‹ Étude sur la théorie du droit musulmanChapitre 10 sur 67 · CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES XIX · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES XIX

point perdre de vue que certaines transactions, la vente plus que toute autre, étaient d'un usage fréquent en Arabie avant l'islamisme, et que toutes leurs modalités, ainsi que les solutions y afférentes, ont été examinées et revêtues de la sanction du Prophète lui-même et de ses compagnons. On comprendra dès lors facilement que les jurisconsultes musulmans auteurs de méthode aient préféré se servir d'exemples fournis par des faits de cet ordre, et qu'ils n'aient pas hésité à les utiliser à plusieurs reprises : ces faits et les questions y aff'érentes sont revêtus d'une valeur légale tout à fait hors ligne, en raison de l'autorité d'inspiration divine qui avait guidé dans leurs décisions et le fondateur de la loi et ceux qui ont le mieux connu sa pensée.

Le lecteur pourrait, si je ne l'en avertissais pas dès à présent, s'étonner de trouver dans un traité de droit de nombreuses pages couvertes d'informations quasi grammaticales et lexîcologîques. Ceux qui ont lu attentivement la première partie de ce traité n'en

ignorent pas la raison. Je crois néanmoins utile de fournir ici de nouvelles et plus amples explications sur ce sujet.

Selon un dogme fondamental de l'Islam, la langue arabe est un don de Dieu destiné avant tout à servir par la valeur de ses éléments (mots et phrases) à la confection des lois.

La législation est le résultat des ordres de Dieu. Le sens des termes dans lesquels ces ordres ont été transmis aux hommes doit donc être exactement compris, afin que les applications de la loi soient conformes à la volonté du Créateur. Il s^ensuit que la partie scientifique par excellence du droit musulman, la méthode législatiTe, doit nous apprendre la valeur des termes.

Les termes servent à prouver la valeur légale de nos actions, des choses dont nous faisons usage et des êtres qui nous entourent. Ce sont des moyens légaux (preuves) qui mettent le légiste à même de distinguer ce qui est juste de ce qui ne l'est pas. Ou bien les preuves sont écrites en toutes lettres, ou bien leur sens est exprimé par les mots et phrases du texte des sources fondamènfî^les du droit musulman, le Coran et le Sounnot. Voîlk

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