Guizot. Cours d'histoire moderne, 9° leçon
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lant détruire une aussi criminelle habitude, nous ôr: donnons, par la présente loi, que toutes les fois, qu’un procès sera né entre gens de nos domaines, et que le défendeur ou l’accusé aura oflert de nier par serment qu'il doive ce qu’on lui demande ou qu’il ait fait ce qu’on lui impute, le différend se termine de la manière suivante : nous voulons donc que si la partie à laquelle le serment aura été offert le refuse, et déclare, dans sa confiance de la vérité de son dire, que son adversaire peut être convaincu par les armes, les juges ne dénient point le combat (1) ».
A l’époque actuelle nous traitons le combat judiciaire de sauvagerie et de barbarie. Et pourtant, si nous partons de ce point de vue que nos ancêtres croyaient au jugement de Dieu, combien le duel chez eux était plus logique que chez nous, nous qui ne croyons certes point à l'intervention divine dans le règlement de nos querelles. Combien il était plus excusable aussi puisqu'ils en étaient arrivés là par impuissance de juger autrement, alors que nous, nous avons les moyens
de juger plus sûrement et plus sainement.