NON
qui ortus et interitus religionis astrorum efficaciæ ascribunt. Denique ostenditur prœcipua Christianæ Religionis probari à sapientibus Paganorum : ac si quid est in ea difficile creditu, paria apud Paganos reperiri
(Lib. 4).
Judaïsmus refutatur. Ostenditur Judæos debere miracula Jesu habere pro suflicienter probatis. Solvitur quod objiciunt miracula hæc facta ope dœmonorum, aut vi vocum. Ostenditur divina fuisse Jesu miracula, quid is docuerit cultum unius Dei, qui mundi opifex est. Solvitur objectio sumta ex discrepantia quæ est inter legem Mosis et Jesu : ostenditurque aliam perfectionem dari potuisse lege Mosis. Ab Jesu in terris observatam fuisse legem Mosis et nulla aliæ præcepta postea fuisse abolita, nisi ea, quæ intrinsecam bonitatem non habebant. Ea fuisse sacrificia, quæ nunquam per se Deo placuerant : item ciborum diserimen : et dierum : ac circumeisionem externam. Et tamen in his quoque tolerandis faciles fuisse Apostolos Jesu. Argumentum sumitur contra Judæos ex eo, quod in confesso sit promissum eximium Messiam. Ostenditur eum jam venisse, ex præsignificatione temporis : (solvitur 14, quod objiciunt, dilatum
adventum ob peccata populi)}. Item ex statu præsenti
Judæorum collato cum his, quæ lex promittit. Probatur Jesum esse Messiam ex his, quæ de Messia prædicta fuere. Solvitur id, quod dicuntur quædam non impleta. Item quod opponitur de humili statu et morte Jesu. Et quasi viri probi fuerint, qui cum morti tradiderunt. Respondetur ad objectionem plures Deos à Christianis
coli. Item humanam naturam adorari.
Refutatur Mahometismus, et breviter ejus origo indicatur. Evertuntur fundamenta ejusdem Mahometismi quod non liceat ibi in religionem inquirere.Agitur adversus Mahumetistas, ex libris sacris Hebræorum et Christianorum, probaturque eos non esse corruptos. Comparatur Mahumetes cum Christo : item facta utruisque ; ii etiam qui primi utramque religionem receperunt : modi itidem quibus lex utraque propagata est : denique præcepta inter se. Solvitur id quod objiciunt Mahometistæ de Dei filio. Recensentur absurda plurima ex libris Mahometisticis. Peroratio totius Operis attexitur ad Christianos qui ex occasione antedictorum officii à
sui admonentur (Lib. 6).
Ce fut en 1639 que Grotius dédia cette édition latine
de son Traité de la Vérité de la Religion Chrétienne à Jérôme Bignon, célèbre Avocat-Général au Parlement de Paris. Voici comment, dans sa préface, Grotius s'exprime : « Je ne suis point surpris, Monsieur, que vous désiriez avec tant d’ardeur apprendre de moi quel but je me suis proposé en écrivant sur la Vérité de la Religion Chrétienne, en la langue de mon pays. Comme rien de ce qui est digne d’être lu ne vous échappe, comme vous avez un goût sûr pour discerner les bons ouvrages, vons n’ignorez pas que cette matière a été traitée avec beaucoup de subtilité par Raymond de Sebonde, dans ses Raisonnements Philosophiques, par . Louis Vivès dans ses Dialogues, et par Mornay dont | l'Ouvrage est plein d’une agréable érudition. Il semble donc qu’il eut été plus à propos de traduire quelqu'un de ses écrits en langue vulgaire que d’en composer un | nouveau. Ainsi je ne sais quel jugement les autres | pourront porter de mon entreprise ; mais s'ils me con- | damnent, votre bonté me répond que je trouverai au- | près de vous le pardon que je ne pourrais obtenir d’eux. | J'ai lu avec soin les ouvrages dont je viens de parler ;
| j'ai médité ceux que les Juifs ont composé pour la
| défense de la Religion Judaïque ; je n’ai point oublié ce que les Chrétiens ont écrit pour maintenir la Pureté
