‹ Etude sur la vie et les écrits de l'Abbé de Saint-PierreChapitre 12 sur 24 · VII · texte numérisé non relu

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* VII, Sf.

!^ Recueil de vérités mofùUs et politiques , 834.

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maii à im r 8i< lt>l die cette importance qu*après beaae<Mip de tempeet de eépfeMwea, ce qui contribue à entretenir une poplion du pobKc dane rîèfequeia diplomatie a réellement fait qoalque chose. Comme moyen d^BiDtion dans les affaires po* Ittiques, il faut bien l'avouer, en ddvsrs delà force, il n ya rien. Quand la foroe a dit le dernier mot, arrive la diplomatie qui Venregislre ; mais demander ce dernier mot à la di^ plomalie, serait une grande dupecie :

ToltUnr e nredio facandia ; t! gerîtar res.

Ayez de bonnes armées et vous aurez toujours d'excellents diplomates. Soyez battu, toute la diplomatie du monde ne vous sauvera pas d'un traité désastreux. Il n'y a donc aucun besoin d'avoir une école de négociations. En Réalité, la seule condition rigoureusement exigible pour être diplomate, c'est d'être bien élevé.

L'abbé demande une sorte de concordat avec la cour de Rome", pour répartir d'une manière plus équitable et plus utile à la société Içs revenus ecclésiastiques. L'archevêché de Tours, dit-il, a un revenu de quatre mille onces d'argent: Ceux de Cambrai et de Narbonne, qui n'ont pas plus de charges, valent cinq fois plus (celui de Tolède, en Espagne, quarante fois plus). L'abbaye de Saint-Bertin, en Flandre, vaut cent soixante mille livres de revenu à l'abbié et à ses trente-deux religieux. La Trappe, qui a quatre fois plus de religieux, n'a pas la dixième partie du revenu de Saint-Bertin. C'est ce superflu énorme de certains bénéfices qu'il s'agit d'utiliser pour le plus grand bien de la société. Le concordat de François I" y avait déjà pourvu en consacrant Tusage des pensions ecclésiastiques établies sur le revenu des grands bénéfices] mais il y a d'autres ûiesures à prendre.

Une pension est prise sur les revenus d'un bénéfice. Le pensionnaire meurt, la pension s'éteint avec lui au profit du titulaire du bénéfice. Nç serait-il pas plus convenable et

* XV1,104. — YHI, 136et8alv.

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plus juste que le roi, par un induit ou autrement, eût le droit de nommer tout de suite un nouveau pensionnaire? Il y a actuellement en France, dit Tabbé, cent areheTéchés et évécbés, huit centa abbayes et deux cents prieurés à la nomination du roi : en tout, onze cents bénéfices. Sur cesonïe cents bénéfices, tant évécbés qu'abbayes, on peut supposer actuellement mille pensions; si le roi avait, par un induit, le droit de nommer aus pensions vacantes, il aurait le double de pensions à distribuer, et par conséquent le double- de services à demander et à espérer.

L'abbé voudrait que ces pensions pussent .être données non-seulement aux administrateurs ecclésiastiques des hôpitaux et des collèges, aux prédicateurs, etc., mais encore aux officiers séculiers qui s'en seraient rendus dignes par leurs services. Ces pensions, dit-il, après tout, ne sortiraient pas de l'Église, vu « que l'Église n'est autre chose que le « total des fidèles soit enseignants, soit enseignés. Et d'ail- « leu7's les biens temporels de l'Église enseignante ne sontrce npas des concessions deJËtatî Ne sont-ils pas conservés et « augmentés par le bon gouvernement des fidèles séculiers^ » Quand on a lu de telles paroles, on est sûr du vote que l'abbé aurait émis, à la Constituante,, sur la proposition de l'évêque d' Autun ; et il aurait répondu à Monllosier ou à Maury : De quoi vous piaigûez-vous? Est-ce que la nation n'est pas dans l'Église? C'est l'Église enseignée, voilà tout; vos biens ne sortent pas de la maison.

