La scène a eu lieu le 5 janvier
que de nouvelles plaintes à votre sujet confirmeroient pleinement les premières, et qu'en appelant encore sur vous l'attention du gouvernement, vous ne pourriez plus compter sur la même indulgence.
En vous faisant connoître les avertissemens et les intentions du ministre, la Commission compte assez sur votre attachement à vos devoirs et sur la conduite que vous tiendrez à l'avenir, pour ne pas regretter d'avoir contribué à écarter les mesures de sévérité qu'on paraissoit disposé à prendre à votre égard.
Recevez, Monsieur, l'assurance de notre considération distinguée.
Gdeneau de Mdssy, Royer-CollarD; g. Ccvier, le baron Silvestre de Sacy.
Orig. Arch. fam.
Réponse de Proiidhon.
(3 avril 1817.)
A Messieurs les président et membres de la Commission d'Instruction publique.
Messieurs, Quelque pénibles que soient les sentimens dont mon âme a été navrée à la réception de votre lettre du 27 mars, quand je me retourne vers vous, il n'en est plus qu'un dans mon cœur, c'est celui de la reconnaissance.
Non, Messieurs, non, vous n'aurez jamais de justes regrets de m'avoir renvoyé à mes fonctions. Lorsque vous connaîtrez enfin ma véritable position dans ce pays-ci, la conduite que j'y observe et le rang que j'y occupe dans l'opinion publique, lorsque vous connaîtrez combien sont coupables envers vous-mêmes ceux qui se sont attachés à vous tromper à cet égard, vous concevrez des sentiments bien différens.
Tout est supposé dans l'objet de la dénonciation portée à S. Ex. le ministre de l'intérieur.
On suppose que la scène scandaleuse dont il s'agit a eu lieu seulement le S février, tandis que c'est au spectacle du 5 janvier qu'elle s'était passée et qu'elle était oubliée depuis longtemps.
On suppose que ce scandale a été causé par les étudians en droit, ou qu'au moins ils y ont activement participé, tandis qu'ils n'ont, même en cette circonstance, mérité que des éloges par la sagesse de leur conduite.
On suppose que des professeurs, et moi en particulier, aient été capables d'inspirer à cette jeunesse un esprit de turbulence et de la diriger par de mauvais principes, tandis que le contraire est une chose notoire ici.
On veut en venir, au moins par conséquence, jusqu'à supposer que je n'exerce pas mes fonctions d'une manière conforme aux vues du gouvernement, tandis qu'en toutes occasions, j'ai placé en premier rang j de mes
devoirs le soin d'inspirer l'amour et le respect dus à l'auguste famille régnante et que je suis le premier à en donner l'exemple.
Toute» ces circonstances, Messieurs, vous seront matériellement prouvées, ainsi qu'à S. Ex. le ministre de l'intérieur, et vous verrez qu'il n'y a de vrai là dedans que la profonde méchanceté de celui qui a provoqué cette calomnieuse dénonciation et la coupable condescendance de ceux qui ont pu s'y prêter.
La Faculté vous fera parvenir les preuves que j'ai l'honneur de vous annoncer; mais il lui faut quelques momens pour les recueillir.
Quant à moi, je n'ai pas dû ajourner l'expression de toute la reconnaissance que je vous dois, Messieurs, pour avoir bien voulu me défendre encore près du ministre.
Veuillez recevoir aussi l'hommage du respectueux dévouement avec lequel j'ai l'honneur d'être. Messieurs, votre très humble et obéissant serviteur,
Pboodhon.
Dijon, ce 3 avril 1817.
Arch. fam. Minute de la main de Proudhon.
Lettre du ministre de l'intérieur à Proudhon, au sujet des troubles arrivés au théâtre.
Paris, le 14 mai 1817.
Monsieur, j'ai sous les yeux votre lettre du 7 de ce mois, sur le tumulte qui eut lieu au théâtre de Dijon le 5 février dernier. '
Ce que vous me dites, les pièces que vous m'adressez et le contenu des rapports que j'ai reçus tant de M. le préfet de la Côte-d'Or que de la Commission de l'Instruction publique, tout enfin me prouve que les objets avaient d'abord été présentés sous un faux jour.
On a voulu donner à tout cela plus d'importance qu'il ne fallait. Vous étiez, dans tous les cas, bien étranger à toute cette affaire. 11 n'en faut plus parler. Vous devez. Monsieur, être rassuré par votre conduite. Il ne doit plus être question maintenant de toutes ces discussions.
J'ai l'honneur, Monsieur, de vous offrir l'assurance de ma considération.
Le ministre secrétaire d'État de l'intérieur,
Laine.
Orig. Arch. fam.