‹ Étude sur la Variolo-VaccineChapitre 29 sur 37 · ETUDE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

ETUDE EXPÉRIMENTALE

Les expériences que nous rapportons dans ce travar furent faites en collaboration avec MM. Kelsch, P.-J. Teissier, L. Camus et Tanon ({‘). Elles portèrent sur des veaux, des lapins et des singes. l

Sur les bovidés on pratiqua :

1° Des inoculations de virus variolique.

20 Des scarifications à blanc avec de la glycérine pure.

Mais tandis que les tentatives de variolisation furent réalisées à l'hôpital Claude-Bernard dans des conditions que nous nous sommes efforcés de rendre irréprochables, les inoculations à blanc furent faites, avec toutes les précautions possibles pour éviter une contamination vacei-

(1) Kecscu, P. Terssrer, L. Camus, Tano et Duvorn. De la variolo-vaccine, Bull. Acad. Méd., 6 juillet 1909 ; — A propos de la variolo-vaccine, Gaz. hôpitaux, 27 janv.1910, 145; — Nouvelles recherches expérimentales sur la variolovaccine, Bull. Acad. Méd., 19 juillet 1910; — Contribution à l'étude de la variolo-vaccine (1° mémoire) ; Nouvelle contribution à l'étude de la variolovaccine (2° mémoire), Journal de physiol. el de pathol. générale, sept. 1910 742-757 et 765-780.

P. Teissiger Et M. Duvorn. Tentatives de variolisation des lapins par voie cutanée, Soc. de biologie, 12 février 1910, p. 270. x,

P. Teissrëer, M. Duvorr et SreveniN. Variolisation des singes par voie cutanée. Soc. de biologie, décembre 1910.

nale accidentelle, dans les étables de l’Institut vaccinogène de l’Académie de Médecine.

Par ces dernières expériences nous nous proposions en effet « de mettre fin, si possible, aux doutes que soulèvent les faits du genre de ceux rapportés par M. Mœvius au Congrès au Hambourg et dont il est loisible de rapprocher certaines autres observations. » Par contre 1l convenait, pour la valeur des expériences, que les tentatives de variolisation des veaux fussent faites hors de l’Institut vaccinal, afin que le virus variolique ne fut pas accidentellement contaminé par la vaccine, Il s'y Joignail cette préoccupation, importante au point de vue de la pralique vaccinale, de ne pas conlaminer la lymphe vaccinale par le virus variolique.

Par l'inoculation de la variole au lapin par voie cutanée |!), nous nous proposions de vérifier l'aptitude toute spéciale que, d’après leurs récentes expériences, MM. Voigt et Freyer, reconnaissent à cet animal, à transformer la variole en vaccine.

La variolisation des singes avait pour objet le contrôle de la virulence des semences varioliques expérimentées sur les bovidés. Notre but était également d'inoculer au veau à l'exemple de MM. de Haan, Béclère, Voigt et Copeman, les produits de l'élément primaire de la variole du .

(1) Nous avons également tenté de varioliser des lapins par voie digestive, trachéale ou intra-péritonéale. Au cours de ces expériences, nous n'avons jamais observé d’éruption cutanée. Nous ne mentionnons donc ces essais que pour mémoire, nous proposant d’y revenir, à d'autres points de vue, dans un travail ultérieur.

singe. Des circonstances imprévues ne nous permirent de réaliser qu'un seul essai de ce genre !.

Expériences sur les bovidés

I. Tentatives de variolisation des bovidés. — Ces expériences furent faites à l'hôpital Claude-Bernard où les génisses arrivaient directement sans passer par l'Académie de médecine. On les plaçait dans une étable de construction récente qui n'avait jamais abrité d'animaux vaccinés. On prit cependant la précaution de la désinfecter par le savonnage et le lavage des murs au sublimé, au crésyl et au formol et par des fumigations au soufre entretenues pendant 48 heures. On recouvrit ensuite les murs d’un lait de chaux et on lava les dalles du sol à l'acide chlorhydrique et à l'acide sulfurique. Des précautions analogues furent prises entre chaque expérience. Une température constante de 18° fut maintenue dans l’étable à l’aide d'un radiateur au gaz.

