‹ Etude sur la vaccination ou L'inoculation du virus-vaccin (cow-pox) [microforme]Chapitre 6 sur 10 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Le Dr John Baron, l'ami, le confident, le disciple enfin de

Jenner, a publié en 1837 la vie de l’auteur de la vaccination;

| les admirateurs et les adeptes de cette doctrine n'ont point

: manqué d'élever Jenner au rang des plus grands bienfaiteurs : de l'humanité.

Les rapports intimes et constants qui existaient entre le Dr.

» Baron et Jenner, durant les 15 dernières années surtout de :sa vie, auraient fourni au Dr Baron, s’il n’eût été animé que ; du désir de connaître le résultat de la vaccination, l’occasion de juger plus sainement de la valeur que pouvaient avoir les

| travaux de son maître sur l’inoculation du virus-vaccin, cow |pox; mais l’amitié qu’il portait à l’auteur de cette pratique

étrange lui faisait oublier les accidents qui en résultaient.

{ Après la mort de Jenner, les exécuteurs testamentaires remirent sa correspondance au Dr Baron, homme instruit, | mais trop partisan du principe protecteur proclamé contre la | variole et ses effets pour en faire une appréciation judicieuse, ‘puisque Jenner lui-même disait que la vaccination n'était pas un préservatif certain. Voici ce que dit Baron :— ‘ Plusieurs années s’écoulèrent avant qu’il (Jenner) pût avoir occasion de compléter les expériences qu'il se proposait |de faire sur la vaccination; et il rencontra de nonbreuses difficultés dans la poursuite de ses recherches préliminaires, D'abord il s'était aperçu, d’après ses observations aussi bien . que apres celles de quelques autres médecins du pays, que | ce qu ‘on appelait communément ‘“ cow pox” n'était pas un | préservatif certain contre la variole. Ce fait diminua, mais in'éteignit pas son ardeur. En poussant son investigation plus doin.il s'aperçutqu'on pouvait obvier à cette difficulté.[l découx rit que la vache était sujette à diverses éruptions spontanées se produisant sur le pis ét toutes capables de communiquér des pustules aux mains de ceux qui traient le lait, et que toutes es pustules ainsi produites étaient appelées “ cow pox” par S laitiers. Ce r:nseizn>ment fut satisfaisant et fit tomber

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une grande difficulté ; il devint le sujet d'une distinction entre ces maladies, l’une étant appelée par Jenner, le véritable et l’autre le faux ‘“ cow pox”; le premier seul ayant la propriété de préserver la constitution contre la variole.”

“ Many years elapsed before he had an opportunity of “ completing his projected experiments in vaccination, and “he encountered numerous difficulties in carrying on the “ preliminary part of his inquiry. In the first place, he had found from his own observation, as well as from that of ‘other medical gentlemen in the country,that what was ‘ commonly called ‘ cow pox ” was not a certain preventive ‘* of small pox. This fact damped, but did not extinguish ‘his ardour. By prosecuting his investigation a little further, ‘ this difficulty was obviety. He discovered that cows were ‘* subject to a variety of spontaneous eruptions on their teats ; ‘ that they all were capable of communicating sores to the ‘ hands of the milkers ; and that whatever sore was so pro- “ duced, was called, in the dairy, “cow pox.”’ This was satis. factory information and removed one great difficulty, and suggested a distinction between these diseases, one being ‘“ called by him the true, the other the spurious cow pox; ‘* the former possessing a specific power over the constitution, “ the other not.” (p. 132.) vol. 1st.

Combien Jenner et les vaccinateurs qui lui ont succédé se sont abusés en croyant voir dans la vaccine un préservatif contre la variole ! La vaccine est une affection ou maladie épidémique, contagieuse, d'une virulence très-grande, qui attaque les animaux ; cette maladie origine du cheval, elle se transmet à la vache, et de celle ci à l'homme, soit par in. fection, par contagion ou par inoculation.

Pour des hommes sérieux, comment le virus-vaccin peut-il agir comme préservatif contre la variole ?