Est-il besoin de dire que la juste distribution de ces pensions devra être assurée par l'inévitable et infaillible scru- .tin perfectionné, et que l'Église enseignante y gagnera beaucoup, <( surtout lorsque le mariage sera devenu libre (( aux ecclésiastiques qui auront obtenu les dispenses des « canons de quelques conciles de l'Église latine? » Nous savons déjà tout cela.

Un autre point à régler est la situation d'environ deux mille prieurés qui sont à la nomination des abbés et qui sont remplis par des choix où la parenté et la faveur sont tout,

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et le mérite rien. Il faudrait que le rai nommât aux prieurés dépendants des abbayes auxquelles il a droit de nommer, et . toujours avec l'aide du scrutin perfectionné. - Enfin il serait à- propos de créer sîir les revenus de quelques grosses abbayes, particulièrement en Flandre, des pensions montant à la moitié du revenu de Tabbaye. ^

Ne sentron pas dans tous ces projets comme un avantgoût des décrets de la Constituante? L'abbé ne dit nulle part que l'État doit prendre les biens de TÉglise, mais il dit qu'il ferait bien à'en disposer. Voilà toute la différence. Il est vrai qu'il a soin d'ajouter qne c'est pour le plus grand bien de l'Église. Le moyen de se fâcher après cela! L'excellent homme ne parait point soupçonner que quand on veut prendre aux gens leur bien, ou du ipoins ce qu'ils considèrent comme tel, il n'y a qu'un moyen de le faire, et qu'il ne suffit ni de le leur demander ni même de leur proposer un concordai. Un concordat ! On en fait un, mais plus tard.

On n'attend pas de l'auteur du projet de paix perpétuelle qu'il propose aucune conquête. S'il ne fulmine pas contre ce droit réel ou prétendu que les nations civilisées s'arrogent sur les nations barbares, une théorie explicite, c'est que la question n'en était pas une pour lui, La conquête, c'est la guerre, du moins jusqu'à présent, et la guerre, c'est le plus grand des maux que les hommes puissent s'inflige'r à eux-mêmes-: riei^ ne peut donc la justifier. Certes, s'il' est un cas où il Semble que Iff guerre devient' légitime et la conquête avec elle, c'est quand un peuple ne peut autrement assurer sa sécurité contre un voisin barbare, pour qui l'état de guerre est la vie. Eh bien! même dan§ ce cas, l'abbé ne pense pas à la conquête; il ne dit pas qu'il faut civiliser ce peuple, bon gré, mal gré, et que le moyen le plus -court et' le plus énergique sera le meiHeur. Il ne songe qu'à mettre l'ennemi de la paix hors d'état de nuire à autruî,*et lui laisse à lui-même, assisté de là Providence, le soin de se perfectionner pacifiquement.

