‹ Étude sur la ThyroïdectomieChapitre 13 sur 30 · S II. — SOINS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

S II. — SOINS PRÉLIMINAIRES

Il est un certain nombre de soins préliminaires à l’acte opératoire, que le chirurgien ne doit point ignorer, s’il veut réunir les conditions les plus favorables à l’heureuse issue de son intervention. Les détails assez futiles en apparence, dans lesquels nous nous proposons d’entrer, ont tous une certaine importance : ars tota in minimis. Nous n’en voulons pour preuve que les exemples tirés de la pratique de quelques opérateurs que nous citons dans les lignes suivantes.

Dans leur mémoire sur l’extirpation du goître (loc. cit.), MM. Reverdin conseillent de ne point opérer le malade à son domicile. En effet, le plus souvent, le chirurgien s’y trouve dans de mauvaises conditions d'installation et d'éclairage et doit surtout compter avec le danger immédiat d’une pareille intervention. Les chiffres

Hi démontrent péremptoirement, ainsi qu’on le savait déjà, qu’il vaut mieux opérer dans un local où le malade se trouve à l’abri de toutes les complications nosocomiales et de l'encombrement. Les opérés de MM. Reverdin se divisent en deux catégories. Les huit malades de la première série ont été opérés à l’hôpital. La moyenne de la durée de leur traitement a été de 27 jours 3/8. Douze opérations ont été pratiquées dans la clinique particulière de ces chirurgiens. Le traitement, pour cette seconde série de malades, a été terminé au bout de 8 jours 7/12.

La marche de la température témoigne dans le même sens. À l’hôpital, la moyenne de la température a été de 39° 6, alors qu’à la clinique elle était de 38° 1. Enfin, ce n’est qu’à l’hôpital que ces opérateurs ont observé « des suppurations un peu abondantes et même fêtides, alors qu’à la clinique elles ne fournissaient qu’un pus séreux et presque inodore. »

M. le professeur Julliard a opéré la plupart de ses patients à l'Hôpital cantonal de Genève. Mais nous devons faire remarquer que les opérés sont transportés, après l’ablation de la tumeur, dans des pavillons séparés, construits à côté de l’hôpital. Indépendamment du petit nombre de lits qu’ils contiennent, ces pavillons offrent l’avantage d’être parfaitement ventilés, puisque les malades y sont en plein air, les parois latérales des pavillons étant formées par des rideaux mobiles. Ils ne sont en outre occupés que pendant la moitié de l’année.

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