OBSERVATION XII
(Résumé de robservation de M. 6(£GKEL^ de Strasbourg.)
En mai 1861, M"* X..., âgée de 56 ans, sujette aux bronchites, se plaint de douleurs au niveau du larynx ; sa voix devient voilée, sa respiration bruyante est de plus en plus difiicile. Depuis deux ans elle portait à la fesse un ulcère dont la nature, malgré les dénégations de la malade et vu les mœurs peu orthodoxes du mari, fit instituer un traitement par des pilules de sublimé; l'ulcère s'améliora bientôt, sansqu^ la respiration devînt plus facile.
g août, La malade, assise sur son lit, est en proie à une dyspnée
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t Étude clinique des rétrécissements syphilitiques de la trachée. 1862,
telle, que le moindre mouvement donne lieu à de la suffocation. Pouls petit, régulier, sans fréquence anormale. A chaque inspiration, les muscles du cou et de la partie supérieure du thorax se contractent convulsivement, et la respiration s'accompagne d'un bruit serratique sec, sans mélange de bruits muqueux ; la voix, très-faible, est voilée, un peu rauque. Résonnance normale de la poitrine, murmure vésiculaire couvert par les bruits laryngés. En auscultant avec le stéthoscope, il semble que le bruit est à son maximum d'intensité au niveau du larynx. — En touchant par la bouche, on constate la consistance et le volume normaux de l'épiglotte et des cordes vocales. La suffocation devenant menaçante, le 5 août on pratique la laryngo-trachéotomie, en incisant le cartilage cricoïde et le premier anneau de la trachée. On introduit une canule double, grosse comme le pouce ; aucun soulagement n'est apporté par l'opération. Une grosse sonde en gomme, introduite profondément, rencontre vers la naissance des bronches un obstacle qu'elle ne peut franchir, mais les douleurs et l'anxiété de la malade ne permettent pas d'en préciser la nature. — Les jours suivants, on reconnaît que le murmure vésiculaire entendu du côté droit est absolument nul à gauche. On place en conséquence le siège du rétrécissement dans la bronche gauche, point inaccessible à une opération. — La malade meurt le 7 septembre.
Autopsie, — On constate un rétrécissement cicatriciel au niveau de la bifurcation des bronches. Des brides et des cicatrices étoilées s'étendent de la partie inférieure de la trachée jusqu'à 2 centimètres dans les bronches. Les anneaux cartilagineux, déformés, contribuaient au rétrécissement qui permettait encore le passage d'une tige ayant un demi-centimètre de diamètre, tandis qu'à gauche l'introduction était impossible, la paroi de la bronche ayant disparu sur une certaine étendue, et la perte de substance étant comblée par des ganglions dont un n'était plus guère qu'une cavité suppurante ouverte dans les bronches. — Poumons emphysémateux avec quelques tubercules crétacés au sommet ; à la base, lobules pulmonaires oblitérés.