En 1721, une gazette hollandaise disait qu'en cinq*absles

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pirates algériens ayaientpris aux Hollandais quarante yais« seaux^ estimés plus de 6,000,000 deflorius^ et neuf cent neuf hommes dont les rançons pouvaient atteindre le ehi£k^ de 14,000 florins : en somme, environ 1,500,000 florins de perte moyenne, chaque année, sans compter la dépense^des vais^ seauxde convoi. LesHoUandaisvontrenouvelerleurpatxavec les Algériens; or, du jour où ils seront en paix avecJes Pays- Bas, ces incorrigibles pirates se mettront en guerre avec la France, TAngleterre, TËspagne ou toute autre nation maritime, la piraterie étant la seule manière de vivre qu'ils connaissent. N*y a-t-ildonc aucun moyen de mettre fin, une fois pour toutes, à cette intolérable industrie? Instituons^ dit Tabbé, une police de la Méditerranée ^ ce q^i ne sefait ni difficile ni dispendieux, les premiers frais d'établissement étant tout faits et le personnel tout trouvé. Ce personnel, c'est l'ordre de Malte qu'on pourra ainsi utiliser. Maite, avec son inexpugnable forteresse, semble avoir été placée au milieu de la Méditerranée pour y faire la loi. Que lés puissauces maritimes fournissent à l'ordre quelques vaisseaux ou les moyens d'en entretenir, et en quelques années les repaires des pirates auront, été vidés et la Méditerranée paeifiée. Les quatre puissances maritimes, Angleterre, France, Espagne, Hollande , fourniront chacune deux vaisseaux de soixante canons; TËmpereur en donnera un, Venise, 1^ Sar* daigne, la Toscane, la Suède,, chacune une frégate. Malte y joindra trois bâtiments; et ces forces, qui coûteront si peu de chose à chacun des États.chrétiens et dont l'emploi sera dirigé par des marins excellents, qui ont fait profession da faire la guerre aux infidèles, seront plus que suffisantes poui^ atteindre le but désiré. Ces vues avaient été suggérées à l'abbé de Saint-Pierre par le frère qu'il.avaii à Malte et à qui échut la comman4erie de Piéton. Elles étaient trèfr-sènsées. Timt le monde devait gagner a cette combinaison : les nations chrétiennes^ de pouvoir commercer sa^s Ci'ainta, Ué.

1 8«» lesCoreûrat de Unthui».

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— 387 ^ obe^aMerSy de trouver une oocupation h<morabl6 pour eux et utile à tous ; les Barbaresques^ d*être forcés de cultiver leurs lÉrres et de se livrer à des industries honuétes. Il y avait Uen UQ embarras : c^était la guerre enire les puissances chrétiennes; mais il était facile d'y obvier en reconnaissant d'avance la neutralité perpétuelle de Tordre et des forces mises à sa disposition dans Tintérét de tous. Une autre difficulté, celle-là plus grave peut-être, était dans les dispositions des chevaliers, qui n'étaient pas^ il fallait bien le reconnaître, les hommes du seizième siècle. On en voyait beaucoup plus dans les salons des capitales de l'Europe, qu'à bord de ces fameuses galères» naguère Teifroi des infidèles et devenues presque aussi vénérables et aussi oisives que le Bur* centaure. Parmi tous ces élégants, conabien en trouverait-od qui fussent prêts à monter une faction monotone sur la Mé« dkerranée, entre le cap Bon et Geuta ? Espérons pour Thonneur de Tordre qu*0D*eû aurait au moins trouvé assez , et demandons-nous ce qui serait advenu si Toa^ùt réalisé Tidée des deux Saint-Pierre.

Sans nul doute, un demi-«iècle de surveillance sévère sur ks côtes barbaresques eût &uffî pour afqfeoer une révolution dans les mœurs de leurs habitaots^ Be pirates, ils se seraient forcément faits agriculteurs, industriels « commerçants* Leurs côtes se seraient à la fin ouvertes au commerce et aux idées des nations chrétiennes. Ils auraient peu à peu santi le besoin de la paix et le prix des bons procédés qui Tentretiennent. Ils n'auraient point donné à une puissante Mtion de àérieux griefs oontreeux, ou s'ils l'eussent fait^ entrés jusqu'à un certain point dans la communauté des nations civilisées, ils auraient pti inspirer à d'autres assez d'intérêt pour tpouver protectioiii» en cas de dangec. Bre^ Texpédition de 1830 n'eût peut-être pas eu lieu. La France y eût perdu la gloire de pïaoter son drapeau sur les citadelles de Jagurthaet de Barberousse; mais les Barbaresques ^ comme le font aujourd'hui presque tous les États muaulmans, auraieot suiû Tiafluénce de la^vilisation chré^

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lieQne sans passer sous le joug, qui est toujours de fer, de la conquête. Cela eût-il mie^x valu, et pour la France et pour eux? Dieu le sait; mais il est certain que le projet de Fabbé avait le triple avantage d'être à la fois honnête, pratique et efficace.

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