Après une observation régulière de quelques jours, on inoculait les génisses debout pour éviter l'emploi d'une table à inoculation d’une stériisation délicate. Elles étaient rasées et inoculées à l’aide d'instruments minutüeusement stérilisés au four à flamber et à l’autoclave. On avait toujours le soin de maintenir les animaux immobiles pendant une demi-heure environ après l'inoculation afin de laisser à la semence variolique le temps de

1 Nous avons entrepris de nouvelles expériences dans le but de comble cette lacune,

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sécher. Puis on protégeait l'animal avec des couvertures stérihisées.

Ces inoculations furent faites en général dans l'étable même ; cependant, afin de nous mettre dans des condiions analogues à celles de l'expérience de Fischer en 1886, 6 veaux (n*% 13, 14, 15, 16, 17 et 18) furent inoculés directement de la façon suivante : « Le varioleux étant couché au rez-de-chaussée du pavillon Proust, le lit disposé contre la fenêlre s’ouvrant sur le jardin contigu, la génisse était amenée près de cette dernière, fixée dans la station normale à des poteaux ou étendue sur un matelas recouvert d’un drap slérilisé, et scarifiée par l’un de nous, pendant que l’autre recueillait la lymphe sur le varioleux avec un vaccino-style qu'il passait à l'inoculateur. Le virus était introduit au fur et à mesure, entre les lèvres de scarifications, faites au préalable ; puis avec une spatule 1l était réparti également entre la surface et la profondeur ».

L'inoculation vaccinale d’épreuve fut faite, après un lavage minutieux de l'animal, dans les locaux de l'Insütut supérieur de vaccine à l'Académie de Médecine, afin, en ne maniant jamais de vaccin dans les étables de l'hôpital Claude-Bernard, d'éviter toute possibilité de contamination.

Les procédés d’inoculation furent ceux que préconisèrent Fischer, Haccius et Eternod ; ceux de Juhel-Renoy et Dupuy ; à savoir : stries avec la pointe de la lancette, scarificalions ou surfaces de dénudation au papier de verre, pratiquées en grand nombre (60 à 80) sur les flancs des génisses. Dans quelques cas on ajoute des inoculations au mufle et aux têtines.

Le virus employé fut de deux sortes :

Les 8 premières génisses, inoculées du 19 février 1908 au 12 juin 1909, reçurent une semence variolique recueillie depuis un temps variable sur 9 varioleux de l'hôpital même et sur 2 varioleux de Marseille ; le prélèvement de cette dernière semence avait été fait par M. Huon, directeur de l’Institut municipal de vaccine de cette ville. Ces produits étaient, soit de la lymphe hyaline ou purulente, récente ou ancienne, mêlée ou non à de la glycérine ; soit de la sérosité provenant de phlyctènes ; soit des croûtes fraîches ou anciennes, conservées dans la glacière suivant le conseil de MM. Freyer et Stumpf, et converties au moment de l'emploi, par broyage dans la glycérine, en une sorte d’électuaire. Ces divers produits furent souvent inoculés comparativement sur le même animal.

Les 11 derniers veaux reçurent une semence recueillie, à notre avis, dans des conditions particulièrement favorables. Profitant en effel de la petite épidémie de variole qui survint à Paris de janvier à mai 1900, nous avons pu prélever, sur les soixante malades qu'elle amena à l'hôpital Claude-Bernard du virus frais en abondance. « Il provenait, dans 3 cas, d'enfants qui n'avaient jamais été vaccinés et dont l’un, de nationalité étrangère, fut le point de départ de l'épidémie ; dans les autres cas, d'adultes, hommes ou femmes, atteints de varioles confluentes, quelques-unes ecchymotliques, varioles en général graves. Le virus fut recueilli suivant les circonstances au début ou à la fin de la vésiculation, durant la pustulation, et chaque fois avec graltage très marqué du fond de la vésicule ou de la pustule ».

et.