La théorie de Jenner se résume comme suit :

Première proposition : — Si celui qui a été vacciné ne contracte point la variole, c’est qu’il a été vacciné avec le vrai vaccin ;

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Seconde proposition : — Si au contraire, celui qui a été vacciné contracte la variole, c'est que l’inoculation a été pratiquée avec le faux vaccin. Voici cette théorie telle qu'exposée par Baron:

‘ La vache peut contracter différentes éruptions vésicu- ‘ Jeuses appelées cow pox, capables de communiquer la * vaccine; mais il n’y a que le vrai cow pox, qui pré- “ serve de la variole.” Et comment reconnaître le vrai cow pox ? Jenner admet, d’après Baron, que certaines épidémies de vaccine se déclarent sur la vache et se communiquent aux hommes, souvent même à ceux qui ont eu la variole, Les expériences qu'il a faites auraient dû, loin de convaincre ses amis, leur laisser de grands doutes sur l’action préservalive du virus-vaccin. Il écrivait à ses amis avec un esprit apparent de libéralité, leur laissant croire qu'il dési-

lait que la question fût discutée de manière à connaître la vérité sur les résultats de sa découverte ; il les engageait même à lui faire part de leurs observations.

Le Dr Haygarih écrivait ce qui suit au Dr Worthington, ami intime de Jenner :

‘ Votre récit du cow pox est vraiment merveilleux : une histoire äussi étrange et si opposée à toutes les observations qui ont été faites à ce sujet aura besoin de toute la clarté, de toute l'évidence possible pour devenir croyable.”

# Your account of the cow pox is indeed very marvellous : being s0 strange a history, and so contradictory to all past observations on this subject, very clear and full evidence

will be required to render it credible.” (p. 134 vol. 1.)

La doctrine de Jenner se modifiait selon les exigences et les circonstances. Il est clair qu’il n’entrevoyait point d’abord toutes les objections qui lui ont été faites par ses confrères et même par ses amis. Afin de conserver la confiance du public . et l'appui de ses partisans, il invoque au soutien de sa cause,

* l'existence de deux sortes de virus-vaccin; mais comment

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. distinguer le vaccin vrai du vaccin faux ? Voici ce qu’il écri- . vait RÉ même: ‘‘]1 peut se produire sur le pis de la vache et

sur les trayons plusieurs espèces de vaccine semblables à la véritable et toutes appelées cow pox, soit qu'elle: se trouvent sur la vache, où se soient communiquées à un être humain.”

“The true has many imitations by the false on the cow's udder aad nipples ; and all is called cow pox, whether on the cow or conmunicated to the human animal.” (p. 297, vol. 1.)

Si la vraie vaccine a des caractères qui peuvent la faire confondre avec celle qui est fausse, encore une fois, comment les distinguer l’une de l’autre pour éviter les accidents? Si celte distinction de la fausse et de la vraie vaccine est un argument en faveur de la vaccination, il faut admettre qu'il n’a aucune valeur pratique et qu’il n’a été adopté par Jenner que pour se ménager la confiance de ses partisans. Les arguments de Jenner en faveur de sa théorie sont réellement futiles.

Encore aujourd’hui, selon les fidèles disciples du maitre, lorsque la vaccine ne préserve point ou que des accidents surviennent après l’inoculation du vaccin, c'est dù à ce que les gens n'ont pas été bien vaccinés, Jenner après avoir demandé, désiré même que ses partisans fissent publier leurs observations, finit par les dédaigner, et ceux qui ne croyaient pas dans les effets merveilleux du cow pox devinrent de plus en plus incrédules, comme le prouve l'extrait suivant d’une de ses léitres à M. Edward Garner (‘ Berkeley ””) :

4 Cet homme mèma, Ingenhousz, ne conuait pas plus la véritable nature du cow pox que maître Selwyn ne sait de grec ; pourtant il est parmi les philosophes ce qu’étaitJohnson parmi les littérateurs, et, soit dit en passant, il lui ressemble assez de figure,” etc.

“This very man, Ingenhousz, Lis no more of the real nature of the cow pox than master Selwyn does of greek: yet is among philosophers what Johnson was among the litterators, and, by the.way, noi unlike in figure.” Page 296, vol. !.

Le Dr Ingenhousz était un médecin distingué, un savant même, mais Jenner n'avait pu lui en imposer; cet homme ne voyait que des insuccès et rien pour le convaincre dans les résultats de la vaccination.

