‹ Étude sur la variole-vaccinChapitre 9 sur 36 · ARTE · texte numérisé non relu

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Cependant, un peu plus tard, cet animal se montra, ainsi que son voisin d’étable, absolument réfractaire à l'inoculation vaccinale. La lymphe récoltée sur les pustules primaires de trois singes, servit en partie à en inoculer trois autres, en partie à varioliser trois veaux. Sur les singes, le résultat fut parfait; sur les veaux, il fut insignifiant. Aucun d'eux n'eut de pustules vaccinales ; un seul présenta quelques nodules aux points d’inoculation et fut complètement immunisé vis-à-vis de la vaccine ; les deux autres ne le furent que partiellement.

Il semble donc que la lymphe de pustule variolique primaire ne soit pas plus active sur le veau que le virus humain de généralisation.

Bien qu'il n’y rapporte pas d'expériences personnelles, il faut citer ici le rapport que lut Hervieux (37) devant l’Académie de Médecine, en mai 1895. Les raisons qu'il développe pour établir la dualité des deux virus sont presque exclusivement cliniques et n’entrent pas dans le cadre de ce travail ; mais cette comparaison permet à Hervieux, après M. Chauveau, de conclure aux dangers de la variolisation qu'il faut absolument proscrire, non-seulement sous sa forme de variohisation pure, mais aussi, sous cette forme qu'il ne saurait admettre, de la variolo-vaccination. Son travail ayant été critiqué par Verardini, 1l prit de nouveau la parole, en décembre de la même année, pour protester encore contre la substitution de la variolo-vaccine à la vaccine

ordinaire.

A l’occasion du centenaire de la découverte de Jenner,

on publia en 1896 de nombreux rapports sur la vaccine. Il fut cependant assez nou question de la variolo-vaccine.

On ne s'en occupa pas au Congrès vaccinal de Francfort-sur-Mein (15).

M. Hlava (39) eut, vers cette époque, l’occasion, au cours d'expériences sur le sérum des animaux variolisés, de réaliser la transplantation variolo-vaccinale. Mais la question ne l’intéressant pas directement, il ne vérifia pas la souche qu’il venait de produire, et n’en poursuivit pas l'étude. De la communication qu'il fit devant l’Académie de Bohême, seules les expériences suivantes touchent au sujet de ce travail.

Un veau inoculé par dix incisions ensemencées avec des croûtes varioliques broyées et émulsionnées, ne présenta localement qu'une réaction inflammatoire banale ; mais bientôt son corps se couvrit d’une éruption pustuleuse qui limmunisa contre une vaccinalion ultérieure. Par ailleurs, ce même animal reçut ultérieurement, en injection intra-veineuse, une émulsion de croûtes variohiques dans du bouillon. Elle ne détermina qu'une élévation de température.

Un mouton qui avait reçu, également en injection intra- veineuse, 8 cm. ec. d'une émulsion de croûtes varioliques, eut un exanthème pustuleux. La variohsation cutanée, pratiquée quelques jours après, resta sans résultat. Le sérum de cet animal, inoculé à un enfant et à un veau, les rendit réfractaires, le premier à la vaccine, le second à la variole.

La même année, M. Simpson (55) publia les essais de

variolisation auxquels l'avaient parfois conduit ses travaux

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sur la variole. Ces expériences, faites de 1884 à 1895, les premières en Ecosse, les autres aux Indes, portèrent sur diverses espèces animales. Seules, les tentatives de variohsation des bovidés rentrent, par leurs résultats, dans le cadre de ce travail.

Avec du virus variolique récent ou ancien, clair ou purulent, prélevé du 5° au 17° jour de la maladie, 1l inocula 15 veaux et 6 vaches. Parmi ces animaux, 14 restèrent indemnes ou ne présentèrent que des réactions inflammatoires banales. Il est vrai que certains de ces échecs peuvent être attribués en partie à l'emploi, ignoré de M. Simpson, d’une huile phéniquée, susceptible de détruire le virus variolique. Quelques autres animaux eurent quelques nodules, papules, ou vésiculettes; mais en éliminant quelques sujets qui moururent de peste bovine, on constate qu'en définitive, une seule expérience fut couronnée de succès.

Il s'agissait d’un veau sur lequel l’inoculation le # mars 1892, de pulpe variolique prélevée au 5° jour de l’éruption, détermina l’éclosion de neuf vésicules le 7°, le 10 et le 11° jour. Un second et un troisième animal, inoculés l’un avec Ja lymphe prélevée le 7° jour, l’autre avec celle du 10° jour, présentèrent une éruption vaccinale typique.

La lymphe que fournit le 2° veau fut récoltée le 5e Jour et inoculée à un enfant avec plein succès. De ce premier enfant on en inocula deux autres, dont les éléments vaccinaux furent, 6 jours après, transmis à un veau. La pulpe qu'il fournit, 122 Jours plus lard, fut broyée, mêlée à de la lanoline et enfermée

dans des tubes cachetés. Un échantillon en fut adressé

SR CE à M. Klein qui l’utilisa sur 2 veaux. Le succès fut si concluant qu'il n'hésita pas à inoculer 3 enfants. On suivit ces enfants pendant plusieurs semaines : jamais on ne constata la moindre différence entre l’évolution de leurs boutons vaccinaux et celle qu'aurait produite la lymphe vaccinale ordinaire. On employa donc cette lymphe à la vaccination courante.

