LXXXVIII
En vérité ce serait un beau Travail que celui où l’on rechercherait les milliers de faits juridiques qui, malgré leur justice intrinsèque, n’ont aucune puissance extérieure et sont, par la défaillance de la Justice distributive,véritablement injustes civilement par la force même des rapports multiples et complexes que les nécessités sociales créent entre les Hommes. Il en ressortirait à contrario la puissance permanente du Droit naturel qui, devant la Justice intérieure, ne saurait jamais être évincée au Tribunal de la Conscience soit individuelle soit collective.
Grotius aurait également dû placer dans le chapitre des Promesses les derniers ?? du Ch. 16, soit les 22 19 à 32, où il explique dans quelles circonstances et suivant quelles conjectures les Lois naturelles et divines com- mandent de restreindre les termes des Promesses. Il y a, disait Quintilien le père, des choses qui s’exceptent uaturellement et d’elles-mêmes, encore qu'on ne voie
rien dans les termes soit de la promesse, soit de la loi,
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qui insinuent cette restriction. Ainsi, un homme qui a une épée en dépôt ne doit pas la rendre à un furieux, de peur qu'il ne lui en arrive du mal ou à d’autres personnes innocentes. On n’est pas non plus tenu de rendre la chose déposée à celui-là même qui nous l’a remise, si le véritable propriétaire nous la redemande (L. 2 Ch. 1021).
Pour ce qui regarde l’incompatibilité d’un cas qui arrive, avec la volonté du Promettant, on conjecture cette volonté des principes de la Raison naturelle. Aristote,qui a traité cette matière fort exactement,met, et dans l’entendement et dans la volonté, une vertu particulière dont l'office est de faire connaître l'intention de quelqu'un par des indices tirés de la Raison. Celle qui est dans l’entendement, il l’appelle bon sens ou connaissance de ce qui est droit et Juste ; et celle qui est dans la volonté, 11 la nomme équité. I] définit très bien cette dernière vertu, une juste interprétation par laquelle on redresse ce qui se trouve défectueux dans la promesse ou dans la loi, à cause même des termes trop
généraux qui ont été employés.
Par exemple, lorsqu'on a prêté une chose pour quel-