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Plus tard, la publication des essais qu'avait faits Jenner avec le vañcin qui lui avait été fourni par le Dr Pearson, et les rapports qui s’établirent entre ces deux hommes firent entrevoir pour la vaccination des résultats meilleurs que ceux qui se produisirent dans la suite.

L'attention publique fut attirée sur le sujet et le Dr Pearson rendit service à la cause, suivant Baron, en établissant une vaste correspondance avec les médecins du royaume. I1 déMontra que le cow pox était devenu une vaste épizootie. (p. 304, vol. 1.)

La position prise par Jenner n'était donc pas sans laisser de grands doutes sur la valeur plus imaginaire que réelle de la vaccination. Le Dr Pearson voulait rendre le nom de Jenner immortel ; il lui promit de l'appuyer dans la publication de son pamphlet,et lui dit que s’il pouvait avoir la preuve de l'efficacité de la vaccination il le rendrait à jamais célèbre :

‘Votre nom vivra dans la mémoire des hommes aussi ‘* longtemps qu’ils auront de reconnaissance pour les services ‘ qu’on leur rend, et de respect pour leurs bienfaiteurs ; si je ‘* puis seulement m'’assurer de la chose, je rendrai votre ‘ nom immortel, ou je me trompe beaucoup.”

‘ Your name will live in the memory of mankind as long ‘‘ as men possess gratitude for services, and respect for benc- ‘* factors ; and if I can but get matter, I am much mistaken if ‘* I do not make you live for ever.” P. 305, vol. 1.

Plus tard le Dr. Pearson écrivait à Jenner :

‘ Vous ne sauriez vous imaginer combien les gens méprisent cetts affaire du cow-pox” : L'un dit qu’une chose qui vient des jambes malades du cheval doit être bien sale et bien mauvaise ! Un autre, (O mon Dieu, nous irons introduire dans notre système les maladies des animaux, tandis que nous n’en avons déjà que trop qui nous sont propres ! Un troisième trouve que c'est un procédé bien étrange et bien bizarre, et ne sait qu’en penser! J'entends tout ceci bien tranquillement et me rappelle que l’inoculation de la

| variole reçut un accueil encore moins favorable.”

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You cannot imagins how fastidious the people are with regard to this business of cow-pox. One says itis very filthy and nasty to derive it from the sore heel of horses ! Another, O my God, we shall introduce the diseases of animals among us, and we have too many already of our own! A third sapient set say it is a strange odd kind of business, and they know not what to think ofit! all this [ hear very quietly, and recollect that a still more unfavourable reception was experienced by the inoculation for the small pox.” P.306, vol T.

Ne voyons-nous pas que plusieurs de ceux,qui paraissaient croire à la doctrine de Jenner, en redoutaient néanmoins les effets ? Ils éprouvaient de grandes craintes de transmettre dans l'organisme des maladies étrangères à la constitution, et leurs craintes étaient partagées par un grand nombre de médecins distingués. Ce n’est donc pas d'aujourd'hui que l'on dit aux vaccinateurs : “ vous avez confiance dans une pratique superstitieuse, qui vous trompe, et par laquelle vous en imposez au public.”

L'opposition des amis de Jenner était une désapprobation on ne peut plus directe de la vaccination, quoiqu'il dit que sa découverte était adoptée par toute l'Europe, et qu'elle se répandait en Amérique et aux Indes Orientales.

Les rapports des insuccès qui lui arrivaient des différentes parties de l'Angleterre auraient dû le décourager ; il redoublait, au contraire, d'efforts pour maintenir la réputation de cette pratique qui défaillait. Baron cite encore ces paroles de Jenner : “ Ce que j'ai dit au sujet de la vaccine est vrai. Si elle est donnée convenablement, elle préserve la constitution autant que le peut faire l’inoculation variolique. La vaccine, c'est la petite vérole sous une forme plus pure que celle qui règne parmi nous depuis 12 siècles.”

What T have said on this vaccine subject istrue. Ifproperly conducted, it secures the constitution as much as variolous inoculation possibly can. It is the small pox in a purer form than that which has been current among us for twelve centuries past” (p. 15, vol. 2).

