TROISIÈME CATÉGORIE
LES TERMES COMMUNS [él élftizou-l-miichtéréké).
Termes communs sont ceux qui ont été admis (posés) dans le langage scientifique par des poses multiples pour exprimer des sens multiples : tel le mot arabe qouroii, qui exprime le sens du flux mensuel de la femme et, en même temps, l'état de pmpreté qui succède à la cessation de ce phénonomène physiologique.
La législation impose au jurisconsulte, comme une nécessitélégale, de chercher, toutes les fois qu'il
s'agit d'an terme commun, des indices de nature à éclairer son jugement à propos du sens qu'il doit attribuer à ces termes. L'homme de loi ne doit jamais se hâter de se prononcer. Il doit au contraire réserver son jugement, réfléchir, et consacrer tous ses efforts à découvrir un indice qui fasse connaître le sens exact du terme que la personne dont la bouche l'a prononcé se proposait d'exprimer. Ex, (Ayet) : « Les femmes divorcées doivent attendre trois périodes menstruelles [qouroii) avant de se remarier. » Le terme commun qourou, contenu dans ce passage du livre saint, a fait naître une difficulté à propos de la troisième période de temps (troisième qourou) que la femme doit laisser passer avant de se remarier. La cessation du troisième flux mensuel suffit-elle pour que la femme divorcée ait permission de s'unir à un homme par un nouveau mariage ? Doitelle, au contraire, attendre le dernier jour de la troisième période de propreté pour se considérer libre de tout empêchement? Telle est la question qui s'est présentée à propos de celui des deux sens du mot qourou (terme commun) qu'il faut adopter en cette circonstance. Cette difficulté a été écartée par l'école hanéfite, grâce aux réflexions et aux recherches par lesquelles on a retrouvé, dans le Sounnet, la parole du Prophète à son épouse Aïché, Mahomet recommanda à celte princesse de ne point pratiquer la prière du Selat pendant les jours- de ses règles. Dans la phrase dont il s'est servi, le même mot figure sous la forme du pluriel {aqra). Il a donc été constaté par la parole du
Proplrôte, que les jours pendant lesquels se continue le flux mensuel, et ceux des intervalles de propreté, sont également visés par le mot [gourou).
Règle: Suivant Técole hanéfite, il n'est pas raisonnable d'admettre que celui qui prononce un terme commun puisse exprimer par ce terme plus d'un sens ; par conséquent, si un commerçant écrit à son fondé de pouvoir: « Vends les marchandises de couleur dj'oun qui se trouvent dans mon magasin », comme le mot djoun (terme commun) exprime le sens de blanc et de noir, le fondé de pouvoir n'est légalement autorisé à vendre ni les marchandises de couleur blanche, ni celles de couleur noire. S'il parvient à trouver par un indice celui des deux sens du mot djoun que son correspondant a voulu exprimer, il peut alors vendre seulement les marchandises teintes en noir ou celles teintes en blanc, sinon il doit s'abstenir de toute vente et demander des instructions.
L'imam Ghafi admet que celui qui emploie un terme commun peut exprimer plus d'un sens à la fois. Il est, par conséquent, d'avis que la femme divorcée ne peut se remarier avant la période de propreté qui succède au troisième flux mensuel. La fm de cet état de la femme ne saurait, suivant ce chef d'école, être dûment constatée que lorsque la troisième période de propreté approche de sa fln.
Cette question nous donne un nouvel exemple d'un désaccord créé par le quatrième imam, mais déuué de toute importance pratique. L'Imami-Azam lui-
même admet que la troisième période menstruelle doit avoir pris fin avant le mariage. La question se réduit donc à décider le nombre de jours qui doivent s'écouler depuis la fin de la troisième période menstruelle jusqu'au jour du mariage (a).