‹ Étude sur la vie de P. de RonsardChapitre 85 sur 125 · A CLAUDE BINET · texte numérisé non relu

A CLAUDE BINET

J'ay tant à me douloir du départ de Ronsard, Le regret m'outre tant de perte si récente, Que de m'en dégorger le trop de dueil m'exente, Par trop de pensemens et m.uet et songeard.

Binet, qui pieteux serres de toute part Des amis d'Apollon toute grâce excellente, N'atten rien tel de moy; car ma douleur pressante, Et plus juste que d'autre, éclatera plus tard.

Nous sucçasmes un laict de la Muse nourrice, Que nous eusmes tous deux en mesme temps propice, Sous bien divers destins et différentes mœurs.

Subjets à la Fortune, exposez à l'Envie, Ores bien, ores mai, nous menons ceste vie, Oij la douce raison cède aux aigres humeurs,

J. Antoine de Baïf.

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