Les malades auxquels étaient empruntées les semences varioliques inoculées aux 8 premières génisses avaient été, pour la plupart, traités par le xylol. Nous nous étions demandé si cette médication, dont on connaît l'efficacité, n'avait pas pu exercer quelque atténuation de la semence variolique. Aussi avons-nous eu soin, pour cetie deuxième série d'expériences, de recueillir le virusavant tout traitement. Seul le sujet dont la lymphe fut inoculée à la génisse 16, avait pris, le matin même, X gouttes de xylol.

La pulpe utilisée pour la génisse 18 provenait de la pustule primaire d'un singe variolisé.

Chaque inoculation fut précédée d'un examen bactériologique de la semence variolique. L’ensemencement sur gélose et sur bouillon révéla, le plus souvent, pour le virus récent, du staphylocoque doré ou blanc ; le plus habituellement, les Jymphes ou croûles anciennes glycérinées, étaient stériles.

Voici le résumé de ces expériences !.

GÉNISSE N° 1, inoculée à l’étable le 19 février 1908, avec du pus et de la pulpe varioliques, prélevés la veille et le matin même de l’inoculation, au 9 jour d’une variole confluente. Dans la zone ino culée avec la pulpe variolique apparait, au 7° jour, une ébauche de papulation qui disparut rapidement.

L'inoculation vaccinale d’épreuve produisit une éruption précoce avortée et hâtive.

A l'inoculation de contrôle au lapin, cette Iymphe vaccinale montre peu de virulence.

1 Le protocole complet de ces expériences ayant déjà été publié dans le Journa! de Physiologie et de Pathologie générale (loc. cit.), nous en donnons seulement le résumé.

DUVOIR. ÿ|

re

Le sérum de la génisse est nettement virulicide vis-à-vis du

vaccin.

En résumé : Ebauche de papulation. Immunisation partielle.

GÉNISSE N° 2, inoculée à l’étable le 4 mars 1908, avec de la sérosité purulente et de la pulpe varioliques recueillies depuis 8 et 415 jours. On n'observe pas la moindre trace d’éruption.

Cependant l'éruption vaccinale d'épreuves est précoce et hâtive et le contrôle du vaccin recueilli sur cette génisse témoigne de sa faible virulence.

Quant au sérum de la génisse, il se montre virulicide.

En résumé : Pas d'éruption. Immunisation partielle.

GÉNISSsE N° 3, inoculée à l'étable le 18 mars 1908, avec du pus et des croûtes varioliques conservées à la glacière depuis À mois environ. La génisse présente une éruption de vésicules miliaires rapidement desséchées, éparses entre les scarifications qui restent exemptes de toute apparence morbide.

La contre-épreuve vaccinale donne une éruption assez belle, dont la Iymphe montre au contrôle une activité normale.

Le sérum de cet animal n'est que très légèrement virulicide.

En résumé : Eruption miliaire vraisemblablement non spécifique ; réceptivité vaccinale sensiblement normale.

GÉNISSE N° 4, inoculée à l’étable le 45 avril 1908, avec du pus recueilli depuis 8 jours et des croûtes varioliques conservées à la glacière depuis #1 jours. Aucune trace d’éruption.

Eruption vaccinale d'épreuve franchement avortée, et dont la lymphe inoculée au lapin se montre peu active.

Le séram de cet animal est légèrement virulicide.

En résumé : Pas d’éruption. Réceptivité vaccinale très sensiblement diminuée.

GENISSE N° 5, inoculée à l’étable le 6 mai 1908, avec des croûtes varioliques recueillies et conservées à la glacière depuis une vingtaine de jours. Aucune apparence morbide sur le champ d'inoculation.

Eruption vaccinale d’épreuve précoce et avortée dont la Iymphe accuse cependant une activité presque normale.

—MOUO—

Aptitude virulicide légère du sérum:

En résumé : Pas d’éruption. Légère immunisation.

