ORTHODOXIE
L*abbé 8*est occupé particulièrement des choses de la religion dans cinq opuscules, sur le moyen de perfectionner les établissements religieux, sur le célibat des prêtres , sur Tessenliel de la religion, sur l'explication d'une apparition, et sur le mahométisme.
Dans son Projet pour rendre les établissements des religieux plus parfaits^ il se montre très-hostile à l'oisiveté monacale et l'attaque avec une grande vivacité. La meilleure manière d'imiter Dieu, dit-il, est d'imiter sa bienfaisance. Or, passer sept ou huit heures par jour à chanter des psaumes ou à •réciter des rosaires, c'est faire bien, sans doute, si l'on n'est capable^ de rien de mieux. On dira que contempler Dieu, c'est l'imiter, car Dieu se contemple : mauvaise raison, car Dieu, en même temps qu'il se contemple, ne cesse de faire du bien aux hommes; il faut donc, pour l'imiter tout à fait, unir l'action, c'est-à-dire la pratique de la bienfaisance, à la contemplation; et s'il faut choisir, il faut choisir Faction, parce que l'homme qui fait du bien aux autres imite ainsi Ueu beaucoup mieux que celui qui laisse son frère malade sans secours, pour ne faire que penser à la bienfaisance de Dieu.
Les hommes, dit-il encore, se font de singulières idées et de Dieu et de la sainteté. Ils s'imaginent que Dieu, comme un simple et vaniteux mortel, prend un plaisir infini à entendre chanter ses louanges. Que dirait-on d'un roi qui
d*officicrs el de courtisans, est bien près d*étre perdue. Il s'indignait de voir cette « noblesse française, si célèbre, si ce illustre, devenue un peuple presque de la même sorte que «( le peuple même, et seulement distingué de lui en ce que « le peuple a la liberté de tout travail, de tout négoce, des K armes mêmes, au lieu que la noblesse est devenue un « autre peuple qui n*a d*autrc choii qu'une mortelle et n ruineuse oisiveté, qui, par son inutilité à tout, la rend à K charge et méprisée, ou d'aller à la guerre se faire tuer, à « travers les insultes des commis des secrétaires d'Etat et « des secrétaires des intendants. » Le sentiment de cette situation lui pèse comme un remords. Il faut, à tOQtprix, que la noblesse se relève. Mais, pour cela, que faut-il T Ce qu'il avait aperçu sans cbimères dans ses premiers entretiens avec le duc de Bourgogne : u la chute des marteaux « de l'Etat et des tou t-puissants ennemisdes seigneurs et de la « noblesse qu'ils avaient mise en poudre et à leurs pieds; » le reQversementdumonstrequil'avait dévorée, c'est-à-diredu contrôleur général et des secrétaires d'Etat, souvent désunis, mais toujours parfaitement réunis contre elle. « Cest dans ce dessein^ ajoute-t-il, que /avais imaginé les conseils qui, au commencement de 1709, surprirent si fort le duc de
Chevreuse. . . » « Mon dessein fut de commencer à mettre
« la noblesse dans le ministère (l'administration) avec la dite gnité et l'autorité qui lui convenait, aux dépens de la robe c( et de la plume, et de conduire sagement les choses par « degrés et selon les occurrences, pour que peu à peu cette (c roture perdit toutes les administrations qui ne sont pas <( de pure judicature , et que seigneurs et toute noblesse «fussent peu à peu substitués à tous les emplois'. » Et quand, dans l'attente de la mort du roi, il discuta, avec le duc d'Orléans, les conditions du gouvernement futur, il lui représenta « que cet établissement flatterait extrêmement (( les seigneurs et toute la noblesse, éloignée des affaires
« XXIII, 9i.
