‹ Étude sur la vie et les travaux de GrotiusChapitre 61 sur 65 · XLV · texte numérisé non relu

XLV

La Nature lui présente une suite de Révolutions où tout, sans périr, se métamorphose sans cesse. Ce vieil-

lard aux cheveux blanchis par les frimats couronnés de

glaçons, c’est l’Hiver. Bientôt il s'enfuit chassé par le Printemps qui renait avec le doux zéphir pour rajeunir le Monde. L'Été brûlant s’avance sur la verdure des champs, jusqu’à ce que ses joues animées se flétrissent et se décolorent pour n’offrir plus que le visage pâlissant de l’Automne. Enfin, les feuillages jaunissants tombent avec les derniers beaux jours, et l’Automne expirante meurt sous les frimats d'Hiver. C’est ainsi que tout se fane pour refleurir; c’est ainsi que la Vie, reproduite de la Mort, circule dans l'Univers. Eh quoi ? PHomme pour qui tout renait serait le seul être qui mourrait pour ne plus revivre ? Non. L'Homme ressemble à la Nature : il part de la chute et se transfigure en se réparant, mais ne périt point. Seulement la Nature tourne dans un cercle de Révolutions jusqu’à ce que la Terre se dissolve et les Astres tombent, tandis que l’Ame opère en Jésus-Christ l'ascension de son progrès moral, pour s'élever un jour, dans sa réparation, au dessus de l’embrâsement universel de la Nature. Qu’estce donc que l’Homime? Un être déchu tendant à l’Immortalité par les ombres de la mort, en accomplissant

la Loi du Droit et du Devoir.

Il ne faut pas que l'Univers entier s’arme pour

l’écraser, il suffit d’une goutte d’eau pour le tuer. Mais quand PUnivers l’écraserait, l'Homme serait encore plus noble que ce qui letue, parce qu’il sait qu’il meurt à la vie mortelle pour ressusciter à une nouvelle vie. Ainsi toute la grandeur de l'Homme réside dans la Pensée éclairée par les lumières de la Foi. Ne relevons donc ni de l’espace, ni de la durée ; mais vivons par la Pensée qui monte à Dieu. Sans l’ardeur de l’Idée que faire de la Vie? L'Homme qui s’abandonne au hasard des Choses et des Temps est le jouet lamentable d’une affreuse destinée. Trompé par l'opposition de ses Vœux, de sa Raison, de ses Lois et de sa Nature, ne s’avancet-il pas l'âme chargée de douleurs vers la nuit du sépulcre. Qu'il est à plaindre celui qui n'ose gravir les hauteurs morales, ni chercher sa fin au-dessus des choses fugitives. Que sa Pensée plane donc au-dessus des spectres visibles, et s’agite dans les Concepts nécessaires et éternels. Sur les ailes de sa Liberté morale qu’il porte son Cœur en haut, qu’il élance son Ame vers le Ciel. Après y avoir ravi la flamme sacrée du Droit et du Devoir qu’il fasse le tour du Globe, et imprime à

l'Humanité une énergie nouvelle.

XLVIT

C'était à la clarté des astres de la nuit que médi-

vr DEEE

taient Socrate et Platon : pénétrons, comme eux, audelà des brasiers enflammés où s'allume l'éclair, où se forment les sillonnements brisés de la foudre ; au-delà des réservoirs de la pluie, par dessus les antres aériens où les tempêtes au berceau reposent dans leur enfance, et mugissent emprisonnées jusqu’à ce qu’elles débordent en océan destructeur sur un Monde criminel. N'est-ce pas dans ces régions éthérées que l’Ame lira les Droits et les Devoirs défendus par le glaive de la Tradition et de la Conscience. Sur ces questions vitales : Qu'est-ce que l'Ordre, qu'est-ce que l'Harmonie ? Les globes de feu qui brillent au firmament nous éclairent d’une lumière véritable, Quelle police dans leur société ; quel dessein merveilleux dans leur plan ; comme chacun dans ses révolutions attractives concourt au bien général et parcourt harmonieusement la Patrie céleste. Citoyens de la Terre, affranchissons-nous du limon vil et grossier qui obscurcit l’Ame ; faisons surgir nos Intelligences, qu’elles s’embrâsent de l’amour divin au contact ardent des êtres supérieurs : alors nos esprits, par des inspirations divines, connaitront l'Ordre et l’Ilarmonie. N’entendez-vous pas dans les hauteurs gronder comme la foudre, une voix disant : Vivez dans les ardeurs d’une Foi brûlante, retrempez vos Ames

dans le creuset d’or de l’Espérance, et donnez à vos

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