GÉNISSE N° 6, inoculée à l’étable le 20 mai 1908, avec les mêmes produits que la génisse n° 5. Aucune trace de réaction.

Eruption vaccinale d'épreuve précoce, à évolution accélérée et à apparence fruste.

Aptitude très nettement virulicide du sérum.

En résumé : Aucune éruption. Immunisation partielle.

GÉNISSES N°° 7 ET 8, inoculées à l’étable le 12 juin 1909, avec de la lymphe et des croûtes varioliques* anciennes (une zone est inoculée avec du liquide purulent provenant de l’épidémie de variole de 1905). Aucune apparence morbide sur les surfaces ensemencées.

La contre-épreuve vaccinale avorte partiellement sur les deux génisses.

En résumé : Aucune éruption. Immunisation partielle.

GÉNISSE N° 9, inoculée à l’étable le 26 janvier 1910, avec de la lymphe fraiche hyaline provenant d’une variole grave terminée par la mort, survenue chez un enfant qui n'avait jamais été vacciné. Sur le flanc du côté opposé, on pratique des inoculations à blane. II se produit sur les scarifications variolisées, une réaction inflammatoire légère et fugace.

L’éruption vaccinale d'épreuve avorte partiellement.

Le sérum de cette génisse se montre virulicide.

En résumé : Réaction inflammatoire fugace. Immunisation partielle.

Génisse N° 10, inoculée à l’étable le 24 janvier 1910, avec des eroûtes épaisses et grattées jusqu’au sang, recueillies sur le singe nemestrinus n° 3, le 7° jour après la variolisation. Sur le flanc opposé, scarifications aseptiques.

Du côté variolisé, réaction phlegmasique banale.

L'inoculation vaceinale détermine, le long de certaines incisions, une vague ébauche de pustulation et le long des autres une réaction purement phlegmasique.

En résumé : Réaction inflammatoire banale; immunisation presque complète.

GÉnisse N° 11, inoculée à l’étable le 18 février 1910, avec du virus un peu grumeleux qui venait d’être recueilli sur une fillette de 2 ans 1/2 non vaccinée, atteinte de variole confluente à la période présuppurative. Aucune réaction appréciable.

Eruption vaccinale d’épreuve d’assez belle venue.

En résumé : Aucune éruption. Immunisation insignifiante.

GÉNISSE N° 192, inoculée à l’étable le 20 février 4940, avec de la lymphe en partie pure, en partie glycérinée, recueillie avant l’achèvement de la vésiculation, dans un cas de variole confluente. Scarification d’épreuve.

On remarque le 9 mars, sur le parcours d’une scarification inoculée, un petit nodule ferme sans réaction inflammatoire ambiante, dont l’incision, le 14 mars, montre un magma caséeux amicrobien.

Eruption vaccinale un peu élective.

En résumé : Pas de réaction spécifique. Immunisation légère.

GÉNISSE N° 13, inoculée au lit même du malade le 20 mars 1910, avec du virus provenant de papulo-vésicules et de quelques éléments hémorrhagiques, le 4° de l’éruption dans un cas de variole terminé par la mort. — Scarifications aseptiques sur le flanc opposé.

Aucune réaction spécifique.

Très belle éruption vaccinale d’épreuve.

En résumé : Ni éruption, ni immunisation.

GÉNISSE N° 14, inoculée au lit même du malade le 25 mars 1910, avec du pus recueilli sur un cas de variole confluente. Scarifications aseptiques sur le flanc opposé.

Aucune réaction spécifique.

Eruption vaccinale d’épreuve un peu maigre.

En résumé : Pas de réaction spécifique, immunisation minime (?)

GÉNISSE N° 15, inoculée le 6 avril 1910, avec da virus recueilli sur un enfant de 2 ans non vacciné, atteint de variole confluente. 2 champs d’inoculation : sur le segment antérieur séro-pus non glycériné inoculé au lit même du malade; sur le segment postérieur

séro-pus glycériné recueilli la veille. Scarifications aseptiques sur le flanc opposé.

