nombreux précédents tels que hadot, lutnebane, lioublon, haler, happer, halte, hase, havresac, halbran, hutte, etc., de angl. haddock, henbane, néerl. hop, suéd. hala, holl. happen, ail. hnlt, hase, etc.

§ 570. Pour indiquer que, dans un mot emprunté à une langue étrangère, Vn médiale doit s'articuler et ne constitue pas un signe graphique uniquement destiné à marquer la nasalisation de la voyelle, le meilleur moyen, le mieux fait pour frapper les yeux et le plus naturel, parce que c'est celui qui s'écarte le moins des formes auxquelles nous sommes habitués (cf. pannetière, cannetille, bonnetier), c'est le redoublement de In : cant, convict, flint, handicap, interview, mackintosh, etc., seront à transcrire cannt, connvict, flinnt, hanndicap, innteurviou, maqinntoch (§ 489).

Autrefois on avait recours à l'intercala tion d'un e muet, comme dans hanebane de henbane, que nous venons de voir, mais cette méthode n'est pas à suivre :

1 Blockhaus a conservé sa graphie intacte dans le terme militaire blockhaus, mais nous n'y faisons pas sentir Vh et nous prononçons blo-kôs : aussi faudrait-il l'écrire Moc^sjv. §^5).

lo parce qu'elle altère la prosodie du mot, en créant une syllabe supplémentaire que rien ne justifie (v. § 242) ;

2<> parce qu'elle n'est pas applicable partout. Dans beaucoup de circonstances, en effet, elle manquerait son but : ainsi, employées pour cant, flint, les graphies canet, flinet, nous suggéreraient une prononciation sans aucun rapport avec la réalité.

Nous ne pouvons pas davantage songer à introduire dans l'intérieur de ces mots une apostrophe (can't, flin't), car nous l'avons réservée à un tout autre usage dans l'intérieur de anHt)rer, anui, etc. (§§ 217, 220), qui nous offrent un a nasal suivi du phonème n, et, si Ton veut éviter des chances d'erreur, il faut s'abstenir de confier à un môme signe deux fonctions contradictoires.

Le redoublement de Vn s'impose donc à nous comme la seule notation vraiment recommandable dans la pratique, bien qu'elle constitue une dérogation accidentelle à la règle formulée dans le § 252, l*', d'écrire simple toute consonne qui n'est pas prononcée double.

§ 571. A la fin du mot emprunté peut figurer soit une n venant après une voyelle non nasalisée (comme dans wattman), soit une autre consonne, du petit nombre de celles qui, dans notre langue, sont ordinairement muettes à cette place (v. page 181, note 3). Il sera utile en ce cas d'indiquer dans l'écriture que ces différentes consonnes doivent être articulées. Là encore se présente un choix à faire entre l'e muet, le redoublement de la consonne et l'apostrophe :

a) L'-e muet a constitué jusqu'à présentée qu'on peut appeler le procédé classique de notre orthographe dans la transcription des mots étrangers, et on le trouve en usage non seulement là où il sert d'une manière effective à assurer la prononciation de la consonne finale, comme dans cabine (angl. cabin), caravane (pers. karwân), etc., mais encore là où il est inutile, c'est-à-dire à la suite de consonnes finales que que nous faisons couramment sentir. Ex.: châle, flanelle, dogue, blague, chibouque (angl. shawl, flannel, dog, ail. balg^ turc tchibouq), tous mots dans lesquels nous pourrions nous passer de l'adjonction d'un e aussi bien que nous le faisons dans maréchal, tunnel, grog, zigzag, bouc, etc. ^. Ayant déjà signalé au § 242 que cet -a est à répudier comme faussant la prosodie par l'addition d'une syllabe parasite, je n'insisterai pas sur la question.

1 Pour d'autres exemples, y. ci-dessus p. 180, note 3.

b) Le redoublement de la consonne finale {splinn, raoutt, pledd, etc.) est en lui-même un excellent artifice, car il ne laisse aucune prise à Téquivoque ; mais, à part quelques rares expressions en -ss, comme criss, lœss, nous ne sommes pas accoutumés à voir nos mots se terminer ainsi par une consonne double, et il semble qu'il vaille mieux ne pas heurter à ce degré les habitudes : nous le laisserons donc également de côté.

c) Reste l'apostrophe, moyen très simple et signe très clair, dont la présence ne saurait soulever d'objection grave. C'est à lui qu'il est tout indiqué de recourir : splin\ raout', ouatman\ n'auront pas une apparence plus surprenante que ne l'ont dans l'orthographe actuelle presqu', puisqu\ jusqu\ lorsqu\ quoiqu', entf ou quelqxC (§§ 5o4-3oo).

