CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES XXIII
misme, soit du droit mahométan, me fournissent des précédents qui justifient cette manière d'écrire. Je citerai, entre mille, Mouradjâ-D'Hosson , MM. Garcin de Tassy, Gustave Dugat et Fauteur du plus récent et très sérieux traité sur le droit pénal musulman, le savant Omar Lutfy Bey , professeur à l'Ecole de droit du Caire.
Je juge néanmoins nécessaire de fournir ici quelques indications très brèves, mais propres à faciliter la lecture des mots et des phrases arabes écrits en caractères français.
L'alphabet français contient presque tous les éléments propres àformer, par leur union, des groupes qui peuvent représenter les sons des lettres sémitiques dont manquent les alphabets latins; tels sont : le ch, le rf/, le gUy le gh^ le kh, le th, le fc/i, les doubles voyelles eu, ou et la lettre y, suivie des autres voyelles . La lettre q produit exactement le son du qaf, et la lettre ft, du kefm
11 me suffira donc de dire que dans l'écriture arabe toutes les lettres françaises doivent être prononcées, c'est-à-dire, qu'il n'y en a pas de muettes. La seule exception
à cette règle qui m'a paru nécessaire, est relative à Ye muet. Écrit à la fin des mots, cet e ne se prononce pas, mais il sert à faire lire les lettres qui le précèdent. Ex. khadje (pèlerinage). En toute autre circons^ tance Ye doit êtr^ prononcé. Aussi, pour lever toute difficulté, j'ai constamment surmonté Yé qui doit être prononcé de l'accent aigu. Pour indiquer la lettre âïn de l'alphabet arabe dont le son guttural et prolongé n'existe pas dans nos langues, je me suis servi de l'accent circonflexe.
Je n'ai pas soumis à ces règles les noms propres. Afin de ne pas faire douter de l'idendité des personnages, j'ai conservé l'orthographe usuelle.
Je me suis longuement expliqué, dans mon ouvrage de controverse [Le droit musulman expliqué) sur la syntaxe intérieure arabe {l'arrangement des mots formant la phrase) et plus spécialement sur les trois façons différentes dont la relation du génitif {izafet) s'établit dans le style ottoman. Je me borne donc ici à faire connaître que cette relation syntaxique reste subordonnée aux principes qui y ont été exposés.