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Jenner admettait donc par ce qui précède, que le virusvaccin protège tout autant et pas plus que l’inoculation du virus-variolique, et que la vaccine est la variole, mais pure,

Ce raisonnement extraordinaire n'est-il pas la condamnation même de la vaccination, puisqu'en 1840 on passait, en Angleterre, une loi prohibant l'inoculation. Lorsqu'on en est rendu à dire que la vaccination protège autant que l’inoculation, n'est-ce pas là admettre que ni l’une ni l’autre ne garantit de la variole ? Le Dr Mosely et M. Goidson s'étaient prononcés contre Ja vaccination qui ne produisait aucun bon résultat, et Jenner n'avait d'autre raisonnement que le persiflage à l'adresse de ceux qui ne partageaient pas ses vues. Selon lui il n’y avait que des ignorants qui pussent s’oppaser à sa découverte, comme aujourd’hui ceux qui s'opposent à la vaccination devraient être envoyés dans les maisons de santé.

Jenner lui-même admet des insuccès dans sa pratique dès le commencement de la vaccination; mais il les attribue à ce que le virus vaccin n'avait pas bien pris, c'est-à-dire n'avait pas produit son effet. ‘ Dr Jenner himself, from the commencement, perceived that in his cases of failure, cow-pox had never properly taken place.” Page 19, vol. 2.

En parlant de la susceptibilité de certaines constitutions à contracter la variole deux fois et mème plus, Jenner dit :

“ D'un côté, la susceptibilité à prendre la variole est ‘demeurée la mème malgré une attaque antérieure de la maladie, tandis que d’un autre côté, certaines constitutions semb'ent n'être aucunement susceptibles de contracter la petite vérole. On a vu des faits semb'ables se produire dans la pratique de la vaccination.

# In the one, the susceptibility of small pox was not taken away by previous infection; while, on the other hand, some conslitutions seem to be unsusceptible of small pox infection altogether. It was found, that similar occurances took place in the practice of vaccination ; ” etc.,etc. Page 20 "Vol. 2.

| Jenner veut que le résultat salutaire de la vaccination

dépende des soins qu'on apporte à cette pratique, et du choix que l'on fait du virus-vaccin, — Mais la nature de ce virus reste toujours la même quelque soit le mode de l'obtenir:

‘ La présence de maladies de peau : herpes, scrofules, ete, peut annuler l'effet de l'inoculation du virus variolique” dit Jdenner. (p. 22 vol. 2.)

En réponse aux observations qui lui étaient faites relativement aux dispositions de contracter la variole après l'inoculation du vaccin, Jenner disait: “ Puisque nous avons des preuves si nombreuses qu'il y a des personnes qui contractent la petite vérole une seconde fois, pourquoi vouloir que le “ cow pox” soit, sans exception, un préservatif chaque fois qu'il est inoculé ?

‘* As we have such abundant testimonies of persons having the small pox a second time, why may there not be exception to the cow pox giving security in every instance of inoculetion ?” (p. 26 vol. 2.)

N'est-ce pas là se rire de la crédulité des admirateurs de la vaccination ? Ainsi, après’'avoir affirmé positivement qu’une personne une fois vaccinée est pour toujours préservée de la variole et de ses effets, Jenner vient nous dire tout le contraire : qu’on ne peut attendre du virus-vaccin ce que la variole ne donne pas elle-même.” (C'est-à-dire que la vario:@ ne nous préservant pas, la vaccine ne saurait le faire davantage). Baron cite un cas de vaccination et de revaccination avec succès, où l'enfant contracta la variole. Des faits de cette nature, au lieu d’être rares, sont fréquents et très fréquents parmi nous,et en Angleterre ils se comptent par milliers et par centaines de milliers. Ces faits seuls justifieraient notre opposition si elle n’était déjà motivée par la triste expérience que nous faisons tous les jours des maux qui décovlent de la vaccination. Et, puisqu'il est constant que cctte pratique transmet dans noire urganisme des maladies telles que la syphilis, les scrofules et autres maladies constitutionnelles plus redoutables que la vario!e, n'est-il pas juste et du devoir de toat citoyen de se récrier contre cette pratique

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monstrueuse, introduite parmi nous dans un but de gain plutôt que dans l'intérêt de la santé publique ? D'autres accidents, tels que les érysipèles phlegmonenux, les abcès, la mort mème, causés par la vaccination, sont inévitables; mais il ne faut pas tenir compte de ces accidents si l'on veut que cette pratique bénéficie aux vaccinateurs publics.

