II. Il, 5o
Arné, Midéa
Anlhédon
D'autres sont citées en groupe et dans le même ordre que chez Homère : Ocaléa et Médéos (Th. VII, 260, //. Soi), la Phocide, Panopé, Daulis, Cypaiissos, Hyampolis, Anémoria, Lilaea, le Céphise {Th, VII, 344 sqq.. Il- II, Sig sqq.) En outre, beaucoup de noms sans épithète et dispersés se retrouvent dans les deux poèmes : Erythrae {Th, VII, 266, II, II, 499), Hylc {Th. 267, //. 5oo), Schoenos {Th. 268, //. 497), Mycalesos {Th. 272, //. 498), Glisas {Th. 807, II. 5o4), Coronia {Th. 807, II. 5o3), Aulis {Th. 332, //. 496), Graea {Th. 332, //. 498), Platées {Th, 332, //. 5o4), Peteos {Th. 333, II. 5oo), les Abantes chevelus {Th. 870, II. 542), Carystos {Th. 370, II. 539).
Enfin Stace cite deux villes, Alalcomènes {Th. 33o) et Aegae {ib. 371), qu'Homère a nommées, mais non dans son dénombrement {II. IV, 8 et VIII, 2i3).
Un très petit nombre de noms de lieux ne se lit pas dans Y Iliade : c'est THélicon, le Perraesse et r01mios(7%.VII, 282 sqq.), les îles de Tityos et de Délos (352) assez connues, Itoné (VII, 33o), ville de Béotie, TEuripe {ib, 334), 1^ ^^^is de Corycus {ib. 348) sur le Parnassse, cité par Virgile et Ovide, la fontaine de Gargaphie, chère à Diane (ib. 273), citée aussi par Ovide {Met. Ill, i55 sqq.), Capharée(i&. 3ii)par Vii'gile'jl'épithète de Carystos (saxosa Carystos, VII, 370), empruntée à Lucain
Notons enfin que, se souvenant des Mycéniens exclus de
Palladiusquo Molas Uecalaeaque gurglte nutrlt Gargapbie, quorumque novis Haliartos aristls 274
Invidet et nimia sata lacta supervenit herba.
Hclm croit que le quorumque du vers 274 désigne, les habitants de Coronia nommés avant ceux d'Haliartos dans le vers 503 do cb. II de VIliade, et que Stace cite lui-même au vers 307 sqq. Rien de plus faux évidemment : quorumque désigne les babitants d'Haliarlos môme.
LBS SOURCES DB LA TnÉBAÎDB gS
la guerre à cause des crimes qui souillèrent leur ville (IV, 3o5 sqq.), Siace exclut aussi dans ce passage (VU, 34o sqq.) les habitants des bords du Céphise, que la triste fin de Narcisse a plongés dans le deuil. Et concluons que, s'il a imité quelquefois Antimaque, il est impossible de s^en apercevoir. Mais on peut conjecturer qu'un autre poète grec était dans le souvenir de Stace quand il a écrit les premiers vers de ce morceau :
Nuntius adtonitas jamdudum Eteoclis ad aures Ëxplorata ferens longo docet agraine Graios Ire duces, nec jam Aoniis procul afore campis; Quacumque ingressi, tremere ac miserescere canctos Thebarum ; qui stirpe, refcrt, qui nomine et armis nie metnni condens audire exposcit et odit Narrantem : hic socios dictis slimulare suasque Metiri decernit opes.
(Th. VII, 227 sqq.)
N'y a-t-il pas là comme un faible écho ou un pâle résumé des scènes fameuses qui ouvrent les Sept deçant Thèbes ? Le messager qui apporte des renseignements sûrs, nous le voyons et l'entendons dans la prière d'Eschyle (Sept, 39 sqq.) ; cette description des chefs argiens, elle éclate dans toute sa force aux vers 3^5 sqq. de la tragédie grecque. — Stace d'ailleurs se souvenait-il vraiment d'Eschyle, ou, comme l'a prétendu Helm pour un autre passage (i), a-t-il pris l'idée de cette scène dans une partie perdue des Phéniciennes de Sénèque, ou enfin est-ce une rencontre fortuite ? Il est impossible de le décider.
Ce qui est certain, c'est qu'il a emprunté le nom du pédagogue d'Antigone à Sénèque : celui-ci avait appelé Phorbas le cocher de Laïus (Œdipe, 8G1); Stace rappelle cette qualité du vieillard (TA., VII, 356 sqq.) et le nomme aussi Phorbas (ib, 253). Ni Sénèque ni Euripide ne lui avaient donné de nom.
(1) R. Helm, op, cit. 40 sqq. Nous examinerons ailleurs cette question.
i5" Premiers combats. — Disparition d^Abiphiaraus (Vil, 398-823).