Dans les mots où la consonne finale est précédée du phonème e nous savons qu'il est facile de se dispenser de l'apostrophe en mettant un accent sur cet e. Ex. : pUd p. plaid (v. § 293, 7) ; closU, dans ouateur-closèt p. watcr-closet. D'une manière générale, elle doit être exclusivement réservée aux cas ambigus et l'on devra toujours éviter d'y faire appel là où aucun doute ne saurait s'élever sur la prononciation. Ainsi le -t de cannt, flinnt (p. cant, flini) n'en a pas besoin : du moment qu'au lieu de nasaliser la voyelle, la voix fait sonner l'n des groupes -anf, -mt, nous sommes forcés de prononcer le 't. Cela nous épargne une surcharge de l'écriture. Le cas est analogue pour p/èrf, closH : comme le plus souvent notre orthographe n'affecte d'aucun accent l'e placé devant une consonne finale muette (pt'erf, sied, bannety creuset, etc.), il en résulte que la présence insolite de ce signe suffit à lui donner une valeur diacritique avertissant le lecteur qu'il a affaire à une prononciation d'une nature spéciale.

Si, pour une raison quelconque, on refusait d'admettre l'utilisation de l'apostrophe telle qu'elle vient d'être proposée, il faudrait se rejeter sur l'-e muet. J'ai rappelé tout l'heure que les objections élevées au § 242 contre l'adjonction de cette voyelle reposent sur un scrupule d'ordre prosodique, motivé par le souci d'altérer le moins possible la structure phonétique du mot emprunté. Or, il se peut qu'un tel scrupule paraisse excessif et qu'on juge inutile de s'y arrêter-.Dans ce cas il est évident que la meilleure solution serait celle qui recourt non au redoublement de la consonne finale, mais à l'emploi de l'-e muet^ En effet, elle présente un double avantage :

* Soit qu'on se serve de l'apostrophe, soit qu'on préfère Ve muet, n'oubUons

1« Elle répond à une habitude séculaire, en imprimant une tournure toute française aux désinences des mots ainsi traités : closète, fachetme, iote, sloupe^, spline, et autres vocaUes du même genre n'auront pas un aspect différent de celui que nous offrent arbalète, jeune, galiote, chaloupe 2 , capeline, etc. ;

2« Elle les met à même de figurer à la rime en corrélation avec les expressions françaises en -He, -elle, -eune, -ote, -oîte, -oupe, -ine, etc., ce qui ne saurait avoir lieu si on leur donne la forme -et, -eun\ -ot\ etc., laquelle ne leur laisse la latitude de rimer avec aucun autre terme de notre langue, à l'exception de quelques rares mots comme débet, fait (sbst.), sept, tacet, dot, etc., dont la finale sonne -et', -ot\ Pour le même motif, le. jour où cette solution viendrait à être adoptée, il serait logique d'imposer V-e muet final aux mots d'origine étrangère tels que grog, punch, rhum, etc., qui ne l'ont pas encore, et d'écrire grogue, ponclie, rome (au lieu de ponch, rom, §§ 242, 190), comme nos prédécesseurs onl écrit gigriey dogue, boule-ponche, bôme, etc., d'après angl. gig, dog, botcl punch, holl. boom,

§ 572. Ainsi que je l'ai dit au § 333, il ne sera pas sans utilité d'appliquer parfois la soudure aux expressions étrangères, lorsque cela ne créera point de mots trop longs (trois ou quatre syllabes au plus) : arrojc-root, snow boot, cowpox, par exemple, pourront devenir arôrouf, môbouV, caoupox, exactement comme angl. bowling'grecn,packet'boat, ail. uas ist dos, turc ieni tr/im, etc., . sont devenus boulingrin, paquebot, tamtas, janmaire,

pas que de toute manière l'emploi d'un signe spécial est indispensable pour empêcher la consonne finale de devenir muette, quand elle est une de celles qui subissent facilement cette altération on français. Les mots beaucuit (§ 167) et bouquette (désignation populaire du « blé sarrasin » dans le Nord), entre autres, nous en fournissent une preuve bien caractéristique. Le premier est une transcription del'angl. buckwheat, l'autre du dam. bockweit] le -t de beaueuil, que rien ne protégeait, est tombé dans la prononciation [bô-kui), mais bockweit, au contraire, en se francisant, a conservé le sien, grâce à ce qu'au lieu d'être représenté par bouquet il l'avait été par bouqueiie. L'addition de V-e muet dans redingâte a préservé de même le -t de ridingcoat, tandis que dans flibot, paquebot, la prononciation a laissé tomber le -t de l'angl. flyboat, packel-boat (pron. flai^ bôV, pakèV-bôt').

