‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 101 sur 134 · Loraiû, p. IC · texte numérisé non relu

Loraiû, p. IC

3. Le dernier était exclusivement consacré à la table des matières.

4. « Enfin vous avez rompu le long silence que je vous reprochais' depuis SI longtemps. Vous faites paraître votre Traité de f usufruit. J'en ai reçu le premier volume, et je vous en remercie bien cordialement et bien sincèrement. J'ai bien envie que les autres volumes paraissent. Le premier m'a donné une idée bien avantageuse. Pressez doue votre imprimeur, car il me paraît que la composition est achevée. » (Toullier à Proudhon, lettre du 10 mars 1824. Lagier, p. 137.)

mant tout ce qui est relatif aux droits d'usufruit, d'usage personnel et d'habitation ; la seconde, en trois volumes, contenant la théorie des droits d'usage, servitude réelle, de jouissance des biens communaux et d'établissements publics.

Si l'on considère que, de toutes les modifications pouvant affecter la propriété, la constitution d'usufruit est la plus considérable, puisqu'elle emporte la faculté de percevoir le produit entier du fonds, et qu'elle est souvent d'une durée très prolongée ; si l'on réfléchit ensuite au grand nombre de cas où, par l'effet de la loi ou des conventions, la propriété se démembre au profit des usufruitiers, on comprendra facilement Timportance du traité dont nous commençons l'étude. Cette importance paraîtra plus grande encore quand nous aurons montré combien de questions étrangères à l'usufruit, mais s'y rattachant cependant par quelque point, y sont amplement traitées. L'auteur ne néglige aucune occasion de faire connaître, dans de savants commentaires, les diverses applications que l'on doit faire à l'usufruit de presque toutes les règles du droit. Ici encore, il emprunte beaucoup à la législation romaine et quelquefois aussi à l'ancienne jurisprudence française, tantôt pour chercher, dans cette double source, un appui à ses théories, tantôt au contraire pour signaler les changements introduits par la législation nouvelle.

Remarquons, comme nous l'avons déjà dit en parlant de sa méthode d'enseignement, que Proudhon ne néglige jamais d'inspirer à ses lecteurs le respect de la loi. N'est-ce pas un excellent moyen de resserrer les principaux liens qui attachent l'homme à son pays et de développer son patriotisme ! Enfin, l'auteur, imitant les Dumoulin et les Pothier, laisse de côté la science des arrêts, qui n'est qu'une science de fait, pour s'en rapporter exclusivement à l'étude et à l'explication des textes, en cherchant, dans leur rapprochement et leur comparaison, les motifs de ses décisions. D'ailleurs, à l'époque où écrivait Proudhon, on était loin encore de voir se former, sur chaque matière, cette raison universelle qui, uniformément appliquée

à Tinterprétation doctrinale des lois, constitue les règles de la jurisprudence. On voyait alors, plus encore qu'aujourd'hui, la Cour de cassation, par de singuliers retours sur elle-même, adopter des principes complètement opposés à ceux qu'elle avait précédemment consacrés. L'auteur, s'élcvant contre l'usage abusif qui commençait à s'introduire de ne plus lutter qu'à coup d'arrêt, s'écrie, dans la préface de son livre : « La tête la plus remplie des souvenirs d'arrêts divers doit être naturellement la plus vide d'idées sur les grands principes du droit, parce qu'elle appartient à l'homme qui s est fait une étude do ne penser que par les autres '. » Combien plus grande encore serait son indignation s'il vivait de nos jours ! Proudhon pense par lui-même, et c'est en face de la loi qu'il se pose, au début de son livre, cette question : Qu'est-ce que l'usufruit?

En parcourant ce qui nous reste de la correspondance do Touiller et de Proudhon on peut suivre, pour ainsi dire pas à pas, les diverses phases de la publication de ce traité, saisir l'impression personnelle des deux jurisconsultes, et comparer la divergence de leur opinion sur plusieurs questions intéressantes.

C'est ainsi que Proudhon, avec sa modestie ordinaire, considérait son premier volume comme le moins intéressant 2. Sans doute on y rencontre des généralités, des définitions, mais n'est-ce pas à la bonne division d'un ouvrage, à un exposé lucide des principes, que l'on reconnaît le talent de l'auteur? La nature du droit d'usufruit, l'étendue des droits de l'usufruitier, l'examen comparatif de ceux-ci avec les autres droits qui peuvent affecter la propriété, la division de l'usufruit, en usufruit légal et en usufruit conventionnel, ainsi que l'étude des nombreuses questions qui s'y rattachent, forment l'objet du premier volume.

Dans le second, l'auteur se livre à l'interprétation du titre constitutif de l'usufruit ; il étudie les choses qui font accessoi-

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