On lit encore dans le 2ème vol. de la vie Jenner, par Baron : ‘* La sécurité que donne à la constitution l'inoculation du virus-vaccin est exactement la même que celle que donne le virus variolique, On aurait tort d'en attendre quelque chose de plus.”

‘ The security given Lo the constitution by vaccine inocu- * lation, is exactly equal to that given by variolous. To expect ‘ more from it would be wrong.” (p. 28 vol. 2.)

Jenner écrivait encore au Dr Evans: “ La vaccination nous à certainement dévoilé plusieurs des faits mystérieux qui se rattachent à la petite vérole et à son inoculation. Combien de fois n'avons nous pas vu (apparemment) la matière variolique produire tout son effet sur le bras qui l'avait reçue, causer une indisposition, être même suivie d'une éruption, puis se terminer par une large et profonde cicatrice; et pourtant, si la personne qui avait subi cette opération se trouvait exposée à la contagion, elle contractait la petite vérole, etc., etc.

“L'origine de la variole est la mème que celle du cow pox ; et comme il est probable que ce dernier a existé en même temps que la création, la première ne fut qu'une variété à laquelle il donna naissance.

‘IL est certain que, sans considérer les variations ordinaires qui ont lieu entre la variole confluente et la variole discrète, il existe certainement plus d’une forme sous laquelle la maladie apparait dans ce qu'on appelle son état naturel.”

“ Vaccine inoculation has certainly unveiled many of the ‘“ mysterious facts attendant upon the small pox and its ‘“ inoculation. How often have we seen (apparently) the full ‘“ effect on the arm from th» insertion of variolrus matlers:

‘ indisposition and even eruptions following it, and itstermi- ‘ nation in an extensive and deep cicatrix ; and yet, on expo- ‘ sure, the person who underwent this, has caught the small ‘6 pox, &c., &C.”

‘“ The origine of small pox is the same as that of cow pox ; ‘ and as the latter was probably coëval with the brute crea- ‘“ tion, the former was ouly a variety springing from it.” (p. 29-30 vol. 2.)

‘ There are certainly more forms than one, (without con ‘“ sidering the common variation between the confluent and ‘ distinct) in which the small pox appears in what is called the ‘ natural way.”

Je crois que ceci est assez clair : si la variole ne nous met pas à l’abri d'une seconde attaque, comment la vaccine nous préservera-t-elle de la variole alors que celle-ci n’est qu’une de la première ? Les deux sont une seule et même maladie, suivant Jenner, et cette opinion est celle d'un grand nombre de médecins distingués.

Les Drs Pearson, Parr et autres, se pronoucèrent fortement contre la découverte de Jean:r, qui recevait des différentes villes du Royaum: de la Grande Bretagne et d'ailleurs des témoignages d'approbation.

Napoléon 1er lui envoya une médaille d'honneur au sujet de cette grande découverte, comme on l'intitulait. Jenner écrivit à l’empereur pour le remercier de l'honneur qu'il venait de lui conférer, et le pria en même temps de vouloir bien permettre le retour de Will. Thos. Williams et du Dr Wickham, retenus prisonniers en France. Comme ces hommes étaient de grands partisans de la vaccination, Napoléon leur permit de retourneren Angleterre.

Jenner s'adressait également au clergé protestant afin que celui-ci l’aidât de son influence à propager la vaccination. Ici, on a été moins heureux. En 1876, certaines tentatives auraient élé faites auprès de Sa Grandeur, Mgr. Bourget, évèque de Montréal et aujourd’hui archevèque de Martiana-

polis, pour l’engager à recommander la pratique de la vacci-

nation ; mais Sa Grandeur avec sa prudence habituelle, aurait répondu : ‘ Comment voulez-vous que je recommande cette pratique quand les médecins ne sont pas d'accord sur ses effets ?” Cet homme de bien pouvait-il répondre avec plus de justice à celui ou ceux qui sollicitaient son influence pour recommander la vaccination aux catholiques ?