* L'Académie mentionne l'orthographe sloupe, mais celle-ci est si peu usitée, si peu connue, qu'on peut presque la considérer comme inexistante : c'est pourquoi il n'en a pas été parlé au § ISi.

^ Rappelons que ce terme est un doublet de sloop. En effet, le mot anglais est identique au hollandais sloep^ que les Espagnols ont altéré en chalupa^ d'où le français chaloupe.

§ 573. Telles sont, en résumé, les remarques les plus importantes à formuler touchant la transcription des mots empruntés aux idiomes étrangers. La marche à suivre est celle-ci : « Ne tenir aucun compte de leur graphie d origine, mais se préoccuper uniquement de leur prononciation et s'efforcer de rendre cette dernière aussi fidèlement que peuvent le permettre les ressources incomplètes de notre alphabet. »

En d'autres termes, on notera cette prononciation à l'aide d'une orthographe conforme aux principes qui ont été développés dans le cours de l'ouvrage. Lorsqu'on aura affaire à des phonèmes dont le français ne nous offre pas les équivalents, on tentera de leur trouver une notation qui n'en soit pas trop éloignée et, si Ton ne peut y réussir, on se bornera, en désespoir de cause, à reproduire la prononciation plus ou moins inexacte qui aura prévalu dans la langue courante.

§ 574. Afin de ne laisser planer aucune incertitude sur Tapplication de ces règles, je terminerai en ajoutant aux exemples présentés dans cette section la liste suivante, qui n'est, pour la plus grande partie, qu'un rappel des principales transcriptions éparses dans les chapitres antérieurs :

arac substitué à arack

biftec — bifteck

blacbouler — blackbouler

boc — bock

brec — break

bric — brick

cangourou — kanguroo

carie — carrick

châ — schah

chaco — schako

chelin^ — shilling

chérif — shérif

chlague — schlague

chliteur — schlitteur

chouneur — schooner

claoun' — cloun

i La véritable prononciation est chilign, mais, pour ce mol comme pour plu^ sieurs autres de cette liste, j'ai suivi, ainsi qu'il est rationnel de le faire quand il s'agit d'expressions passées depuis longtemps dans la langue, la prononciation imposée par l'usage.

colbac

substitué à

colback

coltar

coaltar

copec

copeck

curasso

curaçao

doc

dock

drobac

drawback

éduqe

heiduque

facheun'

fashion

fleurter .

flirter

goino

guano

qroum

groom

iof

yacht

iouca

yucca

joqè

jockey

juri^

jury

leunnch

lunch

linnclier

lyncher

loc

looch, loch

mél

mail

mitign

meeting

moèr'^

Wjohmr

ôrox

aurochs

ouatcurprouf

tcaterproof

oumnteurgrin'

tcintergreen

ouist

whist

poudign^

pouding

qérès

xérès

qirch

kirsch

rac

rack

réd

raid

rél

rail

scouère

square

* Celte graphie est mentionnée par l'Académie à l article jwrj/.

2 On préférerait peut-être une graphie mo'ér\ dans la pensée que le tréma préviendrait la dégénérescence possible de la prononciation dissyllabique moèr' en un monosyllabe mwèr\ mais cette précaution semble à peu près inutile : moelle et poète nous en fournissent la preuve. Moelle s'est longtemps écrit moelle^ c© qui n'a pas empêché moe- de s'y articuler mwa-^ tandis que, d'autre part, dans poète, poésie, le groupe poe- a gardé sa prononciation dissyllabique po-e-, malgré l'absence du tréma.

3 Sur la conservation de poudingue (t. de géol.) à côté de poudign (t. culinaire), V. §§ 242, 463.

sloup' spitch Stic

substitué à

sloop

speech

stick

stimeur

steamer

stiple-tchése stocfich talveg teub

steeple-chose stockfisch thalweg tub

tiqèt tôst^

ticket toast

tramouè

tramway

vagon varec

uagon varech

' A côté de loa^i rAcadémie mentionne aussi la graphie iosie^ et elle écrit loster tout en admettant toaster. Ce précédent concourt avec ceux de flibotj paqtiebot^ rosbif {%DQi}, à justifier le remplacement de oa par o dans coltar (§ 170).

DuTENi. — Étude sur la simplification de ^orthographe.

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