Encouragé par le succès de Simpson qu'il venait de contrôler, M. Klein résolut de tenter à son tour, la transformation variolo-vaccinale.

Ayant reçu de l'hôpital maritime de Londres du virus variolique, il l’inocula à un veau par plusieurs incisions cutanées. Le 4e jour, plusieurs d’entre elles étaient gonflées sans qu'il y eut, à proprement parler, formation de vésicules. On les exprima et on les curelta cependant afin d'obtenir une lymphe qui servit à inoculer un second veau par 24 incisions. Le o° Jour, 4 d’entre elles étaient boursouflées et entourées d’un aréole ; mais là encore, 1l n'y a pas trace de vésiculation. Mêmes opérations et mêmes résultats sur le veau de troisième passage.

Un quatrième animal fut inoculé, avec la lymphe de troisième génération, à « Lamb’s Conduit Street » avec des instruments stérilisés et toutes les précautions aseptiques possibles. Le T° Jour, le résultat positif de l’inoculation n’était pas douteux, bien que, dans ce cas encore, 1] n'y eut pas de vésiculation. Cette lymphe de 4° génération portée sur le bras d’un enfant, engendra des boutons vaccinaux typiques. Le 15° jour, on préleva un peu de cette lymphe pour la mélanger à une solution saline et l'inoculer à un veau. Le succès fut

pe

complet. La lymphe de ce veau servit à vacciner deux enfants : là encore, vaccine typique qui fut le point de départ d’une souche vaccinale parfaite.

En 1897 et 1898, MM. Riesel et Wasilewski (51) inoculèrent 3 veaux dans l'Institut vaccinal de Halle a/S. Il est vrai que dans l'espoir d'éviter toute possibilité de contamination accidentelle, ils chargèrent un spécialiste de désinfecter chaque fois l’étable aux vapeurs de formol et de renouveler cette opération 10 jours après.

En 1897, ils inoculèrent 2 veaux âgés de 3 semaines avec de la semence variolique humaine. Le premier ne réagit presque pas ; l’autre présenta, à côté d’une éruption papuleuse discrète, une pustule dont la lymphe fut récoltée le 7° jour, en même lemps que les éléments papuleux. Une inoculation vaccinale pratiquée le 11° jour, avec de la lymphe humaine, fut, sur le premier animal, couronnée de succès. Le second eut une éruption de 37 pustules isolées absolument typiques qui commencaient déjà à se dessécher le 5° jour. Si cette inoculation avorta partiellement, c'était évidemment parce que la variolisation précédente avait créé un cerlain degré d’immunité ; mais une pustule unique avait été inpuissante à créer l'immunisalion totale. Dix jours seulement après l'inoculation variolique, la rétro-vaccine qui s’élait ainsi développée produisit sur le veau auquel on l’inocula des chapelets de pustules.

La semence variolique, pustule et papules conservées séparément, fut glycérinée aussitôt après la récolte. La lymphe qui provenait de la pustule fut inoculée, # Jours

après, à un nouvel animal. Le 5° jour, celui-ci pré-

SR nu senta une éruption pustuleuse qu’on récolta immédiatement ; or le lendemain, apparurent de nouveau quelques pustulettes qui se desséchèrent rapidement. Cette lymphe de 2° génération, inoculée à un autre veau, engendra de belles pustules qu'on récolta le o° jour.

Après un 4° passage sur le veau, cette variolo-vaccine fut, l’année suivante, inoculée à l'homme. Sur l'animal, cette lymphe s'était toujours comportée comme une pulpe vaccinale ordinaire ; le résultat fut le même sur l’homme.

Des échantillons envoyés aux Directeurs des Instituts vaccinaux allemands, leur permirent de confirmer ces résultats.

La 3° expérience fut faite le 16 juin 1898. Elle porta sur un veau qui fut variolisé avec une semence recueillie au mois d'avril, sur une variole discrète, Le 6e Jour, les stries d’inoculation étaient cicatrisées. Cependant lorsque l'animal fut revacciné le 24 juin avec de la lymphe humaine, il n’en résulta que de rares pustules, petites et sèches, reposant sur des incisions enflammées. Les endroits inoculés en surface étaient couverts d'une croûte plate et sèche. Il, était évident que la première inoculation avait influencé la réceptivité vaccinale de cet animal.

En résumé, sur 3 animaux inoculés, un seul a présenté une pustule unique, qui, inoculée à l’homme en 4° génératon, devint l’origine d’une souche variolo-vaccinale couramment employée à Halle depuis cette époque. De ce résultat, M. Riesel se croit autorisé à conclure que « contrairement à ce que prétendent les expérimentateurs français, 1l paraît démontré que la variole inoculée aux

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