‹ Étude sur la Taxe MilitaireChapitre 13 sur 60 · DR TURE · texte numérisé non relu

DR TURE

un tel point l’idée du service militaire, à en oublier si com. plètement l'origine et le but, qu'il fut considéré comme quelque chose d’épouvantable, une calamité effroyable, pour échapper à laquelle tous les moyens étaient bons (1).

Le corollaire de l'exonération était la caisse de la dotation, de l’armée qui recevait l'argent des exonérés. Ce système eut des résultats déplorables: ilne donnait pas assez d’hommes en temps de guerre, il en donnait trop en temps de paix.

La loi du 1° février 1868, qui sortit, avec de nombreuses modifications d'un projet présenté en 1867 par le maréchal Niel, abrogea la loi de 1855 et avec elle l'exonération. Mais elle rétablit le remplacement et la substitution de numéros, comme sous la loi de 1832. Elle ne remédia à leurs inconvénients que d’une manière insuffisante en créant une garde nationale mobile qui devait comprendre tous les exemptés en vertu de leur numéro de tirage au sort et les remplacés ; la durée du service y était de cinq ans, Gette loi ne fut pas votée sans difficultés, une importante minorité voulait une réforme plus complète; il fallut la grande leçon de 1870 pour nous montrer le réel danger d’une semblable organisation.

La loi du 27 juillet 1879 porta, au moins dans l'esprit de ses créateurs un dernier coup à l’idée alors répandue, que moyennant une somme d'argent on était libre de toute obli-

1. Ne vit-on pas alors, dans de grands journaux, des esprits sensés émeltre, dans une idée philosophique qui n’élait sans doute qu’une utopie a cette époque, le désir ne voir l'Etat prendre la direction d’un système d'assurances générales contre les sinistres les plus communs et les plus terribles, et la nomenclature comprenail : l'incendie, les inondations, la grêle, le service militaire!

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