lis près d*UD siècle, et qui ne voyait point d*espérance e relever de rabattement où elle se trouvait plongée; ce retour inespéré et subit du néant à l'être toucherait lenKsnt ceux qui en profiteraient par leurs nouveaux ilois, et ceux encore à qui il n'en serait point donné ^ ;e qu'ils en espéreraient dans la^uite, par l'ouverture ette porte, et qu'en attendant ils s'applaudiraient du I commun et de la jouissance de leurs pareils \ >; n de plus clair. L'institution des conseils était, dans la e dé Saint-Simon, un moyen de livrer le gouvernement oUesse et de former la noblesse au gouvernement, de enfin une aristocratie administrative. 11 ne se dissimu* is l'embarras, qui était « l'ignorance, l'inapplication, èreté de cette noblesse, accoutumée à n'être bonne à |u'à se faire tuer, » mais, enfin, il espéra tant que le e Bourgogne vécut.
ispéra encore, mais moins fermement, quand il vit le 'Orléans destiné à la régence ; et il commença à désestout à fait quand il vit fonctionner le gouvernement avait appelé de tous ses vœux. Il est vrai que ce goument, nous l'avons vu, ne fut pas ce que Saint-Simon souhaité et projeté; il se défend bien d'avoir désiré ces ils tels que le régent les établit, avec une confusion, »mbre de membres , un désordre qu'il n'y avait pas prétend-il; il affirme que l'indigeste composition et ition du nouveau gouvernement fut due à l'ambition, luce, aux persévérantes adresses du duc de Noailles , oulait faire tomber les conseils au plus tôt pour rester ier ministre; il se plaint du régent lui-même, qui, par ite, non moins que par celle des intrigants, ne prit du beau plan du duc de Bourgogne que la plus faible e; tout cela peut être vrai, et nous savons pourquoi mment le régent dut s'écarter du plan primitif; mais loses eussent-elles mieux tourné, s'il Teût suivi? On
un, 97.
iwui liarJiinoDi ivpouJro que non, et i ela non-seulement
cauA* lie riiicA|mcilê des hommes qui eût été la même, ma
à causT du vuv radical de Tinstitution, qui subsistait dai
leplaii doSiiint-Siniun, aussi bien que dans Tessai du ri
cpiil. Kl <**' ^*^'^\ ^^ marquis d'Argenson Ta très-nettemei
^nnW »*t comlamné en quelques lignes '^p. 175) : « Ai
« t.int, dit-ily les conseils peuvent être utiles quand ils soi
^,liri*:<*>, que les questions qui leur sont soumises ont él
^ir;i\anoe préparées par Tautorité, ot que celle-ci décU
^souverainement après les avoir consultés, autant ils soi
n dangereux, lorsqu'au lieu de leur laisser le soin d'éclairer 1
,. pouvoir, on le leur abandonne tout entier. Alors ilsdégéni
«, roui eu wiiie pétaudière; on tracasse, on dispute, personn
«» PC s'entend, et il n'en résulte que désordre et anarchie.
Ainsi la polysynodie, imaginée par Saint-Simon, accé{
w par le duc de Bourgogne, appliquée par le régent, ava
m double vice : elle livrait lo gouvernement à une caste qi
Hait fort au-dessous d'un 4)areil rùle; et ce qui est encoi
jlus grave, elle rendait le gouvernement impossible. CEuvr
rphémère et chimérique de l'imagination d'un grand sei
^ncur qui était meilleur écrivain qu'homme d'État , ell
^tait aussi contraire au génie et aux besoins de la Franc
qu'au bon sens. Elle méritait, après avoir été mise au mond
par Saint-Simon, d'être enterrée par Dubois, avec l'oraiso
ùinèbre que nous avons citée, et qui est encore ce qu'on e
|H)uvait dire de mieux. Remarquable dénoûment et qt
n\>dt pas une des leçons les moins intéressantes de noti
histoire! Ce beau projet de restauration de la noblesse, en
ianié par le plus hautain et le plus intraitable des ducs (
iKiirs, couvé et caressé avec tant de faveur dans la petil
iH\ur aristocratique et honnête du duc de Bourgogne, aboi
MMiait à quoi? au règne de Dubois. Cette pauvre noblesse
^%\\i l'humiliation arrachait des plaintes si amères à Saini
Muu»n, avait un moment rêvé qu'elle remontait à son rang <
tvuu^ttait tout le-monde sous ses pieds : elle se réveillait soi
\o* punis d'un drôle, pétri de vices, et sorti du fond delaplèb(
lequel voulut succéder tout à la fois à Fénelon et à Richelieu, et y arriva. Il fut cardinal, premier ministre, grandvizirr c'était pour lui faire place qu'on avait inventé les conseils !
