S III. — PRÉPARATIFS IMMÉDIATS
Plusieurs bains de propreté doivent être administrés au patient pendant les jours qui précèdent l’opération. Immédiatement avant l’anesthésie, si on juge convenable d’y recourir, le champ opératoire doit être nettoyé soigneusement à la brosse et au savon. On lavera ensuite la région avec une solution d’acide phénique à 2 ou 3 °/. Toutes ces précautions ont pour but de se débarrasser de l’épiderme plus ou moins macéré qui peut donner refuge aux germes infectieux.
Le spray tend de plus en plus à disparaitre de la pratique courante. Cependant on peut l’employer si l’on ne veut pas faire d’irrigations dans la plaie. Pour peu que l'opération se prolonge, l’absorption d’une certaine quantité d’acide phénique se produira fatalement au niveau de la plaie et contribuera pour une certaine part à provoquer le collapsus et le refroidissement de l’opéré. Les vapeurs pénétreront forcément dans la trachée à chaque inspiration et pourront provoquer l’inflammation toujours imminente chez le goitreux du conduit trachéo-bronchique. Il vaut mieux pratiquer des pulvérisations avant l’opération pour abattre les poussières atmosphériques puis cesser le spray au moment de l’intervention.
Aides. — Un nombre d’aides suflisant est de rigueur dans une opération si féconde en surprises et en émouvantes péripéties. Il faut un aide pour l’anesthésie, un
Se U0te pour tenir le pouls et surveiller la respiration, un ou deux pour assister l’opérateur, deux pour maintenir les membres, un pour les instruments et un dernier pour les éponges. En tout sept ou huit aides exercés.
Instruments. — Outre les bistouris, pinces à dissection, sondes cannelées, ciseaux, nécessaires dans toute opération sanglante, il faut se munir d’une grande quantité de pinces hémostatiques, de deux aiguilles de Deschamps, de rétracteurs et de fils à ligatures. Le catgut phéniqué ayant provoqué chez deux malades de Kocher; l’apparition d'accidents septiques, ce chirurgien emploie le catgut préparé à l’essence de génevrier et à l’alcool. Pour éviter toute complication septique le chirurgien devra donc s'assurer avant l’opération que tous ces instruments, le catgut et les mains des aides sont strictement aseptiques. Le liquide employé pour les lavages varie avec les opérateurs, Kocher (de Berne), emploie le chlorure de zinc à 0,2°/,, ou un mélange de sous-nitrate de bismuth et d’eau à 1/100. D’autres emploient le sublimé corrosif à 1/5000, ou les solutions phéniquées faibles.
On doit se servir, pour l’opération, d’éponges neuves ou au moins soigneusement lavées et désinfectées. On peut encore se servir de gaze antiseptique froissée pour éponger la plaie.