PARC 1 ES
est-il? Combien d'Hommes usent leur vie à le poursuivre et meurent sans l’avoir atteint? Ne cherchons point la Félicité dans les biens extérieurs : ce serait courir après l’ombre. Pour asseoir les fondements du véritable Bonheur, il faut connaître le Principe de notre existence, notre Nature, et celle des Êtres qui nous environnent. Pour cela écoutonsla voix dela Conscience, ce grand ressort de la Providence dans le gouvernement du Monde moral; car elle seule peut nous conduire au bien-être par l’amour constant de l'Ordre. Or, voici ce que la Conscience dit perpétuellement au cœur de chaque mortel : Nous vivons sur la terre en société avec Dieu comme notre Souverain, avec notre Corps comme notre inférieur-né, avec les autres Hommes comme nos Concitoyens. De là trois rapports d’où découlent l'Ordre qui soumet notre esprit à Dieu, l'Ordre qui soumet notre Corps à l'Esprit, et l'Ordre qui nous soumet aux lois de la Société humaine. Ne soyons jamais rebelles à l'Ordre qui nous soumet au Créateur : de quelle paix peut jouir un cœur qui résiste à Dieu ? à l'Ordre qui soumet notre Corps à notre Esprit : ne meurt-on pas de honte sous le poids de chaînes matérielles ? à l'Ordre qui nous soumet aux lois de la Société humaine : peut-
on porter à ses Semblables des blessures sans être frappé
soi-même ?
Il est une sorte de Félicité qui surpasse toutes les autres ; contre la puissance de laquelle tous les maux de la vie ne sauraient prévaloir ; qui n’est point le privilège de quelques Hommes, mais qui est également réservée à tous ; qui est de tous les instants et qui se trouve dans toutes les situations de la vie : c’est l’approbation de la Conscience. N'oublions jamais, dans le combat de notre existence, que le mérite consiste plutôt dans la force que l’Ame déploie pour accomplir la Loi que dans le résultat de ses actes. Du moment où nous épuisons pour faire le Bien les efforts qui sont la mesure de la Vertu, cette force sainte est comblée. Notre Conscience, qui ne peut plus rien exiger, n’attend même pas le résultat de nos Efforts pour nous en accorder le prix. De toutes les joies qui, en cette vie, peuvent bondir dans le cœur de l'Homme, celles dela Conscience sont les plus nobles et les plus méritoires : les plaisirs qu’elles procurent sont le commencement d’une récompense qui, en réalité, doit se prolonger au-delà de notre
mortelle existence.
N’attachons notre cœur qu’à ce qui est Beau et Bon, Juste et Saint : que notre condition borne nos désirs,
que nos devoirs maitrisent nos penchants. Etendons la