Le ?e jour, éruption légère de sudamnia sur les 2 flancs rasés de la génisse Dans les 2 segments inoculés, les scarifications sont légèrement surélevées, un peu indurées et encadrées d’un liseré inflammatoire.

Le 3 jour, la réaction phlegmasique semble plus marquée dans le segment inoculé avec le virus glycériné.

Le 5° jour, sur le segment inoculé avec le virus glycériné, on découvre 2 ou 3 petites élevures grosses comme des têtes d’épingles, de nature certainement traumatique, car elles furent très fugaces.

Eruption vaccinale d'épreuve très belle avec le vacein de lapin ; moins marquée avec le vaccin de génisse.

En résumé : Pas d'éruption. fmmunisation minime (?)

GéNisse N° 16, inoculée le 12 avril 1910 au lit du malade, avec de la lymphe opalescente recueillie au 5° jour de l’éruption d’une variole hémorragique terminée cependant par la guérison. La malade avait absorbé X gouttes de xylol. En plus du flanc gauche, du virus est également inoculé aux tétines et au mufle. Scarifications aseptiques sur le flanc droit.

Légère réaction phlegmasique au niveau des scarifications virulentes et glycérinées. “

Eruption vaccinale d’épreuve chétive, croûtelleuse, mal venue et fruste.

En résumé : Aucune réaction spécifique. Immunisation partielle.

Génisse N° 17, inoculée au lit même du malade le 22 avril 1910, avec du virus clair provenant d’une variole confluente, un peu ecchymotique, terminée par la guérison, malgré ses allures sévères. Au moment de l’inoculation, au 8° jour de la maladie, la température de la malade était à 39°2. Inoculations sur le flanc gauche, le pis et la narine droite. Scarifications aseptiques d’épreuve.

Aucune réaction. Les incisions sont représentées par des croùtelles linéaires, légèrement saillantes; 8 ou 10 d’entre elles portent quelques élevures plates, indépendantes ou fusionnées par leurs bords contigus (apparence moniliforme). Quelques élevures

apparentes semblables sont éparses sur le champ d’ensemencement. Le grattage de tous ces éléments fournit une pulpe absolument sèche où le microscope ne fait découvrir que des produits épidermiques et des fragments de tissu cellulaire.

Cette pulpe est additionnée du 1/3 de son poids de glycérine, puis broyée à la molette. Une partie en est inoculée séance tenante à un lapin (dos, bords inférieur et supérieur de la narine gauche, cornée droite). L'autre, la plus considérable, est conservée à la glacière pour être inoculée ultérieurement à une génisse. Ces deux inoculations furent stériles.

Eruption vaccinale d’épreuve d'apparence médiocre.

En résumé : Eruption papuleuse ; immunisation partielle.

TAURILLON N° 18, inoculé au lit du malade, le 9 mai 1910, avec du virus purulent et sanguinolent prélevé le 5° jour de l’éruption sur une variole confluente et ecchymotique en certains points. Scarifications aseptiques sur le flanc opposé. Réaction phlegmasique légère au niveau de scarifications virulentes.

Vaccination d’épreuve sur le flanc et les bourses : éruption fruste sur le flanc ; très bien venue sur les bourses ; mais desséchée, recouverte de croûtes jaunes et parcheminées au-dessous desquelles le tissu apparait sec sans la moindre trace de lymphe.

En résumé : Aucune réaction. Immunisation partielle.

GÉNISSE N° 19, inoculée à l’étable le 25 mai 1940, avec du virus recueilli sur un nègre non vacciné atteint de variole confluente grave, terminée cependant par la guérison. Le virus prélevé dans des vésico-pustules était conservé depuis 10 jours dans de l’eau glycérinée. Scarifications aseptiques sur le flanc coposé.

Réaction traumatique très légère sur les deux . spèces de searifications. Eruption vaccinale d’épreuve fruste, tout en eroûtes, sans relief, sans liseré lymphogène, et presque sans rougeur ambiante.

