C'est une erreur, la scène a eu lieu le b janvier
Lettre des membres de la Commission de l'Instruction publique à Proudhon^ au sujet des troubles au théâtre.
Paris, le 22 mai 1817.
Monsieur, la Commission a reçu, avec votre lettre du 10 de ce mois, les déclarations faites par plusieurs autorités de la ville de Dijon sur la rixe du 5 janvier et sur les inculpations auxquelles elle avoit donné lieu contre les élèves de celte Faculté et même contre vous.
Nous avons le plaisir de vous annoncer que S. Ex. le ministre de l'intérieur vient de nous écrire qu'il étoit content des explications qui lui ont été données à ce sujet et qu'il désiroit que cette affaire n'eût pas de suite.
La Commission, qui se félicite d'avoir contribué à vous faire obtenir ce témoignage de satisfaction, vous invite à répondre aux soins qu'elle s'est donnés, en ne témoignant aucun ressentiment de ce qui s'est passé et en vous occupant uniquement de prouver, par votre zèle à propager les principes de la légitimité, que vous avez été inculpé à tort.
Recevez, Monsieur, l'assurance de notre considération distinguée.
ROYER-COLLARD, G. COVIER,
Orig. Arch.'fam.
Arrêté de la Commission de V Instruction publique^ qui réintègre Proudhon dans ses fonctions de doyen.
Procès-verbal de la séance du 31 juillet 1818.
La Commission de l'instruction publique arrête ce qui suit : M. Proudbou, professeur à la Faculté de droit de Dijon, reprendra les fonctions de doyen de cette faculté.
Pour extrait conforme, Le secrétaire général, signé : Petitot.
Extrait authent. Arch. fam.
Pétition qui a circulé à l'École de droit de Dijon.
(29 décembre 1819.)
Messieurs les élèves de l'École de droit de Dijon, aux députés de la Nation.
Messieurs, Lorsque toute la France constitutionnelle est inquiète, la jeunesse française doit partager ses alarmes. La patrie, depuis trente ans, combat pour la
liberté, ce terme inappréciable de ses travaux, le fruit tardif de ses efforts et de ses longs sacrifices; c'est la jeunesse française, c'est la génération présente, c'est nous qui devons le cueillir enfin et le transmettre tout entier à la génération qui va suivre. Vous ne soufi'rirez pas. Messieurs, que l'on porte la moindre atteinte à nos libertés constitutionnelles, à la charte et à la loi des élections, cette précieuse garantie de l'arche du repos public, qu'au mois de mai 1815, le Roi lui-même plaça sous la sauvegarde de tous les Français.
Que si une poignée de frénétiques révolutionnaires, oubliant que tout changement dans les lois ébranle l'État jusque dans ses fondements, oubliant que la sûreté du Roi réside tout entière dans l'amour de ses sujets, ou plutôt parce qu'ils connaissent ces vérités, osaient, en donnant pour vœu de la France les pétitions de deux fonctionnaires publics, vous parler de changer notre liberté constitutionnelle, leurs noms, déjà odieux et flétris par notre mépris, iraient à la postérité chargés des imprécations d'un peuple qu'ils voudraient anéantir pour s'élever sur ses ruines sanglantes. Non, Messieurs, vous ne trahirez point les intérêts de cette France généreuse qui a juré de maintenir sa liberté et qui, de toutes les parties de son territoire, vous adresse ces cris d'effroi :
Sauvez-nous de la contre-révolution !
Orig. Arch. fam,
Lettre des membres de la Commission de l'Instruction publique remerciant Proudhon de l'influence qu'il a exercée pour faire échouer la tentative de pétition.
Commission de l'Instruction publique.
Paris, le 22 janvier 1820.
Monsieur, nous venons d'être informés, par M. le recteur de l'Académie de Dijon, de la tentative qui a eu lieu à l'École de droit, le 29 décembre dernier, pour faire signer aux étudians une pétition relative à la loi des élections. Nous savons également que, d'après les sages conseils que vous avez donnés à ces jeunes gens, cette tentative n'a eu aucun effet.
La commission vous doit des remercîmens. Monsieur, pour avoir employé votre influence sur les élèves d'une manière utile à la tranquillité de l'École et des études.
Les progrès des jeunes gens ne peuvent qu'être arrêtés par des discussions politiques et des actes étrangers à leurs études. Les en détourner est le plus grand service que leurs maîtres puissent leur rendre.
Recevez, Monsieur, l'assurance de notre considération distinguée.
Le baron Silvestre de Sacy. G. Cdvier.
Orig. Arch. fam.
Lettre de Royer-CoUard à Proudhon, au sujet de sa candidature à la Faculté de droit de Paris.
Ce 28 août 1819.
MoNsiEDR LE Doyen,
J'avois reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire il y a environ trois semaines; je vous prie de m'excuser de n'y avoir pas réponda sur-le-champ.
Je désire vivement que vous soyez appelé à l'une des nouvelles chaires de la Faculté de droit de Paris et compté au premier ranf; parmi les régénérateurs de cette école. Dans l'état où elle est aujourd'hui, elle a également besoin, pour se relever, de vos sages principes et de vos lumières.
C'est tout ce que je puis dire en ce moment. Les nominations ne se feront que le mois prochain et il n'est pas sûr que ce soit l'influence de mon opinion personnelle qui les dirige.
Agréez, Monsieur le doyen, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
ROYER-COLLABD.
Orig. Arch. fam.
Lettre de Royer-Collard à Proudhon sur le même sujet.
Ce 25 septembre 1819.
