‹ Étude sur la théorie du droit musulmanChapitre 54 sur 67 · LE JUGE · texte numérisé non relu

LE JUGE

{Khakin)

Juge est celui qui caractérise par sa parole les actions humaines et les choses dont la créature raisonnable fait usage par l'application des qualités légales qui leur sont propres. C/est le juge qui démontre, par les effets de sa parole, Texistence de l'une des qualités légales dans chaque action ou transaction humaine.

Les qualités légales ont été minutieusement examinées dans le chapitre précédent. Il est néanmoins nécessaire de rappeler ici que les jurisconsultes de rislam les ont divisées en deux catégories fondamentales : 1"* Celle qui comprend toutes les qualités légales revêtues du caractère de la beauté; 2^ Celle qui comprend toutes les qualités légales revêtues du caractère de la laideur. Le terme beauté [khousn] est un(; expression technique par laquelle on désigne tout caractère applicableaux actions humaines dont les au -

teurs sontdignes dïMogo [memdouh) dans ce monde et de récompense [méedjour) dans l'autre. Par le terme laideur [qoubkh), on désigne, au contraire, un caractère applicable à toutes les actions dont les auteurs sont dignes de blâme ou de punitions dans cette vie et de peines dans l'autre.

J'ai consacré, dans le premier volume, sept pages (146 à 154) à l'examen des questions afférentes au juge suprême des actions humaines (Dieu), et de la grande controverse soulevée dans Tlslam à propos de la source des qualités légales qui caractérisent les actions de l'homme. Il s'agissait d'établir si leur beauté ou leur laideur procédaient de la raison humaine ou des appréciations du juge (Dieu), exprimées par la loi que son Envoyé avait enseignée aux hommes. J'ai donné les différentes opinions qui se sont fait jour dans l'Islamisme et j'ai résumé ce long débat dans les lignes suivantes :

« L'opinion à laquelle on doit s'arrêter définitivement peut se résumer comme il suit : « L'existence de la création et de l'homme fait que nul n'est excusable d'ignorer l'existence de Dieu, tandisqueThomme est excusable d'ignorer les dispositions de la loi jusqu'au moment où le législateur la lui fait connaître par les ordres dont l'ensemble forme le code. » Le verset suivant déjà cité, prouve jusqu'à l'évidence que cette opinion est conforme à l'esprit qui a présidé à la création de la loi mahométane. « 0 hommes î Nous vous avons fait vivre dans la création afin que vous réfléchissiez sur elle (réfléchir sur la création

Page 1