‹ Étude sur la ThyroïdectomieChapitre 6 sur 30 · NT · texte numérisé non relu

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Celse (1) conseille l’excision du goître, et il préfère même cette opération à l’usage du feu dans le traitement

(1) De re medica, lib. VIT, cap. iv, section 1, page 407, in-12, Paris, A2

—N0 du bronchocèle; car, après avoir dit de cette affection Potest adurentibus medicamentis curari, il ajoute bientôt : sed scalpelli curatio brevior est. Medio tumore una linea incidilur usque ad tunicam : deinde vitiosus sinus ab integro corpore digito separatur, totusque cum velamento suo eximitur. Celse à probablement en vue dans ce passage quelque poche enkystée que seule on pourrait conseiller d'enlever en totalité.

Haller (1) se contente d’émettre des doutes sur la possibilité de cette extirpation.

Albucasis (2) regarde l’excision de la glande thyroïde comme funeste : infausta, dit-il, ob percissas arterias. Lassus (3) dit que dans le cas de squirrhe de la thyroïde qui serait le seul néoplasme pour lequel on pourrait songer à l’excision de cette glande, les adhérences de la tumeur aux parties voisines rendraient l’opération très périlleuse. Cet auteur rapporte d’après Gooch (4), chirurgien anglais, les deux premiers exemples concluants d’extirpation de la thyroïde.

« J’assistai, dit Gooch, à une opération par laquelle on se proposait d’exciser la glande thyroïde devenue très volumineuse. Celui qui s’en était chargé était un habile chirurgien, mais lorsque son opération fut à moitié faite, il survint une hémorrhagie considérable qui l’empêcha de continuer. La malade vécut encore huit jours, pendant lesquels on ne put jamais arrêter l’hémorrhagie. »

« Je me rappelle, dit-il, une autre opération pour

(1) Opuscul. patholog., p. 18.

(@) Prœfat, p. 1 et p. 2, xLu-xLiv.

(3) Patholog. Chirurg. tome I. p. 410, in-8o, Paris. (4) Cases in Surgery, appendix, p. 134.

11 = laquelle on me demanda mon avis. L’hémorrhagie manqua d’être mortelle. On ne vint à bout de sauver la vie de la malade que parce que plusieurs personnes firent, sans interruption, pendant une semaine entière, jour et nuit, une compression avec leurs doigts appuyés sur la plaie. »

Desault pratiqua en 1791 l’extirpation partielle de la thyroïde. On lit une observation recueillie par Giraud (1) qui atteste l’heureux succès de cette opération. Il s'agissait d’une tumeur squirrheuse occupant le lobe droit de la glande. Ce lobe seul fut enlevé. Il n’y eut aucune menace d’hémorrhagie, ni pendant, ni après l’opération. La guérison fut achevée au bout de 34 jours. |

Dans un autre cas, Desault fut moinsheureux.Ilentreprit cette opération sur une femme. Le sang donna avec une telle violence que l’opération dut rester inachevée. Desault lia la portion de thyroïde qui avait été incisée. La maladé mourut.

Rullier cite dans sa thèse inaugurale (2) une malade âgée de 28 ans, à laquelle Dupuytren pratiqua l’ablation totale de la thyroïde. Six mois plus tard, en présence de l'accroissement continu de la tumeur et des accidents qu’elle provoquait : dyspnée, dysphagie, accès de suffocation et sur les pressantes sollicitations de la malade, Dupuytren pratiqua l’ablation totale de la thyroïde qui pesait 1202 grammes et contenait plusieurs petits kystes

(1) Œuvres chirurg. de Desault, tom. Il, p. 298, Paris, 1801, 2me édition,

(2) Recherches et observations touchant l'emploi des opérations de la Chirurgie dans le traitement du goître. Paris, 1808, no 110.

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et quelques noyaux squirrheux. Pendant l’opération, la malade ne perdit que quelques cuillerées de sang, grâce à la précaution que prit Dupuytren de procéder très lentement et de ne sectionner les vaisseaux qu'entre deux ligatures. La malade succomba trente-cinq heures après l’opération. « Le nerf récurrent droit avait été coupé; à gauche, le même nerf était Zivide et putréfié. Le médiastin était infiltré de pus (1). »

Percy aurait communiqué à l’auteur précédent l’histoire du marquis de A**, capitaine en garnison à Strasbourg. Celui-ci s’adressa au chirurgien de son régiment et le pria de le débarrasser d’un goitre qui l’incommodait par son volume. Le patient mourut d’hémorrhagie pendant l’opération.

L'Académie royale de chirurgie, Desault peut être seul excepté, repoussait jusqu’à l’idée même de cette opération. Elle n’est pas mentionnée dans les traités de médecine opératoire de Sabatier et Lassus. Les membres de. l’Académie de chirurgie fondent leur opinion sur ce que, dans le goître, l’hémorrhagie est le plus souvent, insurmontable.

Rullier admet cependant que l’opération bien faite, comme dans le cas de Dupuytren, met à l’abri de l’hémorrhagie; mais il signale un autre écueil non moins redoutable : l'infection de la plaie, accident auquel succomba la malade de Dupuytren. Une autre extirpation de goitre fut faite par cet opérateur quelques années plus tard mais sans plus de succès.

(1) Raullier, article « Goître » in Dict. des sciences médicales, t, XVIII, p. dD7.

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