Monsieur le Doyen,
Je suis très touché de ce que vous avez eu la bonté de m'écrire ; je veux vous le dire et vous faire partager aussi la confiance que j'ai emportée de la Commission à votre sujet. J'ai lieu de croire qu'elle vous regarde comme appelé de plein droit à l'une des nouvelles chaires de Paris et que ses choix ne tarderont pas à être connus. L'opinion du ministre de l'intérieur, qui sera d'un grand poids pour la Commission, ne vous est pas contraire. Du reste, personne ne comprendra mieux que vous que je me fasse une règle de conduite de m'abstenir aujour^rhui de toute influence directe dans l'administration de l'instruction publique, puisque je n'ai pas cru pouvoir y rester avec sûreté et avec honneur.
Agréez, Monsieur, la nouvelle assurance de mes sentimens bien sincères et bien distingués.
Royer-Collard.
Orig. Arch. fam.
Lettre de Royer-Collard à Proudhon ; remerctments des sentiments qu'il lui exprime à l'occasion de sa retraite.
Ce 5 février 1820.
Monsieur le Doyen,
La lettre que vous avez eu la bonté de m'écrire est une des consolations de ma retraite. Votre souvenir me flatte, parce que je mets beaucoup de prix à votre estime. Croyez aussi que les sentimens que vous m'exprimez vont jusqu'à mon cœur et que j'en suis sensiblement touché, Je vous prie d'en recevoir l'assurance avec celle de mon véritable attachement et de ma considération la plus distinguée.
ROYER-COLLABD.
Orig. Arch. fam.
Lettre de Royer-Collard à Proudhon. Il le remercie de l'envoi des 3® et 4*^ volumes de son Traité de l'Usufruit.
Paris, ce 29 août 1824.
MONSIEDR,
J'ai reçu un peu tard, parce que j'étais absent, les 3» et 4* volumes de votre ouvrage, avec la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, et je m'excuse, par là, de n'y avoir pas répondu plus tôt. J'entends dire que vous êtes un grand jurisconsulte, sans être le moins du monde en état d'en juger. Mais je sais par moi-même ce que vaut l'homme par delà l'auteur, et de quel prix est votre estime. Je me glorifie de l'honorable souvenir que vous me conservez. Je dois vous avouer qu'entre les choses trop flatteuses que vous me dites, il y en a une dont j'ai été particulièrement touché, c'est la remarque que les mécontentemens personnels n'ont point influé sur mon langage et ma conduite. Du reste. Monsieur, il n'y a pas tant de mérite que vous le pensez à garder une position qu'on a choisie avec une parfaite prévision de l'avenir; ce qui me seroit vraiment difficile et même impossible, ce seroit de parler et d'agir autrement que je ne fais.
Agréez, Monsieur, avec mes remercîmens, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
Royer-Collard.
Orig. Arch. fam.
Lettre inédite de Proudhon à Toullier. Réflexions sur l'ordonnance du b juillet 1820.
Dijon, le 25 août 1820.
Mon cher et illdstre Ami,
II y a longtemps que je ne vous ai rien dit, je vous néglige bien, me parionnerez-vous? Enfin, je vais partir pour la campagne et je viens vous dire bonjour avant mon départ. Vous avez vu comme moi Tordonnance du 5 juillet et, comme moi, vous connaissez combien il est désagréable d'être à la tête d'une jeunesse active et souvent trop turbulente, parce qu'elle est toute de vie ; mais savez-vous que, si l'on nous donne un peu d'autorité que nous n'avions pas, on entend aussi faire peser sur nous une responsabilité dont on ne nous parlait qu'en termes vagues et qu'on prétend devoir ressortir de l'ordonnance, Ainsi, il nous faudra répondre même de la faute des autres; je trouve cela un peu dur pour ma part.
Je comptais finir cette année mon Traité sur le droit d'usufruit, et il n'est pas terminé encore, il m'en reste quatre cahiers.
Il n'y a que vous qui sachiez aller vite et bien. Oh! vous valez bien mieux que moi!
Je vais monter en voiture.
Je vous embrasse de tout mon cœur.
Proddhon.
Copie. Arch. fam.
Lettre inédite de Toullier à Proudhon. Réflexions sur la composition de VÉcole de droit de Paris.
Rennes, 4 mai 1821.
MONSIEDR ET TRÈS HONORÉ COLLÈGDE,
J'ai chargé mon libraire Warée de vous faire passer de ma part mon 9« volume; mais j'ai la certitude qu'il n'a pas fait tous les envois dont je l'avois chargé. Dites-moi donc, je vous prie, si vous avez reçu mou foible hommage; je serois désespéré d'une omission qu'il ne faud'roit pas m'imputer. De tous les professeurs de France, vous êtes celui que j'estime le plus et auquel je suis le plus attaché, dont j'admire le plus les taleuts eu blAmaut votre paresse»
D'après ce que j'ai su de la nouvelle École de Paris, je vous estime heureux de n'y être point entré. M. Berriat-Saint-Prix s'y déplaît beaucoup. Sûrement on ne vous eût pas nommé conseiller à la Cour de cassation, PROUDHON. i|5
comme Pardessus. Il faut bien récompenser les mérites. Sûrement le jaloux Delvincourt aura du dépit de cette nomination. Pour nous, nous avons l'honneur de voir un de nos professeurs ministre et président de l'Instruction publique. '
Adieu, ne doutez jamais de ma profonde et respectueuse estime et de mon sincère attachement.
Votre très humble et obéissant serviteur,