Cette réponse, comme on peut le présumer, ne fut pas celle que l’on attendait de Sa Grandeur; mais enfin, elle était prononcée !....

Revenons, maintenant, à l'influence du clergé protestant.

James Plumptre, ministre, était dévoué à Jenner ; il s’occupait de faire vacciner les pauvres à ses frais et il vaccinait lui-même. Il remit à Jenner un curieux mémoire sur la petite vérole, en lui écrivant ce qui suit :

“ Parmi mes notes sur la vaccination, je retrouve la sui- ‘vante: dans la librairie publique de Lausanne se trouve ‘un curieux manuscrit que St. Maire, 4ème évêque chrétien

de Lausanne, mort en l’année 691, a laissé ce qu’il appelle ‘une chroniqu:: de son temps.

“ La chronique contient, entre autres choses, le récit d’une ‘épidémie de variole qui, dit-il, faisait de grands ravages, ct ‘il remarque particulièrement que sur les vaches surtout, ‘elle produisit les effets les plus désastreux.

‘Among my memoranda on vaccination, | find the fol- ‘lowing : in the public library at Lausanne, there is à ‘curious manusrript by St. Maire, the fourth christian “ bishop of Lausanne, who died A. D. 601, which he calls a ‘“ chronicle of his own time. Among other things which this ‘“ chronicle contains is the account of the visitation of the ‘* small pox, which he says made great ravages, and he “ notices particularly that it proved very fatal to the cows.”

{p. 42, vol. 2, Baron.)

A la page 43, vol. 2, on voit que d'autres ministres agis- saient bien différemment des premiers ; ils étaient opposés à cette pratique qu’ils considéraient comme dangereuse.

= “Sir Isaac Penninglon était un violent adversaire de la | vaccination, etc., etc.”

# Sir Isaac Penninglon was a violent opposer of vaccina- “tion, &c., ke.” (p. 43. vol. 2.)

IL accusa Jenner de manquer de confiance dans l'action préservative du cow pox, puisqu'il avait inoculé son fils Robert, avec du virus variolique, et voici ce que rapporte Baron à l'égard de cette accusation :

‘ Les faits furent ceux-ci: Le 14 Mai, 1796, Jenner vaccina son premier patient, Phipps. Le 12 Avril, 1798, il vaccina son fils Robert, en mème temps que quelques autres enfants. Il est tout spécialement mentionné dans sa première publication que “le virus ne prit pas” sur son fils Robert. flse trouvait alors tout aussi exposé à subir l'influence de la contagion variolique que s'il n’eut jamais été vacciné”?

‘The facts were these: on the 14th of May, 1796, Jenner “ vaccinated his first patient, Phipps. On 12?th of April, ‘1798, he vaccinated his son Robert, together with several ‘“ other children. It is particularly specified in his first publi. ‘ cation that his son Robert ‘did not receive the infection.” “ He was, therefore, as much liable to the influence of small ‘* pox contagion as if he had never been vaccinated.” (p. 44- 49, vol. 2.)

Un ami de Jenner, M. Cother, vint chez lui et prit l'enfant dans ses bras en disant qu’il arrivait de chez une famille où il y avait de la variole. Jenner aussitôt s'écria : ‘ Mr., vous ne savez ce que vous faites; cet enfant n’est point protégé. Il a été vacciné; mais le virus n’a pas pris.”

“Ie was vaccinated ; but the infection failed.”

Alarmé comme il l'était et croyantque son enfant prendrait inévitablement la variole, il résolut, n'ayant pas de vaccin, de lui inoculer le virus-variolique : ‘“ Il résolut alors d'avoir recours au meilleur moyen qui lui restât encore, et fit aussitôt inoculer l'enfant avec du virus-variolique, etc. “ He ‘ resoluted, therefore, to adopt the next best expedient, and ‘immediately had the child inoculated with small pox virus, elc. p. 45-48 vol 2.”

Jenner explique lui-m me les motifs qui l'ont porté à inoculer son fils avec le virus-variolique.