La polY^jnodie pe9*fectionnée de l'abbé de Saint-Pierre estelle quelque chose de plus sérieux que l'essai malheureux de Saint-SimoD? On peut en juger tout de suite : l'abbé a pris les vues confuses de Saint-Simon «t a essayé de les coordonner en système et d'en tirer une constitution ; tous les défauts du plan de Saint-Simon se retrouvent donc chez lui^ mais bien plus fortement accusés et rendus plus choquants par un essai d'organisation régulière et par les conséquences que l'abbé tire hardiment des principes.
Saint-Simon se contentait d'ouvrir les ministères à deux battants aux hommes de sa caste. L'abbé fait plus ::il asseoit et organise cette prise de possession du gouvernement par la noblesse, en donnant aux conseils, ainsi constitués, lo droit de se recruter eux-mêmes, et en établissant dans l'administration, des grades, une hiérarchie, comme dans l*hrmée. Saint-Simon introduisait les siens dans la place, mais il en laissait les clefs au roi; l'abbé les lui prend et les leur remety en disant que le roi sera fort heureux d'être déchargé d'une grande responsabilité et n'aura plus la douleur de chagriner les solliciteurs en les refusant. Mais ce n'est pas tout. Pour être plus sûr d'empêcher le rétablissement du vizirat auquel les rois sont enclins, il institue un conseil suprême ou général, destiné à être « le centre, le soulien, l'âme et le lien de tous les conseils particuliers, » c'eslh-dire à tenir tout simplement la place du roi. Et les raisons ne manquent point. « Un conseil, dit l'abbé, n'est point sujet aux défaillances des rois; il n'est jamais infirme, il ne vieillit point, il est toujours laborieux et intelligent. Il n'y a pasàcraindre avec lui ces temps calamiteux si communs dans les monarchies. Ce conseil suprême manquait au plan du duc de Bourgogne. » Le duc de Bourgogne avait oublié de mettre quelque chose à la place du roi : étrange oubli de sa part, en vérité !
On voit les progrès qu*a faits, de Saint-Simon à Tabbé de Saint-Pierre, la théorie polysynodique. Saint-Simon, plein «le respect pour la royauté, ne veut ({u'une chose, c'est que le roi n'emploie pour instruments de gouvernement que les nobles; il n*en demande pas davantage, et c'est bien assez. L'abbé veut que les nobles se passent du roi et gouvernent sans lui. Il a inventé le rgi qui règne et ne gouverne pas! car ce roi auïjuel il enlève la réalité du pouvoir, il le conserve, mais à condition d'en faire un pur ornement, une décoration, un dieu d'Ëpicure, vivant au ciel pour ne rien faire. Nous avons vu Saint-Simon déplorer la honteuse oisiveté où la noblesse française est réduite et cette inutilité à tout qui la rend à charge et méprisée. Ce rôle, l'abbé le transporte de la noblesse au roi. il dit bien quelque part : « Le roi interviendra dans les grandes circonstances, dans a les affaires extraordinaires; le roi est dictateur-né. » Il est bien bon.