de leurs Dogmes, ou pour en prouver la Vérité, mais
j'ai cru que je pouvais prendre aussi les armes pour la défense de cette cause, et accorder à mon esprit une liberté dont mon corps était privé lorsque je l'ai entre-
pris. »
VHLE
Quærere identidem ex me soles, vir et de patria tua et de litteris, et, si id adjici pateris, de me quoque optime mente, Hieronyme Bignoni quod argumentum sit eorum librorum, quos pro Religione Christiana patriæ meæ sermone scripsi. Neque id quærere te miror. Non enim ignoras, ut qui omnia lesi digna, et quidem tanto cum judicio legeris, quantum excoluerint istam materiam Philosophiæ subtilitate Ræmundus Sebundus, dialogorum varietate Ludovicus Vives, maxima autem
tum eruditione, tum facundia vestras Mornæus. Quam
ob causam videri potest magis ex usu fuisse, alicujus :
illorum in sermonem popularem versio, quàam inchoatio
novi operis. Sed quid alii hac de re judicaturi sint,
nescio : te quidem, tam benigno ac facili judice, facile |
spero me posse absolvi, si dicam, me lectis non illis !
tantum, sed et Judæorum pro Judaica vetere,et Christia-
norum pro Christiana religione scriptis, uti voluisse
meo qualicumque judicio, et animo dare, negatam, cùm
id scriberem, corpori libertatem.
Comme on le voit, Grotius était en prison quand il fit cet Ouvrage en vers Flamands. Ce fut à Paris, avant que d’y être Ambassadeur de Suède, qu'il traduisit cet Ouvrage en prose latine avec des augmentations considérables. « Comme jesais, continue Grotius, qu'il ne faut pas d’autres secours pour soutenir le parti de la Vérité, que la Vérité même, et que je ne devais point employer de raisons dont mon esprit n’eut le premier éprouvé toute la force, persuadé d’ailleurs que je travaillerais inutilement à convaincre les autres si je n'étais moimême convaincu, J'ai fait un choix des plus solides preuves que les écrivains anciens et modernes ont | fournies, J'ai laissé les arguments qui n’ébranlent que faiblement les esprits ; et je n’ai Jamais invoqué l’autorité d'ouvrages que je savais ou que Je croyais supposés. Après avoir ainsi préparé les raisons et les autorités qui devaient entrer dans la composition de mon Ouvrage j'ai tâché de les mettre en ordre, je les ai expliquées le | plus facilement que J'ai pu, et pour que ces grandes | Vérités fussent gravées dans la mémoire de ceux qui les
| apprendraient, je les ai mises en vers, »
Existimabam enim pro veritate non nisi veritate
certandum, et quidem tali, quam ipse animo approbarem : frustra enim daturum me operam, ut persuaderem aliis quæ non antè mihi persuasissem. Itaque se legi ex veteribus ac novis, omissis argumentis, quæ parum mihi ponderis habere videbantur, et auctoritate eorum Hibrorum, quos subdititios esse aut certo ‘sciebam, aut merito suspicabar. Quibus autem ipse assentiebar, ea et ordine certo disposui et exposui, quàm potui maximè populariter, et versibus inclusi, quà rectits memoriæ
mandarentur.
Grotius s'était proposé un but très élevé en écrivant son Traité, il voulait fournir aux Hollandais qui vont aux Indes les moyens de travailler à la conversion des Infidèles. « En agissant ainsi, j'ai voulu être utile aux Gens de ma Nation, dit Grotius, et principalement à ceux qui vont sur mer, afin que pendant ces longs voyages ils pussent s'occuper utilement. Qu'il me soit permis de louer, en commençant, mes chers Compatriotes sur leur habileté dans la Navigation : Quel Peuple oserait se comparer à eux ? Mais qu’il me soit libre aussi de les exhorter à regarder les progrès qu’ils font dans cet Art comme une faveur que le Ciel leur
accorde, moins pour amasser des richesses périssables