En résumé : Aucune réaction spécifique. Immunisation partielle.

Ainsi nos tentatives sont restées stériles. Malgré la diversité et la qualité du virus employé, les effets, le plus souvent, furent nuls, ou d'apparence inflammatoire

banale, 2 fois (génisses n° 3 et 15), on observa une éruption miliaire non spécifique, 2 génisses enfin (génisses n°* | et 17), présentèrent une éruption papulo-érythémateuse qui, dans un cas, inoculée sur la génisse et le lapin, ne donna aucune réaction ni banale, ni spécifique.

Et cependant, à l'exception des génisses n% 3, 11, 13, 1%, 15 dont l’éruption fut irréprochable, la plupart des animaux répondirent à l’inoculation vaccinale d'épreuve par une éruption plus ou moins chétive, faite d'éléments peu développés, mal venus et hâtfs.

Inoculations à blanc à l’Académie de Médecine. — Sept génisses furent inoculées à blane, c’est-à-dire reçurent de la glycérine pure, stérile dans les 25 à 85 scarifications qui furent faites, comme d'habitude sur le flanc.

Toutes les précautions furent prises pour meltre obstacle autant que possible à une inoculation accidentelle. Les animaux furent placés successivement à l’étable des génisses vaccinifères : mais dans des stalles séparées des voisines par des cloisons pleines, s’opposant à tout contact direct entre les animaux. Ces stalles avaient été préalablement lavées, puis désinfectées à fond avec le crésyl. Pour les protéger contre les mouches, les génisses étaient enveloppées, comme :1l est de règle pour les génisses vaccinifères, d’une couverture stérilisée au four Pasteur et retenue autour du corps par des sangles solides fixées sous le ventre. Chaque jour cette couverture était remplacée, et recommandation expresse était faite à l’aide de s'abstenir de tout attouchement avec les doigts, de la surface scarifiée.

. GÉNISSE ne 20, inoculée à blanc le 30 avril 1909, elle présente, 5 jours après, une éruption de 11 pustules vaceinales auxquelles se surajoutèrent les jours suivants 1 +2+-2 pustules, c'est-à-dire au total 16 éléments vaccinaux.

Eruption vaccinale d’épreuve manifestement avortée.

L'inoculation au lapin de la lymphe des pustules spontanées, détermine une éruption vaccinale typique.

En résumé : 16 pustules vaccinales de virulence normale. Immunisation presque complète ‘.

GÉnNisse N° 21, inoculée à blanc le 19 mai 1909, elle présente, le 5° jour, une pustule vaccinale naissante à laquelle se surajoutent, le 7e jour, une nouvelle pustule et, le 10° jour, 8 nouveaux éléments : nodules et papules rouges, pisiformes, comparables aux éléments de la revaccination.

A la vaccination d’épreuve, la génisse répond par une très légère saillie des incisions, attestant une immunisation presque complète:

L'inoculation au lapin de la lymphe des nustules vaccinales spontanées montre qu’elle est de virulence avrmale

En résumé : 8 papules et 2 pustules inoculables au lapin. Immunisation presque complète (Voir fig. 4).

GÉNISSE N° 22, inoculée à blanc le 49 mai 1909, elle présente à partir du 4 jour 11 papules. L'une d’elles, en se développant, forme 8 jours après son apparition, le 4 juin, une grosse pustule plate, encroûtée, ayant tous les caractères d’une pustule vaccinale en voie de dessication.

La vaccination d’épreuve se limite à une légère saillie des ineisions et à une douzaine de papules miliaires. ‘

L'inoculation au lapin prouve la virulence normale de l’éruption vaccinale accidentelle.

En résumé : 11 éléments vaccinaux dont une grosse pustule inoeulable au lapin. Immunisation presque complète ( Voir fig. 2).

! Une aquarelle et une photographie de cette génisse ont été publiées dans le Journ. de Physiol. el de Pathol. générale (loc. cit.)

DUVOIR, Variolo-vaccine.

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