Voilà donc la France condamnée au règne du conseil suprême, et le germe d'ordre et d'unité que, dans le plan primitif, l'intervention directe du roi maintenait encore au milieu de ce chaos des conseils, arraché par la main bien intentionnée de l'abbé. Mais pour que le désordre soit à soa comble et l'œuvre parfaite, il y a encore quelque chose à faire. L'abbé imagine ce qu'il appelle la circulation des départemenis et de la présidence ; Qhds\\XQ conseiller passera sans cesse d*un département à un autre, pour devenir également versé dans toutes les affaires et se mettre en état de bien tenir sa place au conseil suprême; ingénieuse combinaison qui donnera l'agréable spectacle d'un va-et-vient perpétuel, d'un chassez-croisez sans fin, et rendra le gouvernement sinon très-bon, au moins varié et amusant. L'abbé pense que c'est surtout pour la présidence des conseils qu'il importe d'établir la circulation, si Ton ne veut pas que les présidents deviennent à la longue des demi-vizirs. Il croyait n'avoir pas encore, par le rôle auquel il avait réduit le roi, pris assez de précautions contre le viziral.
Deux autres perfeclionnemenls, dont le mérite appartient tout à l'abbé, complètent sa constitution. L'un est la transformation du conseil du dedans (ministère de l'intérieur), jugé inutile, en un conseil pour le progrès de la politique ; et la principale attribution de ce conseil serait l'examen des tnémoires politiques. Ceux qui ont imaginé de nos jours un ministère du progrès croyaient, sans doute, être les auteurs d'une grande nouveauté. L'abbé de Saint-Pierre avait eu cette idée-là avant eux. L'autre perfectionnement est Torganisation d'un scrutin universel pour faire connaître au roi les gens les plus capables dans chaque art, métier et profession. Que fera le roi de cette liste? L'abbé ne le dit pas; c'est une idée qu'il jette sans y insister, se réservant de la développer ailleurs^ mais tout obscure qu'elle est, elle semble difficilement compatible avec l'organisation aristocratique du gouvernement. Avec ce scrutin universel que devient le privilège de la noblesse? Quoi qu'il en soit, ce scrutin fait partie de sa machine, et l'abbé semble y attacher de l'importance, sans dire pourtant à quoi il servira. Nous le donnons pour ce qu'il vaut.
Voilà la machine complète ; rien n'y manque ; il ne s'agit plus que de la mettre en branle, pour avoir le meilleur des gouvernements, un gouvernement qui réunira les avantages de la monarchie à ceux de la république, et qui s'appellera Varistomonarchie. L'abbé fait des mots avec la même facilité que des constitutions.
Et pour la faire aller, cette précieuse machine, que fautil? Bien peu de chose en vérité, presque rien. Voyez plutôt.
Le régent commence par mettre au plus tôt les conseils en état de se passer de lui pour le courant ordinaire des affaires. Ainsi débarrassé, il pourra tout à loisir s'occuper des grandes choses, et, entre autres, de l'affaire capitale, la rignature des cinq articles et rétablissement de la police européenne. Cela fait, il s'occupera de transformer la polysynodie perfectionnée en loi fondamentale de l'État, et pour cela il ne s'agit que de convoquer les états généraux^
de leur faire accepter la nouvelle loi fondamentale, et d'établir (jue les rois en jureront Tobservation à leur sacre. Après quoi il ne s*agira plus que de la placer sous la garantie de la république européenne, comme les constitutioDS d'Allemagne, (rAngleterro et de Pologne; et ce sera fait.
Toutes bagatelles, comme on voit! « Qui empêche le régent, dit tout simplement Tabbé, qui empêche le roi de faire travailler à ce grand ouvrage? Qui empêche de faire recevoir dans les étals généraux la polysynodie perfectionnée comme loi fondamentale?» Évidemment qui empêche? Kt que répondre à d*aussi bonnes raisons?
On conçoit que Housseau, en général assez indulgent pour Tabbéy dise ici gravement : a La plume tombe des u mains quand on voit un homme sensé proposer sérieuse- (( ment de semblables expédients. »
Oui sans doute, voilà une œuvre étrange et qui semble plutôt sortie du cerveau d*un écolier de quinze ans, jouant à la politique et s amusant à faire une république, que de la tête d*un homme sensé de soixante ans. Et cependant on la jugerait mal si on s*en tenait à cet arrêt. Il y avait quelque chose de très-sérieux dans cette tentative bizarre. Rousseau le reconnaît : a Ce n'est rien moins qu'une révolution dont c( il est question dans la polysynodie. » Replaçons la brochure de Fabbé au milieu des circonstances qui la firent naître, et nous la verrons sous un autre jour.