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Jenner avait su intéresser les hommes influents en sa faveur. M. Pitt, (mort Lord Henry Petty, Chancelier, etc., jen 1806), mit le sujet de la vaccination devant la chambre des communes, dans le but de faire indemniser Jenner des pertes que lui avait fait subir l'opposition qu’il rencontrait dans cette pratique. £a variole augmentait d’une manière alar- |mante ; une adresse fut votée à Sa Majesté, par la Chambre des Communes, la priant d'approuver certaines mesures pour venir en aide à Jenner. Il fut décidé que le Collége des Méde-

cins et Chirurgiens serait chargé d'examiner les progrès de la vaccination et de faire connaître la chose le plus tôt possible, et que l’auteur de cette découverte méritait une grande récompense. Voir p. 57 et suivantes vol. ?

La motion de Lord Henry Petty fut secondée par le Dr Matthews. Plusieurs orateurs se déclarèrent hautement en faveur de cette motion ; leurs sentiments étaient favorables à Jenner,etc. En même temps, on se prononça fortement contre l’inoculation du virus-variolique ; on disait avec raison que

cette pratique était le moyen de semer partout la maladie, Eh bien, si le cow pox est la variole même, ne sème-t-on pas : cette dernière par la vaccination ? Dans l’un comme dans l'autre cas, les virus sont les mêmes, d'une nature commune. essentiellement virulents et contagieux.

Quant à la vertu préservative de la vaccination, voici ce que Jenner en pensait: ‘ Si elle est pratiquée avec exactitude et d'une manière efficace, la constitution se trouvera protégée d’une attaque subséquente de variole, autant que la maladie

elle-même peut donner de protection. Je ne me suis jamais

attendu à ce que la vaccination fit plus, et je ne crois pas

| qu’elle fasse moins.”

| ‘ Duly and efficiently performed, he observesit will protect “ the constitution from. subsequent attacks of small pox, as

“ much as that disease itself will. I never expected that it

‘ would do more, and it will not, [ believe, do less.” p. 135,

vol. 2.

1 On a fait dire à Jenner le contrair: de ce qu'il a expr mé

élites. dits

mate né

savoir : que la vaccination est une protection contre la variole ; c’est pourquoi les vaccinateurs du jour nous répètent que le virus-vaccin est un préservatif, etc.

Du temps de Jenner, des associations se formaient contre l'inoculation du virus-variolique. Il était évident que la variole était entretenue et propagée par l’inoculation, et ce fut la raison pour laquelle on s'opposait à cette pratique qui a été définitivement supprimée, en Angleterre, en 1840,etau Canada, en 1853.

Baron dit encore, page 153, vol. 2 : ‘ 11 eut été heureux pour la santé publique que notre projet eût réussi ; car il est

hors de doute qu’une des principales causes du règne persis-:

tant de la petite vérole parmi nous, venait de la conduite

équivoque de ces médecins qui ne se faisaient pas scrupule ! d'employer aussi bien le virus-variolique que le cow pox.:

selon ce qui pouvait satisfaire leurs patients.”

“ It had been well for the health of the community had ‘our design prospered ; for it is unquestionable, that one of ‘the main causes of the continuance of small pox among us ‘“ arose from the ambiguous conduct of those men who ‘thought is no sin to employ either small pox or cow pox, as it might suit the caprice of their patients.”

Comment Jenner, qui déclarait que la variole était entretenue par l'inoculation et qui disait que le ‘“cow pox” est une maladie contagieuse, épidémique comme la variole,

pouvait-il prétendre que la vaccination fût un préservatif ? contre la variole? Deux maladies de mème nature doi- :

vent produire les mèmes effets : si l’inoculation du virusvariolique entretenait la variole, comment l’inoculation du virus-vaccin pouvaitil la prévenir ? La réponse est bien simple : dans l’un comme dans l’autre cas, l'inoculation et la

vaccination deviennent cause directe de la maladie, et voilà !

nb O RÉ E. - à -

pourquoi la variole a toujours suivi sa marche ascendante, !

comme le disait le Dr Coron devant l'Académie de Médecine de Paris, en 1871.

Sir Grosvenor et ses enfants furent atlaqués de la variole !

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