Après deux jours et deux nuits de marche désordonnée et à travers les pires présages, les Argiens arrivent en Béotie, hésitebt d'abord sur les rives de l'Asôpus, puis le franchissent à la suite d'Hippomédon, et établissent leur camp sur une colline en vue de Thèbes (398-451). Thèbes s'emplit de rumeurs et de craintes (452-469). C'est alors que Jocaste, accompagnée d'Antigone et d'isméne, se présente au camp argien et essaye de fléchir Polynice : peut-être va-t-elle désarmer les Argiens, malgré Tydée (470-563) ; mais deux tigrcsses apprivoisées, ayant dévoré des Argiens (notamment le cocher d'Amphiaraûs) (i), sont tuées ; les Thébains s'eiTorcent de les venger et la bataille s'engage (574-637)* Exploits de Tydée et de Gapanée. Gloire dernière d'Amphiaraûs : le cocher de celui-ci, tué, est remplacé par Apollon, et le guerrier divin jonche de cadavres le champ de bataille jusqu'à ce qu'il soit englouti avec son char (6a8-8a3).
On ne voit pas que Stace ait suivi des poètes grecs dans cette fin du chant VU. Tout d'abord, en ce qui concerne Tépisode capital, Tengloutissement d'Amphiaraûs, s'il est certain que le poète a été, dans le fond, fidèle à la légende, d'importantes modifications de détail ne peuvent être attribuées qu'à lui : lo dans les anciens poèmes reproduits par les mythographes, Amphiaraûs disparaissait le dernier des chefs argiens (3) ; a» il était englouti avec son cocher Bâton (ou Schœnikos). Or, Stace, ayant conçu d'une manière différente l'économie de son épopée, enlève Amphiaraûs aux
(1 ) Probablement Bâton ; mais Stace ne le nomme pas : en tout cas, Helm se trompe gravement (op. cit. 9) quand 11 met Stace en contradiction avec Antimaque sur le nom du cocher d'Amphiaraûs, d'autant que rien ne prouve, à vrai dire, qu'Antimaque l'ait appelé Bâton. Le scoliaste de Pindare {01. VI, 2i, — Kinkel, fr. 31) ne prétend pas, pour le nom môme du cocher, citer Antimaque.
(2) V. Les Légendes Thébaines^ III, 4. Cf. Apd. III, 77.
LES SOURCES DB LA THBBAÎDE qS
Âi^ens avant tout autre chef ; a^ s*il est possible qu^il ait songé à Bâton comme aurige d*Amphiaraûs (encore ne le nomme-t-il nulle part), du moins il appelle Hersés celui qui guide son char dans la bataille, et, mieux encore, il fait tuer ce Hersés pour qu'Apollon le remplacé près d^Amphiaraus (VII, 737 sqq.).
Quant à Tidée de remplacer le cocher d*Amphiaraûs par Apollon, il est impossible que Stace Tait prise dans une ancienne Thébaîde, puisque selon les mythographes Amphiaraûs fut englouti avec son cocher Bâton ; mais V Iliade présente au moins un exemple de cette substitution, quand Athéné, faisant descendre Sthénélos, monte sur le char de Diomède et le dirige contre Ares {Iliade, V, 835 sqq.) (i).
Un autre passage impoii;ant et pathétique de ce chant, c'est l'adjuration pressante de Jocaste à Polynice et aux chefs ai*giens (474"56o) : la première idée en est probablement dans Euripide {Phéniciennes, 27 sqq.) ; mais Sénèque ayant imité ce passage, c'est Sénèque surtout, sinon uniquement, qui a servi de modèle à Stace.
Et ainsi nous arrivons aux poètes latins, que Stace a eus seuls sous les yeux.
Sénèque d'abord : à Timitation d'Euripide, comme je Tai dit, Sénèque place Jocaste entre ses deux fils au moment où la guerre va commencer. Stace, bien entendu, n*a eu garde de négliger cette intéressante rencontre ; mais, plus libre dans son allure qu'un poète dramatique, il a été aussi plus vraisemblable : il a fait sortir Jocaste de la ville pour la mettre
(1) II ne semble pas que Stace ait emprunté de détails précis aux œuvres d'art représentant l'engloutissement du devin : sa description do l'air majestueux et triste d'Ampbiaraûs (VII, 699 sqq.) rappelle pourtant celle de Philostrate (Imagines, I, 26), mais tous les autres détails diffèrent. On ne voit pas davantage que, conformément à une Iradition dont s'est inspiré le sculpteur d'une urne étrusque (Overbeck, Gall, p. 148, f. 6, 8), Stace ait fait ouvrir le sol par une Furie. Mais, selon lui, c'est précisément l'arrivée imprévue d'Ampbiaraûs dans les Enfers qui décidé Pluton à renvoyer la Furie sur la terre ; cf. VUI, 65 sqq.
en présence de Polynice seul (i). La situation est donc assez différente, mais tout ce qui pouvait être reproduit de Sénèque se retrouve dans la Thébaïde :
Stace, VII, 497-^19
499-^00. Quid colla amplexibus ambis Invisamq. teris ferrato pectore matrem?
5oi-a. Quemnonpernioveas?
longae tua jussa cohortes Expectant mulloque latus praefulguratense.
5oC. Genelrix jubeoque ro-
goque.
5o8. Fratremqae {quid aufers /amena? )fratrem alloquere.
5i I . Anne times ne forte doli cl le conscia mater Decipiam ?
Sénèque, Phén. 443 585
Matcrnum tuo Coire pectus pectori clipeus vetat.
Licet omne tecum Grae
ciae robortrahas, Licet arma longe miles ac late explicet.
535-6. Per decem mensium graves Uteri labores .., faces Averle.
Quo vultus refers.... (2) Acieqoe pavida fratris observas manum ?