C'était en 1718, trois ans après la mort de Louis XIY. Qu'il fût légitime alors de tenter un changement dans la forme du gouvernement, c'est ce que personne ne niera. La France avait fait une trop longue et trop cruelle expérience des excès du pouvoir absolu pour ne pas chercher les moyens de s'en préserver à l'avenir. Elle devait au moins essayer.
Mais de quel côté devait venir le changement? Est-ce du tiers état? Le tiers état n'a encore ni la conscience de ses forces, ni le sentiment de ses droits. Il n'y a rien à attendre de lui qu'une patience qui sera longtemps à toute épreuve.
;ra donc de la noblesse que viendra la tentative de rée; non que la noblesse ait, plus .que le tiers, des idées iques sérieuses et arrêtées. Son éducation, à elle aussi, faire, et même ne sera jamais faite. Dans ses traditions, M. de Boulainvïlliers lui rappelle en vain, elle ne trouve ne liberté anarchique et sauvage, pour laquelle elle ne at plus faite, étant gâtée depuis longtemps par les àou" i d'une domesticité dorée. Les petits-fils des loups du en âge se sont trop apprivoisés pour vouloir retourner forêts de leurs pères. Mais si la noblesse n*a rien à troulans ses idées et dans ses traditions, quelque chose sorie ses prétentions. Ces prétentions, longtemps humipar Louis XIY, ont trouvé dans Saint-Simon un défenet un vengeur passionné; et de ces rancunes, cause rable, naissent les conseils, effet digne de la cause. Car )nseils ne sont ni un essai de liberté, ni une tentative mitation du pouvoir royal, ni un effort sérieux pour ir un gouvernement aristocratique. C'est un expédient jiné pour satisfaire de petites rancunes et de grosses dites, rien de plus; mais enfin, et c'est là le point immt, c'est un changement apporté au gouvernement le absolu qui fut jamais.
ibbé de Saint-Pierre est témoin de ce changement, et iincu, dans son honnêteté, que tout vaut mieux qu'un ir au gouvernement ie liQ.uis XIV, il conçoit l'idée sinre de rendre ce changement définitif. 11 part de ce qu'il re établi , prenant un accident pour principe d'un me politique, et s'efforçant de transformer en un étaornent définitif et régulier cette irruption passagère que blesse avait faite à travers le pouvoir, pour y remplir lOches, comme dit crûment Duclos. C'est-à-dire que îllent homme veut faire quelque chose avec rien, et en il se trompait fort ; mais il sentait qu'il fallait faire [ue chose, et en cela, du moins, il ne se trompait pas ; médiocre esprit, ce rêve-creux , se trouvait être plus que son temps, qui dormait sans soupçon du danger.
Le public iValors De Tit dans le discours sur la polysynodie qu'une diatribe contre Louis XIY; il y faut ?oir autre chose, c'est-à-dire une juste prévoyance et des pressentiment hélas ! trop fondés. Le danger était bien, en effet, là où le signalait Tabbé, dans les rois fainéants, les vizirs et les sultanes. La France n*en avait pas encore fini avec eux. Il lui restait à épuiser toutes les ignominies de ce régna que Ton voudrait effacer de rhisloire, et que Tabbé de Saint^Pierre avait clairement prédit : à chaque page de son livre, 3 montre Louis XV, et jette un cri d'alarme qu'on ne comprend pas. Ne croyons donc paa être tout à fait justes avec lui si nous nous contentons (avantage bien facile !) de rire de ses chimères : il faut ajouter que ces chimères ont cependant droit à quelque respect ; car elles furent la tentatiTe généreuse d'un honnête homme pour épargner à notre pays des malheurs et des hontes qu'on a pu venger, mais que Ton n'effacera jamais.
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